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Alma Editeur

 

"Alma éditeur, Paris" est un éditeur émergeant... Cet éditeur à compte d'éditeur publie aussi bien des nouveaux auteurs que des auteurs confirmés. Ligne éditoriale : elle n'est peut-être pas encore très bien définie, mais semble se tourner vers la littérature et les sciences humaines. Les romans tiendront une place prépondérante dans leur catalogue, alors avis aux nouveaux auteurs ! (comme aux heureux professionnels). L'histoire y sera aussi présente, car ils considèrent que la barrière entre l'histoire, du monde comme de la France, et la littérature de l'imagination est infime, que l'imagination et la réalité ne vont pas l'un sans l'autre. La société y sera aussi présente complétant l'histoire, le passé, par un présent (politique, social, ...). Enfin, un livre illustré semble vouloir s'imposer chaque année, pour le plaisir des yeux.

Adresse postale de la maison d'édition Alma :
9, rue Casimir-Delavigne 75006 Paris Tél : 01.78.09.61.00 Fax : 01.80.48.04.04 Courriels : *contact@alma-editeur.fr *manuscrits@alma-editeur.fr

 

Tartes aux pommes et fin du monde, Guillaume Siaudeau

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 20 Août 2013. , dans Alma Editeur, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Tartes aux pommes et fin du monde, 14 août 2013, 144 pages, 14 € . Ecrivain(s): Guillaume Siaudeau Edition: Alma Editeur

 

Avec Tartes aux pommes et fin du monde, Guillaume Siaudeau signe un premier roman plein d’imagination, de légèreté et d’humour, et non dépourvu d’acuité ni d’épaisseur philosophique. Un roman en forme de récit autobiographique dans lequel un doux rêveur « qui aime bien les bibliothèques » retrace avec candeur son parcours menant à l’âge où il faut affronter l’humaine condition et se demander si la vie vaut la peine d’être vécue.

Guillaume Siaudeau présente ce récit globalement linéaire (même s’il intègre plusieurs flash-backs reprenant des souvenirs) de manière très aérée, une bonne quarantaine de chapitres commençant à mi-page multipliant les espaces blancs propices à la rêverie. Et, bien qu’ancrant son histoire dans la réalité, dans la banalité de ces routines et de ces événements heureux ou malheureux qui tissent le quotidien, il plonge le lecteur dans un univers onirique et poétique venant la transcender, allégeant ainsi la cruauté de l’existence. Un univers fantaisiste et loufoque qui n’est pas sans rappeler Boris Vian auquel l’auteur semble envoyer un clin d’œil avec ce bar du « Martin triste » qui « avait pour spécialité les cocktails clignotants ». Et sa séduisante héroïne ne se prénomme pas Chloé ni Alise mais tout simplement Alice : « le genre de fille qui vous accueille cheveux ouverts et dont les rétines font deux petits parterres de terreau fertile où planter vos yeux ».

Les fuyants, Arnaud Dudek

Ecrit par Alexis Brunet , le Lundi, 19 Août 2013. , dans Alma Editeur, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Les Fuyants, 14 août 2013, 132 pages, 15 € . Ecrivain(s): Arnaud Dudek Edition: Alma Editeur

 

Quatre personnages. Masculins. Issus de la même famille, ils ne se sentent pas pour autant scellés par les liens du sang. Le premier, David, se donne la mort en avalant une bouteille d’insecticide. Son père Jacob, mis en retraite précocement, est littéralement happé par l’ennui et voit sa vie devenir quasiment vide. Son petit-fils, Joseph, est un geek qui sabote les sites internet d’extrême-droite. Simon, enfin, qui vient de mettre un terme à sa courte carrière d’athlétisme, rencontre une jeune femme dénommée Marie, dans un bar.

Les récits des quatre protagonistes s’alternent ; dans une continuité et une harmonie certaine, sans pour autant s’entrecroiser, du moins dans un premier temps. On suit avec plaisir les péripéties de Joseph, qui navigue entre son monde de forums virtuel, sa famille et son collège. On sourit des efforts de Simon pour séduire cette jolie jeune femme se sentant seule dans un bistrot malgré la présence de ses copines. On devrait également apprécier le récit des efforts de Jacob qui, malgré le vide abyssal tendant à caractériser sa nouvelle vie, tente obstinément d’y maintenir un cap, en essayant notamment de retrouver son fils qu’il n’a pas vu depuis des années.

Massalia Blues, Minna Sif

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 05 Juillet 2013. , dans Alma Editeur, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Massalia Blues, février 2013, 392 p., 18 € . Ecrivain(s): Minna Sif Edition: Alma Editeur

Être aimé ne sert à rien.

