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Editions Thierry Marchaisse

 

Maison d’édition indépendante et généraliste
fondée par Thierry Marchaisse en 2011 avec la collaboration d’Isabelle Simatos.


Les années Mitterrand. Journal politique 1981-1995, Michel Winock

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 18 Mai 2018. , dans Editions Thierry Marchaisse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Histoire

Les années Mitterrand. Journal politique 1981-1995, mars 2018, 477 pages, 25 € . Ecrivain(s): Michel Winock Edition: Editions Thierry Marchaisse

 

On connaît Michel Winock, l’incontournable intellectuel, historien de l’époque contemporaine, pile en haut dans nos listes de livres à l’université, actuelle et plus ancienne ; on a en mémoire l’honnête homme au sens de la Renaissance, qu’il semble être ; on connaît « notre » Mitterrand, notre génération politique et pour beaucoup d’entre nous, militante. On a pu, enfin, par expérience de lecteur, mesurer combien, chez Thierry Marchaisse, comme d’autres, dit-on, changeaient l’eau en vin, on peut se trouver face à un bouquin apparemment sérieux sur les institutions, et se passionner autant que dans le roman le plus fou… Alors, on fonce d’entrée vers ce pavé – quand même de presque 500 pages ; car tous les ingrédients semblent réunis, en une étrange équation, la période, le grand homme d’Etat passé historique, et le regard acéré, et bien entendu, sans concession, d’un Monsieur Histoire. On salive d’avance, et certains d’attendre ces grands tout ou petits rien, qui nous manquaient pour connaître, voire comprendre un temps historique, mais il s’agit bien d’autre chose…

Si j’ai le cœur étroit, à quoi sert que le monde soit si vaste, Michel Paulet

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 14 Février 2018. , dans Editions Thierry Marchaisse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Si j’ai le cœur étroit, à quoi sert que le monde soit si vaste, janvier 2018, 353 pages, 21 € . Ecrivain(s): Michel Paulet Edition: Editions Thierry Marchaisse

Voilà un livre qui marque, et la mémoire, et l’imaginaire. Un sacré livre.

Son titre interroge et titille, sa couverture magnifique dans des rouges de cuir cordouan, lumières du grand canal et défilé masqué des Brigades Rouges, renseigne et ne dit pour autant pas tout, loin s’en faut ! Tout se présente donc au mieux pour aborder une excellente lecture…

Comment se fait-il, de plus, que dès les premières pages on se dise qu’on a là un roman russe, de la plus belle eau, ceux de Tourgueniev, de Tchekhov, et bien vite l’évidence de côtés dostoïevskiens ; tout ça par les sujets, la langue, l’atmosphère, surtout, et ce long déroulé qui n’en finit pas de rebondir. Une évidence, cette parenté russe ! Alors, quand vient – roman dans le roman, à la manière des poupées en bois peint en rouge sibérien – une tombe dans le San Michele de Venise, îlot humide cousu de ses pierres tombales illustres et plus que romantiques, occupée par une femme mystérieuse venue de l’Empire russe à la fin du XIXème siècle, le lecteur se régale d’avance : du russe, du Venise, du vieil Autriche Hongrie, accroché à chaque mur décrépi le long des canaux immobiles, des mystères attendus au fond d’églises baroquantes dont on sentirait presque l’écœurant encens… une merveille de roman historique à rallonge, mâtiné d’un peu de Dan Brown (en nettement mieux écrit que le fumeux Da Vinci) ?

Dictionnaire des mots en trop, Collectif dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 19 Janvier 2018. , dans Editions Thierry Marchaisse, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Dictionnaire des mots en trop, Collectif dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, novembre 2017, 195 pages, 16,90 € Edition: Editions Thierry Marchaisse

 

Une pépite de plus, vraiment pas « en trop, chez Thierry Marchaisse, où décidément on trouve ce qu’on cherche vainement ailleurs…

Il y avait eu ce Dictionnaire des mots manquants, un pur régal qu’on a tous offert aux amis, en vrac, et aux amateurs d’écriture en particulier. Alors ce moment des « mots en trop » ne pouvait que mettre l’eau à la bouche. Eh bien, promesses bellement tenues ! un pur régal bis, rien d’une simple saison deux.

