Identification

Moisson Rouge

Moisson rouge est une jeune maison d’édition indépendante qui se consacre à la littérature noire au sens le plus large : critique sociale, peinture des déroutes et des folies de l’époque, fresque urbaine, roman noir, western urbain, fantastique et trans-genre.

 

(Fontaine O livres)

Apportez-moi Octavio Paz, Federico Vite

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 17 Avril 2012. , dans Moisson Rouge, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Amérique Latine, Roman

Apportez-moi Octavio Paz, (Fisuras en el continente literario, 2006), trad. de l’espagnol (mexicain) par Tania Campos, Juin 2011, 112 p. 10 € . Ecrivain(s): Federico Vite Edition: Moisson Rouge

Le petit Rogelio a été retrouvé mort dans la salle de bain de la maison familiale. Sa mère, Nadia, immigrée yougoslave et veuve est bien entendu la première suspecte. Chargé de l’enquête, le commandant Ojeda trouve que cette affaire pourrait être l’occasion d’écrire enfin le roman dont il rêve depuis toujours d’être l’auteur. Ni une, ni deux, il se tire donc une balle dans le pied afin de pouvoir travailler tranquillement à son chef-d’œuvre en pillant les grands auteurs de sa bibliothèque. Son remplaçant, quant à lui, aura besoin, pour clore rapidement l’enquête, qu’Ojeda signe ses conclusions et les aveux des suspects extorqués sous la torture. Pour Ojeda, qui prend conscience de son incapacité à écrire aussi bien qu’il le voudrait, c’est l’occasion de demander une faveur en échange : faire enlever et lui apporter à son domicile le prix Nobel mexicain de littérature Octavio Paz.

Très court roman de moins d’une centaine de pages, Apportez-moi Octavio Paz tient autant du roman noir que de la fable philosophique. Comme ses pairs Paco Taïbo, Gabriel Trujillo Muñoz, Martin Solares ou Guillermo Arriaga, l’œuvre de Federico Vite fait son nid dans l’épais matelas de corruption, de faux-semblants, de collusion et d’incompétence sur lequel repose en grande partie la société mexicaine contemporaine.

Psychose, Robert Bloch

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 19 Juin 2011. , dans Moisson Rouge, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA

Psychose. Robert Bloch. Nouvelle traduction de l’américain Emmanuel Pailler. Mai 2011. 188 p. 15 € . Ecrivain(s): Robert Bloch Edition: Moisson Rouge

 

On doit imaginer d'abord l’étrangeté absolue de l’entreprise d’une lecture qui consiste à retrouver un univers, des personnages, une histoire non seulement connus mais installés dans nos mémoires depuis des décennies ! Par le livre de Bloch déjà, écrit en 1959 et traduit une première fois en français en 1960. Et surtout par le chef-d’œuvre cinématographique d’Alfred Hitchcock en 1960.

Et pourtant, il se trouve que cette lecture est un formidable moment de découverte.

D’abord par la préface de Stéphane Bourgoin, qui éclaire les sources de la fiction : L’affaire Ed Gein, fermier du Wisconsin, Serial killer de femmes chez qui la police trouvera un véritable musée des horreurs, du dépeçage au cannibalisme. Point de départ de « Psychose » certes mais aussi de milliers de livres et scenarii (Le silence des agneaux et le Dahlia Noir entre autres …)

Ensuite par l’étonnant personnage central, le célèbre Norman Bates, auquel il nous est bien difficile de ne pas prêter le physique félin et filiforme d’Anthony Perkins. Il est chauve, gras, petit, laid ! On ne peut plus antipathique, à mille lieues du charme vénéneux et ambigu de notre Anthony.