Pour ne pas être seul,

Il faut être capable d’aimer

Dino Buzatti

 

Minna Sif nous plonge au cœur d’une sorte de cour des miracles, pègre et misère s’y côtoient, pour le pire et exceptionnellement pour le meilleur. C’est Marseille la belle, ses quartiers, son vieux port, ses vendeurs à la sauvette, ses marchands de sommeil, ses parias et ses prostituées, et dans cette cour grouillante de la ville basse, un roi découronné pousse son Caddie. Clochard et clandestin, fier et roublard, Brahim refuse d’aller chercher des papiers à la préfecture. Et cela, malgré les offres d’aide insistantes de la narratrice, écrivain public du côté de la Poste Colbert, pour tout un monde sans voix, parfois même sans droits. Enfant déjà, elle était la voix de ses parents, venus eux aussi de douars marocains aux noms imprononçables.

Il n'y a qu'une façon d'aimer, Monique Barbey

Ecrit par Stéphane Bret , le Jeudi, 06 Juin 2013. , dans Alma Editeur, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Il n’y a qu’une façon d’aimer, 6 juin 2013, 432 pages, 22 € . Ecrivain(s): Monique Barbey Edition: Alma Editeur

Il existe toujours un danger élevé en littérature, c’est de décrire un amour impossible sans tomber insensiblement dans les pires clichés ou les caricatures les plus outrancières. Cet écueil, Monique Barbey l’évite, pour le plus grand bonheur des lecteurs de son récit intitulé Il n’y a qu’une façon d’aimer. Monique Bierens de Haan, née Barbey, est suisse ; elle a épousé un Hollandais dont elle aura cinq enfants. C’est une Genevoise, élevée dans les traditions, dans le culte de la culpabilité, du rigorisme du protestantisme calviniste qui a marqué de son empreinte la vie de cette cité. Cette femme est conquérante, souffre de la tutelle exercée par sa famille, à tel point que cette dernière lui impose d’épouser Barthold Bierens de Haan, son actuel époux. Le récit n’est pas un roman, c’est l’exposition d’un journal tenu par Monique Barbey entre 1943 et 1948, découvert par son fils et édité par les soins de ce dernier.

En 1942, Monique Bierens de Haan s’engage dans l’Armée néerlandaise en exil aux côtés de son époux. Elle rencontre à Londres le général Koenig, héros de la France Libre et vainqueur de la bataille de Bir-Hakeim. Elle en tombe amoureuse et expose cette situation dans les lignes datées du 20 juillet 1944 : « C’est la foudre qui m’a frappée. Je suis clouée sur ce banc et mon cœur s’arrête de battre. Je ne bouge plus et retiens mon souffle, craignant d’avoir compris. Personne ne m’avait jamais dit ainsi qu’il m’aimait ».

Je n'ai de goût qu'aux pleurs que tu me vois répandre, Sébastien Bonnemason-Richard

Ecrit par Frédéric Aribit , le Jeudi, 06 Juin 2013. , dans Alma Editeur, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Je n’ai de goût qu’aux pleurs que tu me vois répandre, janvier 2013, 99 pages, 14 € . Ecrivain(s): Sébastien Bonnemason-Richard Edition: Alma Editeur

 

Qui est-il ? On ne sait pas trop. Un homme amoureux, qui traverse le pays pour aller la rejoindre. Qui est-elle ? On le sait encore moins. Lycéenne encore. Plus jeune que lui. Il la veut. Il plaque tout pour elle, son boulot, sa ville, sa vie. Prend sa voiture et fonce la rejoindre. 2000 kilomètres à faire vers le Nord, rien que ça, jusqu’en Ecosse. Mais on est sans doute moins sérieux quand on a 17 ans. Ou alors, est-ce que le manque se vit différemment : « Je cherche chez les autres ce que j’ai aimé chez lui », dit-elle. Car lorsqu’il arrive, elle est au bras d’un autre. Lycéen comme elle. Ils s’embrassent. « On ne peut pas traiter les gens de cette manière. Et la jeunesse n’est pas une excuse », dit-il. Devant pareil spectacle, il ne sait pas réfléchir. Il fait ce qu’il n’aurait pas dû faire s’il avait su réfléchir.

Le premier roman de Sébastien Bonnemason-Richard n’est pas de ceux dont l’intérêt se limite à l’intrigue. L’amorce d’un résumé suffit sans doute à s’en rendre compte : la machine romanesque ne naît pas ici dans l’obsession du suspense à tout crin. Elle ne s’emballe pas ensuite davantage d’un excès étourdissant de péripéties, qui auraient lancé chez bien d’autres le personnage dans une course folle. On en serait presque étonné qu’il ait d’ailleurs une arme.