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Editions de Fallois

Le Livre des Baltimore, Joël Dicker

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Mercredi, 11 Novembre 2015. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le Livre des Baltimore, septembre 2015, 480 pages, 22 € . Ecrivain(s): Joël Dicker Edition: Editions de Fallois

 

D’après Terry Eagleton, théoricien de la littérature, le roman moderne et contemporain est un genre populaire, qui plaît au peuple parce qu’il met en mots des histoires dont les héros sont issus des classes moyennes ou de milieux populaires. Le roman de Joël Dicker n’échappe pas à cette définition, même si la réalité sociologique est embellie par le souvenir du narrateur, comme en témoignent les premières descriptions de la famille Goldman-de-Baltimore, oncle, tante et cousins, à qui il voue une admiration sans limite : « Les plus grands moments de ma jeunesse furent ceux passés avec eux, et longtemps la seule évocation de leur nom me rendit fou de fierté et de bonheur. De toutes les familles que j’avais connues jusqu’alors, ils m’étaient apparus comme supérieurs : plus heureux, plus accomplis, plus ambitieux, plus respectés ». Et, encore plus loin, dans la deuxième partie, avant le Drame : Cette année-là, il me sembla que la qualité du repas de Thanksgiving était supérieure aux autres années. Oncle Saul avait rajeuni. Tante Anita avait embelli ».

Le Japon en guerre, 1931-1945, Haruko Taya Cook & F. Cook

Ecrit par Vincent Robin , le Vendredi, 09 Octobre 2015. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Histoire

Le Japon en guerre, 1931-1945, 2015, 556 pages, 22 € . Ecrivain(s): Haruko Taya Cook & F. Cook Edition: Editions de Fallois

En 1992, deux universitaires américains, Haruko Taya et Theodore F. Cook publiaient en langue anglaise leur livre co-écrit et intitulé : Japan at War. On Oral History. Grâce aux éditions de Fallois, une récente et limpide version de cet ouvrage traduit dans notre langue par Danièle Mazingarbe nous ouvre cette fois son contenu. Le Japon en guerre/1931-1945 retient le titre français de ce volumineux rapport. Il déroule une remarquable et complémentaire revue de témoignages inédits, récoltés séparément auprès de rescapés du Japon impérialiste brisé à Hiroshima et Nagasaki. Ceux dont la parole est ici consignée avaient été acteurs ou témoins avisés de situations différemment rencontrées durant la guerre menée par leur pays pendant le second quart du XXe siècle, initialement en Chine, par la suite à travers un vaste secteur géographique, notamment celui de l’océan Pacifique face aux Etats-Unis.

L’originalité de cette compilation de déclarations rapportant des situations connues sur des lieux dispersés, tant depuis le début de la période que parmi le réseau bientôt très étiré de ce théâtre d’agitation internationale, réside avant tout dans le regard rétrospectif des interviewés sur ce qu’ils auront vu ou vécu, cinquante ans après. Ils sont des hommes ou femmes qui livrent ainsi généralement pour la première fois (avant 1992) leurs émotions conservées de ces épisodes auxquels ils avaient participé ou dont ils eurent au plus près connaissance.

Piano ma non troppo, Philippe Entremont

Ecrit par AK Afferez , le Lundi, 06 Juillet 2015. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Récits

Piano ma non troppo, mars 2015, 140 pages, 16 € . Ecrivain(s): Philippe Entremont Edition: Editions de Fallois

 

Philippe Entremont, célèbre pianiste soliste français et chef d’orchestre, brosse ici l’autoportrait d’un amoureux inconditionnel de la musique. Élève de Marguerite Long et Jean Doyen, il retrace sa carrière en plusieurs volets, évoquant notamment son enfance et son apprentissage ; le rapport qu’il entretient avec son orchestre et ses élèves ; ses goûts musicaux. Né à Reims en 1934, dans une ville qui se remet à peine de la « Grande Guerre », son enfance est gouvernée par la musique : ses parents – un violoniste, une pianiste, parmi leurs nombreux talents – vont tout naturellement le pousser dans cette voie. L’apprentissage n’est pas chose aisée à cette époque : pendant la guerre, il fait des allers-retours entre Reims et Paris – onze heures de train ! – pour suivre des cours de piano dans la capitale, témoignant ainsi de son dévouement complet envers la musique.

