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Verdier

 

Les éditions Verdier sont fondées en 1979 dans l'Aude, à Lagrasse, par Gérard Bobillier, Colette Olive et Michèle Planel, en dialogue avec Benny Lévy et Charles Mopsik, à qui est confiée la première collection.

Cette maison, qui possède aujourd'hui une permanence dans le XXe arrondissement de Paris, publie dans les disciplines suivantes : littérature, arts et architecture, sciences humaines, philosophie et spiritualités.


La Prime Lumière, Emanuele Tonon

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Mercredi, 13 Avril 2016. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Italie

La Prime Lumière, mars 2016, trad. italien Laurent Lombard, 128 pages, 15 € . Ecrivain(s): Emanuele Tonon Edition: Verdier

 

La Prime lumière est le second roman d’Emanuele Tonon, et son premier traduit en français (de l’italien).

Ce texte autobiographique est le long cri lancé à la figure du monde d’un être désemparé et fou de désespoir après avoir perdu la seule femme qu’il ait aimée : sa mère.

A presque quarante ans, il a vécu à ses côtés les dix dernières années après être passé par le noviciat au couvent franciscain de Spello, sans se soucier jamais de savoir ce qu’il deviendrait sans elle. Cette mère éternelle dans son dévouement exclusif et total était, il est vrai, à peine âgée de soixante ans quand un accident vasculaire cérébral l’emporta.

Texte d’une intimité douloureuse et fragile comme l’est cet être qui doit désormais apprendre à grandir sans soutien, à regarder le monde sans appui, ce monde qu’il a essayé par tous les moyens de fuir (en s’enfermant à la recherche de Dieu, puis dans l’alcool…).

Histoire des traductions en langue française, XVe et XVIe siècles

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Vendredi, 11 Mars 2016. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Histoire

Histoire des traductions en langue française, XVe et XVIe siècles, novembre 2015, sous la direction de Véronique Duché, 1344 pages, 48 € Edition: Verdier

 

Ce volume est le troisième d’un ensemble de quatre destinés à couvrir l’histoire des traductions en langue française du XVe siècle à nos jours.

Cette entreprise unique, initiée par Jean-Yves Masson et Yves Chevrel, a pour but de mettre en lumière l’importance que la traduction a pu avoir sur la transmission des savoirs, de la poésie aux mathématiques, en passant par le droit. Elle nous rappelle, par ailleurs, le rôle qu’elle a joué dans l’élaboration et la construction de notre langue française. Enfin, c’est un hommage rendu aux traducteurs, ces passeurs de textes et d’idées, souvent femmes et hommes de l’ombre.

Pour reprendre des notions prisées des historiens, « le terminus ad quo » de ce volume est la création de l’imprimerie en France, soit 1470, bien que le premier ouvrage imprimé en français fût sans doute publié à Lyon en 1469. Quant au « terminus ad quem » qui peut être contestable, il a été fixé à la mort d’Henri IV en 1610. Cette période va se caractériser par la volonté d’imposer le français dans tous les domaines de la vie sociale et intellectuelle.

Extrêmes et lumineux, Christophe Manon

Ecrit par Benoît Artige , le Lundi, 01 Février 2016. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Roman

Extrêmes et lumineux, août 2015, 192 pages, 13,50 € . Ecrivain(s): Christophe Manon Edition: Verdier

 

Extrêmes et lumineux, justement récompensé par le Prix Révélation 2015 de la Société des Gens de Lettres, est un livre d’une belle étrangeté. Ce texte de Christophe Manon, construit autour de scènes fortes et cousues entre elles par le seul fil des mots (une ferme abandonnée, la vie d’un théâtre ambulant, des expériences éthyliques et sous psychotropes, une famille d’immigrés italiens…), trouve sa cohérence dans la « force motrice » d’une écriture à la fois ciselée et vaste qui n’est pas sans rappeler celle de Claude Simon.

A partir de ces fragments épars qui se font parfois écho et se complètent, l’auteur tente de reconstituer les fondations fragiles d’une conscience que le temps a inexorablement émiettées, afin de lutter contre la « perte inexorable et définitive de la mémoire ». Mais plutôt que de vouloir fixer, en vain, des bribes de souvenirs, il préfère retranscrire « l’effet de tremblement qui en résulte ». Et s’il s’appuie sur la description ou la retranscription méticuleuse de quelques témoignages tangibles (des photos, un journal intime, des listes désuètes de chiffres ou de noms, des articles de journaux), il ne se fait guère d’illusion sur leur fragilité face au pouvoir de l’oubli : tout comme les souvenirs que l’on garde en mémoire, ceux-ci deviendront bientôt aussi énigmatiques et muets que les débris d’une civilisation disparue.

La petite lumière, Antonio Moresco

Ecrit par Marc Ossorguine , le Jeudi, 23 Octobre 2014. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Italie

La petite lumière (La lucina) traduit de l’italien par Laurent Lombard, septembre 2014, 128 p. 14 € . Ecrivain(s): Antonio Moresco Edition: Verdier

 

 

Vraie découverte que ce premier récit traduit en français de l’italien Antonio Moresco. Une précieuse « petite lune », pour reprendre les mots mêmes de l’auteur, qui s’est détachée de son grand œuvre, pas encore publié, Increati (Les incréés) qui viendra clore un livre unique (à tous les sens du terme semble-t-il) de près de trois mille pages dont les premières étapes ont été Gli esordi (Les débuts) et Canti del caos (Chants du chaos), que les lecteurs français ne connaissent pas encore. Un grand œuvre que l’auteur a commencé il y aujourd’hui trente ans et dont cette lune détachée, écrite en 14 jours, s’est imposée à lui dans une urgence d’écriture venue de loin et à laquelle il tient beaucoup. L’intimité de cette œuvre et sa profondeur s’imposent aujourd’hui à nous, pour notre plus grand bonheur.

Joselito, le vrai, José Miguel Arroyo

Ecrit par Philippe Chauché , le Samedi, 10 Mai 2014. , dans Verdier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Espagne, Récits

Joselito, le vrai, traduit de l'espagnol par Antoine Martin, Avril 2014, 288 p. 16,20 € . Ecrivain(s): José Miguel Arroyo Edition: Verdier

 

 

« Au commencement est le silence. C’est du moins ce qui me frappa lorsque j’assistai à ma première corrida, à l’âge de douze ans, il y a tout juste un demi-siècle. J’entendais bien les clameurs, les applaudissements, les sifflets, et surtout les injonctions criées aux protagonistes depuis les gradins… Mais à toutes ces manifestations, les hommes de lumière opposaient le mutisme le plus opaque.  » François Zumbielhl – Le discours de la corrida – Verdier – 2008

Silence des toreros, mutisme absolu de ces hommes de l’éphémère, ils savent que la parole appartient finalement aux autres, à ceux qui voient – de loin – ce qui se joue de près, se sacralise sur le sable. Les toreros parlent peu, écrivent encore moins. Leur histoire, leur roman, leurs rêves, ils l’écrivent sur le sable à cinq heures du soir, et cela suffit semble-t-on comprendre, ou bien laissez- moi seul avec ce taureau, et pour le reste, nous verrons bien !