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Allary Editions


Maison indépendante publiant romans, essais et bandes dessinées, Allary Éditions développe son catalogue avec des auteurs de qualité qui construisent une œuvre et sont accessibles au plus grand nombre.

Chaque année, près de 70 000 livres sont publiés en France, sans compter les livres auto-édités. Cette surproduction n’est pas synonyme d’effervescence créatrice. Elle prouve que le métier d’éditeur a de l’avenir : faire des choix exigeants, travailler chaque texte, permettre aux auteurs de donner le meilleur d’eux-mêmes est plus nécessaire que jamais.

Depuis sa création en 2013, Allary Éditions tisse un lien de confiance avec les lecteurs pour devenir un gage de qualité.

Nous limitons notre production à une vingtaine de titres par an pour ne proposer que le meilleur. Nous sommes généralistes car les meilleurs auteurs se réduisent rarement à un seul genre. Et nous utilisons tous les nouveaux moyens de communication pour promouvoir nos livres.
Un retour à l’essence du métier avec les outils d’aujourd’hui.

L’état du monde selon Sisco, Pascal Louvrier

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 12 Février 2016. , dans Allary Editions, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’état du monde selon Sisco, janvier 2016, 200 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Pascal Louvrier Edition: Allary Editions

 

« Les spectateurs pénètrent dans le ventre de la baleine, ils sont Jonas. Le verre sublime le génie du compositeur. Le rouge des parois, l’aluminium moulé, c’est l’écrin de mes songes.

Mon nom à présent peut s’effacer ».

L’état du monde selon Sisco est le roman d’un architecte, de l’art de l’architecture, de son monde, celui qu’il invente tous les jours crayons à la main, mais aussi celui de la dévastation annoncée, des résistances timides ou foudroyées. Marc Sisco est un architecte choyé, un artiste de la courbe, du verre, du béton, de l’aluminium, de la suspension, de l’espace conquis, du mouvement. Après des années de recherches, de lignes et de traces, de calculs, il se voit choisi pour construire ce qui s’annonce comme son chef-d’œuvre, le T40, le nouvel opéra de Venise, un défi à l’espace et au temps. Tout semble sourire à l’architecte romantique, il vagabonde à Paris et à Venise. Son univers : ses dessins, ses équations, son bureau, sa Ferrari, ses cigares. Tout sourit à l’éternel insoumis, sauf l’état du monde, son monde qui se fissure et celui qui l’entoure qui s’effondre.

La joie, Charles Pépin

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Samedi, 11 Juillet 2015. , dans Allary Editions, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La joie, février 2015, 184 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Charles Pépin Edition: Allary Editions

Quand on se saisit d’un roman écrit par un philosophe, on redoute souvent que le récit soit trop « cerveau gauche » et analytique. Or à la lecture des premiers chapitres de La joie, cet apriori tombe et laisse place à de douces émotions. On sent vibrer le temps présent. La joie est là pour sublimer le quotidien, même le plus blafard des hôpitaux. La mère du personnage principal, Solaro, est mourante. Pourtant, cette triste nouvelle ne l’accable pas. Il continue à savourer son quotidien. Le bruit de la tasse sur le zinc d’un bar et la force de la caféine lui donnent envie de chanter. Il se « répète que c’est bon, c’est bon d’avoir un corps ».

Le début du livre est donc prometteur, on adhère tout de suite au concept de la joie du temps présent. Mais le scénario ressemble trop (de façon sûrement volontaire) à l’histoire de Meursault de L’Etranger de Camus. En effet, à la mort de sa mère, Solaro tue un homme sans raison particulière. Le reste du récit se passe au tribunal et en prison. Rien de révolutionnaire dans le scénario, mise à part la ferme intention de l’auteur de démontrer que la joie aide à surmonter l’adversité et même la mort. Ce petit clin d’œil à l’Etranger de Camus et au thème de l’absurde, n’est pas toujours joyeux et on frôle parfois la lassitude. Mais Charles Pépin tient son sujet jusqu’à bout et nous démontre à quel point, la joie, cette « force mystérieuse » est une excellente thérapie.

Je ne vous quitterai pas, Pascal Louvrier

, le Mardi, 23 Juin 2015. , dans Allary Editions, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Je ne vous quitterai pas, janvier 2015, 300 pages, 18,90 € . Ecrivain(s): Pascal Louvrier Edition: Allary Editions

De déclin en déclin, la fascination de Pascal Louvrier pour les vies vénéneuses s’étirant vers la mort de ceux dont l’esprit bande encore au seuil de la disparition, s’est écrite dans ce roman vif où s’entrecroisent les destins des deux personnages principaux, morts à quelques vingt ans de distance. « Je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas », ce sont les derniers mots de l’allocution du Président Mitterrand en 1994, quand il allait quitter le pouvoir. Ces tout derniers mots publics habillés encore de la précieuse pourpre des destins hors du commun, Pascal Louvrier en a fait le titre de son roman. Roman, c’est bien ce qui est marqué sur la couverture quand, en lisant le texte, l’imbrication du faux et du vrai vous promène dans le doute puis dans l’absolution : qu’importe l’Histoire quand on a l’histoire.

Liebert, donc, le narrateur, l’homme dans l’ombre de celui au chapeau, de celui qui aimait tant les balades sur les quais de Seine, qui aimait tant se promener dans les cimetières – on l’imagine parfaitement s’inclinant sur la tombe d’un grand homme, se disant tu es mort quand moi, malade depuis tant de temps, je suis encore vivant. Liebert, un peu comme Lieber, qui en allemand est l’aimé. Pascal Louvrier nous tend la complicité de ses deux personnages en pas chaloupés, pas de côté, pas cadencés par les lois du pouvoir, pas celles qu’on croit connaître mais celles implicites, qui disent je sais que tu sais que je sais que tu sais mais je ne dirai rien, même à toi je ne dirai rien.