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Editions de la Différence

 

Les Éditions de la Différence sont une maison d’édition française à compte d'éditeur fondée en 1976 par Joaquim VitalMarcel Paquet, philosophe, et Patrick Waldberg, écrivain et historien d’Art, rejoints la même année par Colette Lambrichs.

En 2011, après le décès de Joaquim Vital, Claude Mineraud devient président des éditions et Colette Lambrichs directeur général. Dès lors, la maison se restructure de fond en comble et se dote, notamment, de sa propre équipe de diffusion.

L’établissement compte 19 salariés en 2012.

 

Trop, Jean-Louis Fournier

Ecrit par Gilles Brancati , le Lundi, 27 Octobre 2014. , dans Editions de la Différence, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Trop, juin 2014, 184 pages, 16 € . Ecrivain(s): Jean-Louis Fournier Edition: Editions de la Différence

 

Quand Jean-Louis Fournier nous dit « TROP », j’ai envie de lui répondre : Pas assez. On aurait aimé qu’il nous en présente encore, de ces trop, qui empoisonnent nos choix, donc nos vies. Il dresse un inventaire de tout ce qui est « de trop » dans notre mode de vie, une façon originale de mettre le doigt là où ça fait mal, c’est-à-dire sur les excès de notre société marchande et la confusion qu’elle engendre. Bien vu.

On peut faire confiance au marketing et à son bras armé qu’est la publicité pour avoir su décliner un produit en autant de sous-produits dont on se demande, avec l’auteur, quel en est l’intérêt. Bien entendu l’auteur a dû faire des choix pour établir sa liste, mais on peut s’étonner qu’il ait omis les lessives, exemple type de l’abondance de produits qui nous sont proposés.

Où est-il le bon vieux temps où la « ménagère de cinquante ans » reprisait les chaussettes du foyer avec un œuf en porcelaine ? On ne peut qu’être satisfait qu’elle n’ait plus à le faire, mais en conséquence, on ne sait plus quelle paire choisir, accrochées par lignes entières sur des portants, pour remplacer celles que nous avons trouées.

Nébuleuses, Andréas Becker

Ecrit par Adrien Battini , le Lundi, 09 Septembre 2013. , dans Editions de la Différence, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Nébuleuses, 29 août 2013, 176 pages, 15 € . Ecrivain(s): Andreas Becker Edition: Editions de la Différence

 

Si les lecteurs qui franchissent les librairies de France et de Navarre sont régulièrement en quête de romans où le happy ending côtoie le chatoiement sentimental, certains écrivains rappellent que c’est dans la noirceur la plus pure que se forgent les textes les plus marquants. Déjà auteur l’an passé de l’hypnotique et torturé L’Effrayable, Andreas Becker s’invite à nouveau dans la rentrée littéraire pour mieux bousculer les lectures routinières.

Une fois Nébuleuses refermé, impossible de faire l’abstraction de toute comparaison avec L’Effrayable. On retrouvera sensiblement cette même structure construite autour d’un narrateur contraint de se délivrer, de littéralement accoucher du récit personnel afin de libérer le corps et la mémoire d’un passé/passif qui le ronge. Nébuleuses consacre ici le récit à la première personne d’une femme que Becker situe presque hors du temps, et qui dissèque tour à tour son quintet familial oppressant et destructeur : sa mère, son père, son fils, son copain, sOn amOur (en respectant la typographie Beckerienne).

Hérétiques, Jocelyne Laâbi

Ecrit par Adrien Battini , le Mercredi, 22 Mai 2013. , dans Editions de la Différence, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Hérétiques, mai 2013, 320 pages, 20 € . Ecrivain(s): Jocelyne Laâbi Edition: Editions de la Différence

 

Cette présente chronique est une invitation au voyage dans le temps puisque Hérétiques renoue avec le genre de la fresque historique, et vient combler un certain vide littéraire, entre l’efficacité d’un Ken Follett et l’évocation quasi mythologique d’un Laurent Gaudé. On saura gré à Jocelyne Laâbi de s’être aventurée avec bonheur dans un no man’s land qui ne demandait finalement qu’à être braconné.

