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Alma Editeur

 

"Alma éditeur, Paris" est un éditeur émergeant... Cet éditeur à compte d'éditeur publie aussi bien des nouveaux auteurs que des auteurs confirmés. Ligne éditoriale : elle n'est peut-être pas encore très bien définie, mais semble se tourner vers la littérature et les sciences humaines. Les romans tiendront une place prépondérante dans leur catalogue, alors avis aux nouveaux auteurs ! (comme aux heureux professionnels). L'histoire y sera aussi présente, car ils considèrent que la barrière entre l'histoire, du monde comme de la France, et la littérature de l'imagination est infime, que l'imagination et la réalité ne vont pas l'un sans l'autre. La société y sera aussi présente complétant l'histoire, le passé, par un présent (politique, social, ...). Enfin, un livre illustré semble vouloir s'imposer chaque année, pour le plaisir des yeux.

Adresse postale de la maison d'édition Alma :
9, rue Casimir-Delavigne 75006 Paris Tél : 01.78.09.61.00 Fax : 01.80.48.04.04 Courriels : *contact@alma-editeur.fr *manuscrits@alma-editeur.fr

 

La fille surexposée, Valentine Goby

Ecrit par Stéphane Bret , le Mercredi, 05 Février 2014. , dans Alma Editeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La fille surexposée, janvier 2014, 136 pages, 17 € . Ecrivain(s): Valentine Goby Edition: Alma Editeur

Les éditions Alma ont choisi de faire illustrer les thèmes fondamentaux de l’art énoncés par Picasso dans La Tête d’Obsidienne : « la naissance, la grossesse, la souffrance, le meurtre, le couple, la mort, la révolte et peut-être le baiser ». Valentine Goby a opté pour la révolte, thème développé dans son ouvrage La fille surexposée.

Dans ce récit, l’auteure décrit le voyage d’une carte postale. Celle-ci passe des mains du photographe qui prend le cliché à une prostituée marocaine, pour finir dans les mains d’un soldat français qui l’achète dans une boutique de Casablanca, dans les années 40. Cette carte parvient enfin dans les mains de la petite-fille de ce militaire, à l’occasion d’une inspection des papiers d’un héritage.

On connaît, bien sûr, le penchant auquel on peut céder par facilité ou par préjugé, lorsqu’on évoque le Maroc, l’Afrique du Nord. On pense aux peintures orientalistes de Delacroix, aux portraits des femmes de la kasbah écrits par Pierre Loti. Valentine Goby veut, dans ce livre, faire justice de ces visions. Ce qu’elle nous dit, c’est que cette carte postale, avant d’être la représentation d’un exotisme facile, est d’abord un mensonge. Ce dernier engobe bien sûr la condition de prostituée à cette époque dans le Bousbir de Casablanca. Ce vocable viendrait de la déformation de l’euphonie du prénom Prosper que les autochtones auraient changé en « Bousbir ».

Juste après la pluie, Thomas Vinau

Ecrit par Philippe Chauché , le Lundi, 13 Janvier 2014. , dans Alma Editeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Roman

Juste après la pluie, 30 janvier 2014, 280 pages, 17 € . Ecrivain(s): Thomas Vinau Edition: Alma Editeur

 

Quelle belle manière d’ouvrir la nouvelle année par ce roman-poésie au titre éclairant, aux éclats romanesques, judicieux et joyeux même parfois dans son insaisissable tremblement. Roman-poésie qui s’appuie sur cette lumineuse phrase de Pavese tiré de son métier de vivre : « Mais la grande, la terrible vérité, c’est celle-ci : souffrir ne sert à rien », en effet ! Cette vérité terrible ouvre ceux qui ne s’en doutaient pas à de nouvelles aventures de la liberté libre, ce qui n’est jamais de tout repos.

Vinau attentif à ce qu’il voit, c’est l’œil qui écrit, choisir ses mots avec la même attention que porte Matisse à choisir ses pigments. A ce qu’il sent, la peau toujours aux aguets. A ce qu’il pense, les mouvements du corps sont aussi des sauts dans l’espace de la pensée vive qui jamais n’oublie d’en sourire. A ce qu’il entend, l’oreille qui chante ; vigilance de l’écrivain aux éclairs du Temps, au vent, au soleil, aux comètes, aux fleurs et aux fruits, au ventre doux de la terre, comme finalement chez Francis Ponge,  son ancêtre en art du bref.

Massalia Blues, Minna Sif

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 05 Juillet 2013. , dans Alma Editeur, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Massalia Blues, février 2013, 392 p., 18 € . Ecrivain(s): Minna Sif Edition: Alma Editeur

Être aimé ne sert à rien.

