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Albin Michel

Les éditions Albin Michel sont une maison d'édition française indépendante, fondée en 1900 par Albin Michel et dirigée par Francis Esménard.

Abondamment présentes à chaque rentrée littéraire, les éditions Albin Michel font confiance aussi bien à des auteurs débutants que confirmés. Depuis 1992, Albin Michel publie environ 450 nouveautés par an (pour 100 en 1967). Pas une année ne s'est écoulée sans qu'un auteur figure parmi les meilleures ventes annuelles de l'édition française.

 


Le jour où mon robot m’aimera, Vers l’empathie artificielle, Serge Tisseron

Ecrit par Jean-François Vernay , le Samedi, 24 Octobre 2015. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Le jour où mon robot m’aimera, Vers l’empathie artificielle, septembre 2015, 208 pages, 16 € . Ecrivain(s): Serge Tisseron Edition: Albin Michel

 

Les hommes sont des machines désirantes, on le sait, notamment depuis Deleuze et Guattari. Les machines, quant à elles, sont modelées sur les désirs humains. On le sait moins, mais les plus curieux auront l’occasion de le découvrir à la lecture du dernier Tisseron, Le jour où mon robot m’aimera. A l’heure où les expositions sur les robots fleurissent un peu partout en France (à Paris, Lyon, Pau, etc.), d’aucuns s’interrogent sur la frontière, entre l’homme et la machine, le vivant et l’artificiel, frontière que les technologies de pointe ont rendue de plus en plus poreuse.

Les industriels, les artistes et les réalisateurs d’une inventivité débordante forcent le trait du rapprochement entre les deux espèces. Her de Spike Jonze imagine la relation sentimentale entre Theodore Twombly et Samantha, la voix féminine d’une intelligence artificielle ; le PDG du groupe Softbank déclare triomphalement lors du lancement de leur robot dernier cri baptisé Pepper : « Pour la première fois dans l’histoire de la robotique, nous présentons un robot avec un cœur » (p.11).

La nuit de feu, Eric-Emmanuel Schmitt

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Vendredi, 16 Octobre 2015. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

La nuit de feu, septembre 2015, 192 pages, 16 € . Ecrivain(s): Eric-Emmanuel Schmitt Edition: Albin Michel

 

Ce roman relate le voyage dans le désert du Hoggar que le narrateur-auteur fit à l’âge de 28 ans, soit quelque 25 ans avant de l’écrire, alors qu’il était encore à l’aube de sa carrière professionnelle, hésitant entre un parcours académique et une vie d’artiste. Il s’agit d’un roman de jeunesse ou d’une autobiographie au vrai sens du terme, écrite avec le recul propre à l’âge, et parsemée de commentaires philosophiques et didactiques. Ceux-ci sont de trois ordres, concernant le voyage, le désert et la croyance ou la foi.

Le voyage d’abord. Le voyage dans ce roman n’est pas le voyage immobile qu’accomplit le lecteur en lisant, mais le voyage métaphysique réalisé par le narrateur-auteur, c’est-à-dire « la confrontation d’un imaginaire à une réalité : il se situe entre ces deux mondes. Si le voyageur n’espère rien, il ne verra que ce que voient les yeux ; en revanche, s’il a déjà modelé les lieux en songe, il verra davantage ce qui se présente, il percevra même le passé et le futur au-delà de l’instant ». Il s’agit d’un voyage complet, ontologique, qui engage tout l’être. « Partir n’a d’autre but que se livrer à l’inconnu, à l’imprévu, à l’infinité des possibles, voire même à l’impossible ».

