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Calmann-Lévy

Calmann-Lévy est une maison d'édition française fondée en 1836 par Michel (1821-1875) et Kalmus dit Calmann Lévy (1819-1891), de Phalsbourg en Moselle, sous la raison sociale « Michel Lévy frères », devenue « Calmann Lévy » après la mort de Michel en 1875. Elle fait partie du groupe Hachette depuis 1993.

 

La faute des autres, Emmanuelle Friedmann

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Vendredi, 09 Juin 2017. , dans Calmann-Lévy, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La faute des autres, avril 2017, 288 pages, 18,90 € . Ecrivain(s): Emmanuelle Friedmann Edition: Calmann-Lévy

 

« Les bombardements incessants empêchaient les soldats de s’entendre… les risques… les explosions… la tranchée… Les corps déchiquetés… les épidémies ». Ainsi démarrent les premières pages du nouveau roman d’Emmanuelle Friedmann, La faute des autres. Tout de suite, nous sommes plongés dans l’enfer de la première guerre mondiale. Tout n’est plus que ruine et désolation. Le chaos s’installe. Dans l’horreur, des amitiés, des amours insolites, inhabituels se nouent. On s’épaule, on est soudé face au danger. Face à la mort qui rôde en permanence, les sentiments s’exacerbent. Mais cela perdure-t-il quand revient une certaine normalité ?

Pouvons-nous sortir indemne d’un carnage qui a touché tout un pays ? Le récit nous entraîne dans une course haletante qui couvre vingt-cinq ans de notre histoire nationale. Dans cette époque charnière, le roman déroule l’odyssée de vies qui se croisent, se perdent et se retrouvent avec des tissages heureux et des accrocs inévitables. Parfois le corps lâche, il vacille quand les souvenirs remontent avec trop de virulence et il devient incontrôlable : « Je ne peux plus voir de sang… Il se mit à trembler… ». Charles finira par renoncer à sa carrière de chirurgien, choisie par vocation, pour devenir médecin généraliste à Cabourg.

No home, Yaa Gyasi

Ecrit par Theo Ananissoh , le Samedi, 11 Mars 2017. , dans Calmann-Lévy, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

No home, janvier 2017, trad. anglais (USA) Anne Damour, 408 pages, 21,90 € . Ecrivain(s): Yaa Gyasi Edition: Calmann-Lévy

 

Une idée simple – un peu biblique – et un accomplissement ample, très ample. Prendre ce jeune étudiant américain apparemment noir et la jeune femme, également noire, à côté de lui, là, dans ce musée de San Francisco, et remonter la généalogie de chacun des deux. Non ; pas remonter, mais faire un saut dans le passé lointain puis reconstituer à partir de là la trame respective des multiples existences, des multiples histoires, des multiples lieux qui précèdent l’un et l’autre. Chaque être a dans son dos une foule d’autres vies, une infinie ramification.

Au milieu du XVIIIe siècle, sur la côte de ce qui, quelque deux cents ans plus tard, sera nommé le Ghana, les peuples, les ethnies ou les tribus comme on veut, minuscules ou grands, se font sans cesse la guerre. Et comme partout ailleurs et de tout temps dans les affaires humaines, les vainqueurs de la veille sont à leur tour vaincus le lendemain à la faveur d’un changement d’alliance, d’une ruse ou d’un intense désir de vengeance. Yaa Gyasi, vingt-huit ans, est une romancière disons de la tradition balzacienne. Elle sait qu’un roman, ce sont des personnages. Au cours d’une de ces guerres à répétition et du lot des captifs du moment, elle isole une femme nommée Maame. Horreur encore bien de notre époque évoluée, Maame est violée par un des hommes de la tribu victorieuse. Elle accouche d’une fille prénommée Effia.

