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Carnets Nord

Maison fondée en 2007 et adossée aux éditions Montparnasse, Carnets Nord publie une douzaine d’ouvrages par an, en creusant deux sillons : les romans, français et étrangers, coups de cœur, et les essais/documents engagés, sur des thèmes d’actualité. Avec toujours l’ambition d’entretenir la curiosité et la passion dans un univers où il est difficile de se repérer tant la production est abondante.

 

Terminus Allemagne, Ursula Krechel

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mercredi, 03 Septembre 2014. , dans Carnets Nord, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Roman, La rentrée littéraire

Terminus Allemagne, traduit de l’allemand par Barbara Fontaine, Carnets Nord/ Editions Montparnasse, 4 septembre 2014, 448 p. 19 € . Ecrivain(s): Ursula Krechel Edition: Carnets Nord

 

Prix du livre allemand en 2012 – l’équivalent du Goncourt – Terminus Allemagne est un long roman touffu dans lequel Ursula Krechel, journaliste et écrivain, surtout connue comme dramaturge et poète, explore les zones d’ombre de l’histoire de son pays dans les années 1930 et 1940.

Au travers d’un protagoniste principal réel au nom fictif dont elle reconstitue minutieusement la ligne de vie en s’appuyant sur les nombreux documents d’archives retrouvés pendant près de dix ans de recherche, mais aussi des multiples histoires et personnages ébauchés en arrière-plan, elle s’interroge sur les raisons profondes de l’échec de la réintégration de ces 5% de « personnes déplacées » (contraintes à l’exil par les lois du Troisième Reich) revenues en Allemagne après la guerre. Des personnes qui à leur retour furent de nouveau rejetées par leur pays, exclues de cette « reconstruction démocratique » censée permettre la croissance d’une « autre Allemagne ». Un sujet pointu et dérangeant car il met tout un pays en accusation comme semble l’indiquer le titre original ambivalent, Landgericht, qui désigne certes le Tribunal de région, cette sorte de microcosme où évolue le héros du livre, mais signifie aussi « jugement sur un pays ».

Le phyto-analyste, Bertrand Busson

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 22 Juin 2013. , dans Carnets Nord, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Le phyto-analyste, avril 2013, 254 pages, 17 € . Ecrivain(s): Bertrand Busson Edition: Carnets Nord

 

Une ville au Canada, de nos jours. Un jeune homme, Germain Tzaricot, passionné par l’étude des végétaux, leur langage et leur comportement, inspiré en cela par feu son père, exerce la profession peu commune de phyto-analyste. « Papa, qui était le plus philosophe des botanistes, était aussi le moins animal des maîtres-penseurs. Dans ses nombreux essais, il décrivait la connaissance comme un élément secondaire à la croissance. L’animalité n’était selon lui qu’un outil de pollinisation croisée ». Ce spécialiste du monde végétal découvre, avec surprise et horreur, que certaines de ses plantes sont mortes alors que d’autres pourrissent. Quel est donc ce mal mystérieux qui affecte ses plantes ? « La mort de mes plantes, c’était la fin de mon identité. J’avais toujours été ce que je faisais pousser. Allais-je devenir ce que j’avais laissé moisir ? »

Après un bref voyage en Egypte, l’enquête commence. Muni de sa « Bible » au titre évocateur de « Guide et glossaire de la phyto-analyse », Germain Tzaricot entreprend son travail d’investigation, se référant sans cesse, de façon idiomatique, à « Papa disait ».

L'histoire d'Horacio, Tomás González (2 recensions)

Ecrit par Emmanuelle Caminade, Valérie Debieux , le Mercredi, 10 Octobre 2012. , dans Carnets Nord, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Amérique Latine, Roman, La rentrée littéraire

L’Histoire d’Horacio (La historia de Horacio), trad. espagnol (colombien) Delphine Valentin, septembre 2012, 224 p. 17 € . Ecrivain(s): Tomás González Edition: Carnets Nord

 

Recension 1

 

Après nous avoir fait découvrir Tomas Gonzalez, figure importante de la littérature colombienne contemporaine, en éditant son premier roman Au commencement était la mer, dans sa traduction française, les éditions Carnets Nord publient maintenant L’histoire d’Horacio sorti en Colombie il y a déjà douze ans. C’est un livre très différent, s’affirmant presque comme l’antithèse du premier qui retraçait la tragédie de la solitude d’un couple, inscrite dans la violence mortifère du contexte colombien d’une époque, et dénonçait l’utopie de la recherche d’un paradis perdu. Car si ce roman a toujours comme toile de fond la Colombie, objet au passage de nombreux coups de griffe de l’auteur, il nous fait entrevoir au contraire la possibilité d’un paradis sur cette terre où l’on peut « observer Dieu depuis ses latrines » (p.65).

