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Alma Editeur

 

"Alma éditeur, Paris" est un éditeur émergeant... Cet éditeur à compte d'éditeur publie aussi bien des nouveaux auteurs que des auteurs confirmés. Ligne éditoriale : elle n'est peut-être pas encore très bien définie, mais semble se tourner vers la littérature et les sciences humaines. Les romans tiendront une place prépondérante dans leur catalogue, alors avis aux nouveaux auteurs ! (comme aux heureux professionnels). L'histoire y sera aussi présente, car ils considèrent que la barrière entre l'histoire, du monde comme de la France, et la littérature de l'imagination est infime, que l'imagination et la réalité ne vont pas l'un sans l'autre. La société y sera aussi présente complétant l'histoire, le passé, par un présent (politique, social, ...). Enfin, un livre illustré semble vouloir s'imposer chaque année, pour le plaisir des yeux.

Adresse postale de la maison d'édition Alma :
9, rue Casimir-Delavigne 75006 Paris Tél : 01.78.09.61.00 Fax : 01.80.48.04.04 Courriels : *contact@alma-editeur.fr *manuscrits@alma-editeur.fr

 

Une verrière sous le ciel, Lenka Hornakova-Civade

Ecrit par Lionel Bedin , le Mardi, 19 Juin 2018. , dans Alma Editeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Une verrière sous le ciel, février 2018, 18,50 € . Ecrivain(s): Lenka Hornakova-Civade Edition: Alma Editeur

 

Automne 1988. Paris, gare de l’Est. Ana, une jeune tchécoslovaque de 18 ans, à Paris pour une colonie de vacance organisée par le Parti communiste tchèque, décide de ne pas prendre le train du retour. En plein doute, elle erre dans Paris jusqu’au Père Lachaise. Près de la tombe de Modigliani, elle y rencontre Grofka – « elle doit être une fée, voilà ce que je pense » – qui va lui trouver un point de chute et lui faire rencontrer quelques personnes.

Au début Ana semble un peu perdue, mais c’est peut-être aussi une volonté : elle parle peu, elle écoute. Elle pense à son passé, hier à Prague, à ses parents et à leur difficile relation. Elle tente de concilier les souvenirs, ce qui lui a été inculqué dans sa jeunesse, avec l’instant présent, tout en essayant d’y lire le futur. Elle qui a des aspirations, qui a choisi de forcer son destin, confronte ses rêves et la réalité.

Inauguration de l’ennui, Guillaume Siaudeau

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Vendredi, 06 Avril 2018. , dans Alma Editeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Inauguration de l’ennui, mars 2018, 140 pages, 12 € . Ecrivain(s): Guillaume Siaudeau Edition: Alma Editeur

 

Pour Guillaume Siaudeau, la poésie est accessible à tous : « il suffit d’ouvrir l’œil, mais le bon », de regarder le monde autour de soi et de se regarder. Et, portant un regard léger et décalé sur les petites choses, il nous offre des poèmes en vers libres, sans fioritures, leur donnant une envergure inattendue :

Pour comparer

Comment t’expliquer ça

Ah si tiens

imagine l’envergure

d’une mouche

vue d’une miette

Le camp des autres, Thomas Vinau

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 24 Août 2017. , dans Alma Editeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Le camp des autres, 24 aout 2017, 194 pages, 17 € . Ecrivain(s): Thomas Vinau Edition: Alma Editeur

 

Il semble que le thème de ce livre, la fuite hors du monde des hommes, le refuge au cœur de la forêt, la survie, intéresse beaucoup cette rentrée littéraire. La Cité des hommes et ses excès, ses injustices, ses violences, a toujours fait rêver certains d’un ailleurs, peut-être moins confortable, mais qui offrirait la liberté que les sociétés policées ne proposent pas.

C’est, dans la première moitié du livre, l’aventure presque solitaire du jeune Gaspard, parti de chez lui avec une jeunesse épouvantable achevée par un geste épouvantable.

Il s’enfonce dans la forêt, trimbalant un chien blessé, invalide et souffrant. Il va découvrir un monde secret, complexe, un univers à part, avec ses codes, ses lois, ses bruits, sa respiration. On ne s’impose pas à la forêt, Gaspard va vite apprendre qu’on se soumet à elle si l’on veut survivre.

La langue de Thomas Vinau, appuyée sur la poétique pure des mots de la flore, de la faune, fait merveille pour nous inonder de l'univers mystérieux et bruissant de la forêt, écrin dans lequel le lecteur se laisse glisser avec délice et une ombre sourde d'inquiétude.

L’homme incertain, Stéphanie Chaillou

Ecrit par Zoe Tisset , le Mardi, 24 Mars 2015. , dans Alma Editeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’homme incertain, janvier 2015, 164 pages, 16 € . Ecrivain(s): Stéphanie Chaillou Edition: Alma Editeur

 

C’est un premier roman tout en délicatesse et en même temps hurlant l’injustice de « ceux qui sont empêchés ». L’auteur affirme dans son autoportrait : « Je ne voulais pas être empêchée. Je ne voulais pas que les autres, ceux que j’aimais, soient empêchés ». C’est l’histoire d’un homme de la terre, qui perd sa ferme et par là-même sa raison d’être, existentielle, sociale et même familiale. Il semble disparaître à lui-même et aux autres : « J’avais disparu. Comme quand on se retire d’une pièce parce qu’il y a trop de monde ou que quelqu’un vous importune. Je m’étais retiré, mais sans le décider. On m’avait chassé ». Petit à petit, le lecteur mesure et rentre dans le drame de cet individu qui s’interroge sur son échec et sur la non coïncidence entre ce qu’il est devenu et ce qu’il voulait être :

« Je m’affirmais à moi-même que ça n’existait pas les hommes ratés. Que “raté”, ce mot ne contenait rien. Rien d’autre que mes propres peurs. Que seules mes peurs avaient fait de moi un fantôme d’homme. Un fantôme de personne. A cause de ce que je croyais voir dans le regard des autres. Ce que je croyais y voir, parce que je ne savais pas, que je n’étais pas assez sûr ».

Les nombres, Viktor Pelevine (2ème critique)

Ecrit par Pauline Fouillet , le Samedi, 21 Février 2015. , dans Alma Editeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Les nombres, septembre 2014, 380 pages, 19 € . Ecrivain(s): Viktor Pelevine Edition: Alma Editeur

 

Complètement loufoque, une histoire étrange, un personnage un peu barge sur les bords. Voilà résumé le dernier roman traduit de Viktor Pelevine. En Russie, Pelevine est l’un des écrivains les plus lus. Traduit en 33 langues, nominé pour le prix Nobel, il exerce une influence énorme dans le domaine littéraire. Pourtant, en France, il est loin d’avoir la renommée qu’il lui revient.

Ce roman, c’est du grand art. L’auteur y manie les mots comme un boucher manie ses couteaux : avec passion, dextérité et précision. L’histoire est quelque peu toquée. Un homme, Stiopa, russe, dirige sa vie aussi bien professionnelle que personnelle autour d’un nombre « porte-bonheur ». Ce dernier, en l’occurrence, le 34, est censé lui porter chance et lui indiquer les voies à suivre. Ainsi, s’il doit louer par exemple un local, il choisira celui qui porte le numéro 34 de la rue ; sa petite amie sera celle qui à l’hôtel choisira d’elle-même ce numéro de chambre (sans même savoir cette passion de la part de son homme). Mais gare au 43 ! Ce nombre très néfaste pour lui ne sera qu’ombre et trahison !