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Cardère éditions

Quelques mots pour définir une ligne éditoriale... (voir aussi la collection "Poésie")
Un style personnel, un véritable travail d’écriture, une lecture à plusieurs niveaux dont le vernis reste de préférence la fiction.
Des niveaux donc, philosophique, métaphysique, politique… 
Une écriture engagée mais non partisane. 
Et puis de l’humour, de la suggestion, de la provocation (ni sordide, ni méchante), de la vaillance, de la poésie, de l’émotion. 
À contre-courant de l’ultralibéralisme, des querelles de chapelles, de tous les conservatismes, du voyeurisme, de l’égocentrisme, de l’élitisme et du misérabilisme… enfin de tous les « ismes » qui flattent certains et en irritent d’autres. 
La précision et la justesse du travail de l’écrivant, son côté novateur, prospectif, nous intéressent, sans oublier le partage d’émotion avec le lecteur.

 

Trois cailloux au fossé, Pierre Gondran dit Remoux (par Parme Ceriset)

Ecrit par Parme Ceriset , le Lundi, 12 Juin 2023. , dans Cardère éditions, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie

Trois cailloux au fossé, Pierre Gondran dit Remoux, éditions Cardère, janvier 2023, 104 pages, 12 € Edition: Cardère éditions

 

La poésie de Pierre Gondran dit Remoux puise sa source dans l’intimité de l’auteur avec la nature. Le rapport au temps et à la vie est intéressant en ceci que les êtres sont perçus comme étant de passage, au même titre que les feuilles, les pierres, les ruisseaux. Toutes ces composantes du cycle de vie participent au renouvellement de « la chair sans identité », des « organes remaniés », dans une mystérieuse « métamorphose ».

Enfant déjà, le poète trouve refuge parmi les graminées, « au creux d’un chemin creux », près de « l’étang aux joncs », suscitant parfois l’inquiétude ou l’incompréhension maternelle. Il se sent en osmose avec l’écosystème dans son ensemble, de la faune au monde végétal et même minéral.

L’enfant fini, Edith Msika

Ecrit par Jeanne Ferron-Veillard , le Vendredi, 18 Novembre 2016. , dans Cardère éditions, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Roman

L’enfant fini, octobre 2016, 126 pages, 12 € . Ecrivain(s): Edith Msika Edition: Cardère éditions

 

D’abord l’objet. Douce couverture, ferme et souple, crème et jaune, couleur caramel pour le titre. D’abord le grain du livre et son grain de peau. Le titre donc, en lettres minuscules, une police noire qui plaît à l’œil. Au dos, on y va toujours n’est-ce pas, juste quatre lignes.

Au bord de l’Hudson à Manhattan, Jasper, né au moment où les tours du World Trade Center viennent d’être percutées, fasciné par l’Europe et la peinture hollandaise du XVIIe siècle, écrit dans son cahier pour ne pas oublier ce qu’il vit.

La façon dont on entre dans la scène conditionnerait la lecture. De l’importance du contexte.

Le papier donc, il est épais, de bonne qualité, le mot clair, il a de la place. De l’amplitude. Il en faut pour écrire avec des mains d’enfant. L’enfant observe le pêcheur et la belle dame assise au parc, belle, il ne l’écrit pas. Il rêve qu’elle vient d’Europe. L’Europe compte ses places, l’Europe pour Jasper possède des places d’armes, des parlements, des bassins, des ponts, des pierres blondes, de l’histoire, des automates et des costumes. Lui il est de l’autre côté de l’Europe, presque en face, dans l’actualité maintenant, passé de l’histoire à l’actualité. L’enfant est au niveau des choses et des instants. Jasper ?

