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Sabine Wespieser

Les Éditions Sabine Wespieser est une structure littéraire indépendante éditant des textes de fiction, française et étrangère


La chute de Constantia, Yannis Makridakis

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 20 Mai 2015. , dans Sabine Wespieser, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Roman

La chute de Constantia, avril 2015, traduit du grec par Monique Lyrhans, 179 pages, 20 € . Ecrivain(s): Yannis Makridakis Edition: Sabine Wespieser

 

Une si longue lettre


Tout commence par une magnifique journée comme se plaît à le souligner l’auteur : « En cette fin de mois d’octobre 2005, le temps estival de Saint-Dimitrios avait encore dans la Ville de bienfaisantes douceurs, cet été tardif amenait des choses sans précédent, tous les gens étaient assis dehors à Cihangir les uns avec leur thé, les autres avec leur bière, la Ville bruissait de vie et de mouvement (…) ».

Mais voilà, la vieille Constantia n’est pas de la fête ! Et pour cause : elle est souffrante depuis qu’elle a reçu la terrible lettre de son gendre. Les nouvelles qu’elle y apprend la font tomber à la renverse ! Sa voisine, Vanguelia, une experte en commérage, rapporte ainsi la tragédie à qui veut l’entendre :

Chemins, Michèle Lesbre

Ecrit par Anne Morin , le Mercredi, 11 Mars 2015. , dans Sabine Wespieser, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Chemins, février 2015, 142 pages, 16 € . Ecrivain(s): Michèle Lesbre Edition: Sabine Wespieser

 

Un voyage dans le temps, un retour vers le passé, non pas un aller simple, tournant le dos à l’avenir, mais un aller-retour, une plongée au sens propre dans un passé lointain puisque ce billet de voyage s’écrit au fil de l’eau pour la narratrice – au fil d’un canal pour sa plus grande part –, sur une péniche.

Conviée à ouvrir la nouvelle maison de ses amis de toujours, et sur un signe : un passant lisant sous un réverbère le livre fétiche de son père – qu’elle a peu connu – la narratrice – l’auteur – décide de se mettre en quête de cet « intime étranger ». Ouverte à tout ce qui dans le paysage fait écho à son paysage intérieur, le fil du temps se confond avec le fil du voyage, au fil des rencontres, des haltes. Elle y croise des personnes imprévues et « enlève » même un chien qui vient spontanément à elle.

Sa première rencontre est une gardienne de vaches : « Nous sommes restées quelques instants silencieuses, puis elle m’a demandé si j’étais perdue et cela m’a fait rire, ce n’était pas complètement faux, j’étais un peu perdue, mais pas comme elle l’entendait, je l’étais dans les jours à venir, que j’avais du mal à mettre en perspective » (p.27).

Amours, Leonor de Recondo

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 29 Janvier 2015. , dans Sabine Wespieser, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Amours, Janvier 2015, 276 p. 21 € . Ecrivain(s): Léonor de Récondo Edition: Sabine Wespieser

« Un homme, au moins, est libre (…)

Mais une femme est empêchée continuellement (…)

Sa volonté, comme le voile de son chapeau

retenu par un cordon, palpite à tous les vents ;

il y a toujours quelque désir qui entraîne,

quelque convenance qui retient ».

Flaubert, Madame Bovary

Se plonger dans la lecture de ce roman constitue un moment littéraire intense mais aussi une sorte de voyage dans le temps. Léonor de Récondo nous y avait habitués avec son somptueux Pietra Viva (lire l'article) qui nous faisait marcher dans les pas de Michel-Ange s’apprêtant à créer sa Pièta. Elle possède un talent rare et précieux pour enchâsser le passé dans notre temps présent, pour faire revivre sous nos yeux de lecteurs des univers disparus, des êtres d’autrefois dans leur réalité vivante, vibrante, incarnée.

Bain de lune, Yanick Lahens

Ecrit par Victoire NGuyen , le Jeudi, 18 Septembre 2014. , dans Sabine Wespieser, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Bain de lune, septembre 2014, 274 pages, 20 € . Ecrivain(s): Yanick Lahens Edition: Sabine Wespieser

 

En terre haïtienne


Trois jours après la tempête, la terre d’Haïti est à peine remise de la colère des éléments. L’eau marine lèche encore ses plaies béantes. C’est aussi le laps de temps choisi par l’Océan pour recracher son enfant, une jeune fille sur une plage, bien loin de Anse Bleue, d’où elle est originaire.

« Après une folle équipée de trois jours, me voilà étendue là, aux pieds d’un homme que je ne connais pas. Le visage à deux doigts de ses chaussures boueuses et usées. Le nez pris dans une puanteur qui me révulse presque. Au point de me faire oublier cet étau de douleur autour du cou, et la meurtrissure entre les cuisses. Difficile de me retourner. De remonter les jambes De poser un pied par terre avant que l’autre suive. Pour franchir la distance qui me sépare d’Anse Bleue ».

Les collines d’eucalyptus, Duong Thu Huong

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 14 Juin 2014. , dans Sabine Wespieser, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Asie, Roman

Les collines d’eucalyptus, traduit du vietnamien par Phuong Dang Tran, 779 pages, 29 € . Ecrivain(s): Duong Thu Huong Edition: Sabine Wespieser

 

Les malheurs de Thanh


Les collines d’eucalyptus peut être lu à la suite de Sanctuaire du cœur publié en 2011 ou bien indépendamment de ce dernier. Le récit fleuve de 800 pages se veut être engagé et psychologisant. En effet, le roman illustre le combat de l’écrivaine contre le Parti communiste de son pays. Comme à son habitude, Duong Thu Huong ne mâche pas ses mots et dénonce les décisions absurdes qui ont ruiné le pays de l’intérieur comme par exemple la plantation massive des eucalyptus conduisant à l’appauvrissement des sols. Ainsi, la population des collines est privée des ressources naturelles qui l’ont nourrie depuis des millénaires :

« La forêt sauvage laissa place aux plantations de thé, de coton, de canarium, aux vergers de kakis, de jacquiers et de pamplemoussiers.