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Le Serpent à plumes

Un éditeur spécialiste de la littérature contemporaine autant étrangère que française.

Créées en 1988 par Pierre Astier sous forme de revue littéraire puis de maison d'édition en 1993, le Serpent à Plumes comptent environ 400 titres, notamment en littérature étrangère : Timothy Findley, John Cheever, Natsume Sôseki, J.M. Cotzee, Dany Laferrière, Nurudin Farah, ainsi que des collections d'essais, de littérature policière (Serpent noir). Les meilleurs titres sont réédités au format poche (collection Motifs).

La maison a appartenu de 2000 à 2004 au groupe des éditions du Forum. En février 2004, confronté à des difficultés financières, Le Serpent à plume a été racheté par les éditions du Rocher, une maison qui ne partage ni sa démarche littéraire, ni ses idées politiques. Les fondateurs, Pierre Astier et Pierre Bisiou, ont été ausstôt licenciés. Le Serpent à plume a été réduit à sa collection Motif. Un certain nombre d'auteurs ont fait savoir qu'ils ne souhaitaient pas intégrer le catalogue du Rocher. Certains d'entre-eux, qui avaient saisis la justice, se sont vus en février 2006 versé des indemnités et ont retrouvé leurs droits sur leurs ouvrages. En 2005, les éditions Privat ont racheté les éditions du Rocher et le tout a été intégré au groupe Fabre.

 

(Source Bibliomonde)


Absolutely Golden, D. Foy (par Fawaz Hussain)

Ecrit par Fawaz Hussain , le Mercredi, 12 Septembre 2018. , dans Le Serpent à plumes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, La rentrée littéraire

Absolutely Golden, août 2018, trad. anglais (USA) Sébastien Doubinsky, 215 pages, 20 € . Ecrivain(s): D. Foy Edition: Le Serpent à plumes

 

Rachel, une enfant de soleil

Rachel Hill est une Américaine originaire d’Oakland, ville de la côte ouest des États-Unis située dans la baie de San Francisco, dans l’Etat de Californie. Veuve de son « pauvre Clarence », elle se sent terriblement seule et vieille à l’âge de 37 ans. Elle recourt alors aux services d’une vieille gitane qui lui concocte un philtre d’amour à base de vers de terre, de pervenches, de cantharide, de sang menstruel et de poireaux, et ça marche ! Le miracle se produit car trois jours à peine, un dénommé Jack Gammler, un hippie, franchit le seuil de sa porte et s’incruste. Il faut dire que ce Jack n’est pas un homme lambda, un hippie quelconque. La nature l’a doté du « plus grand pénis », « peut-être le plus grand que le monde entier ait jamais vu, plus de trente centimètres dans son état naturel, comme on dit ». A propos de cet « incroyable appendice », Jack le fera tourner au camp de Freedom Lake avec une telle force giratoire qu’on le prendra pour une hélice.

Le Syrien du septième étage, Fawaz Hussain (par Robert Sctrick)

Ecrit par Robert Sctrick , le Jeudi, 06 Septembre 2018. , dans Le Serpent à plumes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Le Syrien du septième étage, septembre 2018, 240 pages, 18 € . Ecrivain(s): Fawaz Hussain Edition: Le Serpent à plumes

 

Fawaz Hussain n’a pas chaussé les lunettes de Montesquieu, mais il aurait pu. Gageons que ce qui l’en a retenu, c’est la reconnaissance qu’il a envers la culture française, qui lui a appris les Lumières, dont il fait si bon usage. N’empêche, son livre aurait pu s’intituler « Comment peut-on être Syrien ? ». Mais cette question, il ne la met dans la bouche de personne, car, ne rejetant personne, il ne se sent nullement remis en cause. Il a choisi d’être parmi les sans-grade de la république, parmi ceux qui ne l’exploitent nullement sur ses marges, qui ne la brandissent ni pour se protéger ni, au nom de je ne sais quel universalisme, la trouver petite et mesquine. Voulez-vous mon avis, la république gagne à avoir de tels sujets. Oh ! ce n’est pas lui qui le dit, bien sûr. Lui, il va vous brosser de petits tableaux parisiens, la ville lumière qui, au figuré, ne se donne pas toujours les moyens de son ambition. Mais laissons cela, rien dans ce septième étage où l’on médite et d’où l’on sort souvent pour rencontrer l’homme sous toutes ses coutures, ne nous entraînera vers la polémique.

