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Zoe

Les Éditions Zoé sont créées en 1975 par Michèle Zurcher, Arlette Avidor, Sabina Engel et Marlyse Pietri à Carouge (canton de Genève). En 1982, Marlyse Pietri se retrouve seule et jusqu'en février 2011, les Éditions Zoé seront dirigées par elle. En 1982, les Éditions Zoé signent un contrat de diffusion en France avec Harmonia Mundi. Les Éditions Zoé font paraître des romans et des récits d’écrivains de Suisse romande, de France, de Suisse allemande, d’Afrique et d’Asie. Elles recherchent des auteurs qui révèlent une attitude radicale envers l’écriture et savent créer un univers littéraire. Elles ont aussi à leur catalogue des livres de poches et une collection de petits livres au format de cartes postales (79 titres pour connaître la littérature suisse).

Double négatif, Ivan Vladislavic

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 13 Décembre 2013. , dans Zoe, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Roman

Double négatif, traduit de l’Anglais (Afrique du Sud) par Nina et Christian Surber, août 2013, 236 pages, 20 € . Ecrivain(s): Ivan Vladislavic Edition: Zoe

 

Afrique du Sud : une rétrospective


Les éditions Zoé nous offrent ici un véritable présent, d’autant plus que ce roman s’inscrit par sa thématique dans la saison culturelle dédiée à L’Afrique du Sud, qui a débuté en France au mois de mai 2013 et qui se termine bientôt en Décembre.

De quoi s’agit-il dans ce roman-ci ? Double négatif a une structure narrative qui épouse le parcours initiatique de Neville, jeune homme blanc vivant dans l’Afrique du Sud au temps de l’Apartheid. Le roman se scinde en trois grandes parties, et chacune de ces sections présente au lecteur la métamorphose de Neville. Dans « Lumière ambiante », le jeune homme abandonne l’université et revient vivre chez ses parents. Il erre et s’intéresse aux idées révolutionnaires qui secouent le pays et qui préparent le renversement de la situation politique sud-africaine. Il entre alors en conflit avec les Blancs, minoritaires dans le pays mais détenteurs du pouvoir économique et politique :

Chroniques de l’Occident nomade, Aude Seigne

Ecrit par Alexis Brunet , le Samedi, 12 Octobre 2013. , dans Zoe, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Chroniques de l’Occident nomade, Zoe Poche, parution : juin 2013, 156 p 9 € . Ecrivain(s): Aude Seigne Edition: Zoe

 

« Chroniques de l’Occident nomade », c’est un bon titre. Un titre simple et évocateur, au goût de voyages et d’errance. Errance parmi les hommes, leurs mœurs et leurs cultures. Errance parmi les territoires et les paysages. Errance enfin pour s’éloigner, et se trouver.  Inde, Russie, Ukraine, Roumanie, Hongrie ou Italie. Il n’est de séjour narré par la protagoniste dans un ces pays qui n’ait l’odeur du vécu. D’une page à l’autre, Aude Seigne nous transporte. De Kiev à Damas, en passant par Ouagadougou, Rome, Stockholm ou Melbourne ; au hasard des trajectoires et des rencontres, la protagoniste semble découvrir toujours un peu plus d’elle-même.

L’écriture est moelleuse, délicate, presque onctueuse. Les lieux sont décrits minutieusement, à travers des détails bien choisis. Aude Seigne parvient à retranscrire avec finesse les situations vécues par la protagoniste. On pourra néanmoins regretter que la trame narrative se limite aux pérégrinations de la protagoniste, et que les seules ébauches d’intrigues reposent sur la vie sentimentale et sexuelle de cette dernière. Néanmoins, la scène du dépucelage est narrée avec brio, avec une intensité qui mérite le détour.

