Fort de son expérience de vingt-cinq années auprès des peuples amérindiens et Inuits, François Beiger nourrit sa fiction de ses propres connaissances et, dans ce roman-ci, de ses souvenirs : « l’histoire que je raconte ici, je l’ai vécue en 1995, avec Lucassie et son fils. Ce sont des moments très forts dans ma vie de voyageur de l’Arctique » explique-t-il dans le carnet de voyages situé à la fin du livre.
Ituk est un jeune homme qui va fêter ses dix-huit ans. En France, cet âge c’est l’accession à la majorité, au permis de conduire, au statut d’adulte. Chez les Inuits, c’est différent, on passe de l’enfance au statut d’homme, encore faut-il prouver qu’on est prêt. Alors, pour cela, les jeunes gens doivent se rendre au pays de Nanook afin d’y rencontrer et affronter l’ours blanc. Si Ituk réussit à le tuer, alors il reviendra chez lui, fier, et sa famille le considérera désormais comme un adulte.
« Ituk venait tout juste d’avoir dix-huit printemps, l’âge où le jeune Inuit veut devenir Inuk, c’est-à-dire un homme. C’est donc l’âge où le père guide son fils sur les pistes à la rencontre de Nanook, l’ours blanc. Cette tradition ancestrale Inuit fait du jeune garçon un chasseur capable de subvenir aux besoins de sa famille ».