Ressources inhumaines, Frédéric Viguier

Ecrit par Marc Ossorguine , le Jeudi, 24 Septembre 2015. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Ressources inhumaines, août 2015, 281 pages, 19 € . Ecrivain(s): Frédéric Viguier Edition: Albin Michel

 

Alors qu’elle avait 22 ans, elle a fait un stage dans une enseigne de la grande distribution. « Elle » n’a pas une personnalité bien remarquable, mais dans ce milieu, elle va apparaître adaptée. Très adaptée. Un instinct opportuniste qui lui permet de comprendre vite ce qu’il faut dire et faire, sur les meilleures façons de manipuler, de mentir, de trahir… pour simplement s’approcher des lieux de pouvoir et se faire accepter par ceux qui y siègent.

« Elle » n’a pas de nom car son identité semble bien se réduire à la place qu’elle occupe dans l’entreprise, à la fonction qu’elle y occupe et au travers de laquelle les autres l’identifient, la regardent et la reconnaissent : la stagiaire puis la responsable du rayon textile femme. D’ailleurs, avoir un nom, ou ne serait-ce qu’un prénom, ne semble pas très adapté dans cet univers. Les seuls personnages ayant un nom dans ce récit sont condamnés à sortir de la scène de l’hyper-marché, cet univers où les sentiments humains doivent s’effacer devant les stratégies rationnelles des individus, leur lutte pour les places, dans la hiérarchie comme sur le parking du personnel.

Manderley for ever, Tatiana de Rosnay

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 05 Mai 2015. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Héloïse D'Ormesson

Manderley for ever, Albin Michel et EHO, février 2015, 457 pages, 22 € . Ecrivain(s): Tatiana de Rosnay Edition: Albin Michel

 

« J’ai rêvé la nuit dernière que je retournais à Manderley »

Daphné du Maurier, Rebecca

« Les gens et les objets disparaissent, pas les lieux »

Daphné du Maurier

 

Tatiana de Rosnay s’est attachée à emprunter les pas de son écrivaine fétiche, Daphné du Maurier. Manderley for ever alias Menabilly (célèbre propriété de l’écrivaine anglaise) est une biographie coéditée par Albin Michel et Héloïse d’Ormesson.

Avec sa plume vivante, énergique et chatoyante, Tatiana de Rosnay révèle une personnalité cachée, voire inattendue de « Dame du Maurier », et au fil des pages, le lecteur se laisse prendre d’affection pour « cette Daphné » au caractère bien trempé, un peu « garçon manqué », à l’imaginaire fertile et spectaculaire.

Quand j’étais vivant, Estelle Nollet

Ecrit par Theo Ananissoh , le Lundi, 04 Mai 2015. , dans Albin Michel, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Quand j’étais vivant, janvier 2015, 273 pages, 19 € . Ecrivain(s): Estelle Nollet Edition: Albin Michel

Estelle Nollet démontre une nouvelle fois dans ce troisième ouvrage un tempérament de romancière aux horizons larges et généreux. Un sujet et quelques personnages ne suffisent pas à la savane africaine qu’elle a ici en vue. Quand j’étais vivant entrecroise donc plusieurs histoires qui sont autant de thèmes saignants. C’est bien ajusté, et le lecteur est touché.

« Population des éléphants en 1900 : 20 millions. Population estimée aujourd’hui : 350.000. Nombre d’éléphants massacrés par an : 35.000. Extinction de l’espèce : déjà prévue… »

Ces chiffres sont donnés en conclusion, hors du récit. Avant cela, le roman, qu’est-il ? Un suspense qui, habilement, ne se pose pas vraiment comme tel. La chronique de la vie dans la réserve importe peut-être plus que le dénouement final – dénouement très pessimiste qui ne conclut pas, bien au contraire. Cette vaste étendue où s’agitent hommes et animaux n’est pas observée d’en haut ou de loin. Le lecteur vit la vie de la savane : le fort qui mange le faible, les aléas climatiques (admirables pages où l’on voit comment souffrent les animaux quand l’eau manque), le léopard qui se coince la patte dans un arbre et en meurt… Estelle Nollet est allée voir sur place, en Afrique australe, et la vérité de ses descriptions – malgré le choix d’une écriture un peu rapide – fait la force de ce roman.