Nos parents nous blessent avant de mourir, My Seddik Rabbaj

Ecrit par Fawaz Hussain , le Mercredi, 15 Août 2018. , dans Le Serpent à plumes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Maghreb

Nos parents nous blessent avant de mourir, avril 2018, 263 pages, 19 € . Ecrivain(s): My Seddik Rabbaj Edition: Le Serpent à plumes

 

Portrait d’une femme, roman d’un pays

La trentaine, une Marocaine récemment divorcée conduit sa voiture de Marrakech jusqu’à l’endroit « où finit la ville ». Ressassant son divorce, elle tente d’en comprendre les vraies raisons. Est-il dû à son « sale caractère » comme le prétend son ex-mari, ou à une malédiction héritée ? Si elle se pose cette question, c’est que toutes les femmes de sa famille du côté de sa mère étaient divorcées ou du moins étaient restées sans mari durant la majeure partie de leur vie. Elle revisite en particulier l’histoire de sa grand-mère maternelle Habiba et, à travers elle, toute la condition des femmes au Maroc depuis la deuxième moitié du XXe siècle à nos jours. « Je veux, à travers elles, répondre à mes propres questions ».

L’Enfant de l’œuf, Amin Zaoui (nouvelle critique)

Ecrit par Belkacem Meghzouchene , le Jeudi, 14 Juin 2018. , dans Le Serpent à plumes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Maghreb

L’Enfant de l’œuf, 2017, 208 pages, 18 € . Ecrivain(s): Amin Zaoui Edition: Le Serpent à plumes

 

Un bibliomane aviné se livre à un caniche philosophe

Peau :« Et je la serre dans mes bras comme un mythe vivant, Lara ! ».

Première ode charnelle de L’Enfant de l’œuf, dixième roman en français signé par l’écrivain prodige et érudit, Amin Zaoui. L’œuvre narre la solitude d’un homme au sein d’une société algérienne mutante, intolérante, extrémiste, annulatrice, égoïste, et castrée de toute vocation citoyenne. La religiosité prime sur la civilité. L’absurde sur la raison. Il est question de la « phobie de l’autre », et de l’aliénation des valeurs humaines, mystifiées par la charlatanerie et la cagoterie. Zaoui nous étale une structure romanesque inhabituelle : il divise le texte en 287 chapitres de densités différentes, chacun portant un titre incongru, où se relaient deux voix conteuses, l’une humaine et l’autre canine ! Tel un Cube de Rubik, vous pouvez commencer à aborder ce texte moqueur des dogmes là où il vous chante, et le sens de l’histoire demeure intact. Un Zaoui pince-sans-rire.

L’Enfant de l’œuf, Amin Zaoui (2ème article)

Ecrit par Patryck Froissart , le Mardi, 06 Mars 2018. , dans Le Serpent à plumes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Maghreb

L’Enfant de l’œuf, septembre 2017, 202 pages, 18 € . Ecrivain(s): Amin Zaoui Edition: Le Serpent à plumes

 

Cet ouvrage singulier est un roman à deux voix, celle du chien Harys et celle de son maître Moul, diminutif de Mouloud.

Il se présente sous la forme de courts textes narratifs pourvus chacun d’un titre, assimilables à des fragments d’un double journal intime écrit à la première personne, tantôt rêveries, tantôt chroniques prosaïques de la vie quotidienne, tantôt scènes amoureuses soit sentimentales soit puissamment sensuelles, tantôt satires aucunement voilées de la situation politico-religieuse de l’Algérie actuelle.

Au moment où débute le récit, Moul vit seul dans son appartement, dans son œuf, depuis le départ de sa femme Farida, qui l’a quitté pour aller « vivre sa vie » loin d’une Algérie dont elle ne supportait plus les contraintes.

Moul lui-même est une espèce d’anarchiste libertaire que l’auteur campe comme un résistant irrémissible à l’acculturation qui dénature un pays où l’intégrisme religieux impose de plus en plus, malgré la fin officielle des années noires du FIS et les lois d’amnistie, ses règles rétrogrades, morales, idéologiques, civiles, de manière insidieuse et pernicieuse, sur les moindres aspects de la vie quotidienne.