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Verdier

 

Les éditions Verdier sont fondées en 1979 dans l'Aude, à Lagrasse, par Gérard Bobillier, Colette Olive et Michèle Planel, en dialogue avec Benny Lévy et Charles Mopsik, à qui est confiée la première collection.

Cette maison, qui possède aujourd'hui une permanence dans le XXe arrondissement de Paris, publie dans les disciplines suivantes : littérature, arts et architecture, sciences humaines, philosophie et spiritualités.


Extrêmes et lumineux, Christophe Manon

Ecrit par Benoît Artige , le Lundi, 01 Février 2016. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Roman

Extrêmes et lumineux, août 2015, 192 pages, 13,50 € . Ecrivain(s): Christophe Manon Edition: Verdier

 

Extrêmes et lumineux, justement récompensé par le Prix Révélation 2015 de la Société des Gens de Lettres, est un livre d’une belle étrangeté. Ce texte de Christophe Manon, construit autour de scènes fortes et cousues entre elles par le seul fil des mots (une ferme abandonnée, la vie d’un théâtre ambulant, des expériences éthyliques et sous psychotropes, une famille d’immigrés italiens…), trouve sa cohérence dans la « force motrice » d’une écriture à la fois ciselée et vaste qui n’est pas sans rappeler celle de Claude Simon.

A partir de ces fragments épars qui se font parfois écho et se complètent, l’auteur tente de reconstituer les fondations fragiles d’une conscience que le temps a inexorablement émiettées, afin de lutter contre la « perte inexorable et définitive de la mémoire ». Mais plutôt que de vouloir fixer, en vain, des bribes de souvenirs, il préfère retranscrire « l’effet de tremblement qui en résulte ». Et s’il s’appuie sur la description ou la retranscription méticuleuse de quelques témoignages tangibles (des photos, un journal intime, des listes désuètes de chiffres ou de noms, des articles de journaux), il ne se fait guère d’illusion sur leur fragilité face au pouvoir de l’oubli : tout comme les souvenirs que l’on garde en mémoire, ceux-ci deviendront bientôt aussi énigmatiques et muets que les débris d’une civilisation disparue.

La petite lumière, Antonio Moresco

Ecrit par Marc Ossorguine , le Jeudi, 23 Octobre 2014. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Italie

La petite lumière (La lucina) traduit de l’italien par Laurent Lombard, septembre 2014, 128 p. 14 € . Ecrivain(s): Antonio Moresco Edition: Verdier

 

 

Vraie découverte que ce premier récit traduit en français de l’italien Antonio Moresco. Une précieuse « petite lune », pour reprendre les mots mêmes de l’auteur, qui s’est détachée de son grand œuvre, pas encore publié, Increati (Les incréés) qui viendra clore un livre unique (à tous les sens du terme semble-t-il) de près de trois mille pages dont les premières étapes ont été Gli esordi (Les débuts) et Canti del caos (Chants du chaos), que les lecteurs français ne connaissent pas encore. Un grand œuvre que l’auteur a commencé il y aujourd’hui trente ans et dont cette lune détachée, écrite en 14 jours, s’est imposée à lui dans une urgence d’écriture venue de loin et à laquelle il tient beaucoup. L’intimité de cette œuvre et sa profondeur s’imposent aujourd’hui à nous, pour notre plus grand bonheur.

Joselito, le vrai, José Miguel Arroyo

Ecrit par Philippe Chauché , le Samedi, 10 Mai 2014. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Espagne, Récits

Joselito, le vrai, traduit de l'espagnol par Antoine Martin, Avril 2014, 288 p. 16,20 € . Ecrivain(s): José Miguel Arroyo Edition: Verdier

 

 

« Au commencement est le silence. C’est du moins ce qui me frappa lorsque j’assistai à ma première corrida, à l’âge de douze ans, il y a tout juste un demi-siècle. J’entendais bien les clameurs, les applaudissements, les sifflets, et surtout les injonctions criées aux protagonistes depuis les gradins… Mais à toutes ces manifestations, les hommes de lumière opposaient le mutisme le plus opaque.  » François Zumbielhl – Le discours de la corrida – Verdier – 2008

Silence des toreros, mutisme absolu de ces hommes de l’éphémère, ils savent que la parole appartient finalement aux autres, à ceux qui voient – de loin – ce qui se joue de près, se sacralise sur le sable. Les toreros parlent peu, écrivent encore moins. Leur histoire, leur roman, leurs rêves, ils l’écrivent sur le sable à cinq heures du soir, et cela suffit semble-t-on comprendre, ou bien laissez- moi seul avec ce taureau, et pour le reste, nous verrons bien !

Ienisseï suivi de Russie blanche, Christian Garcin

Ecrit par Lionel Bedin , le Vendredi, 09 Mai 2014. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Ienisseï suivi de Russie blanche, février 2014, 96 pages, 11,80 € . Ecrivain(s): Christian Garcin Edition: Verdier

 

 

Ça n’est pas la première fois que Christian Garcin voyage en Sibérie, ni la première fois qu’il propose des récits de ces voyages et de ses « croisière » sur un fleuve : voir par exemple le récit sur la Lena dans En descendant les fleuves, Carnets de l’Extrême-Orient russe, avec Éric Faye, (Stock, 2011). Il nous propose ici deux courts textes, dont le premier, Ienisseï, est un récit qui raconte ce qu’il voit, ce qu’il entend durant la descente du fleuve Ienisseï, de Krasnoïarsk à son embouchure dans l’Arctique. Et ça commence mal : pas assez d’eau pour que le bateau, l’Alexandre Matrosov, puisse naviguer… Un moment il est même envisagé d’ouvrir les vannes d’un barrage. Il y a toujours des problèmes, en Sibérie, et il y a toujours des solutions… Plus ou moins démesurées. La solution sera plus naturelle. Et l’on pourra partir.

Rue Involontaire, Sigismund Krzyzanowski

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Lundi, 05 Mai 2014. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Russie, Récits

Rue Involontaire, mars 2014, traduit du russe par Catherine Perrel, 64 pages, 9,20 € . Ecrivain(s): Sigismund Krzyzanowski Edition: Verdier

 

 

De Rue Involontaire, récit épistolaire mentionné en 1933 dans les carnets de Sigismund Krzyzanowski, personne n’avait retrouvé trace lors de l’édition posthume de son œuvre. Le manuscrit avait en effet été confisqué par le KGB, on ne sait dans quelles circonstances, puis restitué aux archives littéraires russes en 1995 pour y être perdu ou oublié, mêlé au dossier d’un « autre K » – un poète paysan qui, lui, fut arrêté en 1934 et exécuté peu après – avant de soudain réapparaître tout aussi mystérieusement en 2012 dans l’inventaire du fonds Krzyzanowski.

Les éditions Verdier, qui ont déjà plusieurs titres de l’écrivain russe à leur catalogue, nous offrent ainsi cet étrange et jubilatoire récit composé de sept courtes lettres adressées à des destinataires incongrus, l’accompagnant de deux petites nouvelles datant de 1935 et de 1927 et de quelques brefs extraits des carnets de l’auteur.