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Carnets Nord

Maison fondée en 2007 et adossée aux éditions Montparnasse, Carnets Nord publie une douzaine d’ouvrages par an, en creusant deux sillons : les romans, français et étrangers, coups de cœur, et les essais/documents engagés, sur des thèmes d’actualité. Avec toujours l’ambition d’entretenir la curiosité et la passion dans un univers où il est difficile de se repérer tant la production est abondante.

 

L'histoire d'Horacio, Tomás González (2 recensions)

Ecrit par Emmanuelle Caminade, Valérie Debieux , le Mercredi, 10 Octobre 2012. , dans Carnets Nord, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Amérique Latine, Roman, La rentrée littéraire

L’Histoire d’Horacio (La historia de Horacio), trad. espagnol (colombien) Delphine Valentin, septembre 2012, 224 p. 17 € . Ecrivain(s): Tomás González Edition: Carnets Nord

 

Recension 1

 

Après nous avoir fait découvrir Tomas Gonzalez, figure importante de la littérature colombienne contemporaine, en éditant son premier roman Au commencement était la mer, dans sa traduction française, les éditions Carnets Nord publient maintenant L’histoire d’Horacio sorti en Colombie il y a déjà douze ans. C’est un livre très différent, s’affirmant presque comme l’antithèse du premier qui retraçait la tragédie de la solitude d’un couple, inscrite dans la violence mortifère du contexte colombien d’une époque, et dénonçait l’utopie de la recherche d’un paradis perdu. Car si ce roman a toujours comme toile de fond la Colombie, objet au passage de nombreux coups de griffe de l’auteur, il nous fait entrevoir au contraire la possibilité d’un paradis sur cette terre où l’on peut « observer Dieu depuis ses latrines » (p.65).

Serenitas, Philippe Nicholson

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 19 Juillet 2012. , dans Carnets Nord, Les Livres, Recensions, Science-fiction, Polars, La Une Livres, Roman

Serenitas, mai 2012, 432 p. 20 € . Ecrivain(s): Philippe Nicholson Edition: Carnets Nord

 

Paris, à une décennie future indéterminée. Le chaos a pris le pouvoir sur l’ensemble de l’Europe. « L’Europe est malade, l’Europe est vieille. Les Etats ne sont plus adaptés à la nouvelle situation. Ils sont trop petits, trop mal organisés et livrés à l’incurie des hommes politiques. Il n’y a plus de sécurité, plus d’emplois, plus d’enseignement, plus de soins. […] Commençons par fabriquer des villes. C’est la première étape. Exit les pouvoirs publics, exit les maires, les conseils généraux, exit les régions et leur cortège de dettes mal gérées, d’investissements hasardeux, de décisions prises par des amateurs. Les habitants veulent de la sécurité ? Nous allons leur proposer des milices sud-américaines, les meilleures. Ils veulent des soins ? Nous allons leur fournir des médecins triés sur le volet. Ils veulent des écoles ? Nos professeurs viendront du monde entier. Ensemble, nous allons commencer par construire de nouvelles villes : les villes protégées ». Première ville ainsi créée, Serenitas. « La ville la plus célèbre d’Europe. La première ville protégée construite dans le monde, à moins de vingt kilomètres de Paris ».

L’émergence de ces villes, véritables îlots de luxe sécuritaires, où le droit étatique a disparu pour faire place à une réglementation d’ordre privé, se traduit par la naissance d’une nouvelle géographie humaine, politique et financière.

United colors of crime, Richard Morgiève

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 07 Juillet 2012. , dans Carnets Nord, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

United Colors of Crime, Editions Carnets Nord, janvier 2012, 320 p. 18 € . Ecrivain(s): Richard Morgiève Edition: Carnets Nord

