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Zulma

Zulma est une maison d'édition principalement dédiée à la littérature contemporaine, française et internationale, fondée en 1991 par Laure Leroy et Serge Safran.


C'est un poème de Tristan Corbière qui a donné à Zulma son nom, et a présidé également à la naissance de ses premières collections, dont les noms étaient issus de poèmes des Amours jaunes.

Zulma est diffusé par Le Seuil et distribué par Volumen.

 

( Source Wikipédia)


Love is power, ou quelque chose comme ça, A. Igoni Barrett

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mercredi, 23 Septembre 2015. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Nouvelles, La rentrée littéraire

Love is power, ou quelque chose comme ça, septembre 2015, traduit de l’anglais (Nigeria) par Sika Fakambi, 352 pages, 22 € . Ecrivain(s): A. Igoni Barrett Edition: Zulma

 

Les écrivains nigérians ont cette particularité de rafler avec une remarquable régularité le Prix Caine de la meilleure nouvelle en langue anglaise d’un auteur africain. A. Igoni Barrett est un écrivain nigérian de 36 ans, déjà récompensé par de nombreux prix et l’un des rares avec Helon Habila (publié chez Actes Sud) à être traduit en français.

La publication par les éditions Zulma d’un recueil de neuf nouvelles d’Igoni Barrett est une opportunité pour découvrir un univers littéraire en plein essor, vivant, actuel, et dont la remarquable qualité risquait fort d’échapper aux lecteurs francophones submergés par une production hexagonale en ce mois de septembre 2015.

Il existe des moments magiques de lecture et Love is power, ou quelque chose comme ça en regorge. C’est un livre que l’on laisse à portée de main une fois terminé, tant il est impossible de se détacher brutalement des récits de ce jeune auteur. Chacune de ces nouvelles possède une touche, une palette de tons qui renvoient le lecteur à des sentiments variés, parfois même contradictoires, mais toujours intenses.

Corps désirable, Hubert Haddad

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mercredi, 26 Août 2015. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Corps désirable, août 2015, 176 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Hubert Haddad Edition: Zulma

 

On sait aujourd’hui greffer chez les humains de nombreux organes internes avec un taux de réussite élevé. Récemment est venue s’ajouter à la liste, une greffe totale du visage. En dehors de cette dernière et de celle de la main, aucune des précédentes n’impactait l’apparence physique du greffé. Plus récemment encore, le neurochirurgien Sergio Canavero a présenté dans un congrès de chirurgie américaine son projet de greffe de la tête comme réalisable techniquement dès 2016, sous réserve de lever les fonds nécessaires. « Une folie qui permettrait aux tétraplégiques de marcher, dit-il, et aux cerveaux les plus brillants de ne jamais disparaître… ». Le rêve d’éternité sous-tendu par ces propos excluant que le cerveau lui-même puisse dégénérer et rendre caduque la tentation de recourir à ce type d’intervention. Une annonce qui déclencha le scepticisme et le questionnement éthique, bien au-delà du seul corps médical.

Hubert Haddad a fait sienne cette idée pour littérairement devancer le neurochirurgien Turinois et se livrer à l’exploration intime des conséquences d’une telle opération sur son héros, Cédric Allyn-Weberson.

Deux brûle-parfums, Eileen Chang

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 29 Mai 2015. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Asie, Récits

Deux brûle-parfums, avril 2015, trad. du Chinois par Emmanuelle Péchenart, 224 pages, 17,50 € . Ecrivain(s): Eileen Chang Edition: Zulma

 

La vie des papillons

Deux brûle-parfums est un ouvrage regroupant deux récits distincts que nous pourrons intituler Brûle-parfum-1 et Brûle-parfum-2. Les deux histoires se déroulent à Hongkong au temps où cette région était occupée par les Anglais.

Dans le premier récit, il s’agit du destin de la jeune Wei-lung. Cette dernière refuse de suivre sa famille à Shanghai et décide de convaincre la sœur de son père, Madame Liang, de l’héberger afin de pouvoir rester à Hongkong. Rompue à l’expérience mondaine, Madame Liang voit là une opportunité d’attirer du monde et des hommes dans sa demeure. En effet, l’extrême jeunesse de sa nièce et sa beauté vont l’aider à revenir sur les devants de la scène. Ainsi, Madame Liang va organiser la « vente » de sa jeune parente avec ruse et habileté… Wei-lung aura-t-elle son mot à dire ? Est-elle aussi naïve qu’elle semble en avoir l’air ?

Amour, Colère et Folie, Marie Vieux-Chauvet

Ecrit par Claire Mazaleyrat , le Samedi, 25 Avril 2015. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Roman

Amour, Colère et Folie, avril 2015 (initialement paru en 1968), 492 pages, 11,20 € . Ecrivain(s): Marie Vieux-Chauvet Edition: Zulma

 

Maison assiégée


Les trois récits qui composent le roman de Marie Vieux-Chauvet ont été composés en Haïti et publiés en 1968, valant à son auteur l’exil au cours de la dictature de Duvalier, Papa Doc – qui n’est jamais nommé, et pourtant dont la terreur qui imprègne les récits est omniprésente. Jusque-là, Marie Vieux-Chauvet, auteur secondaire de nouvelles essentiellement, apparaissait comme représentative de la bourgeoisie mulâtresse de l’île, acquérant avec Amour, Colère et Folie, véritable brûlot contre la dictature et son cortège de violences et d’injustices, le statut d’écrivain majeur. Car ces trois récits, apparemment indépendants les uns des autres, révèlent avec une justesse de ton terrible l’horreur qui baigne le pays.

 

La maison, la femme et la famille

De haute lutte, Ambai

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 10 Avril 2015. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Asie, Nouvelles

De haute lutte, février 2015, traduit du tamoul par Dominique Vitalyos et Krishna Nagarathinam, 215 pages, 18 € . Ecrivain(s): Ambai Edition: Zulma

 

Ce recueil incisif rassemble quatre nouvelles, qu’on pourrait presque qualifier de romans par leur longueur, par le nombre des fragments constitutifs de leur déroulement narratif, par l’amplitude spatio-temporelle de l’intrigue et par la richesse contextuelle de l’histoire individuelle de leur personnage principal.

Le manuscrit : Chentamarai baigne depuis l’enfance dans un milieu d’artistes où sa mère, Tirumakal, une universitaire férue de littérature, de poésie, de chansons et musiques classiques indiennes qui tient salon tous les vendredis, ayant quitté son mari, fait figure de femme libre au sein d’une société dominée par les hommes. Chentamarai découvre un jour un manuscrit dans lequel sa mère raconte les difficultés et humiliations qu’elle a connues dans sa vie conjugale, dans sa relation avec son époux.

Mais dites-moi, qu’y a-t-il de révolutionnaire à dire qu’une veuve ne peut espérer retrouver l’accès à une vie digne de ce nom qu’en se remariant ? […] Quand vous affirmez qu’il est nécessaire de lui associer un homme pour lui offrir une nouvelle vie, c’est comme si vous disiez qu’elle doit toujours rester sous le contrôle d’un représentant du genre masculin…