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Albin Michel

Les éditions Albin Michel sont une maison d'édition française indépendante, fondée en 1900 par Albin Michel et dirigée par Francis Esménard.

Abondamment présentes à chaque rentrée littéraire, les éditions Albin Michel font confiance aussi bien à des auteurs débutants que confirmés. Depuis 1992, Albin Michel publie environ 450 nouveautés par an (pour 100 en 1967). Pas une année ne s'est écoulée sans qu'un auteur figure parmi les meilleures ventes annuelles de l'édition française.

 


La malédiction d’Azazel, Youssef Ziedan

Ecrit par Patryck Froissart , le Lundi, 16 Juin 2014. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Pays arabes

La malédiction d’Azazel, traduit de l’arabe (égyptien) par Khaled Osman, janvier 2014, 445 p. 24 € . Ecrivain(s): Youssef Ziedan Edition: Albin Michel

Au Ve siècle, dans la partie proche-orientale de l’empire romain en bonne voie de christianisation forcée, Hiba, un moine copte, originaire de Haute-Egypte, rédige ses mémoires, sous le commandement d’un sombre mentor intérieur, son « ange » gardien, ou son intime démon, Azazel.

Alors Hiba conte, soi-disant à contrecœur, et commente.

Ce pieux chrétien assiste, souvent avec stupeur et consternation, à l’établissement brutal d’un christianisme conquérant qui persécute, à l’encontre du message christique de tolérance, de paix et de fraternité, tous ceux et toutes celles qui ne reconnaissent pas ses Lois, en leur faisant subir les mêmes sévices barbares que ceux qu’avaient connus précédemment les sectes chrétiennes.

Pire, à peine renversées les idoles païennes, à peine massacrés férocement des milliers de leurs adeptes, le pieux Hiba voit les chrétiens se déchirer eux-mêmes dans des luttes fratricides sur des détails du dogme naissant et sur l’interprétation des Evangiles, et se constituer à travers l’Empire en de multiples groupes rivaux, en nombre d’obédiences adverses, qui se déclarent réciproquement hérétiques et se vouent les uns les autres aux flammes de l’Enfer et bientôt à celles de leurs tribunaux religieux respectifs.

Ce que j’ai oublié de te dire, Joyce Carol Oates

Ecrit par Virginie Neufville , le Vendredi, 13 Juin 2014. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Jeunesse

Ce que j’ai oublié de te dire, Traduit de l'américain Cécile Dutheil de la Rochère janvier 2014, 341 pages, 15 € . Ecrivain(s): Joyce Carol Oates Edition: Albin Michel

 

Dans l’univers de Joyce Carol Oates, les lycéennes sont en apparence parfaites, mais gèrent en permanence un conflit intérieur si intense, que le moindre déséquilibre entraîne des conséquences parfois ravageuses. Lorsque Tink Traumer est apparue au lycée très chic et privé de Quaker Heights, son look et son apparence détonnèrent.

En effet, son pull informe, ses leggings noirs troués, ses yeux vitreux qui semblaient ne jamais vous regarder, laissaient une drôle d’impression lorsqu’on la croisait dans les couloirs : « Vous ne saviez jamais si elle riait avec vous ou de vous ». De plus, elle était insaisissable : amicale un jour, distante, le lendemain. Cela dit, au fil des mois, Merissa Carmichaël, Nadia Stillfinger, Hannah et les autres ont réussi plus ou moins à l’apprivoiser et former la Tink & co. Mais un jour, Tink, après un SMS lapidaire laissé à ses amies, est partie, les a abandonnées à tout jamais :

« Cela dit, Tink n’a pas disparu, elle est partie mais… C’est comme quand vous frottez une allumette, la flamme s’éteint mais vous sentez l’odeur de soufre brûlante, âcre, et vous savez qu’il y a un incendie quelque part, même si vous ne le voyez pas ».

