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Alma Editeur

 

"Alma éditeur, Paris" est un éditeur émergeant... Cet éditeur à compte d'éditeur publie aussi bien des nouveaux auteurs que des auteurs confirmés. Ligne éditoriale : elle n'est peut-être pas encore très bien définie, mais semble se tourner vers la littérature et les sciences humaines. Les romans tiendront une place prépondérante dans leur catalogue, alors avis aux nouveaux auteurs ! (comme aux heureux professionnels). L'histoire y sera aussi présente, car ils considèrent que la barrière entre l'histoire, du monde comme de la France, et la littérature de l'imagination est infime, que l'imagination et la réalité ne vont pas l'un sans l'autre. La société y sera aussi présente complétant l'histoire, le passé, par un présent (politique, social, ...). Enfin, un livre illustré semble vouloir s'imposer chaque année, pour le plaisir des yeux.

Adresse postale de la maison d'édition Alma :
9, rue Casimir-Delavigne 75006 Paris Tél : 01.78.09.61.00 Fax : 01.80.48.04.04 Courriels : *contact@alma-editeur.fr *manuscrits@alma-editeur.fr

 

Le camp des autres, Thomas Vinau

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 24 Août 2017. , dans Alma Editeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Le camp des autres, 24 aout 2017, 194 pages, 17 € . Ecrivain(s): Thomas Vinau Edition: Alma Editeur

 

Il semble que le thème de ce livre, la fuite hors du monde des hommes, le refuge au cœur de la forêt, la survie, intéresse beaucoup cette rentrée littéraire. La Cité des hommes et ses excès, ses injustices, ses violences, a toujours fait rêver certains d’un ailleurs, peut-être moins confortable, mais qui offrirait la liberté que les sociétés policées ne proposent pas.

C’est, dans la première moitié du livre, l’aventure presque solitaire du jeune Gaspard, parti de chez lui avec une jeunesse épouvantable achevée par un geste épouvantable.

Il s’enfonce dans la forêt, trimbalant un chien blessé, invalide et souffrant. Il va découvrir un monde secret, complexe, un univers à part, avec ses codes, ses lois, ses bruits, sa respiration. On ne s’impose pas à la forêt, Gaspard va vite apprendre qu’on se soumet à elle si l’on veut survivre.

La langue de Thomas Vinau, appuyée sur la poétique pure des mots de la flore, de la faune, fait merveille pour nous inonder de l'univers mystérieux et bruissant de la forêt, écrin dans lequel le lecteur se laisse glisser avec délice et une ombre sourde d'inquiétude.

L’homme incertain, Stéphanie Chaillou

Ecrit par Zoe Tisset , le Mardi, 24 Mars 2015. , dans Alma Editeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’homme incertain, janvier 2015, 164 pages, 16 € . Ecrivain(s): Stéphanie Chaillou Edition: Alma Editeur

 

C’est un premier roman tout en délicatesse et en même temps hurlant l’injustice de « ceux qui sont empêchés ». L’auteur affirme dans son autoportrait : « Je ne voulais pas être empêchée. Je ne voulais pas que les autres, ceux que j’aimais, soient empêchés ». C’est l’histoire d’un homme de la terre, qui perd sa ferme et par là-même sa raison d’être, existentielle, sociale et même familiale. Il semble disparaître à lui-même et aux autres : « J’avais disparu. Comme quand on se retire d’une pièce parce qu’il y a trop de monde ou que quelqu’un vous importune. Je m’étais retiré, mais sans le décider. On m’avait chassé ». Petit à petit, le lecteur mesure et rentre dans le drame de cet individu qui s’interroge sur son échec et sur la non coïncidence entre ce qu’il est devenu et ce qu’il voulait être :

« Je m’affirmais à moi-même que ça n’existait pas les hommes ratés. Que “raté”, ce mot ne contenait rien. Rien d’autre que mes propres peurs. Que seules mes peurs avaient fait de moi un fantôme d’homme. Un fantôme de personne. A cause de ce que je croyais voir dans le regard des autres. Ce que je croyais y voir, parce que je ne savais pas, que je n’étais pas assez sûr ».