Serenitas, Philippe Nicholson

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 19 Juillet 2012. , dans Carnets Nord, Les Livres, Recensions, Science-fiction, Polars, La Une Livres, Roman

Serenitas, mai 2012, 432 p. 20 € . Ecrivain(s): Philippe Nicholson Edition: Carnets Nord

 

Paris, à une décennie future indéterminée. Le chaos a pris le pouvoir sur l’ensemble de l’Europe. « L’Europe est malade, l’Europe est vieille. Les Etats ne sont plus adaptés à la nouvelle situation. Ils sont trop petits, trop mal organisés et livrés à l’incurie des hommes politiques. Il n’y a plus de sécurité, plus d’emplois, plus d’enseignement, plus de soins. […] Commençons par fabriquer des villes. C’est la première étape. Exit les pouvoirs publics, exit les maires, les conseils généraux, exit les régions et leur cortège de dettes mal gérées, d’investissements hasardeux, de décisions prises par des amateurs. Les habitants veulent de la sécurité ? Nous allons leur proposer des milices sud-américaines, les meilleures. Ils veulent des soins ? Nous allons leur fournir des médecins triés sur le volet. Ils veulent des écoles ? Nos professeurs viendront du monde entier. Ensemble, nous allons commencer par construire de nouvelles villes : les villes protégées ». Première ville ainsi créée, Serenitas. « La ville la plus célèbre d’Europe. La première ville protégée construite dans le monde, à moins de vingt kilomètres de Paris ».

L’émergence de ces villes, véritables îlots de luxe sécuritaires, où le droit étatique a disparu pour faire place à une réglementation d’ordre privé, se traduit par la naissance d’une nouvelle géographie humaine, politique et financière.

United colors of crime, Richard Morgiève

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 07 Juillet 2012. , dans Carnets Nord, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

United Colors of Crime, Editions Carnets Nord, janvier 2012, 320 p. 18 € . Ecrivain(s): Richard Morgiève Edition: Carnets Nord

Etats-Unis, août 1951, époque du maccarthysme. Chaim Chlebeck, trente et un ans, alias Ryszard Morgiewicz, abandonne New York. Précipitamment. La mafia aux trousses. Il vient de « buter » Bonfiglio Biagi, maître du racket dans le Bronx et à Manhattan, ainsi que ses deux gardes du corps. Le FBI ignore pourquoi ; la mafia, elle, connaît la réponse. Chaim file vers le Mexique, via le Texas. En zigzag. « Pas la ligne droite, c’est la trajectoire de la balle dans le dos ». Au volant de son V8, il pense, il se rappelle. « Au début, en Italie, c’était une sorte de prolongation de la guerre. Un camp de vacances pour psychopathes. Des meurtres, oui, mais au soleil. Dès son arrivée à New York, il avait compris que c’était fini. Dorénavant, il faisait partie du syndicat du crime. C’était une fonction, un travail, l’âge adulte ». Chaim roule des heures durant. Pétri de fatigue, il arrête sa Buick à l’écart de la route, s’endort, et là, une nouvelle histoire commence…

Celle d’un Chaim qui, au sortir d’un mauvais réveil, est laissé pour mort par un voyou mexicain.

Celle d’un Chaim qui, après avoir été recueilli et soigné, ouvre les yeux sous le regard d’un couple aussi intrigant qu’original. Lui, Dirk, soixante-cinq ans, un spécialiste de l’atome, ayant quitté l’Allemagne en 1933 et ayant abandonné sa participation au projet américain de création de la bombe atomique en 1941. Elle, Dallas, vingt et un ans, très belle malgré un œil de verre, sauvage, très attachée à sa culture indienne navajo.