Identification

Cardère éditions

Quelques mots pour définir une ligne éditoriale... (voir aussi la collection "Poésie")
Un style personnel, un véritable travail d’écriture, une lecture à plusieurs niveaux dont le vernis reste de préférence la fiction.
Des niveaux donc, philosophique, métaphysique, politique… 
Une écriture engagée mais non partisane. 
Et puis de l’humour, de la suggestion, de la provocation (ni sordide, ni méchante), de la vaillance, de la poésie, de l’émotion. 
À contre-courant de l’ultralibéralisme, des querelles de chapelles, de tous les conservatismes, du voyeurisme, de l’égocentrisme, de l’élitisme et du misérabilisme… enfin de tous les « ismes » qui flattent certains et en irritent d’autres. 
La précision et la justesse du travail de l’écrivant, son côté novateur, prospectif, nous intéressent, sans oublier le partage d’émotion avec le lecteur.

 

Asinus in fabula, Guido Furci

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 02 Février 2017. , dans Cardère éditions, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Asinus in fabula, avril 2015, 61 pages, 12 € . Ecrivain(s): Guido Furci Edition: Cardère éditions

 

Asinus in fabula. Certes, l’âne est dans la fable depuis longtemps, l’âne est un personnage littéraire depuis la littérature, au moins depuis Apulée. Comment cet asinus in fabula est-il devenu le titre de ce singulier recueil de Guido Furci ? L’âne est présent, au milieu du recueil, dans une très courte fable originale d’une page en italien faisant face à une page en français, fable dont il est le héros. Grâce à ses oreilles en forme d’hélices, il vole jusqu’à la lune, s’y pose, et constate : « La lune est une énorme ricotta. C’est juste qu’elle ne bouge pas à droite et à gauche comme un flan… ». L’âne est capable de voir ce que le commun des hommes mortels ne voit pas. L’âne est capable de comprendre la lune. L’âne est un poète. L’auteur est un poète. L’auteur est un âne. L’auteur âne poète a des oreilles en forme d’hélices. Tous les poètes auraient-ils des oreilles d’âne en forme d’hélices ?

L’ouvrage est structuré de façon symétrique comme un diptyque dont le centre est le conte de l’âne. D’un côté, et de l’autre, deux compositions de versets numérotés de un à vingt-quatre, soit quatre-vingt-seize au total. Le lecteur est incité à mettre en correspondance, une à une, les compositions qui précèdent le conte de l’âne avec chacune de celles qui le suivent.

L’enfant fini, Edith Msika

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Vendredi, 18 Novembre 2016. , dans Cardère éditions, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Roman

L’enfant fini, octobre 2016, 126 pages, 12 € . Ecrivain(s): Edith Msika Edition: Cardère éditions

 

D’abord l’objet. Douce couverture, ferme et souple, crème et jaune, couleur caramel pour le titre. D’abord le grain du livre et son grain de peau. Le titre donc, en lettres minuscules, une police noire qui plaît à l’œil. Au dos, on y va toujours n’est-ce pas, juste quatre lignes.

Au bord de l’Hudson à Manhattan, Jasper, né au moment où les tours du World Trade Center viennent d’être percutées, fasciné par l’Europe et la peinture hollandaise du XVIIe siècle, écrit dans son cahier pour ne pas oublier ce qu’il vit.

La façon dont on entre dans la scène conditionnerait la lecture. De l’importance du contexte.

Le papier donc, il est épais, de bonne qualité, le mot clair, il a de la place. De l’amplitude. Il en faut pour écrire avec des mains d’enfant. L’enfant observe le pêcheur et la belle dame assise au parc, belle, il ne l’écrit pas. Il rêve qu’elle vient d’Europe. L’Europe compte ses places, l’Europe pour Jasper possède des places d’armes, des parlements, des bassins, des ponts, des pierres blondes, de l’histoire, des automates et des costumes. Lui il est de l’autre côté de l’Europe, presque en face, dans l’actualité maintenant, passé de l’histoire à l’actualité. L’enfant est au niveau des choses et des instants. Jasper ?

