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Serge Safran éditeur

Diffusé par Le Seuil et distribué par Volumen, Serge Safran éditeur, créé et animé par Serge Safran, écrivain et cofondateur des éditions Zulma, propose a priori quatre à cinq titres par an de littérature contemporaine, française ou étrangère. À savoir un choix personnel guidé par l'originalité du sujet, la force d'émotivité et le dérangement des codes établis, qu’ils soient moraux, littéraires ou esthétiques. L'idée est avant tout d'offrir de réelles découvertes. Donc de privilégier, sans que cela soit une contrainte, ni une limite, de nouveaux ou jeunes auteurs, en tout cas des écrivains méritant d’être soutenus et encouragés avec passion. Il ne s’agit pas de revendiquer une rupture littéraire formelle à tout prix, mais que ces œuvres puissent exprimer une forte personnalité à travers un sujet à caractère universel comme, par exemple, la relation entre des visions opposées du monde, sur toile de fond historique, géographique ou sociale spécifique.


La cigarette et le néant, Horace Engdahl

Ecrit par Michel Host , le Samedi, 15 Mars 2014. , dans Serge Safran éditeur, Les Livres, Livres décortiqués, Essais, La Une Livres, Pays nordiques, Récits

La cigarette et le néant, traduit du suédois par un atelier de traducteurs, sous la direction d’Elena Balzamo (1), 158 pages, janvier 2014, 17 € . Ecrivain(s): Horace Engdahl Edition: Serge Safran éditeur

 

 

Mon précis, mon viatique

« Que me recommandez-vous ?, dis-je à la serveuse chinoise.

– Mais je ne vous connais pas, je ne peux rien vous recommander, me répond-elle. Sans le savoir, elle a, en un clin d’œil, réfuté toutes les utopies », Horace Engdahl

 

Une lecture est une aventure personnelle, sinon « à quoi bon ? »

Michel Host

LSD 67, Alexandre Mathis

Ecrit par Stéphane Bret , le Mardi, 07 Janvier 2014. , dans Serge Safran éditeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

LSD 67, août 2013, 568 pages, 23,50 € . Ecrivain(s): Alexandre Mathis Edition: Serge Safran éditeur

 

Le titre du roman d’Alexandre Mathis fait référence à la drogue du même nom ; le sigle est aussi l’abrégé de trois prénoms de ce récit : Liliane, Sony, Dora.

Nous sommes au Quartier Latin, en 1967. Une bande de marginaux, adeptes de la défonce, de l’utilisation massive de stupéfiants et hallucinogènes de toute nature : amphétamines, LSD, cocaïne, morphine, acide, vit dans la marginalité la plus totale. On y trouve, outre les trois déjà cités : Chico, Cybèle, Gégé, JF, Doudou.

Leur but : « Affirmation du non péremptoire à toute choses établies, imposées. Façon d’être, prenant une importance démesurée, essentielle. Décalée ».

C’est le cinéma qui oriente ces jeunes marginaux vers cet état d’esprit : « Nous maintenant dans une idéologie de révolte permanente contre l’art établi ».

Happé par Sempé, Christophe Carlier

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Vendredi, 25 Octobre 2013. , dans Serge Safran éditeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts

Happé par Sempé, septembre 2013, 73 pages, 7 € . Ecrivain(s): Christophe Carlier Edition: Serge Safran éditeur

 

Happé birthday !


Comment naissent les livres ? Selon Christophe Carlier, c’est fort simple : il suffit de rater son train. Se retrouver sur le quai d’une gare, avec son billet dans une main et sa valise dans l’autre, fait irrésistiblement penser à Sempé. Il suffit d’ajouter au malheureux candidat au voyage deux ou trois accessoires, de dessiner quelques passagers plus chanceux qui s’éloignent en lui tirant la langue puis une dame proprette qui se marre à l’autre bout du quai et le tour est joué.

Happé par Sempé est un court opus en hommage au dessinateur Sempé qui a « mis en scène ces moments où l’absurdité nous sourit au lieu de nous détruire ».

Uniques, Dominique Paravel

Ecrit par Anne Morin , le Mardi, 03 Septembre 2013. , dans Serge Safran éditeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Uniques, 22 aout 2013, 165 pages, 15 € . Ecrivain(s): Dominique Paravel Edition: Serge Safran éditeur

 

Visions des choses, interpénétration des temps et des vies, fulgurance des couleurs, dans un même lieu : une rue grise et triste, attendant la neige, un soir d’Epiphanie : « C’est toujours le passé qu’on voit. Que se passe-t-il, quels abîmes, dans ce retard, entre nos regards ? » (p.124). Le temps ne recommence à goutter que lorsque la narratrice reprend la main sur son œuvre. Dans la salle d’exposition d’une entreprise, elle a saisi sur un écran une portion vide de la rue Pareille où vivent tous les personnages, et où se trouve également l’entreprise Rodalpa. Rue vide, mais non pas inanimée – chacun peut y voir ce qu’il veut, s’y voir, en mouvement, en arrêt sur image, ou projetant ses fantasmes – : « En s’approchant il a compris qu’il s’agissait d’un écran plat sur lequel une image fixe était projetée. Une rue. Plus précisément la rue de l’usine, dont les bâtiments s’entrevoyaient sur la gauche. Aucun passant, une lumière indéfinissable, glauque, l’artiste avait sans doute filmé au petit matin. Tout était inerte. Il ne comprenait pas pourquoi les gens semblaient tous captivés » (p.69).

Adieu le cirque !, Cheon Un-Yeong

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 13 Juillet 2013. , dans Serge Safran éditeur, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Asie, Roman

Adieu le cirque !, traduit du coréen par Seon Yeong-a et Carine Devillon, avril 2013, 267 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Cheon Un-Yeong Edition: Serge Safran éditeur

 

Ballade des âmes errantes

 

Le roman s’ouvre sur un spectacle de cirque en Chine. Deux frères assistent aux acrobaties qui se déroulent sur scène. Le lecteur ne connaît que la pensée de l’un des frères, Yunho, qui contemple le spectacle.

« Je regardais la scène, les bras croisés, bien résolu à rester de glace, quelque dangereux que fût le numéro réalisé devant mes yeux. La virtuosité de cette troupe d’acrobates chinois, qui arrachait des exclamations au public par une contorsion ou un pliement grotesque du corps, ne m’inspirait que pitié. Le cirque implique une prise de risque. Le cirque, c’est l’affranchissement des limites physiques par un entraînement infernal. C’est donc de la pitié, et non de l’émotion, que l’on éprouve au cirque ».