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Cardère éditions

Quelques mots pour définir une ligne éditoriale... (voir aussi la collection "Poésie")
Un style personnel, un véritable travail d’écriture, une lecture à plusieurs niveaux dont le vernis reste de préférence la fiction.
Des niveaux donc, philosophique, métaphysique, politique… 
Une écriture engagée mais non partisane. 
Et puis de l’humour, de la suggestion, de la provocation (ni sordide, ni méchante), de la vaillance, de la poésie, de l’émotion. 
À contre-courant de l’ultralibéralisme, des querelles de chapelles, de tous les conservatismes, du voyeurisme, de l’égocentrisme, de l’élitisme et du misérabilisme… enfin de tous les « ismes » qui flattent certains et en irritent d’autres. 
La précision et la justesse du travail de l’écrivant, son côté novateur, prospectif, nous intéressent, sans oublier le partage d’émotion avec le lecteur.

 

Requiem, Marie-Josée Desvignes

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 09 Octobre 2013. , dans Cardère éditions, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, La rentrée littéraire

Requiem, avec 12 encres de l’auteur et des photos d’Hélène Desvignes, septembre 2013, 108 pages, 14 € . Ecrivain(s): Marie-Josée Desvignes Edition: Cardère éditions

 

Requiem comme son nom l’indique est une pièce maîtresse et bouleversante. Il s’agit bien comme son titre l’indique d’un hommage à un défunt, une cérémonie du souvenir, mais aussi une pièce d’un puzzle jusque-là resté inachevé, qui vient donc combler un manque, refermer autant que possible une plaie béante, car le défunt, ici, n’a jamais eu d’existence, il n’a jamais été reconnu parmi les vivants et donc impossible de le compter parmi les morts.

Pas de pleurs, sauf les miens, en silence, toujours – loin des autres, quelque chose de honteux – faut cacher.

Il faut cacher et il faut oublier, lui a-t-on dit, et le silence est tombé comme une chape sur la mère. Cette mère qui ne l’a pas vu elle, seul le père l’a vu, l’enfant. Cet enfant non viable, lourdement handicapé, mort peu de temps après avoir été tiré du ventre, deux mois avant terme. Cet enfant qu’il fallait oublier, ne pas nommer, juste un blanc dans la lignée familiale.

Tryptique du veilleur, Louis Raoul

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 10 Juillet 2012. , dans Cardère éditions, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie

Triptyque du veilleur, Louis Raoul, Cardère, 2012, 58 pages, 12 € . Ecrivain(s): Louis Raoul Edition: Cardère éditions

 

Parce que la vie nous pousse de l’avant tout en nous dépouillant, vient ce temps où il nous faut prendre de la hauteur, de cette nécessité-là peut-être est né Triptyque du veilleur. Une tour, une barque et une archère. Non pas un, mais une, selon le choix de l’auteur. Une archère, qui est aussi la flèche envolée, et la cible invisible de l’au-delà.

Il y a donc une tour dans la première partie, intitulée L’approche de la hauteur. Une tour de pierre, de chair et de vent.

 

« Prisonnier et gardien

Tu n’habites pas la tour

Tu es ses assauts et sa défense

Le poème qui la fonde ».

Il fut un temps ... l'ailleurs, Damien Corbet

Ecrit par Cathy Garcia , le Samedi, 11 Juin 2011. , dans Cardère éditions, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Il fut un temps… l’ailleurs, Cardère Ed. 2011, 80 p. 15 €. . Ecrivain(s): Damien Corbet Edition: Cardère éditions

Alors il y a quelque chose qui m’a intriguée dès les premières pages du livre, c’est l’âge de l’auteur. Né en 1991, est-il indiqué en quatrième de couverture, soit à peine 20 ans et cette écriture pourtant dénonce un vécu de plusieurs vies déjà, quelque chose qui tiendrait du juif errant imbibé de beatnik ! Etrange recueil oui, qui nous entraîne en divers lieux dans un défilé chronologique, d’abord comme à travers le prisme d’anciens clichés que l’auteur aurait retrouvés dans une vieille malle voyageuse ou quelques tableaux dénichés chez un antiquaire… Cela commence à « Rio de Gens’héros », le 1er janvier 1750 :

Sur les tambours pulpeux du visage des hommes, les femmes lançaient l’envie d’un mouvement de bassin. Il y avait des jeunes à qui l’on conte l’amour comme le plus beau des sacres, qui couraient dans les rues, le cœur au bout d’une canne à pêche.