Etats-Unis, août 1951, époque du maccarthysme. Chaim Chlebeck, trente et un ans, alias Ryszard Morgiewicz, abandonne New York. Précipitamment. La mafia aux trousses. Il vient de « buter » Bonfiglio Biagi, maître du racket dans le Bronx et à Manhattan, ainsi que ses deux gardes du corps. Le FBI ignore pourquoi ; la mafia, elle, connaît la réponse. Chaim file vers le Mexique, via le Texas. En zigzag. « Pas la ligne droite, c’est la trajectoire de la balle dans le dos ». Au volant de son V8, il pense, il se rappelle. « Au début, en Italie, c’était une sorte de prolongation de la guerre. Un camp de vacances pour psychopathes. Des meurtres, oui, mais au soleil. Dès son arrivée à New York, il avait compris que c’était fini. Dorénavant, il faisait partie du syndicat du crime. C’était une fonction, un travail, l’âge adulte ». Chaim roule des heures durant. Pétri de fatigue, il arrête sa Buick à l’écart de la route, s’endort, et là, une nouvelle histoire commence…
Celle d’un Chaim qui, au sortir d’un mauvais réveil, est laissé pour mort par un voyou mexicain.
Celle d’un Chaim qui, après avoir été recueilli et soigné, ouvre les yeux sous le regard d’un couple aussi intrigant qu’original. Lui, Dirk, soixante-cinq ans, un spécialiste de l’atome, ayant quitté l’Allemagne en 1933 et ayant abandonné sa participation au projet américain de création de la bombe atomique en 1941. Elle, Dallas, vingt et un ans, très belle malgré un œil de verre, sauvage, très attachée à sa culture indienne navajo.