Emmenée par Belinda Cannone et Christian Doumet, la facétieuse petite bande – écrivains, enseignants, chercheurs de haut vol, dont on sent au fil des pages la jouissance et le plaisir d’appartenir à l’aventure – n’a cessé dans le premier temps de leur écrit de nous assurer – gens d’écriture et de lecture avant tout – « que considérer qu’il y a des mots en trop est un principe délétère », que « des mots, on en manquerait plutôt », mais que par contre, il est des mots donnés comme désuets, considérés comme inutiles, blessant trop, semant le malaise, dont la superficialité, l’effet de mode, le barbarisme d’usage, sont à l’évidence à proscrire.

Lettres à Flaubert, réunies par Yvan Leclerc

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 25 Octobre 2017. , dans Editions Thierry Marchaisse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Correspondance

Lettres à Flaubert, réunies par Yvan Leclerc, juin 2017, 191 pages, 16,90 € Edition: Editions Thierry Marchaisse

 

Original, le concept de la collection. Réunir un lot – bien choisi, compétent, passionné qui plus est – d’auteurs, tous pignon sur rue littéraire, et les faire « écrire à » ces monstres sacrés de la grande littérature, celle des Classiques. Prudente, pour autant, la démarche, puisque le maître d’œuvre, et souvent une bonne partie de l’équipage, sont savants dans le destinataire des lettres, son œuvre comme sa personne, assez pour s’autoriser le parfum d’aventure du projet : un roboratif jouissif passant à chaque page ! Enfin – dira-t-on jamais assez que derrière chaque livre, il y a le maillon-éditeur, Thierry Marchaisse appartient à ce genre, rare, de ceux qui savent bâtir le livre, agencer une construction, en architecte de haute maîtrise, faisant bellement partie, en ça, du bonheur de lire.

Flaubert, l’immense, l’incontournable, celui qui – XIXème et au-delà – perche tout en haut de la pyramide. Qui – sachant lire, s’entend – n’aurait pas lu, et jusqu’au bout, s’il vous plaît, sa Madame Bovary, son Education sentimentale, son Salammbô… chacun d’entre nous, à un niveau ou un autre, ne peut-il se sentir « concerné » par Flaubert, ce « la », à la fois unique et tout ; c’est dire.

Suivre Jésus et faire du business, Une petite société tribale dans la mondialisation, Maurice Godelier

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 29 Juin 2017. , dans Editions Thierry Marchaisse, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Suivre Jésus et faire du business, Une petite société tribale dans la mondialisation, avril 2017, 160 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Maurice Godelier Edition: Editions Thierry Marchaisse

Maurice Godelier est un de nos plus éminents ethnologues-anthropologues, et Thierry Marchaisse, un éditeur toujours à l’affût de belles pépites. Là, cela accouche d’un bonheur de lecture, certes, mais tellement davantage…

Le titre – peut-être un peu trop accrocheur – aurait pu simplement s’abriter sous « La métamorphose » si cela n’était déjà préempté. Parce qu’il y va en si peu de pages, si denses, de quelque chose au croisement des itinéraires de l’homme, groupes et individus, de la mondialisation en marche – pas moins ! – du monde d’avant qui résiste et ne meurt pas complètement, ce qui nous rassure pour la fin de notre âge, de nous tous, spectateurs de ces changements-là, et nous regardant forcément en miroir – car que serait un livre sans son impact sur nous. Il y va surtout d’un formidable hommage à une discipline, de pensée et de vie, à moins que le contraire, pas assez connue, ou tellement en surface : l’ethnologie, l’anthropologie. Juste un livre en fait pour nous chambouler – quota d’émotionnel garanti – et nous faire ressortir de ce voyage de découvertes – avec ces Baruya, petit peuple minuscule, immense tribu, et leur ethnologue – riches, et mieux armés pour la suite de tous nos chemins, ce qui n’est pas si fréquent en lectures.