Etats-Unis, août 1951, époque du maccarthysme. Chaim Chlebeck, trente et un ans, alias Ryszard Morgiewicz, abandonne New York. Précipitamment. La mafia aux trousses. Il vient de « buter » Bonfiglio Biagi, maître du racket dans le Bronx et à Manhattan, ainsi que ses deux gardes du corps. Le FBI ignore pourquoi ; la mafia, elle, connaît la réponse. Chaim file vers le Mexique, via le Texas. En zigzag. « Pas la ligne droite, c’est la trajectoire de la balle dans le dos ». Au volant de son V8, il pense, il se rappelle. « Au début, en Italie, c’était une sorte de prolongation de la guerre. Un camp de vacances pour psychopathes. Des meurtres, oui, mais au soleil. Dès son arrivée à New York, il avait compris que c’était fini. Dorénavant, il faisait partie du syndicat du crime. C’était une fonction, un travail, l’âge adulte ». Chaim roule des heures durant. Pétri de fatigue, il arrête sa Buick à l’écart de la route, s’endort, et là, une nouvelle histoire commence…

Celle d’un Chaim qui, au sortir d’un mauvais réveil, est laissé pour mort par un voyou mexicain.

Celle d’un Chaim qui, après avoir été recueilli et soigné, ouvre les yeux sous le regard d’un couple aussi intrigant qu’original. Lui, Dirk, soixante-cinq ans, un spécialiste de l’atome, ayant quitté l’Allemagne en 1933 et ayant abandonné sa participation au projet américain de création de la bombe atomique en 1941. Elle, Dallas, vingt et un ans, très belle malgré un œil de verre, sauvage, très attachée à sa culture indienne navajo.

Le onzième pion, Heinrich Steinfest

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 25 Février 2012. , dans Carnets Nord, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, Roman

Le onzième pion (Die feine Nase der Lilli Steinbeck, 2007), Carnets Nord, janvier 2012, traduit de l’allemand par Corinna Gepner, 416 p. 20 € . Ecrivain(s): Heinrich Steinfest Edition: Carnets Nord

Georg Stransky vit une vie d’une sécurisante banalité avec son épouse et sa fille jusqu’au jour où une pomme traverse la fenêtre de leur cuisine. Le lendemain, Georg a proprement disparu.

Chargée de l’enquête, Lilli Steinbeck relie ce qui semble être un enlèvement à une série de huit disparitions. La séduisante inspectrice au nez difforme va dès lors commencer une enquête qui la mènera de l’Allemagne à l’Extrême-Orient russe en passant par la Grèce, le Yémen et l’île Maurice, accompagnée par un vieux détective grec obèse immunisé contre la mort, au cœur d’un jeu qui dépasse l’entendement humain et qui semble manipulé par des puissances supérieures.

Einstein avait raison : non Dieu, ou en tout cas les dieux ne jouent pas aux dés. Ils jouent à un autre jeu, aux règles complexes, et qui ne semble pas toujours laisser beaucoup de place au hasard.

On l’aura compris, une fois de plus, Heinrich Steinfest se lance dans une histoire qui prend pour prétexte une enquête policière et utilise un certain nombre de codes du polar pour nous livrer tout autre chose… on ne sait trop quoi d’ailleurs, tant s’entremêlent les genres, motifs et réflexions différents.

"Vivez !", Stéphane Hessel/Edouard de Hennezel/Patrice Van Eesel

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 21 Février 2012. , dans Carnets Nord, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

"Vivez !", Carnets Nord 2012. 96 p. 6 € . Ecrivain(s): Edouard de Hennezel et Patrice Van Eersel Edition: Carnets Nord

 

Entretiens avec Edouard de Hennezel et Patrice Van Eersel


Stéphane Hessel. Quatre-vingt-quatorze ans. Un esprit ouvert, curieux et enthousiaste. Être passionné par la vie. Toujours en activité à donner des conférences ou des interviews ici et là. Edouard de Hennezel et Patrice Van Eersel ont réussi à obtenir un entretien avec celui qui a contribué « à la mise en place d’institutions précieuses comme les Nations Unies, l’unification de l’Europe […] ».

Au fil de cet entretien, Stéphane Hessel expose ses valeurs humaines, ses convictions profondes, sa foi en la vie, et sa chance, dit-il, « a été , dans le milieu du XXe siècle, cruel pour beaucoup, d’avoir connu de grandes douleurs, de grandes souffrances – des tortures -, de fréquents risques de mort… et d’avoir pu sortir de tout cela en étant resté physiquement et psychologiquement intact. [...] Je suis très reconnaissant à la Vie. Je pense que la gratitude vis-à-vis du réel est une des forces sur lesquelles on peut s’appuyer, et qui peut même vous donner la possibilité de faire du bien à d’autres.