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Elyzad

 

Les éditions Elyzad sont une maison d'édition tunisienne fondée en 2005 et basée à Tunis. Elle publie de la littérature en langue française.

 

Le silence des rives, Leïla Sebbar (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Jeudi, 15 Novembre 2018. , dans Elyzad, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Maghreb

Le silence des rives, mai 2018, 144 pages, 7,50 € . Ecrivain(s): Leïla Sebbar Edition: Elyzad

 

Le silence des rives a été publié en 1993 par Stock, couronné par le Prix Kateb Yacine. A cette époque l’Algérie était noyée dans le terrorisme. Les uns restaient, les autres préféraient s’exiler ailleurs, notamment sur la rive d’en face, la France.

Ce roman ne donne pas de l’importance à l’intrigue. Il ne présente pas une fiction que le lecteur peut reconstruire en suivant les événements. L’intrigue présente des éléments disparates. Ainsi, il y a deux rives : l’une face à l’autre. Dans la rive d’ici, celle du sud, il y a des femmes dans une grande maison. « Elle est si vieille la maison, les hommes partent loin travailler, et ils oublient que leurs femmes vivent là, sans protection, les murs se lézardent et les colonnes, la terrasse n’est plus sûre, la fontaine ne coule plus (…) » (p.23).

Sur cette rive, la vie échappe aux femmes qui passent leur temps à ressasser des contes, à attendre les hommes installés sur l’autre rive, et à surveiller les trois sœurs qui sentent la mort et lavent les cadavres.

Des ailes au loin, Jadd Hilal

Ecrit par Dominique Ranaivoson , le Lundi, 07 Mai 2018. , dans Elyzad, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Des ailes au loin, mars 2018, 168 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Jadd Hilal Edition: Elyzad

 

Ou comment un jeune homme peut faire parler une lignée de quatre femmes et, à travers leurs voix, retracer l’histoire des exils successifs d’une famille palestinienne. C’est Naïma qui commence à Haïfa, « fjord méditerranéen », puis va dans les montagnes et au Liban, à Damas, à Beyrouth. Sa fille Ema raconte les mêmes errances, de son point de vue, jusqu’à la fuite vers Genève. Puis c’est la sienne, la petite-fille Dara, retournant dans son Liban natal avant d’être obligée elle aussi de le fuir. Enfin, l’arrière-petite-fille, Lila, entre dans le chœur. Elles évoquent aussi toutes les quatre leurs frères et sœurs, tantes, maris installés plus ou moins temporairement à Damas, Bagdad ou Abu Dhabi. Les voix s’entrecroisent ; chacun raconte le père, le mari, la maison, l’environnement. Le temps passe, les générations se succèdent et se côtoient, leur histoire personnelle s’inscrit dans l’Histoire par les dates et les références qui émaillent le texte : l’attentat de 1938 à Haïfa par les Juifs de la Haganah, 1947 et la « guerre civile en Palestine », la révolution palestinienne, la guerre au Liban en 1976 puis son « retour » en juin 1982, le 14 février 2005 et l’attentat contre Rafiq Hariri suivi de la « révolution », enfin le Hezbollah en 2006 qui capture des soldats israéliens et les bombardements du 7 juillet 2006.

L’Orient est rouge, Leïla Sebbar

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Lundi, 27 Février 2017. , dans Elyzad, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Maghreb, Nouvelles

L’Orient est rouge, janvier 2017, 96 pages, 15,70 € . Ecrivain(s): Leïla Sebbar Edition: Elyzad

 

Si vous aimez les histoires à l’eau de rose, inutile d’ouvrir le recueil de nouvelles de Leïla Sebbar. Rien que le titre L’Orient est rouge, si ramassé, évocateur et grave, sera une arme de dissuasion.

Comment faire en sorte que des faits historiques ou d’actualité deviennent une expérience littéraire ? Comment réussir à relier les deux dans un ensemble unifié ?