Les nombres, Viktor Pelevine (2ème critique)

Ecrit par Pauline Fouillet , le Samedi, 21 Février 2015. , dans Alma Editeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Les nombres, septembre 2014, 380 pages, 19 € . Ecrivain(s): Viktor Pelevine Edition: Alma Editeur

 

Complètement loufoque, une histoire étrange, un personnage un peu barge sur les bords. Voilà résumé le dernier roman traduit de Viktor Pelevine. En Russie, Pelevine est l’un des écrivains les plus lus. Traduit en 33 langues, nominé pour le prix Nobel, il exerce une influence énorme dans le domaine littéraire. Pourtant, en France, il est loin d’avoir la renommée qu’il lui revient.

Ce roman, c’est du grand art. L’auteur y manie les mots comme un boucher manie ses couteaux : avec passion, dextérité et précision. L’histoire est quelque peu toquée. Un homme, Stiopa, russe, dirige sa vie aussi bien professionnelle que personnelle autour d’un nombre « porte-bonheur ». Ce dernier, en l’occurrence, le 34, est censé lui porter chance et lui indiquer les voies à suivre. Ainsi, s’il doit louer par exemple un local, il choisira celui qui porte le numéro 34 de la rue ; sa petite amie sera celle qui à l’hôtel choisira d’elle-même ce numéro de chambre (sans même savoir cette passion de la part de son homme). Mais gare au 43 ! Ce nombre très néfaste pour lui ne sera qu’ombre et trahison !

Les buveurs de lune, Pierre Chazal

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 28 Janvier 2015. , dans Alma Editeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Les buveurs de lune, juin 2014, 480 pages, 19 € . Ecrivain(s): Pierre Chazal Edition: Alma Editeur

 

 

Fin 2011, Paris, période de fin de règne sarkozyste, début du roman.

Les vagues générationnelles se succèdent, de plus en plus rapprochées, jusqu’à se bousculer. Un jeune de dix-huit ans en 2011 n’a plus grand-chose à voir avec un jeune du même âge dix ans plus tôt.

Plusieurs générations ayant chacune une vision du monde, une réflexion politique, une pratique sociale, des habitudes alimentaires, une culture artistique, littéraire et musicale, totalement différentes, se côtoient, cohabitent, se rencontrent, ne se comprennent pas, n’ont plus de points communs, n’ont pas les mêmes codes vestimentaires, ni le même langage, ne savent donc plus communiquer entre elles, s’opposent, s’affrontent dans un Paris où chacune a ses quartiers, ses îlots, ses propres repères.

Les nombres, Viktor Pelevine

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 09 Décembre 2014. , dans Alma Editeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Russie, Roman

Les nombres, traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain septembre 2014, 380 pages, 19 € . Ecrivain(s): Viktor Pelevine Edition: Alma Editeur

 

Qu’arrive-t-il à un homme quand il soumet sa vie et son destin tout entier au pouvoir d’un nombre ? C’est ce que fait Stopia, alias Pikachu pour les intimes, antihéros de ce roman amoral qui est avant tout une impitoyable satyre d’une ex-URSS décadente et libérale, qui n’a cependant pas lâché les bonnes vieilles méthodes de l’époque KGB.

« Je me demande bien Tchoubaïka, pourquoi on traite la bourgeoisie libérale de libérale. Elle est porteuse d’une idéologie totalitaire extrême. Si on l’y regarde de près, tout son libéralisme se réduit à la permission donnée aux travailleurs de s’enculer à volonté pendant leurs heures de repos » et Tchoubaïka répondait : « Excusez-moi Zouzia, mais c’est un grand pas en avant si on compare avec le régime qui percevait même cette activité comme sa prérogative ».

Ainsi, après quelques tâtonnements, c’est au numéro 34 que Stopia va confier la totalité de sa vie, de ses choix, décisions et orientations, privés ou professionnels, et le 43 deviendra donc par conséquent l’anti-nombre, le nombre d’entre tous dont il faudra le plus se méfier.