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Olivier Morattel éditeur

 

Maison d'édition suisse, fondée en 2009.

 

 

 

Engrenage, Éric Orlov

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 23 Mars 2018. , dans Olivier Morattel éditeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Engrenage, mars 2018, 204 pages, 17 € . Ecrivain(s): Éric Orlov Edition: Olivier Morattel éditeur

« Il y a quelque chose dans le silence des vies, quelque chose dans les questions qu’on ne pose jamais à l’autre qui vous précipite dessous, dans cette matière noire, écrasante, dans le glissement aveugle des achées »

Laurence est une jeune femme belle, mariée, à qui tout réussit, vie amoureuse, vie professionnelle. Mais son bonheur vient à se faner peu à peu, à compter du jour où glissent, dans sa boîte à lettres, une à une, dans un mode algorithmique, des correspondances anonymes, au contenu mystérieux.

Qui est donc l’auteur(e) de ces lettres ? Laurence adore lire, la littérature a toujours été au cœur de son existence, la lecture est son exutoire : « Tous ces romans lus. Dévorés, engloutis, oubliés parfois. Cette vie par procuration, tandis qu’elle obtenait de bons résultats à l’école. Tandis que son chat était mort. Tandis qu’elle menait ses études avec sérieux. Tandis que sa mère était malade. Tandis qu’elle essuyait les méchancetés de son demi-frère. Toutes ces vies de papier qui l’appelaient. Tandis qu’elle tâchait d’être à l’heure. De ne froisser personne. D’effectuer ce qui lui était demandé au travail. […] Tandis qu’elle attendait son mari passant tant d’heures à aligner des chiffres absurdes loin de Paris plutôt que d’être auprès d’elle ».

La vitre, Fabien Muller

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 08 Décembre 2016. , dans Olivier Morattel éditeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La vitre, octobre 2016, 280 pages, 18 € . Ecrivain(s): Fabien Muller Edition: Olivier Morattel éditeur

 

Hélène, jeune femme de vingt-huit ans, naît de façon prématurée à l’âge de sept mois et commence ainsi son existence dans l’espace protégé d’une couveuse. « J’ai passé les trois premiers mois de ma vie à regarder le monde à travers une vitre dans une petite couveuse où l’on me voyait à peine. J’ai parfois l’impression que cette vitre est toujours là. À l’époque, j’avais une relation plus intime avec le tuyau qui m’entrait dans la bouche qu’avec le sein de ma mère. Cela n’a pas beaucoup changé par la suite.

Le premier jour après être sortie de mon sarcophage en verre, je me suis asphyxiée à côté de ma mère qui dormait. J’ai alors pris une jolie teinte bleue. Du bleu dont on fait le fond des piscines pour les gens qui ne savent pas nager.

Ambulance. D’os d’âne. Vol plané. J’en suis tombée de la boîte en carton dans laquelle on m’avait mise dans la précipitation. Quand les ambulanciers se sont penchés sur moi catastrophés, mon père a dit : “Laissez tomber, elle est morte”. Il avait le sens de la formule.

Point de suture, Florian Sägesser

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 12 Avril 2016. , dans Olivier Morattel éditeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Point de suture, mars 2015, 156 pages, CHF 24.- . Ecrivain(s): Florian Sägesser Edition: Olivier Morattel éditeur

 

 

« Two roads diverged in a yellow wood ; and sorry I could not travel both […] »

Robert Frost

 

Une fratrie, Arthur et Rémy, unie par une complicité partagée, l’un âgé de huit ans, l’autre de treize ans. Paris, leur ville, leur point d’ancrage, le lieu de leurs pérégrinations nocturnes, le temps d’un tag sur les murs vierges d’une rue enveloppée par la pénombre. Frottement et choc de nuages dans un ciel parental alourdi, la nouvelle tombe : les parents se séparent.

Cellulose, Guy Chevalley

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 09 Avril 2016. , dans Olivier Morattel éditeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Cellulose, octobre 2015, 224 pages, CHF 24.- . Ecrivain(s): Guy Chevalley Edition: Olivier Morattel éditeur

 

 

Selon le Petit Larousse Illustré (éd. 2016), la cellulose se définit comme une « substance macromoléculaire du groupe des glucides […], constituant principal et caractéristique de la paroi des cellules végétales, utilisées notamment pour la fabrication du papier […] ». Or, le papier n’est pas uniquement utilisé comme support physique à l’écriture, mais il arrive parfois qu’il soit ingéré comme de la nourriture, tels un club sandwich ou un millefeuille.

Ainsi en est-il du dossier retrouvé par Morlan – qui plus est en son bureau –, alors même que sa disparition supposée constatée, tous ses collègues de travail ont été sollicités pour le retrouver et que des accusations ont même été proférées à l’endroit d’un employé du courrier :

Journal de la haine et autres douleurs, Frédéric Vallotton

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 28 Novembre 2015. , dans Olivier Morattel éditeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Journal de la haine et autres douleurs, suivi de Musique dans la Karl Johan Strasse, mai 2015, 144 pages, 24 € . Ecrivain(s): Frédéric Vallotton Edition: Olivier Morattel éditeur

En ce récit empreint de haine et de douleur, Frédéric Vallotton entraîne le lecteur à travers Berlin, Vienne, Morges, Orbe, Lausanne, Zurich et Bordeaux, dans un diptyque socio-politico-historico-culturel. Celui-ci se lit comme « un conte de fée », une balade musicale, tournée en eau de boudin avec pour refrain : « Mais j’ai laissé quelque chose à Vienne, quelque chose de précieux qui m’avait été offert à Berlin ».

Frédéric Vallotton, écrivain de la décadence humaine, écrit dans une élégance désespérée, et témoigne du monde qui l’entoure avec tout ce que la planète offre de plus beau et de plus laid. L’auteur est piquant, ironique, sarcastique, mais au milieu de ce chaos humain et de cette profonde désespérance, il est toujours en quête de beauté.

Le lecteur comprend rapidement que sa vie aurait pris une autre allure s’il avait pu concrétiser sa rencontre avec l’âme sœur : « J’ai tout perdu à Vienne. J’ai perdu l’espoir d’une meilleure vie, j’ai perdu le calme soleil de la MittelEuropa, la confiance et la joie simple à vivre une vie commune. J’ai perdu mon “conte de fée” à Vienne. […] Je suis coincé entre la haine et le regret, c’est aussi fatal que d’être pris d’un infarctus et d’une rupture d’anévrisme en même temps. Toutefois, il est permis d’abandonner la haine et les regrets, pas un diagnostic fatal ».