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Editions Thierry Marchaisse

 

Maison d’édition indépendante et généraliste
fondée par Thierry Marchaisse en 2011 avec la collaboration d’Isabelle Simatos.


Les sept cercles, Une odyssée noire, Sophie Caratini

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mardi, 05 Mai 2015. , dans Editions Thierry Marchaisse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Les sept cercles, Une odyssée noire, janvier 2015, 393 pages, 22 € . Ecrivain(s): Sophie Caratini Edition: Editions Thierry Marchaisse

 

Il est des livres qui valent voyage, et bien davantage ; au cœur du continent-mère, l’Afrique, mais, plus encore, aux racines de l’homme. N’en doutez pas. Celui-ci en est un ! Il est des auteurs, qu’on regrette vraiment de n’avoir pas côtoyés plus tôt ! Celle-là en est une : anthropologue, fine et solide connaisseuse de son Afrique Sahélienne, prêtant son écriture – conteuse, passionnante comme sous l’arbre à palabres – à un homme formidable, Moussa Djibi Wagne (nommé sur le tard Al-Hadji Moussa Djibi Wagne, après qu’il ait fait son pèlerinage à La Mecque). Un homme rare, par sa vie – une épopée antique – sa personnalité, son regard sur lui-même et le reste du monde – entendez l’Afrique de l’Ouest – son humour, sa mélancolie. Un Ulysse, comme le dit le sous-titre du livre. Pas moins.

Ça se lit comme le roman que ce n’est pas, ça sonne comme une saga largement dépassée. Du certifié vrai, mais raconté de telle façon ! Entre les dires foisonnants de Moussa, des siens – somme d’entretiens de belle teneur savante – et le personnage qui dit « je » dans le livre, l’écriture de Sophie Caratini, la magie de son « raconté », fabrique un petit miracle : l’anthropologie littéraire et son immense efficacité.

Lettres à Sade, Collectif

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 19 Novembre 2014. , dans Editions Thierry Marchaisse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, Correspondance

Lettres à Sade, Collectif, Lettres réunies et présentées par Catriona Seth, novembre 2014, 139 pages, 14,90 € Edition: Editions Thierry Marchaisse

 

La collection mise en place par les Éditions Thierry Marchaisse est d’un intérêt réjouissant : faire écrire des lettres par des auteurs contemporains à une sommité littéraire, défunte. Ici, Sade. Choisis – ce n’est toutefois précisé nulle part – sur des critères de goût des auteurs eux-mêmes, pour le destinataire, et, pour leur connaissance du sujet, puisque plusieurs d’entre eux ont à leur actif des recherches universitaires ou des livres consacrés à ce « marquis » si particulier. On fait de l’esprit, mais on connaît parfaitement Sade, dans ce petit livre !

Faut-il le dire ; c’est passionnant, et ça se lit d’un trait. Cela donne – en sus – l’envie de revenir à ces livres sulfureux du XVIIIème siècle, le plus libertin, de les découvrir autrement, et, surtout, de voyager dans ce qui est – malgré débats et colloques, de ci de là – un produit littéraire. Peut-être avant tout. Ce qui fait écho, résonance, aussi ; ce qui – hier, et différemment, aujourd’hui – « sourd » de ces écrits, de cette vie, de cette légende. En un mot, « de quoi Sade est-il le nom ? », comme dit l’un de nos auteurs.

C’est quoi ce roman ?, Corinne Devillaire

Ecrit par Martine L. Petauton , le Samedi, 18 Janvier 2014. , dans Editions Thierry Marchaisse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

C’est quoi ce roman ?, janvier 2014, 224 pages, 19 € . Ecrivain(s): Corinne Devillaire Edition: Editions Thierry Marchaisse

 

Titre adapté, tant dans les mots que dans le point d’interrogation. C’est ce qu’on se dit en abordant les premières pages, mais très vite on complète – c’est quoi ? on veut savoir ! et de lire – grandes enjambées enthousiastes… une pincée d’heures de lecture jouissive !

Roman de littérature « française » (cette compétence labellisée à faire surgir les remous des familles). Comme tant d’autres, plus ou moins attachants, ou même réussis ? Et bien, non ! Tout autre chose, presque indéfinissable : une ratatouille, un salmigondis de sentiments, de relations et rapports entre les uns, les autres, et même le chien. Famille « brouillée », signaux compliqués ; chemins sans repères. Labyrinthe… dans lequel Corinne Devillaire se plaît à nous perdre de la première à la dernière de ces étranges pages.

Tableau posé en quelques lignes : le père, la mère – attention, psy de métier ! un gamin attachant – très –, Pierre, deux filles, Clarisse et Clotilde – grandes ados oscillant entre secrets et mal être qui sied à l’âge, à l’abri d’un scolaire surdoué. Génération qui précède : une grand-mère d’un genre particulier, un grand-père d’un second mariage, Robert –  attention, le chien se nomme aussi Robert – encore plus à part…

Maisons perdues, Nathalie Heinich

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 20 Mai 2013. , dans Editions Thierry Marchaisse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Récits

Maisons perdues, décembre 2012, 123 pages, 14,90 € . Ecrivain(s): Nathalie Heinich Edition: Editions Thierry Marchaisse

 

La nostalgie… de nos vies, avant « l’âge certain » qui fait qu’on se retourne un brin… même si, « elle n’est plus ce qu’elle était », comme a dit la grande Signoret, ce doit être le sujet-cœur de X livres, grands et moins grands, sur le long chemin de la littérature. C’est aussi le refrain de ce petit livre… Sauf que, là, les souvenirs, les bouffées, les vents de chagrin, viennent de lieux particuliers : les maisons, et le ton, et les mots, et l’écho dans nos vies à nous, en ont, du coup, une étrange et un peu envoûtante musique.

L’auteur nous emmène sur un chemin – carte de France à l’appui – qui va, simple et logique, de sa plus ancienne maison d’enfance à la plus récente, croisée. La propriété n’étant pas, visiblement, pour elle, la valeur phare ; ce ne sont pas des lieux où elle a habité, jour après jour, mais des maisons (pas d’appartement) où elle a séjourné – des vacances, des congés, des « replis ». Ce n’est pas le mot « habiter », et sa connotation possessive, qui compte, c’est le mot « rencontrer », et sans doute « aimer ». On pourrait banalement dire : des lieux bâtis qui l’ont marquée et dont les habitants ont beaucoup compté pour elle et sa construction. « D’aucun visage humain, je n’ai une image aussi nette ; d’aucun visage humain, je n’ai à ce point la nostalgie », dit-elle de cette maison-ci, au Monteillet, en Haute-Loire.