C’est la prouesse à laquelle L’auteur de ce recueil parvient. Ces douze nouvelles, ces douze récits rouge pivoine, rouge grenade, rouge sang, rouge vie, rouge mort, présentent une très grande cohérence comme la mise en espace de douze tableaux dans une salle d’exposition autour d’un même peintre.

Douze personnages qui semblent mener une vie normale mais qui souterrainement se laissent emporter dans un tourbillon qui les déborde. Ses personnages, nous les avons frôlés, croisés, avec une parfaite indifférence mais Leïla Sebbar va nous obliger à les regarder au fond de leur être.

Tunisian yankee, Cécile Oumhani

Ecrit par Theo Ananissoh , le Lundi, 21 Novembre 2016. , dans Elyzad, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Tunisian yankee, septembre 2016, 284 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Cécile Oumhani Edition: Elyzad

 

La couverture du livre est composée de photos d’époque. Un bateau, un paquebot – et nous pensons non pas à une croisière mais aux migrations transatlantiques d’autrefois ; deux portraits, deux visages, une femme, un homme qui nous fixent à un siècle de distance. Étonnants regards francs, sans a priori. Des photos pour ainsi dire silencieuses, à l’image d’un récit calme, attentif qui ne dissimule pas une empathie pour le personnage principal. Mais ne nous y trompons pas, le propos est ambitieux et ample : la Tunisie sous le protectorat français au début du XXè siècle, le statut d’indigénat qui semble annoncer l’apartheid, la société tunisienne elle-même et certaines tares désolantes, la migration en Amérique donc, la Première Guerre mondiale en ses détails sanglants… Trois continents ; des situations historiques (Guerre mondiale, colonisation…) qui, chacune, suffisent à faire un roman. Dawood Casey, soldat américain blessé grièvement en cette dernière année de la Grande Guerre, se meurt lentement dans un hôpital des environs de Paris malgré les efforts médicaux pour le sauver. Que fait-on quand on est alité et qu’on devine dans le regard du médecin le doute quant à ses chances de s’en sortir ? On pense aux siens, à ceux qu’on a aimés ou qu’on aime, à son enfance, au chemin de vie parcouru jusque-là, aux sacrifices consentis pour accéder au bonheur.

Le tambour des larmes, Beyrouk

Ecrit par Theo Ananissoh , le Samedi, 26 Mars 2016. , dans Elyzad, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Roman

Le tambour des larmes, septembre 2015, 240 pages, 18,90 € . Ecrivain(s): Beyrouk Edition: Elyzad

 

Rayhana court. Sans s’arrêter ou presque. Par les dunes, de jour, de nuit, sous l’orage, s’abritant dans une grotte ou sous une tente de bergers charitables, échappant de justesse à un viol… Où va-t-elle ? Non. Que fuit-elle ? Les… siens. Le campement de sa naissance, sa tribu, sa mère, son oncle le Chef, ses amis d’enfance, bref tout ce qui aurait dû être son lieu de vie et de sécurité. Rayhana, belle, à peine sortie de l’adolescence, âme confiante, n’a pas vite compris son sort de femme. Elle a cru aux paroles tendres et furtives d’un jeune citadin. La voici enceinte avant d’avoir été mariée ; pire, d’un amant inconnu, nuitamment disparu comme il est apparu. Horreur ! Scandale ! Elle accouche en cachette, on lui arrache le bébé et la marie de force à un garçon naïf afin de simuler, preuve à l’appui, sa virginité. Les âmes rebelles sont en fait des esprits confiants et purs. Rayhana ne peut consentir à ce destin. Son bébé disparu la hante, ce qu’on a fait de lui la torture nuit et jour. Elle ne peut rester là, dans ce campement, dans ce monde. Elle s’en va, s’enfuit, s’évade d’eux, de tout, de tous. En emportant – geste de vengeance ? De rage ? – l’objet sacré parmi les plus sacrés de la tribu : le tambour tribal.