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Editions de Fallois

Totalement dépassés, Gérald Sibleyras

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Vendredi, 18 Août 2017. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Totalement dépassés, janvier 2017, 136 pages, 17 € . Ecrivain(s): Gérald Sibleyras Edition: Editions de Fallois

 

Totalement dépassés est une succession de petites tranches de vie saisies sur le vif, que Gérald Sibleyras, auteur dramatique à succès, nous livre en précisant qu’il s’agit de témoignages. Témoignages qu’il a entièrement inventés, cela va sans dire. Certains sont drôles, d’autres étranges ou émouvants. Petite revue de détail.

Jean-Patrick, infographiste, a une liaison idéale depuis six mois avec Delphine qui est « sympathique, rieuse, équilibrée ». Ils se voient en cachette de ses deux garçons de 7 et 9 ans qu’elle appelle mes p’tits bouts. Elle décide de les présenter à Jean-Patrick. Les p’tits bouts sont deux monstres qui ressemblent à des vikings, désobéissants et grossiers. « A la place de Delphine j’aurais envoyé un bataillon de gendarmerie ». C’était il y a dix jours, Jean-Patrick n’a pas rappelé Delphine.

Franck a connu Marine, qui est bretonne depuis toujours. Marine vote socialiste et son prénom lepenien la désole, mais elle ne peut se résoudre à lui substituer son deuxième prénom, Aouregwenn. Franck et Marine se marient, elle travaille un peu puis décide d’être bretonne au foyer. Ils essaient vainement de procréer et, en désespoir de cause, adoptent la solution écœurante de prendre un chat qu’ils baptisent Traoumad.

Louis XIII et Richelieu, La Malentente, Simone Bertière

Ecrit par Vincent Robin , le Mardi, 28 Février 2017. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Histoire

Louis XIII et Richelieu, La Malentente, avril 2016, 462 pages, 22 € . Ecrivain(s): Simone Bertière Edition: Editions de Fallois

 

Quels que soient le cadre institutionnel et la forme du pouvoir, être appelé premier des ministres ou principal conseiller auprès d’un dirigeant place peu ou prou celui qui accepte cette nomination politique en très sensible compétition avec son solliciteur. Même sans en recevoir le monopole, celui qui détient ainsi au sein de l’Etat une haute main sur les affaires ou les leviers suprêmes ne peut en effet remplir sa mission différemment qu’en revêtant la peau d’un décideur. L’usage d’un consensus établissant le partage de l’exercice du pouvoir – le plus réduit fût-il – ne se voit plus, de nos jours et nulle part au monde, au stade expérimental. Pas davantage que les rivalités qui montent régulièrement de ces associations suspendues au principe d’une loyauté due au chef suprême mais où, pourtant, les battements d’ailes de premiers serviteurs fréquemment tirés trop près des « girons solaires » rappellent à bien des égards la périlleuse ascension d’Icare. C’est assurément en reprenant l’un des plus singuliers cas d’histoire ouvrant sur ces questions délicates qu’aura été conduite la présente étude de Madame Bertière.

Sous Ponce Pilate, Gabriel Robin

Ecrit par Vincent Robin , le Mardi, 08 Novembre 2016. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Histoire

Sous Ponce Pilate, février 2016, 400 pages, 22 € . Ecrivain(s): Gabriel Robin Edition: Editions de Fallois

 

« Soudain un cri s’élève. Jésus est là dans le temple, sous le portique de Salomon, debout au milieu d’une foule qu’il est en train d’enseigner… » (p.252). Transposé dans le contexte actuel, en mettant alors de côté le nom du personnage qui l’occupe, ce tableau suggéré à son rapporteur fasciné répondrait tout autant à la célébration d’un champion de maintenant, déjà vivement adulé mais attendu avec une avidité fiévreuse par ses supporters au lieu final de sa consécration. Ainsi souvent dans le traitement littéraire, grâce aux transports enthousiastes et aux pouvoirs amplificateurs de l’écriture, le petit peut-il apparaître grand (Swift et Gulliver nous le racontent particulièrement), le laid virtuellement beau (Quasimodo et Victor Hugo le suggèrent avec force), l’insignifiant essentiel ou sublime, l’éphémère éternel… Qu’en sont les réalités pourtant, en marge du regard strict des esprits subjugués, dans leur vérité crue ou intrinsèque et face au froid diagnostic de l’historicité ? Subjectivité et objectivité sont naturellement les marques dialectiques réunies tout au sommet de ce questionnement. Pour la question de Jésus et de la vision que nous en avons, qu’en est-il alors de sa vie, si éphémère s’agissant de son passage terrestre et si longue à travers quelque culte engendré après lui sous son nom.

Penjab, Éric Deschodt

Ecrit par Stéphane Bret , le Lundi, 12 Septembre 2016. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Penjab, septembre 2016, 233 pages, 19 € . Ecrivain(s): Éric Deschodt Edition: Editions de Fallois

 

Les conséquences de la chute de Napoléon et de son exil à Sainte-Hélène ont provoqué le désespoir de ses soldats et officiers. Le capitaine Allard et le maréchal des logis Ventura, deux principaux personnages du roman d’Éric Deschodt, Penjab, vont aller chercher en Inde une sorte d’accomplissement qui est leur est dénié dans le cadre de la Sainte-Alliance qui dresse « les rois contre les peuples ». En effet, un autre empire ne cesse de s’étendre, il est situé au pied de l’Himalaya entre l’Hindoustan et l’Afghanistan. C’est l’empire Sikh du Penjab dirigé par Ranjit Singh, maharadjah de Lahore. Ces deux officiers, dont la curiosité intellectuelle est grande, vont se rejoindre pour parfaire l’organisation de l’armée de cet empire en pleine expansion. Mais qui sont-ils ? Pour le savoir, Allard et Ventura font appel à Baroud Singh Ahluwalia, un érudit local :

« Le mot Sikh vient du sanscrit. Il signifie “disciple”. Nous sommes les disciples du Guru Nanak, né au Penjab en 1469, fils d’un riche négociant. Le message tient en quatre mots : un seul Dieu, égalité, altruisme et tolérance (…) Sikh et altruiste sont synonymes. Le vrai Sikh n’agit que pour Dieu et pour son prochain. La paix est le bien suprême ».

L’ami barbare, Jean-Michel Olivier

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 16 Juin 2016. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, L'Âge d'Homme

L’ami barbare, Jean-Michel Olivier, éd. de Fallois L’Âge d’Homme, août 2014, 300 pages, 19 € . Ecrivain(s): Jean-Michel Olivier Edition: Editions de Fallois

 

« Comme le football, le mythe et le poème épique naissent dans la tension qui existe entre l’injustice, l’erreur humaine et le geste. Un geste de salut, de demande de pardon. D’administration. Et cela dure depuis Achille, depuis Ajax, depuis Hector… Et tous les entraîneurs devraient faire lire Homère à leurs joueurs ! »

Héros de cet ouvrage, alias Roman Dragomir

 

Roman Dragomir, né en Yougoslavie en 1930, est un éditeur hors du commun. Il vit comme un « romanichel » et parcourt des kilomètres avec sa camionnette, sur les petites routes de France, « le vague à l’âme dont souffre l’éternel exilé parce qu’il est loin de sa terre natale et qu’à jamais il en éprouve la nostalgie. […] Cette camionnette, tu l’as ramenée de Paris comme un trophée de guerre. C’est ton bureau et ta maison. La maison de La Maison. C’est là que tu vas recevoir tes écrivains, écrire ton courrier, tenir les comptes de La Maison ».