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Editions de Fallois

Les Héritiers du Roi-Soleil, Gilbert Mercier

Ecrit par Gilles Banderier , le Mardi, 12 Juin 2018. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Histoire

Les Héritiers du Roi-Soleil, février 2018, 300 pages, 22 € . Ecrivain(s): Gilbert Mercier Edition: Editions de Fallois

 

La phrase est une des plus simples qu’on puisse formuler en français : « Le roi est mort ». Sujet – verbe – attribut. Elle a résonné au long des siècles pour dire l’imperturbable continuité de la monarchie, sitôt prononcée la suite : « Vive le roi ! ». Si la phrase est simple, le processus qu’elle résume n’est moins et, dans un cas précis, il avait atteint un niveau de complication particulier.

Le long règne de Louis XIV s’accompagna d’un véritable jeu de massacre parmi ses descendants et successeurs potentiels. Ses six enfants disparurent avant lui. Son fils aîné, le Grand Dauphin, successeur naturel, mourut en 1711. L’année suivante, ce fut le tour du petit-fils, le duc de Bourgogne, pour qui Fénelon avait composé le Télémaque. Saint-Simon l’admirait (c’est assez rare pour être signalé), ce qui ne l’empêcha pas de mourir à trente ans, peu après sa femme et avant son fils aîné. Ne restait plus, comme une flamme vacillante, qu’un arrière petit-fils encore enfant, le duc d’Anjou. Ces décès successifs ne pouvaient qu’exciter les ambitions, surtout parmi les bâtards que le Roi-Soleil avait déposés de ci de là et qui avaient été légitimés. La continuité monarchique en ligne directe ne tenant plus qu’à un fil, tous les espoirs leur étaient permis.

Charlus, Philippe Berthier

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 29 Mai 2018. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Charlus, juin 2017, 168 pages, 19 € . Ecrivain(s): Philippe Berthier Edition: Editions de Fallois

 

 

Les essais autour de la Recherche n’en finiront jamais de fleurir, tant sa richesse semble une source inépuisable de réflexions et de points de rencontre, mais aussi tant s’avèrent justes les miroirs qu’elle nous tend, inflexible et tendre, cruelle et bienveillante.

Le professeur Philippe Berthier s’empare dans un court et virevoltant essai de l’un des personnages emblématiques de l’univers proustien, le baron de Charlus. Si le fond n’apporte pas de révélation inédite sur ce cher Palamède, laissant de côté certaines recherches, en privilégiant d’autres, l’agencement du livre apporte une lecture où l’érudition rivalise avec un style somme toute fort proustien, mais surtout un regard singulier où l’auteur se dit tout autant qu’il dit le personnage sur lequel il se penche.

Le Jardin d’Orléans, Catherine Saulieu

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Jeudi, 05 Avril 2018. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le Jardin d’Orléans, mars 2018, 344 pages, 22 € . Ecrivain(s): Catherine Saulieu Edition: Editions de Fallois

 

Histoire d’un nain (de jardin)

Catherine Saulieu a retrouvé les mémoires de son grand-père, Joseph Magloire, et se fondant sur ceux-ci, elle raconte sa vie. Il est issu d’une famille bourguignonne qui a dû s’exiler en Algérie à la fin du 19esiècle à la suite d’une faillite frauduleuse.

Une famille de tradition royaliste, qui déteste les francs-maçons et revêt des habits de deuil le 14 juillet, date funeste. Et naturellement, viscéralement antisémite. « Ceux-là, on les haïssait. Malheureusement, ils étaient fourrés partout, et même en classe de grec où il n’était pas rare qu’ils confisquent le prix d’excellence » note l’auteur avec ironie.

Le failli s’appelle Adrien Legros, il a signé un blanc-seing à un prêtre qu’il a chargé de construire un orphelinat. Mais l’abbé est un mauvais gestionnaire et Adrien se trouve rapidement ruiné. Loin d’en vouloir à l’église catholique, Adrien élève ses enfants et petits-enfants (dont Joseph Magloire grand-père de l’auteur) dans la foi chrétienne avec un discernement proche du néant.

Totalement dépassés, Gérald Sibleyras

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Vendredi, 18 Août 2017. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Totalement dépassés, janvier 2017, 136 pages, 17 € . Ecrivain(s): Gérald Sibleyras Edition: Editions de Fallois

 

Totalement dépassés est une succession de petites tranches de vie saisies sur le vif, que Gérald Sibleyras, auteur dramatique à succès, nous livre en précisant qu’il s’agit de témoignages. Témoignages qu’il a entièrement inventés, cela va sans dire. Certains sont drôles, d’autres étranges ou émouvants. Petite revue de détail.

Jean-Patrick, infographiste, a une liaison idéale depuis six mois avec Delphine qui est « sympathique, rieuse, équilibrée ». Ils se voient en cachette de ses deux garçons de 7 et 9 ans qu’elle appelle mes p’tits bouts. Elle décide de les présenter à Jean-Patrick. Les p’tits bouts sont deux monstres qui ressemblent à des vikings, désobéissants et grossiers. « A la place de Delphine j’aurais envoyé un bataillon de gendarmerie ». C’était il y a dix jours, Jean-Patrick n’a pas rappelé Delphine.

Franck a connu Marine, qui est bretonne depuis toujours. Marine vote socialiste et son prénom lepenien la désole, mais elle ne peut se résoudre à lui substituer son deuxième prénom, Aouregwenn. Franck et Marine se marient, elle travaille un peu puis décide d’être bretonne au foyer. Ils essaient vainement de procréer et, en désespoir de cause, adoptent la solution écœurante de prendre un chat qu’ils baptisent Traoumad.

Louis XIII et Richelieu, La Malentente, Simone Bertière

Ecrit par Vincent Robin , le Mardi, 28 Février 2017. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Histoire

Louis XIII et Richelieu, La Malentente, avril 2016, 462 pages, 22 € . Ecrivain(s): Simone Bertière Edition: Editions de Fallois

 

Quels que soient le cadre institutionnel et la forme du pouvoir, être appelé premier des ministres ou principal conseiller auprès d’un dirigeant place peu ou prou celui qui accepte cette nomination politique en très sensible compétition avec son solliciteur. Même sans en recevoir le monopole, celui qui détient ainsi au sein de l’Etat une haute main sur les affaires ou les leviers suprêmes ne peut en effet remplir sa mission différemment qu’en revêtant la peau d’un décideur. L’usage d’un consensus établissant le partage de l’exercice du pouvoir – le plus réduit fût-il – ne se voit plus, de nos jours et nulle part au monde, au stade expérimental. Pas davantage que les rivalités qui montent régulièrement de ces associations suspendues au principe d’une loyauté due au chef suprême mais où, pourtant, les battements d’ailes de premiers serviteurs fréquemment tirés trop près des « girons solaires » rappellent à bien des égards la périlleuse ascension d’Icare. C’est assurément en reprenant l’un des plus singuliers cas d’histoire ouvrant sur ces questions délicates qu’aura été conduite la présente étude de Madame Bertière.