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Albin Michel

Les éditions Albin Michel sont une maison d'édition française indépendante, fondée en 1900 par Albin Michel et dirigée par Francis Esménard.

Abondamment présentes à chaque rentrée littéraire, les éditions Albin Michel font confiance aussi bien à des auteurs débutants que confirmés. Depuis 1992, Albin Michel publie environ 450 nouveautés par an (pour 100 en 1967). Pas une année ne s'est écoulée sans qu'un auteur figure parmi les meilleures ventes annuelles de l'édition française.

 


Last Exit to Brooklyn, Hubert Selby Jr

Ecrit par Virginie Neufville , le Mardi, 11 Février 2014. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Last Exit to Brooklyn, janvier 2014, traduit de l’anglais (USA) par Jean-Pierre Carasso et Jacqueline Huet, 416 p. 24,50 € . Ecrivain(s): Hubert Selby Jr Edition: Albin Michel

 

Last Exit to Brooklyn est LE roman de la misère New-Yorkaise dans tout ce qu’elle a de complaisante et d’assumée par ses protagonistes. Ecrit en 1964, Hubert Selby Jr y décrit la population américaine la plus démunie, parquée dans des immeubles de misère, en bordure de friche industrielle, vivant de travaux journaliers, d’aides sociales, ou du travail à l’usine lorsqu’il n’y a pas de grève.

Les femmes n’ont pas le bon rôle. Mères de famille trop tôt et sans le vouloir vraiment, elles se retrouvent vite contraintes à accomplir des tâches subalternes, tout en tentant, soit de motiver leurs époux à trouver du travail, soit d’en faire un chef de famille concerné et bien aimant. Et celles qui aspirent à l’indépendance financière et amoureuse sont hélas des filles de rue jouant de leurs atouts physiques. La prostitution n’est jamais loin…

Les hommes sont souvent fainéants (c’est le mot), piliers de bar, coureurs de jupons invétérés, pourtant mariés et pères de famille, contraints parfois à la sexualité floue lorsque des groupes de transsexuels viennent faire la fête dans les bars du quartier.

L’Antiquité, Territoire des écarts, Florence Dupont

Ecrit par Laurence Biava , le Samedi, 01 Février 2014. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Histoire

L’Antiquité, Territoire des écarts, 2013, 300 pages, 22 € . Ecrivain(s): Florence Dupont Edition: Albin Michel

 

Florence Dupont, Agrégée de Lettres classiques, est professeur émérite de latin à Paris-Diderot. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages sur le Théâtre et la littérature antique.

Dans cet essai fort brillant paru au printemps dernier, Florence Dupont propose un nouveau regard sur l’Antiquité en termes d’écarts. Grâce à ces entretiens qu’elle a accordés à Pauline Colonna d’Istria et Sylvie Taussig, on comprend mieux pourquoi l’anthropologie, telle qu’elle l’aborde ici sous ses principaux aspects, permet de déconstruire les chimères généalogiques et les soi-disant points communs entre Anciens et Modernes. C’est un livre divisé en quatre grandes parties où sont aussi bien abordés les thèmes relatifs à l’anthropologie de la nourriture, l’anthropologie de la sexualité, la perception d’un nouvel usage des cultures anciennes, la notion d’ethno poétique, la recherche des musiques tragiques et l’Antiquité telle qu’on la perçoit encore aujourd’hui mais revue et corrigée sous un œil anticonformiste, grâce auquel on comprend que les enseignements du grec et du latin sont naturellement émancipateurs et progressistes.

Cinq méditations sur la mort autrement dit sur la vie, François Cheng

Ecrit par Didier Bazy , le Mardi, 10 Décembre 2013. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Cinq méditations sur la mort autrement dit sur la vie, octobre 2013, 168 pages, 15 € . Ecrivain(s): François Cheng Edition: Albin Michel

 

Souvenirs d’un mortel, Ethique de l’Est.