La Zone d’Intérêt, Martin Amis

Ecrit par Didier Smal , le Samedi, 31 Octobre 2015. , dans Calmann-Lévy, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

La Zone d’Intérêt, août 2015, trad. anglais (GB) par Bernard Turle, 400 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Martin Amis Edition: Calmann-Lévy

 

La Zone d’Intérêt est le dernier roman en date de Martin Amis (1949), et il a été l’objet du scandale d’une rentrée littéraire coutumière dans ses extases pré-programmées et sa tiédeur éditoriale ; pensez donc : Gallimard, éditeur historique des romans de l’auteur de London Fields, a refusé La Zone d’Intérêt, et c’est Calmann-Lévy qui a hérité de la potentielle bombe littéraire qu’est ce roman. Autant l’annoncer de suite : en fait de bombe littéraire, on a surtout affaire à un pétard mouillé.

Certes, le sujet en est sulfureux en apparence : dans le camp de concentration fictif Kat Zet I, situé en Pologne et ressemblant comme un frère à Auschwitz, des personnages, allemands pour la plupart, s’ébattent, font état de leurs petites misères existentielles, connaissent de sordides histoires de coucherie… Un officier SS, Angelus Thomsen, aryen au « physique idéal » et, pas si accessoirement que ça, neveu de Martin Bormann, tombe amoureux de Hannah, la femme du commandant du camp, Paul Doll, ce qui incite le second à faire suivre le premier, comme dans un vulgaire vaudeville…

Mission Confidentielle, Lee Child

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 30 Juin 2015. , dans Calmann-Lévy, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Iles britanniques

Mission Confidentielle (The Affair), avril 2015, trad. de l’anglais (GB) par Elsa Maggion, 394 p. 21,90 € . Ecrivain(s): Lee Child Edition: Calmann-Lévy

Pour cette seizième aventure de Jack Reacher, l’homme capable de faire d’une brosse à dent une arme de destruction massive, Lee Child choisit de revenir sur les origines de Reacher, de montrer comment son héros est devenu l’homme sans attaches qui traverse les États-Unis pour protéger la veuve et l’orphelin à grands coups de tatanes.

Ce genre de prequel n’est généralement pas de très bon augure et peut apparaître comme une certaine incapacité de l’auteur à se renouveler. Mais enfin, bon, Lee Child se renouvelle-t-il vraiment depuis ses tous premiers romans, de toute façon ? Et est-ce là ce que son lecteur attend ? Voilà des questions qui méritent d’être posées. En gros, ce que l’on attend d’une aventure de Jack Reacher, ce sont ces dialogues surréalistes de série Z et les bagarres à la Jean-Claude Van Damme qui vont avec :

« – Donne-moi une seule raison de ne pas descendre du pick-up pour te botter le cul ?

– Deux-cent six plutôt, répondis-je.

– Quoi ?

– C’est le nombre d’os que tu as dans le corps ».

Red Fury, George Pelecanos

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 17 Février 2015. , dans Calmann-Lévy, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, USA, Roman

Red Fury (What It Was) janvier 2015, traduit de l’anglais (USA) par Denis Beneich, 233 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): George Pelecanos Edition: Calmann-Lévy

 

Apparu furtivement dans un précédent roman de George Pelecanos il y a de cela quelques années (Les jardins de la mort, 2008), Robert Lee Jones, dit Red Fury, est un de ces gangsters poussés autant par le désir de devenir des légendes que par un instinct de mort.

« Le lustre de la carrosserie et les plaques personnalisées rendaient facile l’identification du véhicule partout en ville, mais Robert Lee Jones s’en fichait. L’important, pour lui, c’était qu’on se souvienne de lui et que ce qu’il faisait soit fait avec classe ».

Le roman débute ainsi par le meurtre sur commande par Jones d’un junkie testeur de drogue pour remonter vers son fournisseur et le dépouiller, tout cela avec la complicité de sa compagne Coco, tenancière de bordel de son état. Puis, grisé, Jones se lance en ce printemps 1972 dans une fuite en avant semée de sang et de violence avec à ses trousses l’inspecteur Vaughn et un jeune détective privé, Derek Strange.