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Verdier

 

Les éditions Verdier sont fondées en 1979 dans l'Aude, à Lagrasse, par Gérard Bobillier, Colette Olive et Michèle Planel, en dialogue avec Benny Lévy et Charles Mopsik, à qui est confiée la première collection.

Cette maison, qui possède aujourd'hui une permanence dans le XXe arrondissement de Paris, publie dans les disciplines suivantes : littérature, arts et architecture, sciences humaines, philosophie et spiritualités.


Une terrasse en Algérie, Jean-Louis Comolli

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mercredi, 30 Mai 2018. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Récits

Une terrasse en Algérie, février 2018, 192 pages, 14 € . Ecrivain(s): Jean-Louis Comolli Edition: Verdier

 

Plus de soixante ans après les faits tragiques, Jean-Louis Comolli revient par l’écriture dans l’Algérie qu’il a dû quitter un jour de 1961.

Né en 1941, l’amoureux du cinéma, le cinéphile, l’essayiste connu, le cinéaste, entreprend de nous raconter par le menu ce que furent ces années-là, terribles, à Philippeville en Algérie, ces années 55 à 57, germes tragiques d’une « drôle de guerre » faite d’embuscades, de tortures, de guérilla urbaine, d’attaques rurales, de factions opposées entre des communautés qui avaient « commencé » à vivre ensemble : les Pieds Noirs, installés de tout temps, auxquels Jean-Louis, par ses parents, ses grands-parents, appartient de plein droit ; les Arabes, les Kabyles, souvent méconnus, peu visibles, réduits chez les précédents aux tâches subalternes (et le grand-père Florentin est une exception, un entrepreneur qui conçoit l’égalité avec ses employés kabyles) ; le pouvoir français qui joue comme tout pouvoir de sa domination.

Jours de Mai, Jean-Baptiste Harang

Ecrit par Stéphane Bret , le Mercredi, 02 Mai 2018. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Jours de Mai, février 2018, 109 pages, 13,50 € . Ecrivain(s): Jean-Baptiste Harang Edition: Verdier

 

Jours de Mai n’est pas une histoire détaillée de Mai 68, ni une tentative d’élucidation des significations de ce mouvement, imprévu, multiforme. Non, c’est une série d’articles, un par jour, sur le mois de mai, écrits dans Libération cinquante ans après l’événement. Chaque article d’une journée est accompagné d’une mini-revue de presse de l’époque, et c’est pour le moins comique. Ainsi apprend-on que le 5 mai, Le Figaro s’émeut de l’inconduite de ces manifestants : « Etudiants, ces jeunes ? Ils relèvent de la correctionnelle plutôt que de l’Université ». Ce même jour, Georges Pompidou et Maurice Couve de Murville, ministre des Affaires étrangères, visitent la ville historique d’Ispahan, en Iran. Le 7 mai, Alain Geismar annonce « Nous sommes prêts à négocier avec le gouvernement », tandis que la presse annonce l’ouverture de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis en construction depuis quatre ans. On trouve d’autres détails, révélateurs, de la tension sociale de cette époque, déjà perceptible depuis un an ou deux. Les ouvriers de Sud-Aviation séquestrent leur patron, Monsieur Duvochel, qui sera libéré quelque temps plus tard.

Les Rêves et leur interprétation dans le Talmud, Alexander Kristianpoller

Ecrit par Gilles Banderier , le Jeudi, 01 Février 2018. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Les Rêves et leur interprétation dans le Talmud, septembre 2017, trad. allemand Léa Caussarieu, 278 pages, 21 € . Ecrivain(s): Alexander Kristianpoller Edition: Verdier

 

 

Texte immense, dépourvu de début, de centre et de fin véritables (on peut commencer la lecture à n’importe quel traité), Le Talmud (ou plutôt les Talmuds, car il en existe deux) est un ouvrage d’accès difficile, même pour des lecteurs de confession juive. Pour un non-Juif, la distance est encore plus grande, bien que, depuis des décennies, le professeur Adin Steinsaltz ait mené un admirable labeur afin de remettre ce livre, écrit en araméen et en hébreu ancien, à la disposition des lecteurs contemporains (sa version commentée, en hébreu moderne, a été déjà traduite en anglais et en français).

Le Grand Sylvain, Pierre Bergounioux

Ecrit par Philippe Leuckx , le Lundi, 26 Juin 2017. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Le Grand Sylvain, mars 2017, 80 pages, 25 € . Ecrivain(s): Pierre Bergounioux Edition: Verdier

 

À Gif, à Brive, ailleurs, Pierre Bergounioux s’est toujours interrogé subtilement, finement, au plus nu, sur les pertes, les « peines et profits » de l’enfance pourvoyeuse de découvertes mais aussi d’âpres chagrins.

« Tenir registre » comptable de cela : tel est le projet d’une « capture » symbolique à plus d’un sens. La Capture que propose Verdier est sous coffret cartonné, un livre, Le Grand Sylvain, et un film éponyme.

De quelles captures s’agit-il ? D’une capture psychologique où l’enfant soudain est visé comme le premier stade d’une mue irrémédiable : l’adulte qu’il sera et qui fouille déjà en soi les prolongements de sa mue.

D’une capture réelle, où l’entomologiste, à l’aune du grand Fabre, s’amuse à mesurer cet état d’enfance qui surveille, observe, perd son temps pour recueillir, sans doute, des manières de miracle : ainsi le cétoine et la mort, l’univers où il peut se révéler, le temps qu’il faut pour la « prise », « la capture ».

L’Amertume du triomphe, Ignacio Sánchez Mejías

Ecrit par Jean Durry , le Mardi, 30 Mai 2017. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Roman, Espagne

L’Amertume du triomphe, avril 2017, trad. espagnol Dominique Blanc, 96 pages, 13 € . Ecrivain(s): Ignacio Sánchez Mejías Edition: Verdier

 

Etonnant.

Voici que le torero mythifié par Federico Garcia Lorca – qui serait lui-même assassiné le 19 août 1936 par les milices franquistes – en son inoubliable et lancinant « Llanto – chant funèbre – por Ignacio Sánchez Mejías », s’incarne littéralement, plus vivant que jamais dans ces – ou plutôt ses – quelques pages.

Il s’agit ici en effet d’un début de roman, manuscrit déniché dans une malle de famille par Andrès Amoros lors des investigations préalables à sa propre biographie du matador publiée en 1998. Ce texte retrouvé, aux qualités réelles – nous y reviendrons –, révèle une facette des talents de celui dont la courte et belle préface de Jean-Michel Mariou retrace la trop brève existence et toute la personnalité. Encorné à Manzanares le 11 août 1934, « à cinq heures du soir » quand « la mort déposa ses œufs dans la blessure », il décèdera deux jours plus tard à Madrid des suites directes de cette gangrène gazeuse mal soignée.