Limpide. Livre clair. A la portée de tous. Limpides. Partages transparents de pensées propres et nettes. Cinq ruisseaux de vie. Cinq coulées montées vers la surface.

Déjà, dans les années 70, François Cheng éblouissait par sa simplicité dans « l’art pictural chinois » et « l’écriture poétique chinoise ». Déjà, il ouvrait l’esprit des occidentaux carrés aux subtilités de l’esthétique de l’Orient donc de l’Ethique de l’Est. Déjà, on apprenait l’identité de l’écriture et de la peinture, de l’encre et du papier, du dessin et du signe. Déjà, il réformait, transmettait et transformait chez ses lecteurs ou chanceux auditeurs les canons cartésiens ou hégéliens qui fondaient soudain en montres molles sous l’analyse d’une « peinture-dessin-écriture » de l’époque Song. Là, on saisissait mieux « les philosophes taoïstes » publiés en Pléiade. Là, on rapprochait le vase vide (qui fait l’usage et pas l’avantage) du tir à l’arc et des sorites des stoïciens. Là, déjà, Deleuze et Maldiney* se donnaient la main de l’autre côté des surfaces.

Docteur Sleep, Stephen King

Ecrit par Virginie Neufville , le Vendredi, 06 Décembre 2013. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Fantastique

Docteur Sleep, traduit de l’anglais (USA) par Nadine Gassie, novembre 2013, 600 pages, 25 € . Ecrivain(s): Stephen King Edition: Albin Michel

 

Danny Torrance a bien grandi, ses démons aussi.

« L’esprit est un tableau noir. L’alcool, la brosse à effacer ».

Le père du petit Dan, Jack Torrance, buvait pour oublier sa lâcheté et son incapacité à écrire. Danny, devenu adulte, boit pour faire taire les voix dans sa tête. En effet, le Don ne s’est pas éteint. Son cerveau est comparable à une radio captant toutes les pensées des gens. L’alcool permet de baisser le volume à défaut de l’éteindre complètement. Et oui, ayant grandi dans une famille dysfonctionnelle, Danny reproduit le schéma familial : son grand-père buvait, son père buvait, alors pourquoi pas lui. Sauf que les raisons ne sont pas les mêmes et qu’il déteste la loque qu’il est en train de devenir.

Pourtant, le cuisinier de l’Overlook lui avait montré la voie, lui avait appris comment gérer le don et refouler, sans boire, les images choquantes et horrifiantes. Le cerveau est un placard, il faut juste enfermer ce qui nous gêne dans un tiroir, et le laisser dormir au fond. Or, tout n’est pas si simple. Danny n’y arrive pas complètement.

Volt, Alan Heathcock

Ecrit par Virginie Neufville , le Mardi, 08 Octobre 2013. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Nouvelles, La rentrée littéraire

Volt, traduit de l’anglais (USA) par Olivier Colette, septembre 2013, 320 pages, 23 € . Ecrivain(s): Alan Heathcock Edition: Albin Michel

 

Dans la petite ville imaginaire de Krafton, tout le monde se connaît. Le maire, Freely, est le gérant de l’épicerie, quant au premier et unique officier du lieu, c’est une femme, Helen, dont la candidature au départ avait été faite pour plaisanter.

A Krafton, les jeunes et les moins jeunes rêvent de partir voir si la vie ailleurs est plus belle, si elle offre d’autres perspectives. Parfois, certains y sont contraints, comme Jorgen, soldat de la Guerre du Golfe, ou Winslow, qui après avoir tué son fils accidentellement, fuit le domicile conjugal à pied. Il marche pendant des jours et des jours pour atterrir dans une bourgade où il se loue comme « punching-ball », expiant à sa façon sa culpabilité et son chagrin.

« Dans la lune pâle, il sut qu’il n’existait plus au monde des hommes et qu’il errerait à jamais dans les bois tel un fils perdu du monde civilisé ».