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Zoe

Les Éditions Zoé sont créées en 1975 par Michèle Zurcher, Arlette Avidor, Sabina Engel et Marlyse Pietri à Carouge (canton de Genève). En 1982, Marlyse Pietri se retrouve seule et jusqu'en février 2011, les Éditions Zoé seront dirigées par elle. En 1982, les Éditions Zoé signent un contrat de diffusion en France avec Harmonia Mundi. Les Éditions Zoé font paraître des romans et des récits d’écrivains de Suisse romande, de France, de Suisse allemande, d’Afrique et d’Asie. Elles recherchent des auteurs qui révèlent une attitude radicale envers l’écriture et savent créer un univers littéraire. Elles ont aussi à leur catalogue des livres de poches et une collection de petits livres au format de cartes postales (79 titres pour connaître la littérature suisse).

Trois saisons à Venise, Matthias Zschokke

Ecrit par Guy Donikian , le Lundi, 20 Février 2017. , dans Zoe, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Récits

Trois saisons à Venise, novembre 2016, trad. allemand Isabelle Rüf, 384 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Matthias Zschokke Edition: Zoe

 

Matthias Zschokke est invité en 2012 à Venise par une fondation qui met à sa disposition un appartement en plein cœur de Venise. Ce sont trois saisons qu’il va mettre à profit pour « travailler », c’est en tout cas son désir, et l’idée de se retrouver en plein cœur de la Sérénissime ne peut, pense-t-il, que faciliter ce travail, sauf que, une fois sur place, il va partager son bonheur en écrivant des courriels à son frère, à sa tante, à son éditeur et à certains de ses amis et à des relations professionnelles.

Dans les réponses qu’il adresse à « l’ami de Cologne », il décrit un quotidien ordinaire à Venise : « Sous mes fenêtres glissent des gondoles, des bateaux-cargos avec des pianos, de temps en temps des pompiers, des ambulances, des bateaux-taxis, avec au fond un Dottore ou un Onorevole, qui rentre chez lui ou va au théâtre… ». On imagine sans peine ce que le lecteur à Cologne peut ressentir à la lecture de ce courriel.

Lettres sur la littérature, Walter Benjamin

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mercredi, 16 Mars 2016. , dans Zoe, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Langue allemande, Correspondance

Lettres sur la littérature, mars 2016, édition établie et préfacée par Muriel Pic, trad. allemand Lukas Bärfuss, 160 pages, 15 € . Ecrivain(s): Walter Benjamin Edition: Zoe

 

Les sept Lettres sur la littérature écrites à Max Horkheimer par Walter Benjamin entre mars 1937 et mars 1940, jusqu’ici disséminées dans des éditions allemandes – ou françaises pour quelques unes d’entre elles (notamment pour la dernière, écrite en français) – se trouvent enfin pertinemment réunies chez Zoé, sous l’égide de Muriel Pic qui nous les présente dans une intéressante préface, et les a, de plus, fort utilement annotées.

Après la fermeture en 1933 par Hitler de l’Institut für Sozialforschung de l’université de Francfort, Horkheimer avait refondé au sein de l’université Columbia de New York un Institute for social Research auquel collaborait tout un groupe interdisciplinaire de savants exilés. Et ces penseurs à l’« intelligence libre » qui s’attachent à élaborer « une théorie critique de la société et plus particulièrement de la conscience bourgeoise », continuent ainsi de militer contre le national-socialisme et la montée du fascisme en Europe car « ils savent que le pire est encore à venir ».

