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Zoe

Les Éditions Zoé sont créées en 1975 par Michèle Zurcher, Arlette Avidor, Sabina Engel et Marlyse Pietri à Carouge (canton de Genève). En 1982, Marlyse Pietri se retrouve seule et jusqu'en février 2011, les Éditions Zoé seront dirigées par elle. En 1982, les Éditions Zoé signent un contrat de diffusion en France avec Harmonia Mundi. Les Éditions Zoé font paraître des romans et des récits d’écrivains de Suisse romande, de France, de Suisse allemande, d’Afrique et d’Asie. Elles recherchent des auteurs qui révèlent une attitude radicale envers l’écriture et savent créer un univers littéraire. Elles ont aussi à leur catalogue des livres de poches et une collection de petits livres au format de cartes postales (79 titres pour connaître la littérature suisse).

La Trinité bantoue, Max Lobe

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 12 Juin 2015. , dans Zoe, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Roman

La Trinité bantoue, août 2014, 208 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Max Lobe Edition: Zoe

 

Quand viendra le jour où je serai là, au bon endroit et au bon moment ?

Mwána Matatizo (héros de ce roman)

 

Titulaire d’un diplôme universitaire délivré par une « école de Blancs », Mwána Matatizo, originaire du Bantouland, cherche sans succès un emploi dans la région genevoise. Les événements s’acharnent contre lui. Les choses simples deviennent compliquées et il a l’impression que le ciel lui tombe sur le « Kongôlibôn ».

Sa mère, Monga Míngá, atteinte d’un cancer de la gorge, réussit à quitter l’Afrique grâce à sa sœur, Kosambela, qui, par son travail en tant que femme de ménage à la clinique San Salvatore de Lugano, a pu obtenir la charité des « Sœurs-Managers » ; celles-ci ont une grande estime pour Kosambela en raison de sa foi catholique, et ont accepté d’y accueillir sa mère :

Nouvelles de la grande guerre, Collectif

Ecrit par Stéphane Bret , le Jeudi, 05 Mars 2015. , dans Zoe, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles

Nouvelles de la grande guerre, Collectif : Henri Barbusse, Rudyard Kipling, Albert Londres, Talo Svevo, Robert Walser, Stephan Zweig, Arthur Conan Doyle, Richard Weiner, Liviu Rebreanu, Alexis Tolstoï, octobre 2014, 213 pages, 19 € Edition: Zoe

 

La première guerre mondiale a impliqué de nombreux belligérants et provoqué les morts et dévastations, destructions que l’on sait. Qu’en est-il de la littérature ? Et plus précisément de la nouvelle, genre malaisé à maîtriser. A la lecture du recueil rassemblé par les éditions Zoé, il apparaît que le genre de la nouvelle a administré dans cette période une preuve de sa capacité de restitution événementielle.

Tous les cas de figures, situations, postures y sont abordés : ainsi, dans le premier texte de Robert Walser, c’est l’arrachement, l’expulsion de la naïveté originelle, la perte de l’insouciance de l’avant-guerre qui sont évoquées : « Ces hommes vivaient une vie aussi simple qu’heureuse, leur existence était douce, suave et gaie (…) La guerre éclata. Tous accoururent aux lieux de rassemblement pour prendre les armes (…) Le service de la patrie dissipe toutes les réflexions ».

Ninive, Henrietta Rose-Innes

Ecrit par Anne Morin , le Mercredi, 25 Juin 2014. , dans Zoe, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Roman

Ninive, traduit de l’anglais (Af-Sud) par Elisabeth Gilles, avril 2014, 282 pages, 20 € . Ecrivain(s): Henrietta Rose-Innes Edition: Zoe

 

« Des chenilles ? Facile, pensa Katya. Même celles-ci, qui recouvrent l’arbre du tronc jusqu’à la cime, en grappes serrées, leurs poils orange tout tremblotants. Les chenilles, elle en fait son affaire.

