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Editions de la Différence

 

Les Éditions de la Différence sont une maison d’édition française à compte d'éditeur fondée en 1976 par Joaquim VitalMarcel Paquet, philosophe, et Patrick Waldberg, écrivain et historien d’Art, rejoints la même année par Colette Lambrichs.

En 2011, après le décès de Joaquim Vital, Claude Mineraud devient président des éditions et Colette Lambrichs directeur général. Dès lors, la maison se restructure de fond en comble et se dote, notamment, de sa propre équipe de diffusion.

L’établissement compte 19 salariés en 2012.

 

Impossible Ici, Sinclair Lewis

Ecrit par Didier Smal , le Jeudi, 25 Août 2016. , dans Editions de la Différence, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Impossible Ici, version française de Raymond Queneau, août 2016, 377 pages, 20 € . Ecrivain(s): Sinclair Lewis Edition: Editions de la Différence

Publié en 1935, Impossible Ici (It Can’t Happen Here dans la version originale) est un roman de Sinclair Lewis (1885-1951) destiné à mettre en garde les incurables optimistes, dont la foi en la démocratie toute puissante pourrait devenir aveugle face aux dérives politiques potentielles. L’auteur américain était marié à Dorothy Thompson, brillante journaliste qui parvint à approcher Adolf Hitler dès 1931 et en a retiré de l’effroi. A partir de cette rencontre, elle tenta par tous les moyens journalistiques de mettre en garde les Etats-Unis contre la possibilité que le fascisme (au début des années trente, c’est bien de fascisme qu’il faut parler concernant Hitler) traversât l’Atlantique ; son mari, pour faire bref, décida de mettre sa plume romanesque au service de cette cause en racontant l’arrivée au pouvoir d’un pur démagogue, Berzelius « Buzz » Windrip, dans une Amérique située à peine dix ans plus tard, à laquelle est imposé un pouvoir fort et omniprésent. Ce roman a vocation de sonnette d’alarme, et est présenté comme tel dans une préface qui prend clairement position : ce livre doit être lu comme un avertissement, aujourd’hui encore, puisque « la candidature de Donald Trump qui a d’abord été prise sur le ton de la farce constitue désormais une dérive alarmante ». En bref, la lecture de ce roman devrait être obligatoire pour empêcher l’avènement d’un régime d’obédience fasciste – mais nous passerons sur le fait que le fascisme, ce croque-mitaine convenu, possède une définition historique à laquelle aucun parti politique actuel ne correspond.

La Toubabesse, Louis-Ferdinand Despreez

Ecrit par Eric Essono Tsimi , le Lundi, 22 Août 2016. , dans Editions de la Différence, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Roman, La rentrée littéraire

La Toubabesse, août 2016, 288 pages, 17 € . Ecrivain(s): Louis-Ferdinand Despreez Edition: Editions de la Différence

Louis-Ferdinand nous embarque dans un voyage au bout de l’Afrique

L’auteur du roman La Toubabesse est aussi mystérieux que peuvent l’être les deux polars par lesquels il s’est fait connaître. Quand on vous aura dit qu’il s’appelle Louis-Ferdinand Despreez, il faudra ajouter qu’il est africain, sud-africain, anglophone donc, mais écrit directement en français ce troisième roman, le premier du genre : les deux précédents étant des romans policiers.

Peut-on arriver à un tel rendu des « républiques de la forêt équatorienne » sans, à la manière d’Ahmadou Kourouma, tordre le cou au français des « sages de la Coupole » ? Tout est littérarisé, mais sans recherche. La langue de Louis-Ferdinand Despreez est foisonnante, elle n’est pas rendue à l’état brut… Du festival de mots et d’images puisés dans le néo-français d’Afrique, on retient surtout la truculence, la verdeur (pour la finesse il faudra chercher ailleurs), le souffle des phrases kilométriques du narrateur (conteur), entortillées dans des incises itératives qui calquent le style parlé, l’oralité. D’ailleurs si le narrateur calque, il décalque aussi, se démarque : il y a beaucoup de néologismes que ni les rues africaines ni le Robert ne reconnaîtraient, emporté qu’il est par le dynamisme qu’il rapporte, Despreez crée une langue des bois et gratifie son « lecteur », parfois directement interpellé comme tel, de notes infrapaginales et d’un lexique en toute fin du roman.