Un ciel rouge, le matin, Paul Lynch

Ecrit par Victoire NGuyen , le Lundi, 19 Mai 2014. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Un ciel rouge, le matin, mars 2014, traduit de l’Anglais (Irlande) par Marina Boraso, 283 pages, 20 € . Ecrivain(s): Paul Lynch Edition: Albin Michel

 

Course poursuite à travers le vaste monde


Le talent de conteur de Paul Lynch happe le lecteur dès la première page du roman et laisse entrevoir une intrigue sombre et sûrement funeste pour ses personnages. Mais attardons-nous un instant sur sa prose poétique torturée : « D’abord il n’y a que du noir dans le ciel, et ensuite vient le sang, la brèche de lumière matinale à l’extrémité du monde. Cette rougeur qui se répand fait pâlir la clarté des étoiles, les collines émergent de l’ombre et les nuages prennent consistance. La première averse de la journée descend d’un ciel taciturne et tire une mélodie de la terre ». On devine aisément toute la poésie résultant des chuintantes, des sifflantes et des sonorités dures ou gutturales de la langue anglaise dans cette description présageant une matinée hors du commun…

Le mendiant de Velázquez, François Rachline

Ecrit par Philippe Chauché , le Samedi, 03 Mai 2014. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le mendiant de Velázquez, mars 2014, 272 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): François Rachline Edition: Albin Michel

 

« Elevez-vous, Velázquez, je vous soutiendrai toujours ».

Vitalité du 17° siècle espagnol, vitalité de Velázquez et de ses Ménines, de La Famille. Le tableau prend vie à l’Alcázar, la demeure royale, il illumine aujourd’hui Le Prado, Palais des peintres, et n’aura cessé d’interroger Picasso, 58 toiles peintes en 1957 s’en inspirent directement. Tout espagnol sait que « la vie est un songe », Velázquez n’en a jamais douté et François Rachline en bon romancier ne saurait s’en défaire.  Songez donc à cette improbable rencontre entre le carrosse du peintre et un mendiant, Mendigo. Songez que le peintre va l’inviter à s’installer à ses côtés à L’Alcázar, un palais où les plus grands peintres dialoguent avec le sévillan, à devenir son modèle, son confident, son allié. Songez à ce qui se joue là, dans l’entourage de Philippe IV, les hommes de cour qui voient d’un œil noir ce peintre qui intrigue pour porter la croix de Santiago, et ce manant qui désormais le suit comme une ombre.

Last Exit to Brooklyn, Hubert Selby Jr

Ecrit par Virginie Neufville , le Mardi, 11 Février 2014. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Last Exit to Brooklyn, janvier 2014, traduit de l’anglais (USA) par Jean-Pierre Carasso et Jacqueline Huet, 416 p. 24,50 € . Ecrivain(s): Hubert Selby Jr Edition: Albin Michel

 

Last Exit to Brooklyn est LE roman de la misère New-Yorkaise dans tout ce qu’elle a de complaisante et d’assumée par ses protagonistes. Ecrit en 1964, Hubert Selby Jr y décrit la population américaine la plus démunie, parquée dans des immeubles de misère, en bordure de friche industrielle, vivant de travaux journaliers, d’aides sociales, ou du travail à l’usine lorsqu’il n’y a pas de grève.

Les femmes n’ont pas le bon rôle. Mères de famille trop tôt et sans le vouloir vraiment, elles se retrouvent vite contraintes à accomplir des tâches subalternes, tout en tentant, soit de motiver leurs époux à trouver du travail, soit d’en faire un chef de famille concerné et bien aimant. Et celles qui aspirent à l’indépendance financière et amoureuse sont hélas des filles de rue jouant de leurs atouts physiques. La prostitution n’est jamais loin…

Les hommes sont souvent fainéants (c’est le mot), piliers de bar, coureurs de jupons invétérés, pourtant mariés et pères de famille, contraints parfois à la sexualité floue lorsque des groupes de transsexuels viennent faire la fête dans les bars du quartier.