Mais cet arbre qui se tortille, quel étrange spectacle tout de même : un arbre gangrené. Surtout ici, avec cette pelouse parfaite qui descend jusqu’à la grande maison blanche en contrebas, entre des parterres de fleurs bien taillés piquetés de rose et de bleu. Sur le côté, juste dans son angle de vision, un jardinier tond le bord de la pelouse, les yeux sur Katya et le garçon, pas sur sa cisaille. En arrière-plan, se dresse la Constantiaberg. C’est un jour d’automne, frais mais clair. Les montagnes font leur âge, ridées, usées et écrasées par un ciel exubérant. Belle journée pour une garden-party.

Au centre du tableau, il y a pourtant cette chose abominable. Cet unique arbre emmailloté d’une couche de matière invertébrée, d’une multitude de corps à pointes molles couleur de sucre brûlé. On dirait que l’arbre entier a été dévoré et remplacé par une réplique grossière de lui-même tout en chair de chenilles » (p.9).

Jeux, Dominique de Rivaz

Ecrit par Olivier Bleuez , le Mercredi, 05 Mars 2014. , dans Zoe, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Récits

Jeux, février 2014, 142 pages, 16,90 € . Ecrivain(s): Dominique de Rivaz Edition: Zoe

 

Décrivons d’abord l’objet : un livre au format atypique, horizontal si l’on peut dire, du beau papier et quelques phrases, parfois une phrase, par page. Il faut une grosse vingtaine de minutes (à une vitesse normale, sans qu’on se prononce sur le concept de normalité en la matière) pour lire Jeux. Mais le livre est loin d’être épuisé après cette première lecture. C’est l’impression de concentration de qualité, de prose poétique et de choix méticuleux de chaque mot qui ressort de la plupart des pages. L’impression aussi qu’il y a des connexions entre différentes pages, que c’est tout de même une espèce d’histoire qu’on nous donne. La relecture permet de savourer ces sens cachés (ou de les laisser intacts) et d’extrapoler seul. Elle permet aussi d’apprécier cette économie du langage et ce travail sur le texte court, sur la densité du sens inversement proportionnelle au nombre de phrases.

Cela tourne autour d’un même lieu : un square d’une ville. L’auteur nous donne quelques fragments de scènes de vie ayant lieu autour ou dans ce square, des pensées de personnes habitant autour de ce square (ou peut-être pas d’ailleurs). Le plus souvent, nous sommes en présence de textes forts et bien affûtés :

Le Bel Otage, Zayd Muti’Dammaj

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 10 Janvier 2014. , dans Zoe, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Pays arabes, Contes

Le Bel Otage (Al Rahina), traduit de l’arabe du Yémen par Nada Ghosn, 157 pages, 18 € . Ecrivain(s): Zayd Muti’Dammaj Edition: Zoe

 

Au cours des années de troubles et d’agitation permanente qui préludent à l’assassinat, en 1948, de l’imam-roi Amir al-Mumenin al-Mutawakkil ‘Ala Allah Rab ul-Alamin, Imam Yahya ben al-Mansur Bi’llah Muhammad Hamideddin (sic), de nombreux fils de chefs rebelles ont été enlevés à leur famille et retenus comme otages dans les forteresses des gouvernorats.

Le héros de ce surprenant conte-roman est l’un de ces jeunes captifs. Après une période de forteresse, il est transféré au palais du gouverneur comme duwaydar, affecté au service particulier, aussi longtemps qu’il n’est pas devenu pubère, de la belle Sharifa Hafsa, la jeune sœur du gouverneur, divorcée, oisive, capricieuse, sensuelle, agitée de pulsions qu’elle ne parvient pas à brider.

L’otage, narrateur à la première personne, découvre peu à peu les règles arbitraires et archaïques d’une société de palais hypocrite, fermée sur elle-même, où les duwaydars, valets le jour, sont la nuit les jouets des femmes du sérail qui se les disputent.