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Verdier

 

Les éditions Verdier sont fondées en 1979 dans l'Aude, à Lagrasse, par Gérard Bobillier, Colette Olive et Michèle Planel, en dialogue avec Benny Lévy et Charles Mopsik, à qui est confiée la première collection.

Cette maison, qui possède aujourd'hui une permanence dans le XXe arrondissement de Paris, publie dans les disciplines suivantes : littérature, arts et architecture, sciences humaines, philosophie et spiritualités.


Ienisseï suivi de Russie blanche, Christian Garcin

Ecrit par Lionel Bedin , le Vendredi, 09 Mai 2014. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Ienisseï suivi de Russie blanche, février 2014, 96 pages, 11,80 € . Ecrivain(s): Christian Garcin Edition: Verdier

 

 

Ça n’est pas la première fois que Christian Garcin voyage en Sibérie, ni la première fois qu’il propose des récits de ces voyages et de ses « croisière » sur un fleuve : voir par exemple le récit sur la Lena dans En descendant les fleuves, Carnets de l’Extrême-Orient russe, avec Éric Faye, (Stock, 2011). Il nous propose ici deux courts textes, dont le premier, Ienisseï, est un récit qui raconte ce qu’il voit, ce qu’il entend durant la descente du fleuve Ienisseï, de Krasnoïarsk à son embouchure dans l’Arctique. Et ça commence mal : pas assez d’eau pour que le bateau, l’Alexandre Matrosov, puisse naviguer… Un moment il est même envisagé d’ouvrir les vannes d’un barrage. Il y a toujours des problèmes, en Sibérie, et il y a toujours des solutions… Plus ou moins démesurées. La solution sera plus naturelle. Et l’on pourra partir.

Rue Involontaire, Sigismund Krzyzanowski

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Lundi, 05 Mai 2014. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Russie, Récits

Rue Involontaire, mars 2014, traduit du russe par Catherine Perrel, 64 pages, 9,20 € . Ecrivain(s): Sigismund Krzyzanowski Edition: Verdier

 

 

De Rue Involontaire, récit épistolaire mentionné en 1933 dans les carnets de Sigismund Krzyzanowski, personne n’avait retrouvé trace lors de l’édition posthume de son œuvre. Le manuscrit avait en effet été confisqué par le KGB, on ne sait dans quelles circonstances, puis restitué aux archives littéraires russes en 1995 pour y être perdu ou oublié, mêlé au dossier d’un « autre K » – un poète paysan qui, lui, fut arrêté en 1934 et exécuté peu après – avant de soudain réapparaître tout aussi mystérieusement en 2012 dans l’inventaire du fonds Krzyzanowski.

Les éditions Verdier, qui ont déjà plusieurs titres de l’écrivain russe à leur catalogue, nous offrent ainsi cet étrange et jubilatoire récit composé de sept courtes lettres adressées à des destinataires incongrus, l’accompagnant de deux petites nouvelles datant de 1935 et de 1927 et de quelques brefs extraits des carnets de l’auteur.

Qui témoignera pour nous ? Albert Camus face à lui-même, Paul Audi

Ecrit par Laurence Biava , le Lundi, 25 Novembre 2013. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Qui témoignera pour nous ? Albert Camus face à lui-même, septembre 2013, 240 pages, 15,50 € . Ecrivain(s): Paul Audi Edition: Verdier

 

Prix littéraire du Savoir et de la Recherche 2013

 

Pouvait-on d’ailleurs imaginer plus bel hommage que ce livre pour célébrer l’année du centenaire de la naissance de l’écrivain engagé, Camus ? Parmi toutes les publications qui honorent cette noble mémoire, ce sublime essai fait vraiment la différence… Albert Camus, né le 7 novembre 1913, à Mondovi dans le département de Constantine en Algérie française, et mort le 4 janvier 1960 à Villeblevin dans l’Yonne, recevait le prix Nobel de littérature le 10 décembre 1957, c’est-à-dire il y aura très bientôt 56 ans. Je suis une inconditionnelle de Camus mais qui ne l’est pas ?

« Camus est notre contemporain, notre guide. Celui qui était déconsidéré dans les années 50 et 60 parce qu’il n’avait jamais été subjugué par la vulgate marxiste. Camus le résistant, Camus le révolté qui n’acceptait pas le monde tel qu’il était. Camus l’intellectuel “différent”, hors du sérail. Lui qui n’était ni professeur, ni normalien, ni agrégé de philosophie, mais issu des faubourgs populaires d’Alger où sa mère mutique et sourde faisait des ménages ».

La claire fontaine, David Bosc

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 25 Octobre 2013. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

La claire fontaine, août 2013, 128 pages, 14 € . Ecrivain(s): David Bosc Edition: Verdier

 

 

Il serait amusant de dresser la liste des écrivains qui dansent et de ceux que la lourdeur habite, et d’une même plume en faire autant des peintres. La claire fontaine est la rencontre de deux danseurs. Il est des livres qui forcent avec style votre porte, qui s’invitent sans que l’on sache de prime abord pourquoi, qui vous bousculent et prennent leur aise, alors votre bonne éducation vous pousse naturellement à les accueillir. A les feuilleter dans un premier temps, pour voir de quoi ils sont faits. Puis à tout reprendre au début, à lire page à page leur nature, à reprendre, à hésiter, à ouvrir vivement les yeux, à les fermer et à écouter avec une grande attention leur musique, pour finir par secrètement se dire qu’ils ont eu raison ne pas vous prévenir.

La surprise est souvent affaire de plaisir, comme ce petit livre de David Bosc qui roule comme le Gave et vous éclabousse en passant. Il est plaisant de se faire mouiller par un tel styliste.

Les oeuvres de miséricorde, Mathieu Riboulet

Ecrit par Jean-Guy Soumy , le Lundi, 15 Octobre 2012. , dans Verdier, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Les Œuvres de miséricorde, août 2012, 154 pages, 14 € . Ecrivain(s): Mathieu Riboulet Edition: Verdier

On écrit avec son corps. Mathieu Riboulet le sait bien, lui qui dissèque l’objet de ses interrogations avec une application de chirurgien ou d’entomologiste. Lui qui, tel saint Thomas peint dans son incrédulité par Le Caravage, glissant son doigt dans la sainte plaie, cherche à franchir la barrière des muscles. A atteindre l’os. Y parvient.

Il y a, chez Riboulet, une manière vertigineuse de lier les mots et la chair. De ne rien construire qui tienne en l’air par la seule légèreté d’idées nullement expérimentées. Désincarnées. Et même la mémoire, insaisissable, Riboulet l’interroge en cherchant sa projection sur la géographie d’une peau ou le relief d’une ossature. Archéologue du vivant, il traque la source. Dans tous les cas, son écho.

« Je suis resté longtemps prisonnier du sentiment flottant, informulé selon lequel l’Allemagne était infréquentable. Je n’étais pas guidé par une idée, un ressentiment moins encore, mais, de fait, chez moi on n’allait pas en Allemagne (…) ». Cette gêne vis-à-vis de l’Allemagne, on peut concevoir que tous ceux qui ont dépassé la cinquantaine l’éprouvent aussi de manière diffuse. « Je n’avais jamais pu, avant cela, penser aux Allemands, à l’Allemagne, à la langue allemande, sans voir se profiler à l’horizon de ces pensées la trace du conflit qui par trois fois nous opposa, d’autant plus pernicieuse, persistante, qu’elle était héritée, non pas vécue ».