Depuis son coup d’éclat à Carnegie Hall en 1953, il ne cesse de sillonner le monde, séjournant dans maintes villes de renom pour y donner des concerts et pour y enregistrer – parmi les pays évoqués figurent les États-Unis (New York en particulier est bien entendu associée à un moment charnière), Israël, l’Autriche… Il a été notamment directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de la Nouvelle Orléans et de l’Orchestre Symphonique du Colorado, et il est devenu chef lauréat à vie de l’Orchestre de Chambre de Vienne.

Le fil, Sophie Lemp

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Jeudi, 18 Juin 2015. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le fil, mai 2015, 96 pages, 15 € . Ecrivain(s): Sophie Lemp Edition: Editions de Fallois

 

Le parfum du tilleul

Dans la mythologie romaine, les Parques tissent le fil de la destinée. Dans la première scène du Crépuscule des dieux, les Nornes tressent ce même fil mais il se rompt, sinistre présage de ce qu’il va advenir. Chez Sophie Lemp, le fil c’est ce qui la relie à sa grand-mère dont la mort, deux ans auparavant, est la source d’inspiration de son court récit. Une de ces grands-mères idéales qui a l’amour pudique. Sophie l’a très bien connue. Très bien et très mal à la fois, comme elle va le découvrir. Sa grand-mère a laissé trois carnets qu’elle a commencé à noircir après la naissance de sa petite-fille.

« Je me souviens de ce 9 mai 1979 ; le coup de téléphone de la maternité. Le matin, l’après-midi qui n’en finissait plus puis ton papa qui m’appelait vers 16 heures : C’est une belle petite fille ! Écoutez-là ! Et je t’ai entendue pleurer ».

Le fil alterne ainsi entre le présent et le passé : Sophie voit toute son enfance défiler. A chacune des pages noircies par sa grand-mère, elle découvre à quel point elle la chérissait. « Je t’aime ma petite fille et je te souhaite l’espoir, l’équilibre, le courage, l’amour des autres ».

Saint-Loup, Philippe Berthier

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 29 Mai 2015. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Récits

Saint-Loup, mai 2015, 220 pages, 20 € . Ecrivain(s): Philippe Berthier Edition: Editions de Fallois

 

« Enfin arrivé à ma hauteur, il arrêta net son élan avec la précision d’un chef devant la tribune d’un souverain, et s’inclinant, me tendit avec un air de courtoisie et de soumission le manteau de vigogne, sans que j’eusse eu un mouvement à faire, qu’il arrangea, en châle léger et chaud, sur mes épaules ». M.P.

« Honte à vous, qui avez marginalisé Robert de Saint-Loup ! On voit bien que personne, pour vous éviter de prendre froid, ne vous a jamais apporté une fourrure en dansant ». P.B.

Philippe Berthier connaît l’œuvre de Marcel Proust sur le bout des lèvres, et la souplesse naturelle du biographe rend cet ouvrage pétillant comme un vin de champagne. L’auteur a la galanterie du style, l’amour du savoir et une certaine prédestination à la saveur romanesque. Robert de Saint-Loup est une bulle qui virevolte dans la Recherche et Jean Santeuil, bulle d’air et de vie pour l’écrivain narrateur. L’ami absolu et tant attendu est là. Un nom – Proust n’aimait pas son nom de famille, qu’il trouvait déplorablement peu musical. En inventant le magnifique Robert de Saint-Loup, faut-il croire que par procuration il s’est rebaptisé ? –, et par là-même la beauté, l’élégance, et une présence rare, alors le Roman peut s’écrire.