Asinus in fabula, Guido Furci

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 21 Septembre 2015. , dans Cardère éditions, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Asinus in fabula, avril 2015, 61 pages, 12 € . Ecrivain(s): Guido Furci Edition: Cardère éditions

 

Comme une comptine à tue-tête, un refrain qui s’entête, asinus in fabula, c’est bizarre, c’est étrange et ça remue en dedans, ça nous embarque, nous entraîne comme un manège un peu fou, une comptine un peu noire, un peu effrayante même, « comme les coiffures des années 80 », comme le joueur de flûte de Hamelin qui viendrait chercher les mots pour aller les perdre quelque part, loin, là où ils ne pourraient plus dire le « cauchemar cauchemardesque », parce qu’ici les mots tricotent un texte de douleur et il faut absolument le détricoter. Au beau milieu des mots, un âne s’envole pour la lune, car il a les oreilles en forme d’hélice, vrillées c’est sûr, à force d’écouter la ritournelle qui s’emballe, tricote, détricote, et à la fin, les mots se répètent mais c’est raturé, barré, terminé, annulé. Asinus in fabula c’est dans la tête, un manège dans la tête qui rend un peu fou, un peu cruel et absurde, comme la mort quand elle prend un enfant de trois ans, un enfant comme Nicolas qui avait une maladie rare, Nicolas le cousin de Marion, moi je ne l’ai pas dit, c’est dans le livre et ça n’y est pas, c’est comme ça qu’on peut parler de ce qui ne tient pas dans les mots, alors on les jette en l’air, on les bat, on les mélange, on les rebat

L’arbre de vie, Raphaël Mérindol

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Vendredi, 26 Juin 2015. , dans Cardère éditions, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Arts

L’arbre de vie, juin 2013, 93 pages, 15 € . Ecrivain(s): Raphaël Mérindol Edition: Cardère éditions

 

L’arbre de vie de Raphaël Mérindol, illustré magnifiquement par Pierre Cayol, Christian Jauréguy, Jean-Pierre Peransin et Le Zhang, est un petit bijou et une louange, un véritable hymne dédié à l’arbre, l’arbre en nous, celui qui En tout lieu, […] a le singulier pouvoir de donner des nouvelles du silence et à tous les arbres, de toute espèce. Qu’ils soient de l’automne ou de l’hiver, sous leur cape de brume, ils sourient. Qu’ils soient cyprès au cœur pur, cèdre centenaire, platane, poirier (tant aimé de la mère) ou pin sylvestre, ils sont habité(s) d’amour et chaque jour le ciel renouvelle la garde-robe de sa cime ajourée. Toujours là, présent à nos silences, à nos deuils, à nos solitudes, prêt à nous consoler, prodige bienveillant qui porte nostalgie et espoir, l’arbre (de vie) continue nos espoirs, perpétue nos mémoires endeuillées.

Dans ce recueil de belle facture où la trame même est en majesté (celle de l’arbre), se déploie une écriture arborescente, tantôt en ramées dispersées, brèves et légères comme des haïkus accolés à la douceur des illustrations, tantôt en longs feuillages qui descendent vers le sol, déployant une prose qui s’abandonne et se confie. Et, là… soudain…

A hauteur d’ombre, Marie-Françoise Ghesquier di Fraja

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Samedi, 10 Mai 2014. , dans Cardère éditions, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

A hauteur d’ombre, recueil de poésie broché, mars 2014, 72 pages, 12 € . Ecrivain(s): Marie-Françoise Ghesquier di Fraja Edition: Cardère éditions

 

A hauteur d’ombre donne à suivre et découvrir des poèmes en vers libres, à lire comme les pages de l’existence de façon soutenue mais non nécessairement chronologique.

Marie-Françoise Ghesquier di Fraja signe ici son deuxième recueil de poésie après Aux confins du printemps paru aux éditions Encres Vives, Michel Cosem éditeur, en juillet 2013.

Elle s’accompagne dans A hauteur d’ombre d’une deuxième voix connue en terre de poésie – celle de l’auteure-poète-gryboulieuse et ici photographieuse (sic), Cathy Garcia, par ailleurs éditrice responsable coupable (sic) de la revue et du site des Nouveaux Délits. Près d’une dizaine de photographies en effet de Cathy Garcia s’ajoutent à une dizaine de photographies de Marie-Françoise Ghesquier di Fraja elle-même – pour décliner suivant leur mode d’expression pas loin d’une quarantaine de poèmes dont la teneur et l’univers résonnent à hauteur d’ombre et d’épines. Avec une parution en mars, on peut dire qu’A hauteur d’ombre tombe à saison nommée avec la parution de ses mises en lumière à l’arrivée du printemps.