Radieuse Une croisière en Adriatique, Claire Fourier (Article 2)

Ecrit par Thomas Besch-Kramer , le Jeudi, 07 Juillet 2016. , dans Editions de la Différence, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Radieuse Une croisière en Adriatique, juin 2016, 223 pages, 17€ . Ecrivain(s): Claire Fourier Edition: Editions de la Différence

 

Un récit alerte et incisif où les pronoms personnels sujets disparaissent souvent au profit du rythme et de la prosodie ; une écriture « blonde et ronde » comme les boucles des cheveux de l’auteure, Claire Fourier – ondulations toutes maritimes qui rappellent sans cesse l’élément salin d’une croisière de luxe. Après l’escale décevante à Split, voici une île : Korčula. Claire Fourier se délecte – nous délecte poétiquement : « Une chaloupe fera le va-et-vient toutes les heures entre l’île et le bateau. On y monte comme dans un bus. La mer est de satin bleu, la chaloupe ondule. A peine un liseré d’écume : la proue soulève un duvet » (p.64).

Claire Fourier récite un grand rêve baltique désavoué mais transformé en moment antique où Eole et Dioclétien retiennent le souffle de l’histoire adriatique ; l’érudition historique de l’auteure nous permet d’apprécier la mélancolie de l’écrivaine intérieure : « Ecrire est mon lever d’ancre (…) je raconte la sensations que {les choses} me firent » (Stendhal, p.59).

Radieuse, Une croisière en Adriatique, Claire Fourier

Ecrit par Pierre Perrin , le Jeudi, 16 Juin 2016. , dans Editions de la Différence, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Voyages

Radieuse, Une croisière en Adriatique, juin 2016, 224 pages, 17 € . Ecrivain(s): Claire Fourier Edition: Editions de la Différence

 

 

Vous aimez les croisières ? Embarquez pour l’Adriatique de Claire Fourier ! Vous détestez les croisières ? Embarquez plus encore pour l’Adriatique de Claire Fourier ! C’est mené tambour battant. Huit jours, à suer le luxe et la misère intérieure qui va avec, dit-elle, portés à l’incandescence en quatre heures de lecture. Il n’est pas une page qui ne croise l’éclat et la gravité à la fois. Tout est à voir, de loin et de très près, les lieux, la beauté, le troupeau humain, ses exceptions, des « jambes lestes et célestes », l’air marin. Le navire-usine à plaisirs est, tour à tour, « une puce des mers, la nef des fous, une bétaillère » et ceux qui le peuplent, entre deux escales, sachant que « le personnel est plus raffiné que la clientèle […] qui macère dans l’huile solaire », au moins pour l’apparence : des randonneurs de l’inutile, des parents d’esclaves et autres joyeusetés que Rabelais n’aurait pas reniées. « Tant pis pour le panorama. C’est l’esprit panoramique qu’il faut avoir ».

Wulf, Hamish Clayton

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 22 Janvier 2016. , dans Editions de la Différence, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Océanie

Wulf, mai 2015, trad. anglais (Nouvelle-Zélande) Marc Sigala, 270 pages, 22 € . Ecrivain(s): Hamish Clayton Edition: Editions de la Différence

 

A la frontière du mythe

« Au cours de mes nombreuses errances, jamais je n’ai vu de pays si frais, si rude, si majestueusement vert. Jamais je n’ai mis les pieds dans aucun pays dont le froid soit si mordant à ses beaux jours. Juillet et août, joyaux de givre. Ainsi les ressentaient nos peaux nordiques.

Cette terre repose en des eaux lointaines et agitées. L’histoire reste dans l’attente de cette terre lointaine et agitée ».

Ainsi débutent les premières pages de ce roman consacré à la découverte de la Nouvelle-Zélande et de ses héros par les Européens commerçants.

Les premières pages s’ouvrent sur l’année 1830. Le narrateur ainsi que l’équipage du navire Elisabeth quittent Londres pour un long périple qui les mène vers les terres lointaines en pleine hémisphère sud :