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Elyzad

 

Les éditions Elyzad sont une maison d'édition tunisienne fondée en 2005 et basée à Tunis. Elle publie de la littérature en langue française.

 

Egypte 51, Yasmine Khlat (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mercredi, 20 Mars 2019. , dans Elyzad, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Egypte 51, février 2019, 156 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Yasmine Khlat Edition: Elyzad

 

Sauver la mémoire par les lettres

Le roman est constitué de lettres. Un narrateur trouve un paquet de lettres et commence à les lire.

« Elles sont classées par année je crois. Il y a celles du Docteur qui était employé à l’époque à la compagnie universelle du canal de Suez. Et celles de Mrs Mia. En 51, elle venait d’emménager au Caire avec sa famille mais elle est née et a grandi à Alexandrie » (p.11).

D’une lettre à l’autre, des vies se construisent et d’autres s’écroulent, des pays changent, des familles se brisent, et des histoires se lèguent…

En 1951, le médecin Stéphane rencontre Mia à la plage. Un coup de foudre. Commence alors une riche correspondance entre eux. Il la demande en mariage. Chagrinée par une ancienne histoire d’amour, Mia hésite et se refugie dans un cocon à elle, passant la plupart du temps à peindre des encres de Chine. Ces peintures lui permettent de retrouver le monde et de se retrouver elle-même.

Je suis seul, Beyrouk (par Dominique Ranaivoson)

Ecrit par Dominique Ranaivoson , le Jeudi, 06 Décembre 2018. , dans Elyzad, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Maghreb

Je suis seul, septembre 2018, 112 pages, 14 € . Ecrivain(s): Beyrouk Edition: Elyzad

 

Bref et bouleversant roman, à lire d’un seul trait avant de rester figé d’horreur par le final sous forme d’apothéose mortelle. Le narrateur, réfugié chez son ancienne amie qui s’est empressée de sortir après l’avoir caché, se remémore comment ses proches sont devenus les islamistes qui viennent de prendre possession de la ville. Craignant pour sa vie, il observe, écoute, réfléchit, interroge. Comment arrive-t-on à tuer la vie sociale, à tuer tout court tout contrevenant à la nouvelle loi ? « Qu’est-ce qui fait que des hommes, possédant leur tête et leur cœur, parfaitement conscients, instruits des choses de la vie, choisissent en toute connaissance de cause une voie qui mène vers les dénuements de la mort ? » (p.68). Et le texte de multiplier les qualificatifs : fanatiques, monstres, rebelles, extrémistes, fous de Dieu, geôliers, conquérants, exaltés, barbares et, pour finir, des « énigmes ». Et le narrateur de retracer sa propre trajectoire, depuis son aïeul bédouin, son frère islamiste et toutes les compromissions grâce auxquelles il est arrivé à intégrer la catégorie des nantis corrompus nommés les « parvenus qui ont remplacé les anciens colonisateurs » (p.69).

Je suis seul, Beyrouk (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mardi, 04 Décembre 2018. , dans Elyzad, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Maghreb

Je suis seul, septembre 2018, 112 pages, 14 € . Ecrivain(s): Beyrouk Edition: Elyzad

 

Les soliloques du poète

Une cité quelque part au Sahara est assiégée par les terroristes. C’est alors que tout se métamorphose dans ce lieu où régnaient autrefois la paix et la bénédiction. Désormais, « chaque minute de gagnée est un moment de vie arraché aux tenailles de la haine » (p.13).

Le narrateur, proie privilégiée des terroristes, s’enferme dans la maison de son ex-femme Nezha. Il épie les fanatiques, observe la ville métamorphosée, et soliloque. Seul et habité par l’amertume, il soliloque sur sa vie, sur sa carrière de journaliste, et surtout sur son ancêtre l’imam. Observateur du chaos, le narrateur avoue n’être pas un héros.

Il ne donne pas de réponses, mais il pose beaucoup de questions.

Des ailes au loin, Jadd Hilal (par Nadia Agsous)

Ecrit par Nadia Agsous , le Lundi, 19 Novembre 2018. , dans Elyzad, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Moyen Orient

Des ailes au loin, mars 2018, 214 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Jadd Hilal Edition: Elyzad


Naïma, Ema, Dara et Lila ou l’exil en héritage

Un roman choral. Une polyphonie narrative menée avec brio par Jadd Hilal qui, tout au long d’un récit enchâssé, fait parler quatre femmes. Quatre générations. Quatre histoires de vie erratiques. Quatre destins. Quatre voix féminines qui livrent un pan de leur histoire familiale et individuelle. Car chez ces femmes exilées, la grande histoire est imbriquée dans la petite histoire.

Naïma. Ema. Dara. Lila. Ces quatre femmes sont les personnages principaux du premier roman de Jadd Hilal, intitulé Des ailes au loin. Elles sont libano-palestiniennes. Elles sont liées les unes aux autres par une histoire familiale mouvementée et tumultueuse et par l’appartenance à une terre habitée par « l’absence ». Car toutes celles et tous ceux qui la quittent ne reviennent pas.

Le silence des rives, Leïla Sebbar (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Jeudi, 15 Novembre 2018. , dans Elyzad, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Maghreb

Le silence des rives, mai 2018, 144 pages, 7,50 € . Ecrivain(s): Leïla Sebbar Edition: Elyzad

 

Le silence des rives a été publié en 1993 par Stock, couronné par le Prix Kateb Yacine. A cette époque l’Algérie était noyée dans le terrorisme. Les uns restaient, les autres préféraient s’exiler ailleurs, notamment sur la rive d’en face, la France.

Ce roman ne donne pas de l’importance à l’intrigue. Il ne présente pas une fiction que le lecteur peut reconstruire en suivant les événements. L’intrigue présente des éléments disparates. Ainsi, il y a deux rives : l’une face à l’autre. Dans la rive d’ici, celle du sud, il y a des femmes dans une grande maison. « Elle est si vieille la maison, les hommes partent loin travailler, et ils oublient que leurs femmes vivent là, sans protection, les murs se lézardent et les colonnes, la terrasse n’est plus sûre, la fontaine ne coule plus (…) » (p.23).

Sur cette rive, la vie échappe aux femmes qui passent leur temps à ressasser des contes, à attendre les hommes installés sur l’autre rive, et à surveiller les trois sœurs qui sentent la mort et lavent les cadavres.