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Le Passeur

 

Éditeur généraliste et indépendant créé fin 2012, Le Passeur Éditeur invite au dialogue et à la connaissance de l’autre.

 

Le Passeur Éditeur travaille à développer un catalogue à l’image de son intérêt pour l’homme dans toutes ses composantes, sensibles, rationnelles et spirituelles, à travers littérature, documents et enquêtes, essais philosophiques, artistiques ou polémiques liés aux débats contemporains, récits de voyage et témoignages, beaux livres et albums illustrés.

 

Dans la peau de Maria Callas, Alain Duault

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Samedi, 04 Mars 2017. , dans Le Passeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Arts

Dans la peau de Maria Callas, février 2017, 216 pages, 8,50 € . Ecrivain(s): Alain Duault Edition: Le Passeur

 

Spécialiste de l’Opéra et de l’Art Lyrique, Alain Duault nous propose ici d’entendre encore une fois la voix de la Callas, à travers l’évocation fictive de souvenirs, ceux qu’elle aurait pu se remémorer dans un journal intime sur les derniers quinze jours de sa vie. Rétrospective imaginaire d’un amoureux de musique en compagnie d’une des plus grandes voix lyriques.

Voix à la fois émouvante et dérangeante que celle d’Alain Duault qui se mêle à ce « je » fictif, celui de la Callas, dérangeante par la proximité qu’il entretient. C’est presque une voix de petite fille que l’on entend par moments, mais aussi celle d’une femme malheureuse au milieu de tout ce bonheur vécu dans la passion pour son art.

Quinze jours nostalgiques, quinze jours où la mélancolie et la remontée du souvenir nous placent au plus près d’une femme qu’on a aimée, qu’on aime et qu’on aimera longtemps et ce malgré le manque qu’elle-même a pu éprouver en ce domaine.

Les artistes en se donnant au plus grand nombre sont souvent seuls. On est touché par cette voix qui n’est pas la sienne et qui dit « J’ai tant donné et j’ai si peu reçu ».

Adrienne Bolland ou les ailes de la liberté, Coline Béry

Ecrit par Jean Durry , le Lundi, 30 Janvier 2017. , dans Le Passeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Récits

Adrienne Bolland ou les ailes de la liberté, septembre 2016, 335 pages, 21 € . Ecrivain(s): Coline Béry Edition: Le Passeur

 

Adrienne Bolland, une belle figure de l’aviation française, dont ces pages réinventent l’existence avec chaleur et conviction.

Lorsque fin novembre 1919, Mademoiselle Bolland, qui n’a pas encore tout à fait 24 ans, prend le train à la Gare du Nord, tout est à inventer d’une vie et d’une trajectoire aérienne. Rejoignant au Crotoy l’Ecole de pilotage internationale Caudron, où elle est la seule élève féminine, elle va pourtant s’imposer, montrant d’emblée un « sens de l’air » et une volonté exceptionnels, obtenant le Brevet de pilote civil, devenant ainsi la treizième aviatrice depuis les débuts si récents du vol des plus lourds que l’air. En 7 mois à peine, non seulement elle est jugée par son constructeur René Caudron apte à s’aligner – seule encore – parmi les 40 concurrents du meeting de Buc, vers lequel convergent la foule, les vedettes du spectacle, et les têtes couronnées – Georges VI, Alphonse XIII, sans oublier le Maharadjah de Kapurthala ; mais elle y affirme un talent remarquable, et y rencontre René Duperrier qui deviendra son mécano attitré. En décembre 1920, tous deux embarquent pour l’Argentine.

Michel Onfray ou l’intuition du monde, Adeline Baldacchino

Ecrit par Pierre Perrin , le Mercredi, 20 Avril 2016. , dans Le Passeur, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Michel Onfray ou l’intuition du monde, janvier 2016, essai, 240 pages, 18 € . Ecrivain(s): Adeline Baldacchino Edition: Le Passeur

« Ils condamnent par avance ce qu’ils ne connaissent pas encore ». C’est vrai que Michel Onfray en effraie plus d’un, parmi ceux qui ne l’ont pas lu. Adeline Baldacchino, qui écrit laisser « les empailleurs de vivants, les critiques empaillés » derrière elle, dresse un beau portrait du poète, « héritier présomptif de Bachelard », qu’elle donne à découvrir au revers de la médaille du philosophe. « Il faut une colonne vertébrale au poète, une chair au philosophe ». Les vers cités ne sont pas légion ; pourtant ils sont beaux. C’est par lui-même que cet essai, construit sur trois piliers que figurent le poétique, l’érotique et l’éthique, offre une fête pour l’esprit. Par la clarté du propos, la richesse de la réflexion et l’étendue des sources, chacun s’y trouve projeté durablement au cœur de soi. Adeline Baldacchino réalise un « exercice d’admiration assumé et [une] tentative d’en discerner les ressorts » avec brio.

