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Albin Michel

Les éditions Albin Michel sont une maison d'édition française indépendante, fondée en 1900 par Albin Michel et dirigée par Francis Esménard.

Abondamment présentes à chaque rentrée littéraire, les éditions Albin Michel font confiance aussi bien à des auteurs débutants que confirmés. Depuis 1992, Albin Michel publie environ 450 nouveautés par an (pour 100 en 1967). Pas une année ne s'est écoulée sans qu'un auteur figure parmi les meilleures ventes annuelles de l'édition française.

 


La nuit de Zelemta, René-Victor Pilhes

Ecrit par Stéphane Bret , le Jeudi, 28 Janvier 2016. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La nuit de Zelemta, janvier 2016, 185 pages, 17,50 € . Ecrivain(s): René-Victor Pilhes  Edition: Albin Michel

 

Trois personnages sont présents dans ce roman : Jean-Michel Leutier, élève au lycée Pierre-de-Fremat à Toulouse durant l’année 1953. Il est pensionnaire, originaire d’Algérie, de Ain-Temouchent en Oranie, localité située entre Sidi Bel Abbès et Béni Saf, d’où sa mère est native. Son père l’a envoyé en France où il retrouve à Albi une de ses sœurs, institutrice. Il tombe amoureux d’une jeune Albigeoise, Rolande Jouli, sœur de Jacques, son meilleur ami de lycée.

Le deuxième est Abane Ramdane, l’un des chefs historiques du FLN, qui a participé au déclenchement de l’insurrection de 1954, et a été emprisonné à plusieurs reprises dans différentes prisons en Algérie et en France, puis transféré à Albi en 1953.

Le troisième personnage est le « petit curé », sobriquet donné par Jean-Michel Leutier à l’aumônier de son régiment où il accomplit son service militaire, comme officier, en 1957 dans la région de Zelemta. Tout le roman est articulé autour des récits respectifs de ces derniers, avec retours en arrière, mises en perspective et en abyme.

La Nuit du Bûcher, Sándor Márai

Ecrit par Didier Smal , le Mercredi, 27 Janvier 2016. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays de l'Est, Roman

La Nuit du Bûcher, octobre 2015, trad. hongrois Catherine Fay, 272 pages, 19 € . Ecrivain(s): Sandor Marai Edition: Albin Michel

 

Depuis quelque temps, sous l’excellente plume traduisante de Catherine Fay, Albin Michel continue son programme de publication de l’œuvre du Hongrois Sándor Márai (1900-1989), entamé en 1992, gratifiant en 2015 l’amateur de l’auteur des Braises et de La Nuit du Bûcher, Erösítö en hongrois : littéralement « confortateur », celui en charge de conforter un hérétique dans sa conversion durant les grandes heures de l’Inquisition italienne, fin du XVIe siècle, début du XVIIe siècle. En effet, contrairement à nombre de romans signés Sándor Márai traduits en français à ce jour, celui-ci n’est pas un récit de la Mittel-Europa déclinante, un de ces récits qui ont permis de dresser des comparaisons aussi élogieuses que méritées entre Márai et Zweig, Roth ou Schnitzler ; La Nuit du Bûcher, sous un titre français un rien malheureux car donnant l’impression qu’un seul moment compte, raconte seize mois dans la vie d’un carmélite castillan originaire d’Avila, la ville de Thérèse, arrivé à Rome en novembre 1598 pour y étudier les méthodes inquisitoriales italiennes et ainsi répondre à une question cruciale, éliminer ce « doute qui […] rongeait au moment de délivrer la sentence et de l’exécuter, [qui] concernait la parole d’un hérétique qui se convertit : pouvait-on y croire et quel était le signe attestant de la sincérité de cette conversion ? »

Les chemins de la fraternité, Jean-François Nahmias

Ecrit par Stéphane Bret , le Jeudi, 21 Janvier 2016. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Les chemins de la fraternité, novembre 2015, 518 pages, 22 € . Ecrivain(s): Jean-François Nahmias Edition: Albin Michel

 

Le personnage central de ce roman est Frédéric Legendre, en rupture avec sa famille et sa condition d’origine : son père dirige avec beaucoup d’autoritarisme et de dureté vis-à-vis de ses salariés une entreprise de confection consacrée à la fabrication de boutons. Le différend familial prend sa source dans un accident de travail dont est victime une ouvrière de l’usine. Frédéric Legendre décide de partir pour Paris. Il s’agit du Paris du Second Empire, en l’année 1865.

