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Numeriklivres

Editeur 100% numérique

Nomade, Aurélie Gaillot

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Samedi, 12 Septembre 2015. , dans Numeriklivres, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Nomade, 106 pages, 3,49 € . Ecrivain(s): Aurélie Gaillot Edition: Numeriklivres

 

Avec Nomade, Aurélie Gaillot, qui signe son deuxième roman publié chez Numériklivres, nous entraîne cette fois dans le road-movie de deux adolescents aux prises avec la vie, et nous offre un récit sans concession dans une écriture au plus près du réel et débarrassée de fioritures, une langue foisonnante, proche d’une oralité très maîtrisée.

Tout comme Lilou dans A la vie, à la mort (son premier roman), les personnages de Nomade sont des écorchés vifs, des jeunes à la dérive, confrontés à eux-mêmes dans un monde cruel, loin de parents, eux aussi, pris dans une misère affective et sociale et une difficulté à voir la ligne d’horizon.

L’histoire d’amitié que tisse Nomade est forte, pleine d’émotions et de poésie, dans un style qui frappe, cogne comme les poings de Mathias, le jeune narrateur, comme sa colère, comme ses mots à lui, percutants, violents, directs.

La Pile du Pont, Audrey Betsch

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mardi, 28 Février 2012. , dans Numeriklivres, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

La pile du pont. Editions Numeriklivres. Format Kindle. 3,99 € . Ecrivain(s): Audrey Betsch Edition: Numeriklivres


Comme un mixte de carnet intime – où on poserait, vlan ! Les petites joies, les petits problèmes, les énormes angoisses – et de blog : ça cause aux autres, c'est geek, versus informatique ; voilà un curieux plat d'écriture, ragoût pas ordinaire ; il se mange sans faim, avec appétit ; des étoiles ; je recommande !

Histoire simple, comme dans un film de  Sautet, infiniment riche par la personnalité de la récitante ; c'est le «  vécu », comme on dit chez les psy, d'une infirmière de Toulouse : «  l'immeuble de briques rouges... la place noire de monde du Capitole... » ; divorcée, un petit bout de Chloe, certains jours, une solitude ronflant comme le vent d'Autan :  « je m'endors sur mon incomplétude ».

Vous et moi, peut-être ? Non, car, en plus,  infirmière de nuit ; la souffrance et la mort pendant que vous rêvez...

Nouvelle extraite de "Les hirondelles sont menteuses", Anita Berchenko

, le Vendredi, 08 Juillet 2011. , dans Numeriklivres, Les Livres, Bonnes feuilles, La Une Livres, Nouvelles

C'est une vieille anglaise, comme il y en a beaucoup dans le Sud-Ouest. Enfin, vieille, peut-être pas... difficile à dire. Grande et assez plate, de longs cheveux blonds fades qui pendent plus ou moins tristement sur ses épaules. Des yeux pâles, et le visage déjà ridé. Pas très féminine non plus, elle aime porter ce qu'on appelle des vêtements confortables, pulls, pantalons, chaussures sans talon. Ce qui ne l'empêche pas d'être très sympathique de l'avis de ses voisins et amis.

Elle s'appelle Kate Brighton. Elle a profité de l'époque où la livre était si forte qu'elle lui a permis, grâce à des économies bien placées, d'acheter cash une maison en France, comme un certain nombre de ses congénères. Elle a liquidé toutes ses affaires en Angleterre, a démissionné de son poste de cadre, et s'est consacrée à la rénovation de sa maison tristement abandonnée aux outrages du temps, qui étalait sa déchéance sur la place de la mairie de cette petite ville du Lauragais.

Le Lauragais, qui s'étend du sud-est de Toulouse jusque dans l'Aude, est une région magnifique. Avec un petit air de Toscane, à ce qu'il paraît. Une succession de vallons, de collines quadrillées de verts et d'ocres rutilants. Des platanes à perte de vue. Des marées de tournesols ou de blés ondulant sous le souffle du vent.

Les hirondelles sont menteuses, Anita Berchenko

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 08 Juillet 2011. , dans Numeriklivres, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles

Les hirondelles sont menteuses. Numerik livres. . Ecrivain(s): Anita Berchenko Edition: Numeriklivres

Anita Berchenko nous offre encore des nouvelles, après son «  petites morts en plein jour ».  Dix nouvelles encadrées par un joli prologue et un épilogue, que, pour ma part, je trouve superflu.

Unité de lieu : un village du Lauragais «  le vent d'Autan s'était levé et secouait les branches des arbres alignés le long de la place. Il portait avec lui une odeur de moisson, une poussière de blés coupés et battus ... »; Dix femmes différentes, des habitantes des plus banales ; tous âges, toutes histoires, tous physiques, fantasmes, états d'âme, spleen … On est bien dans du Berchenko ! C'est toujours, chez elle, cette admirable aptitude à décliner le quotidien ; ses petits traits en pointillé - limite G. Perec dans «  les choses » - «  décor à l'anglaise … des porcelaines, des vases, des théières en fonte … so british ... ».On y croise des femmes, celles de tous les jours, nous ! «  Magali rajoute du vert sur ses paupières au risque d'en mettre trop, et d'un geste un peu tremblant ... » et puis, et on a là tout le talent d'une Berchenko, ça bascule juste à temps pour nous étonner, nous faire battre le cœur un peu vite, nous donner envie de plonger tout de go, dans la nouvelle suivante, guignant la chute …