D’entrée, elle explique son choix, sans cacher ses mobiles biographiques. Ce qu’elle a trouvé chez l’aîné, poète, c’est « une voix nimbée d’incertitude […] une brèche heureuse dans l’édifice conceptuel […] sensible aux polysémies de la douleur » et, pour elle, le moyen de comprendre peut-être « le complexe de l’ogre ». Du côté de la vie, l’enjeu est clairement fixé : « la survie passe par une langue qui vient combattre les forces nocturnes » ; du côté de la poésie, le camp est choisi : « Le poème ne gagne rien dans les parages de l’obscurité ».

Le Voyageur à son retour, Jean-Michel Maulpoix

Ecrit par Pierre Perrin , le Mercredi, 09 Mars 2016. , dans Le Passeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Le Voyageur à son retour, février 2016, 160 pages, 15 € . Ecrivain(s): Jean-Michel Maulpoix Edition: Le Passeur

 

Estampillé « littérature » plutôt que « poésie », ce volume invite le lecteur à le traverser, presque à l’ancienne, sur la lame d’un couteau. Dès le prologue, en effet, Jean-Michel Maulpoix se pose la question de l’authenticité, sans faux-fuyant, en dévisageant la seule qui vaille, la mort, la « finitude » comme il aime à dire. Le prix de ce livre est dans cette tension. « Se pourrait-il qu’à présent je fasse seulement semblant : prendre une plume et un carnet, écrire encore, raturer, recommencer et laisser croire que je m’en vais là-bas, vers un nouveau livre sans doute, quand ne demeure en vérité que la reprise vaine d’un vieux geste n’ayant plus d’autre raison d’être que de se répéter pour rien, ne partant plus nulle part et le sachant, mais poursuivant encore, comme pour connaître sa fatigue, et comme continue bêtement de battre le cœur de qui cessa d’aimer ? ».

La marque de fabrique de Jean-Michel Maulpoix, et la place qu’il occupe dans le paysage poétique français depuis Ne cherchez plus mon cœur, chez POL voilà trente ans, l’atteste, c’est d’écrire en tendant du côté de la clarté. « J’ai le désir d’une écriture qui tire au clair : qui clarifie et qui conduise du côté de la clarté ». Le trémolo qu’il ajoute aujourd’hui, à sa façon de tenter un bilan, ne laisse pas de toucher : « Jamais je n’ai su toucher l’os. Ni vraiment fait sonner le vide. J’ai trop aimé les textes bien coupés, sans faux plis, doux au toucher, et qui enveloppent notre peau d’une douceur tiède ».

Comme une feuille de thé à Shikoku Sur les chemins sacrés du Japon, Marie-Edith Laval

Ecrit par Lionel Bedin , le Lundi, 05 Octobre 2015. , dans Le Passeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Comme une feuille de thé à Shikoku Sur les chemins sacrés du Japon, mai 2015, 288 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Marie-Edith Laval Edition: Le Passeur

Il y a dans la vie des moments qui en changent le cours, mais nous ne nous en apercevons pas tout de suite. C’est lorsque nous prenons conscience des conséquences que nous faisons le lien avec le point de départ. Ainsi, pour Marie-Edith Laval, l’idée d’un pèlerinage sur le chemin des 88 temples de Shikoku est née lors d’une « rencontre hasardeuse » avec un pèlerin japonais sur le chemin de… Compostelle. Elle ne savait pas alors qu’elle vivrait une aventure peu commune qui changerait ou à tout le moins conforterait sa philosophie de la vie. Un an plus tard la voyageuse fait ses premiers pas sur le sol japonais, dans l’été brûlant, s’équipe des indispensables accessoires du pèlerin, et se lance. Les premiers pas dans ce pays inconnu sont hésitants, la barrière de la langue n’arrange rien, pas plus que les codes de cette société, de ce pays dépaysant, ce « fascinant pays couvert de paradoxes ». Les arrivées aux premiers temples lui permettent de se familiariser avec un rituel précis et répétitif, sorte de fil rouge tout au long du parcours, ainsi que l’astreinte quotidienne de l’écriture. Nous suivons facilement Marie-Edit Laval dans ce récit bien documenté. Elle nous donne des informations et ses impressions sur les paysages, les rencontres, les autres, les échanges, les coutumes, l’accueil d’une voyageuse, les joies et les peines d’une marcheuse.