Les premiers temps sont difficiles, marqués par une grande précarité matérielle, jusqu’à ce que notre jeune homme en recherche d’une nouvelle orientation à sa vie se mette au service d’un libraire nommé Amédée Silvestri, qui lui attribue comme tâche de ranger ses manuscrits par ordre alphabétique. Il rencontre également des personnages tels que Raoul Rigault, agent très officieux des milieux révolutionnaires de Paris, Augustin Grandier, autre militant, et aussi Eugène Varlin, alors chef du syndicat des relieurs qui jouera un rôle-clé dans la Commune de Paris.

L’avenir des Anciens, Oser lire les Grecs et les Latins, Pierre Judet de La Combe

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Mercredi, 20 Janvier 2016. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

L’avenir des Anciens, Oser lire les Grecs et les Latins, décembre 2015, 208 pages, 18 € . Ecrivain(s): Pierre Judet de La Combe Edition: Albin Michel

 

A l’heure où les récents programmes du collège, applicables à la rentrée scolaire 2016, viennent de porter un coup à l’enseignement des langues anciennes, l’ouvrage de Pierre Judet de La Combe prend la forme d’un plaidoyer raisonné en faveur de la lecture des textes des Grecs anciens et des Romains, si possible dans leur langue, et donc de l’apprentissage des langues anciennes, latin et grec, dans l’enseignement secondaire.

Il s’agit tout d’abord de combattre la thèse rebattue que l’apprentissage des langues anciennes est une manifestation d’élitisme et sert surtout la progression des bons élèves. Au contraire, dit Pierre Judet de La Combe, « savoir lire, bien lire, est un droit démocratique, comme il y a le droit à la langue, à savoir le droit de comprendre ce qui est dit et écrit et de se faire comprendre ». Les langues anciennes, comme les langues vivantes d’ailleurs ou la syntaxe du français, « n’accentuent pas le clivage entre les classes sociales. Ce sont d’extraordinaires moyens de promotion » dans les zones dites sensibles du territoire. Leur apprentissage nécessite rigueur et persévérance, deux qualités qui sont au fondement des savoirs, lentement acquis et construits au fil du temps.

Palmyre, L’irremplaçable trésor, Paul Veyne

Ecrit par Pierre Perrin , le Mardi, 12 Janvier 2016. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Arts

Palmyre, L’irremplaçable trésor, novembre 2015, 144 pages, 14,50 € . Ecrivain(s): Paul Veyne Edition: Albin Michel

 

Palmyre, pour être un bref essai de circonstance, touche le lecteur, instruit, et ravit l’esprit. La circonstance est inscrite dans « le supplice, la torture, la décapitation, le 18 août 2015, de l’archéologue palmyrénien Khaled al-Assaad ». L’ouvrage, qui « n’est plus d’érudition », est dédié à sa mémoire. La dédicace est plus précise encore. Ce directeur général des Antiquités de Palmyre, de 1963 à 2003, a été « assassiné pour s’être intéressé aux idoles ». Et, dans le corps du livre, qui mériterait d’être lu jusque par la grande presse, Paul Veyne explique les raisons des « exécutions atroces et ostentatoires, massacres de masse » et autres destructions de monuments. Il révèle, par-delà les mises en scène, la rupture qu’imposent ceux que nous appelons des barbares. « Ce n’est pas de l’envie, de la jalousie pour la supériorité de l’étranger (comme l’ont été en France l’anglophobie, puis l’américanophobie), mais le désir de prouver et de se prouver qu’ils ne sont pas comme nous, qu’ils sont eux-mêmes ». Ces islamistes, persuadés de leur vérité, se voient isolés, relégués, dans le vaste monde. « Car la culture de l’Occident et ses mœurs s’étendent partout, l’immense Chine “communiste” continue de s’occidentaliser. Partout dans le monde des filles font des études, les femmes conduisent ». Bref, l’ancien titulaire de la chaire Histoire de Rome en pincerait pour une guerre de civilisation, que je ne serais pas surpris. C’est en quoi il nous touche, surtout lorsqu’il affirme :