On pourrait poursuivre cette métaphore de la friche, puisque indéniablement l’écrivain aura choisi de tirer hors des ténèbres une des périodes les plus opaques pour l’Occidental médian, à savoir l’Islam des IXème et Xème siècle. Clairement le sujet est audacieux à l’heure actuelle où, le moins que l’on puisse dire, la religion musulmane est victime d’amalgames et autres caricatures. Hérétiques est donc non seulement paré des meilleures intentions « pédagogiques », mais nous rappelle que l’histoire du troisième monothéisme est littéralement passionnante. Retournons donc dans le Golfe Persique à la fin du IXème siècle. L’âge d’or des premiers califes est depuis longtemps oublié. Oubliés aussi les conquêtes et l’enthousiasme guerrier des Omeyyades. Même les Abbassides, la nouvelle dynastie régnante, n’ont plus la splendeur de leurs débuts. Alors que Bagdad vient de réprimer dans le sang la révolte des Zenji et que les cadavres des esclaves sont encore fumants, voici que se dressent les Qarmates.

Photographie et croyance, Daniel Grojnowski (2ème recension)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 15 Novembre 2012. , dans Editions de la Différence, Les Livres, Livres décortiqués, Essais, La Une Livres

Photographie et Croyance, 2012, 119 p. 14 € . Ecrivain(s): Daniel Grojnowski Edition: Editions de la Différence

Daniel Grojnowski s’est toujours passionné pour l’image. Et a nourri cette passion des feux nuancés de son intellection. En effet, cet intérêt s’est modulé sous la forme d’interrogations extrêmement fécondes entrant en étreinte avec des raisonnements pointus mais clairs et problématisés, s’appuyant sur des exemples qui montrent que l’auteur est un fin connaisseur de la fin du dix-neuvième siècle, interrogations et raisonnements mêlés (car il ne s’agit pas pour les raisonnements, en faisant suite aux interrogations, de chasser ces dernières) renouvelant la vision que l’on peut avoir de cette façon qu’a le réel de tomber dans l’image, et dans l’immobilité de celle-ci : « Quelle que soit la nature et l’origine d’une image, elle m’interpelle, exige de moi que je me soumette à son évidence sensible, à la référence dont elle est médiatrice ».

Son « évidence sensible » est l’évidence du réel.

Même si dans son récent et très beau recueil de notes, Pensées simples (Gallimard), Gérard Macé s’interrogeait de cette manière : « [s]ait-on bien ce qu’on voit quand on photographie ? », Daniel Grojnowski confesse ainsi : « je me suis souvent demandé pourquoi je croyais – pourquoi on croyait – en la vérité de l’image photographique, sans parvenir à donner une réponse qui pouvait me satisfaire. Le présent essai tente d’élucider un “mystère” que l’avènement du numérique estompe, sans l’effacer ».

Photographie et croyance, Daniel Grojnowski

Ecrit par Sophie Galabru , le Vendredi, 28 Septembre 2012. , dans Editions de la Différence, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, La rentrée littéraire

Photographie et Croyance, septembre 2012, 128 p. 14 € . Ecrivain(s): Daniel Grojnowski Edition: Editions de la Différence

 

Sourire !

On sourit, souvent quelques secondes, jusqu’à la crispation, et pourtant la photo saisira l’expression comme prise sur le vif, une vivacité que le réel lui-même ne donnait pas. La photographie est une captation du réel, d’un visible, ou du moins est-elle ce procédé qui rend visible un mouvement, une fugacité, un instant émotionnel, parfois même un sacré. Dans cet essai, Daniel Grojnowski tente, sur un mode philosophique libre toujours nourri d’exemples, d’illustrations, de références, de dévoiler l’envers ou le négatif de notre rapport à la photographie. Tentative d’autant plus réussie que la simplicité et la clarté du langage, unis à la diversité des exemples, traduisent bien l’ambition de l’auteur de transmettre sa démarche de pensée à son lecteur. L’auteur part là d’une question personnelle, et il en avertit le lecteur « je me suis souvent demandé pourquoi je croyais – pourquoi on croyait – en la vérité de l’image photographique sans parvenir à trouver une réponse qui pouvait me satisfaire ». Parce que Roland Barthes dit bien qu’on ne voit jamais la photo elle-même mais toujours ce à quoi elle réfère, Daniel Grojnowski, lui, veut révéler le révélateur photographique, regarder la photo plutôt que le sourire.