Pour ne pas être seul,

Il faut être capable d’aimer

Dino Buzatti

 

Minna Sif nous plonge au cœur d’une sorte de cour des miracles, pègre et misère s’y côtoient, pour le pire et exceptionnellement pour le meilleur. C’est Marseille la belle, ses quartiers, son vieux port, ses vendeurs à la sauvette, ses marchands de sommeil, ses parias et ses prostituées, et dans cette cour grouillante de la ville basse, un roi découronné pousse son Caddie. Clochard et clandestin, fier et roublard, Brahim refuse d’aller chercher des papiers à la préfecture. Et cela, malgré les offres d’aide insistantes de la narratrice, écrivain public du côté de la Poste Colbert, pour tout un monde sans voix, parfois même sans droits. Enfant déjà, elle était la voix de ses parents, venus eux aussi de douars marocains aux noms imprononçables.

Il n'y a qu'une façon d'aimer, Monique Barbey

Ecrit par Stéphane Bret , le Jeudi, 06 Juin 2013. , dans Alma Editeur, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Il n’y a qu’une façon d’aimer, 6 juin 2013, 432 pages, 22 € . Ecrivain(s): Monique Barbey Edition: Alma Editeur

Il existe toujours un danger élevé en littérature, c’est de décrire un amour impossible sans tomber insensiblement dans les pires clichés ou les caricatures les plus outrancières. Cet écueil, Monique Barbey l’évite, pour le plus grand bonheur des lecteurs de son récit intitulé Il n’y a qu’une façon d’aimer. Monique Bierens de Haan, née Barbey, est suisse ; elle a épousé un Hollandais dont elle aura cinq enfants. C’est une Genevoise, élevée dans les traditions, dans le culte de la culpabilité, du rigorisme du protestantisme calviniste qui a marqué de son empreinte la vie de cette cité. Cette femme est conquérante, souffre de la tutelle exercée par sa famille, à tel point que cette dernière lui impose d’épouser Barthold Bierens de Haan, son actuel époux. Le récit n’est pas un roman, c’est l’exposition d’un journal tenu par Monique Barbey entre 1943 et 1948, découvert par son fils et édité par les soins de ce dernier.

En 1942, Monique Bierens de Haan s’engage dans l’Armée néerlandaise en exil aux côtés de son époux. Elle rencontre à Londres le général Koenig, héros de la France Libre et vainqueur de la bataille de Bir-Hakeim. Elle en tombe amoureuse et expose cette situation dans les lignes datées du 20 juillet 1944 : « C’est la foudre qui m’a frappée. Je suis clouée sur ce banc et mon cœur s’arrête de battre. Je ne bouge plus et retiens mon souffle, craignant d’avoir compris. Personne ne m’avait jamais dit ainsi qu’il m’aimait ».

Je n'ai de goût qu'aux pleurs que tu me vois répandre, Sébastien Bonnemason-Richard

Ecrit par Frédéric Aribit , le Jeudi, 06 Juin 2013. , dans Alma Editeur, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Je n’ai de goût qu’aux pleurs que tu me vois répandre, janvier 2013, 99 pages, 14 € . Ecrivain(s): Sébastien Bonnemason-Richard Edition: Alma Editeur

 

Qui est-il ? On ne sait pas trop. Un homme amoureux, qui traverse le pays pour aller la rejoindre. Qui est-elle ? On le sait encore moins. Lycéenne encore. Plus jeune que lui. Il la veut. Il plaque tout pour elle, son boulot, sa ville, sa vie. Prend sa voiture et fonce la rejoindre. 2000 kilomètres à faire vers le Nord, rien que ça, jusqu’en Ecosse. Mais on est sans doute moins sérieux quand on a 17 ans. Ou alors, est-ce que le manque se vit différemment : « Je cherche chez les autres ce que j’ai aimé chez lui », dit-elle. Car lorsqu’il arrive, elle est au bras d’un autre. Lycéen comme elle. Ils s’embrassent. « On ne peut pas traiter les gens de cette manière. Et la jeunesse n’est pas une excuse », dit-il. Devant pareil spectacle, il ne sait pas réfléchir. Il fait ce qu’il n’aurait pas dû faire s’il avait su réfléchir.

Le premier roman de Sébastien Bonnemason-Richard n’est pas de ceux dont l’intérêt se limite à l’intrigue. L’amorce d’un résumé suffit sans doute à s’en rendre compte : la machine romanesque ne naît pas ici dans l’obsession du suspense à tout crin. Elle ne s’emballe pas ensuite davantage d’un excès étourdissant de péripéties, qui auraient lancé chez bien d’autres le personnage dans une course folle. On en serait presque étonné qu’il ait d’ailleurs une arme.