Identification

Editions de la Différence

 

Les Éditions de la Différence sont une maison d’édition française à compte d'éditeur fondée en 1976 par Joaquim VitalMarcel Paquet, philosophe, et Patrick Waldberg, écrivain et historien d’Art, rejoints la même année par Colette Lambrichs.

En 2011, après le décès de Joaquim Vital, Claude Mineraud devient président des éditions et Colette Lambrichs directeur général. Dès lors, la maison se restructure de fond en comble et se dote, notamment, de sa propre équipe de diffusion.

L’établissement compte 19 salariés en 2012.

 

Wulf, Hamish Clayton

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 22 Janvier 2016. , dans Editions de la Différence, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Océanie

Wulf, mai 2015, trad. anglais (Nouvelle-Zélande) Marc Sigala, 270 pages, 22 € . Ecrivain(s): Hamish Clayton Edition: Editions de la Différence

 

A la frontière du mythe

« Au cours de mes nombreuses errances, jamais je n’ai vu de pays si frais, si rude, si majestueusement vert. Jamais je n’ai mis les pieds dans aucun pays dont le froid soit si mordant à ses beaux jours. Juillet et août, joyaux de givre. Ainsi les ressentaient nos peaux nordiques.

Cette terre repose en des eaux lointaines et agitées. L’histoire reste dans l’attente de cette terre lointaine et agitée ».

Ainsi débutent les premières pages de ce roman consacré à la découverte de la Nouvelle-Zélande et de ses héros par les Européens commerçants.

Les premières pages s’ouvrent sur l’année 1830. Le narrateur ainsi que l’équipage du navire Elisabeth quittent Londres pour un long périple qui les mène vers les terres lointaines en pleine hémisphère sud :

Il n’est feu que de grand bois, Claire Fourier

Ecrit par Pierre Perrin , le Mardi, 06 Octobre 2015. , dans Editions de la Différence, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Il n’est feu que de grand bois, août 2015, 188 pages, 17 € . Ecrivain(s): Claire Fourier Edition: Editions de la Différence

 

Métro Ciel, chez Actes Sud en 1996, avait révélé un tempérament. Celui-ci reste ardent, puissant, il emporte tout sur son passage. « Montre-moi comment tu fais l’amour, je te dirai qui tu es ». C’est peu dire que ce présent roman, Il n’est feu que de grand bois, est un régal. Pourtant un roman épistolaire, c’est assez rare et peu couru, parce que, par nature, l’action y est infime. Le plaisir est d’emblée littéraire. Le sujet, l’amour qui vient du fond des siècles, mais que chacun réinvente à sa mesure, et le style qui l’enchâsse assurent la réussite. Pour coller à notre temps, et pour ne rien cacher, Claire Fourier fait, dans les premières pages – après elle s’en dispense – un clin d’œil au parler populaire (on s’en fout, j’ai pigé, rigolote). C’est un des rares reproches qu’un lecteur un peu trop rigide pourrait lui adresser, l’autre étant cette insistance à marquer la séparation entre l’intellectuelle et cet homme « de pleine terre et plein air ». Mais c’est dire encore, par ricochet, si ce beau roman est proche de la perfection.

L’Oreille de Lacan, Patrice Trigano

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 18 Septembre 2015. , dans Editions de la Différence, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’Oreille de Lacan, mai 2015, 192 pages, 18 € . Ecrivain(s): Patrice Trigano Edition: Editions de la Différence

 

« La vérité, c’est que je ne sais plus à quel saint me vouer pour échapper à l’emprise de mes idées fixes, de mes phobies, pour déjouer les effets dévastateurs de mes états d’âme chaotiques, pour fuir l’inconfort qui irise ma vie d’un soleil malveillant ».

L’Oreille de Lacan est l’histoire tumultueuse de Samuel Rosen, un dandy dépressif et misanthrope, épris de littérature, amateur d’art avisé, un homme au raffinement hors du commun, un homme qui fait de l’art son temps. L’auteur, qui se signale en ouverture du roman, ne va pas manquer de s’inviter au final, sans nouvelles de son personnage, qui s’est envolé. Entre temps, Samuel Rosen se sera approché d’un club très fermé des Omphalosyques, adorateurs du nombril, des illuminés suspendus bouche bée aux paroles du gourou, il aura tenté en vain de s’asseoir sur le divan du fumeur de Culebras torsadés et tourné en rond dans sa bibliothèque, et au milieu de ses objets d’art et de curiosité.

La Djouille, Jean Pérol

Ecrit par Patryck Froissart , le Samedi, 13 Décembre 2014. , dans Editions de la Différence, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La Djouille, août 2014, 288 pages, 20 € . Ecrivain(s): Jean Pérol Edition: Editions de la Différence

 

Jean Pérol figure dans les chroniques de La Cause Littéraire en tant que poète, pour son recueil Libre livre. On le retrouve ici romancier.

La première partie du livre est un roman du crépuscule. Le narrateur, professeur retraité, retiré dans la solitude « d’un trou, à la frontière de l’Ardèche et des Cévennes », se raconte à la première personne, en une sorte de passage en revue, qui prend parfois l’air du bilan, de certains des chapitres de sa vie, de ses échecs, sur un ton désabusé, avec des accents souvent misogynes et plus généralement misanthropes, le tout empreint d’une forte dose de lucide auto-complaisance.

« […] j’étais las des femmes, de leurs querelles, de leurs becs de vautour et de leur rapacité. J’étais encore plus fatigué des hommes, qui en fait de becs et de serres, n’avaient rien à leur envier. Et finalement lassé aussi de jouer à me faire croire que je ne songeais qu’à la mort. Allez, Valéry, il fallait tenter de vivre ! »

Trop, Jean-Louis Fournier

Ecrit par Gilles Brancati , le Lundi, 27 Octobre 2014. , dans Editions de la Différence, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Trop, juin 2014, 184 pages, 16 € . Ecrivain(s): Jean-Louis Fournier Edition: Editions de la Différence

 

Quand Jean-Louis Fournier nous dit « TROP », j’ai envie de lui répondre : Pas assez. On aurait aimé qu’il nous en présente encore, de ces trop, qui empoisonnent nos choix, donc nos vies. Il dresse un inventaire de tout ce qui est « de trop » dans notre mode de vie, une façon originale de mettre le doigt là où ça fait mal, c’est-à-dire sur les excès de notre société marchande et la confusion qu’elle engendre. Bien vu.

On peut faire confiance au marketing et à son bras armé qu’est la publicité pour avoir su décliner un produit en autant de sous-produits dont on se demande, avec l’auteur, quel en est l’intérêt. Bien entendu l’auteur a dû faire des choix pour établir sa liste, mais on peut s’étonner qu’il ait omis les lessives, exemple type de l’abondance de produits qui nous sont proposés.

Où est-il le bon vieux temps où la « ménagère de cinquante ans » reprisait les chaussettes du foyer avec un œuf en porcelaine ? On ne peut qu’être satisfait qu’elle n’ait plus à le faire, mais en conséquence, on ne sait plus quelle paire choisir, accrochées par lignes entières sur des portants, pour remplacer celles que nous avons trouées.