L’enfant du bonheur et autres proses de Berlin, Robert Walser

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 10 Novembre 2015. , dans Zoe, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Nouvelles, Récits

L’enfant du bonheur et autres proses de Berlin, octobre 2015, trad. de Marion Graf, préface de Peter Utz, 298 pages, 20,50 € . Ecrivain(s): Robert Walser Edition: Zoe

 

L’enfant du bonheur et autres proses pour Berlin réunit soixante-douze textes inédits – à l’exception de cinq d’entre eux – écrits par Robert Walser pour le Berliner Tageblatt. Les quatre premiers datent de 1907/1908, époque où le jeune écrivain suisse résidait chez son frère à Berlin et commençait à y être reconnu comme romancier dans les milieux littéraires. De retour en Suisse dès 1913, il n’y publia plus que de courtes nouvelles et des poèmes, son dernier recueil, La Rose, paraissant en 1925. Et il se détournera ensuite « de la littérature agrafée et reliée pour se diriger vers celle qui voltige de feuille en feuille ». Les soixante-huit autres textes concernent la période 1925/1933 où l’activité de chroniqueur-feuilletoniste qui faisait vivre Robert Walser prit un grand essor jusqu’à ce que, après avoir continué d’envoyer ses articles de la clinique psychiatrique de la Waldau, près de Berne, où il fut interné en 1929, il se taise définitivement après avoir été transféré dans un établissement psychiatrique à Herisau en 1933 où il restera jusqu’à sa mort.

L’éditeur nous présente opportunément ces proses abordant une grande diversité de sujets dans leur ordre chronologique, ce qui permet de les mettre en parallèle avec le contexte politique dans lequel elles furent rédigées et avec le parcours personnel de l’écrivain, comme de saisir l’évolution de son écriture.

La Trinité bantoue, Max Lobe (2ème article)

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Mercredi, 26 Août 2015. , dans Zoe, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Roman

La Trinité bantoue, août 2014, 208 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Max Lobe Edition: Zoe

 

Mwána, jeune étudiant de culture bantoue, vit en Helvétie dans un appartement qu’il partage avec Ruedi, son jeune amant roux, et l’amant de celui-ci, Dominique, qu’ils voient tous les deux alternativement. Il vient de perdre son emploi et il angoisse à l’idée de ne pas en retrouver.

Dans une narration très oralisée ponctuée de termes empruntés à l’italien, pays frontalier, comme « cioé » par exemple et de formules héritées de sa culture, Max Lobe nous offre un récit savoureux et parfois drôle au milieu des moments « cailloux » que traverse Mwána. Difficultés qui n’entament pas son optimisme et sa détermination puisque « Nzambé n’a fait qu’ébaucher l’homme. C’est ici-là sur terre que chacun se crée lui-même ». Il convient seulement de se battre pour s’en sortir et ne jamais baisser les bras. Et comme Ruedi ne veut pas demander « le gombo » de ses parents, mais ne cherche pas vraiment à travailler (il passe son temps devant son ordi quand il n’est pas à la fac ou dans les bras de son amant), Mwána se sent responsable pour deux.

Nouvelles de la grande guerre, Collectif

Ecrit par Stéphane Bret , le Jeudi, 05 Mars 2015. , dans Zoe, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles

Nouvelles de la grande guerre, Collectif : Henri Barbusse, Rudyard Kipling, Albert Londres, Talo Svevo, Robert Walser, Stephan Zweig, Arthur Conan Doyle, Richard Weiner, Liviu Rebreanu, Alexis Tolstoï, octobre 2014, 213 pages, 19 € Edition: Zoe

 

La première guerre mondiale a impliqué de nombreux belligérants et provoqué les morts et dévastations, destructions que l’on sait. Qu’en est-il de la littérature ? Et plus précisément de la nouvelle, genre malaisé à maîtriser. A la lecture du recueil rassemblé par les éditions Zoé, il apparaît que le genre de la nouvelle a administré dans cette période une preuve de sa capacité de restitution événementielle.

Tous les cas de figures, situations, postures y sont abordés : ainsi, dans le premier texte de Robert Walser, c’est l’arrachement, l’expulsion de la naïveté originelle, la perte de l’insouciance de l’avant-guerre qui sont évoquées : « Ces hommes vivaient une vie aussi simple qu’heureuse, leur existence était douce, suave et gaie (…) La guerre éclata. Tous accoururent aux lieux de rassemblement pour prendre les armes (…) Le service de la patrie dissipe toutes les réflexions ».