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Zulma

Zulma est une maison d'édition principalement dédiée à la littérature contemporaine, française et internationale, fondée en 1991 par Laure Leroy et Serge Safran.


C'est un poème de Tristan Corbière qui a donné à Zulma son nom, et a présidé également à la naissance de ses premières collections, dont les noms étaient issus de poèmes des Amours jaunes.

Zulma est diffusé par Le Seuil et distribué par Volumen.

 

( Source Wikipédia)


Mais leurs yeux dardaient sur Dieu, Zora Neale Hurston (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 21 Septembre 2018. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Mais leurs yeux dardaient sur Dieu (Their Eyes Were Watching God, 1937), septembre 2018, trad. Sika Fakambi, 320 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Zora Neale Hurston Edition: Zulma

Les premières phrases de Mais leurs yeux dardaient sur Dieu de Zora Neale Hurston, écrit durant la ségrégation raciale, mettent en lumière le rapport différencié hommes/femmes, et la création des grands mythes. Les hommes voguent sur on ne sait quelle mer et les femmes, plus pragmatiques, reviennent à la terre pour honorer les rites funéraires. Comme une prophétie, l’une de ces femmes se distingue. En s’en approchant, on découvre une créature très belle, objet de tous les désirs, un peu inquiétante, dont la présence ouvre la voix aux sans-voix. Zora Neale Hurston puise dans le sociolecte de celles et de ceux acculés dans les bas-fonds de la société américaine blanche, y exhume leurs fables, leurs échecs, leurs facéties. Par un procédé stylistique très compliqué, la narration s’imbrique au passé, et de la mémoire de l’héroïne principale, Janie Mae Crawford, surgissent les péripéties d’une population esclavagisée, devenue amnésique de ses origines africaines. À la place, les sinistres points de repère de la doxa littéraire américaine balisent le roman : les chiens lâchés contre l’homme noir, le lynchage d’innocents, la haine, la faim, les logements indécents, la misère, l’ostracisme incessant. L’intérêt du récit fait que cette condition intenable s’évoque par le biais d’une sorte de rescapée sans famille et va droit au but, sans les détours pudiques d’un Faulkner, par exemple.

Pays sans chapeau, Dany Laferrière

Ecrit par Carole Darricarrère , le Mercredi, 29 Août 2018. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Récits, La rentrée littéraire

Pays sans chapeau, août 2018, 257 pages, 9,95 € . Ecrivain(s): Dany Laferrière Edition: Zulma

 

Un instant en chassant un autre, drôle d’ouvrage que ce mea culpa haïtien 100% made in Haïti à mi-chemin de l’enquête mystico-socio-culturelle et du journal de l’enfant prodigue rentrant au pays après un détour de vingt années passées en Amérique du Nord, projet qui, de digression en digression, semble dériver au fil des pages au profit de séries intempestives de conversations ménagères comme autant de scénettes naïves légendées à la mode haïtienne formant patchwork jour/nuit, « pays rêvé »/« pays réel » : « La valise », « Le taxi », « La nouvelle maison », « Les objets », « Le vrai repas », « La toilette », « Du sucre », « Carottes », « L’eau chaude »… Comble de l’affaire, Dany Laferrière, son auteur, « écrivain primitif » (sic) consacré « nouvel immortel de l’Académie française » en 2013, l’homme du « pays sans chapeau », s’avère être, renseignements pris, un homme à multiples casquettes.

La Somme de nos folies, Shih-Li Kow

Ecrit par Fanny Guyomard , le Mercredi, 22 Août 2018. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Asie, Roman, La rentrée littéraire

La Somme de nos folies, août 2018, trad. anglais (Malaisie) Frédéric Grellier, 384 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Shih-Li Kow Edition: Zulma

 

« Il se passe des choses ici, il s’en passe ailleurs. C’est toujours pareil ». Mais il y a différentes manières de les raconter. Un art dans lequel Shih-Li Kow excelle.

L’auteur nous entraîne dans la Malaisie actuelle, entre la frémissante capitale Kuala Lumpur et un paisible village. Paisible ? Seulement en apparence. Car lorsqu’on y regarde de plus près, la vie campagnarde, loin d’être monotone, est rythmée par le caractère mordant des habitants. Aussi ravageurs que la pluie torrentielle qui ouvre le récit.

La grand-mère au fort caractère, la cinglée éleveuse de sangsues, la sentimentale et faussement dévote directrice d’un orphelinat, l’adorable transsexuel engagé… Cette panoplie de personnages fait monde commun, mais chacun défend sa cause, sa part d’irrationnel, sa petite folie personnelle.

Casting sauvage, Hubert Haddad

Ecrit par Fawaz Hussain , le Mercredi, 04 Juillet 2018. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Casting sauvage, mars 2018, 160 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Hubert Haddad Edition: Zulma

 

La rue pullule d’étoiles anonymes

Une danseuse professionnelle était à deux doigts de toucher les étoiles, de concrétiser son rêve suprême lorsque « des meurtriers indélicats ont brisé son élan ».

La vie pour Damya s’arrête le 13 novembre 2015 à la terrasse d’un café. Elle avait un rendez-vous avec le bonheur à l’état pur en la personne d’un « beau garçon au visage franc, sans casier judiciaire » rencontré la veille. Elle ne se doutait pas qu’elle venait de croiser le chemin d’Azraël, archange de la mort, et d’« un tueur potentiel en attente d’un ordre de mission ». Elle mettra du temps à prononcer le nom d’Amir, prince de l’obscurantisme, le salafiste artisan de sa chute. Le mal est irréparable, la victime à la peau blanche comme du lait ne pourra plus jouer Galatée, un rôle mis en scène par Igor, un exilé volontaire de Bosnie et pour lequel elle était faite. Après les attentats, elle avance en exclue, elle dont « la ballerine claudicante donne à rire ».

Les Rois d’Islande, Einar Már Guðmundsson

Ecrit par Grégoire Meschia , le Lundi, 25 Juin 2018. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Roman

Les Rois d’Islande, février 2018, trad. islandais Eric Boury, 336 pages, 21 € . Ecrivain(s): Einar Már Guðmundsson Edition: Zulma

 

Pays qui fascine du fait de son éloignement géographique et ses paysages uniques, l’Islande reste encore une nation étrangère à nos yeux. Un de ses ressortissants, Einar Már Guđmundsson, écrit sa légende et fait de cette île singulière la patrie des rois. En faisant se succéder histoires truculentes et anecdotes farfelues, il attribue une origine mythologique à ses personnages qui est empreinte de fantaisie et de trivialité.

Les Islandais, fiers de leur identité, s’emploient à « faire remonter leur lignage jusqu’aux rois des sagas légendaires, aux rois des mers ». De la même manière, le narrateur des Rois d’Islande est à la recherche de l’origine de la famille Knudsen. La part accordée à la fiction prime tout au long du récit : on se demande tout le temps si le narrateur n’affabule pas tant les histoires racontées semblent loufoques et cocasses. Peut-être ne fait-il que rêver cette famille héroïque ? Il cite Steinn Steinarr (poète islandais ayant véritablement vécu dans la première moitié du XXe siècle) et on a envie de le croire :