L’arbre de vie, Raphaël Mérindol

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Vendredi, 26 Juin 2015. , dans Cardère éditions, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Arts

L’arbre de vie, juin 2013, 93 pages, 15 € . Ecrivain(s): Raphaël Mérindol Edition: Cardère éditions

 

L’arbre de vie de Raphaël Mérindol, illustré magnifiquement par Pierre Cayol, Christian Jauréguy, Jean-Pierre Peransin et Le Zhang, est un petit bijou et une louange, un véritable hymne dédié à l’arbre, l’arbre en nous, celui qui En tout lieu, […] a le singulier pouvoir de donner des nouvelles du silence et à tous les arbres, de toute espèce. Qu’ils soient de l’automne ou de l’hiver, sous leur cape de brume, ils sourient. Qu’ils soient cyprès au cœur pur, cèdre centenaire, platane, poirier (tant aimé de la mère) ou pin sylvestre, ils sont habité(s) d’amour et chaque jour le ciel renouvelle la garde-robe de sa cime ajourée. Toujours là, présent à nos silences, à nos deuils, à nos solitudes, prêt à nous consoler, prodige bienveillant qui porte nostalgie et espoir, l’arbre (de vie) continue nos espoirs, perpétue nos mémoires endeuillées.

Dans ce recueil de belle facture où la trame même est en majesté (celle de l’arbre), se déploie une écriture arborescente, tantôt en ramées dispersées, brèves et légères comme des haïkus accolés à la douceur des illustrations, tantôt en longs feuillages qui descendent vers le sol, déployant une prose qui s’abandonne et se confie. Et, là… soudain…

A hauteur d’ombre, Marie-Françoise Ghesquier di Fraja

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Samedi, 10 Mai 2014. , dans Cardère éditions, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

A hauteur d’ombre, recueil de poésie broché, mars 2014, 72 pages, 12 € . Ecrivain(s): Marie-Françoise Ghesquier di Fraja Edition: Cardère éditions

 

A hauteur d’ombre donne à suivre et découvrir des poèmes en vers libres, à lire comme les pages de l’existence de façon soutenue mais non nécessairement chronologique.

Marie-Françoise Ghesquier di Fraja signe ici son deuxième recueil de poésie après Aux confins du printemps paru aux éditions Encres Vives, Michel Cosem éditeur, en juillet 2013.

Elle s’accompagne dans A hauteur d’ombre d’une deuxième voix connue en terre de poésie – celle de l’auteure-poète-gryboulieuse et ici photographieuse (sic), Cathy Garcia, par ailleurs éditrice responsable coupable (sic) de la revue et du site des Nouveaux Délits. Près d’une dizaine de photographies en effet de Cathy Garcia s’ajoutent à une dizaine de photographies de Marie-Françoise Ghesquier di Fraja elle-même – pour décliner suivant leur mode d’expression pas loin d’une quarantaine de poèmes dont la teneur et l’univers résonnent à hauteur d’ombre et d’épines. Avec une parution en mars, on peut dire qu’A hauteur d’ombre tombe à saison nommée avec la parution de ses mises en lumière à l’arrivée du printemps.

Requiem, Marie-Josée Desvignes

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 09 Octobre 2013. , dans Cardère éditions, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, La rentrée littéraire

Requiem, avec 12 encres de l’auteur et des photos d’Hélène Desvignes, septembre 2013, 108 pages, 14 € . Ecrivain(s): Marie-Josée Desvignes Edition: Cardère éditions

 

Requiem comme son nom l’indique est une pièce maîtresse et bouleversante. Il s’agit bien comme son titre l’indique d’un hommage à un défunt, une cérémonie du souvenir, mais aussi une pièce d’un puzzle jusque-là resté inachevé, qui vient donc combler un manque, refermer autant que possible une plaie béante, car le défunt, ici, n’a jamais eu d’existence, il n’a jamais été reconnu parmi les vivants et donc impossible de le compter parmi les morts.

Pas de pleurs, sauf les miens, en silence, toujours – loin des autres, quelque chose de honteux – faut cacher.

Il faut cacher et il faut oublier, lui a-t-on dit, et le silence est tombé comme une chape sur la mère. Cette mère qui ne l’a pas vu elle, seul le père l’a vu, l’enfant. Cet enfant non viable, lourdement handicapé, mort peu de temps après avoir été tiré du ventre, deux mois avant terme. Cet enfant qu’il fallait oublier, ne pas nommer, juste un blanc dans la lignée familiale.