Le Tapis de course, Michel Layaz

Ecrit par Olivier Bleuez , le Vendredi, 20 Septembre 2013. , dans Zoe, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Le Tapis de course, 27 août 2013, 160 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Michel Layaz Edition: Zoe

 

C’est toujours un étonnement de se trouver confronté à de la bonne littérature. Et c’est bien cela dont il s’agit ici : un livre qui malgré son apparente simplicité nous emmènera, grâce au talent de l’auteur, dans l’exploration de questions énormes de notre époque : le rapport au travail, à la famille, à l’amitié, au courage en situation de paix, à ce qu’est une vie maîtrisée… Quelque chose qui nous parlera plus que n’importe quelle généralité socio-économique. L’homme décrit dans Le tapis de course pourrait être rangé dans la catégorie des « cadres », vit en zone pavillonnaire assez proche d’une ville et semble contrôler tous les compartiments de sa vie. Jusqu’à l’évènement inattendu, un « pauvre type » a priori sans importance lancé par un jeune a priori insignifiant, mais qui va modifier l’ensemble d’un équilibre illusoire :

« On a beau être blindé, s’être construit des murailles de Chine, avoir l’habitude et la pratique des petites remises en question, de celles qui sont sans danger et sans conséquences, de celles qui donnent l’illusion de réfléchir à sa vie, de peser ses choix, on devine là qu’une brèche a été percée ».

Blaise Cendrars/Henry Miller (1934-1959)

Ecrit par Frédéric Aribit , le Mercredi, 29 Mai 2013. , dans Zoe, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Correspondance

Blaise Cendrars, Henry Miller (1934-1959), Je travaille à pic pour descendre en profondeur, 2013, 346 pages, 27,50 € Edition: Zoe

C’est le 14 décembre 1934 que Blaise Cendrars et Henry Miller se rencontrent, à Paris. Y en-a-t-il beaucoup dans une vie, des rencontres comme celles-là ? Blaise Cendrars, déjà auréolé d’une belle notoriété de poète, d’écrivain révolutionnaire et d’aventurier, vient de lire le Tropique du Cancer, premier roman enfin publié par cet inconnu de 44 ans, qui se décrit volontiers comme un « raté accompli », vivant sa vie de bohème parisienne au crochet des femmes de sa vie. Et Cendrars est enthousiaste. « Livre royal, atroce, exactement le genre de livres que j’aime le plus… ». En une soirée, en une nuit de discussion et d’échanges, le ton est donné. Jamais ils ne se départiront l’un de l’autre, même si leur relation connaîtra quelques éclipses durables.

Editer, ou rééditer aujourd’hui la correspondance de ces deux phénomènes de la littérature du XXe permet de mesurer l’intensité d’une amitié rare, et de lire comme le filigrane de deux œuvres parallèles, distinctes et similaires à la fois, engagées chacune dans le difficile processus de l’écriture de soi qu’on aime appeler désormais « autofiction ». Travail de recherches inabouties (les lettres disparues de Cendrars de 34 à 39), de classement et de croisements (les datations à l’anglaise ou à la française pouvant varier chez Miller), scrupuleux travail de fourmi pour donner à entendre quelque chose de cette admiration sans faille de Miller, et de cette liberté échevelée de Cendrars, probablement moins débordant dans l’éloge, moins ostensiblement « littéraire » dans l’exercice de la lettre privée.

Le thé des trois vieilles dames, Friedrich Glauser

Ecrit par Stéphane Bret , le Lundi, 28 Janvier 2013. , dans Zoe, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Le thé des trois vieilles dames, octobre 2012, 256 pages . Ecrivain(s): Friedrich Glauser Edition: Zoe

 

A Genève, dans les années vingt, un homme est retrouvé mort, Place du Molard, dans un parc public ; l’autopsie révèle qu’il a été empoisonné. A l’autre bout de la ville, le cadavre d’un pharmacien, trafiquant de drogue à ses heures perdues, est découvert. L’empoisonnement est diagnostiqué également. Un professeur, morphinomane, du nom de Louis Dominicé, les connaît tous les deux. Cet homme s’est occupé naguère de sciences occultes. Pour corser l’énigme il a été trouvé chez le pharmacien une description d’une recette de pommade de sorcières, ainsi qu’une médaille indiquant la présence à Genève d’une secte gnostique. L’un des personnages établit une liaison entre la secte et l’empoisonnement : « Les maladies mentales sont un empoisonnement doublé d’une possession. Telle est, vous le savez, la théorie du professeur. Eh bien, vous avez les poisons et vous avez la secte ».

On le voit, l’intrigue choisie par Friedrich Glauser emporte le lecteur vers des mondes divers : c’est l’occasion pour ce dernier, de décrire la Genève des années vingt, truffée d’espions de toutes nationalités. On y repère Natacha, jeune russe amoureuse de Wladimir Rosenstock, espion soviétique. Baranoff, membre de la troisième Internationale, est au service de la cause révolutionnaire bolchévique.