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Zulma

Zulma est une maison d'édition principalement dédiée à la littérature contemporaine, française et internationale, fondée en 1991 par Laure Leroy et Serge Safran.


C'est un poème de Tristan Corbière qui a donné à Zulma son nom, et a présidé également à la naissance de ses premières collections, dont les noms étaient issus de poèmes des Amours jaunes.

Zulma est diffusé par Le Seuil et distribué par Volumen.

 

( Source Wikipédia)


Le Garçon, Marcus Malte

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 18 Août 2016. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Le Garçon, août 2016, 535 pages 23,50 € . Ecrivain(s): Marcus Malte Edition: Zulma

 

On est en 1908. C’est l’histoire du garçon. Vous le suivrez tout au long de ce livre, avec passion et curiosité, tout au long de son parcours initiatique. Mais vous ne l’entendrez pas, jamais. Il ne parle pas, ne dit pas un mot. Il est muet le garçon. Depuis sa naissance, mis au monde par une femme qu’il porte sur ses épaules au début de ce roman, parce qu’elle est malade, parce qu’elle va mourir. Et elle meurt. Et le Garçon brûle son corps. On est en 1904, dans le sud de la France. Le chemin du Garçon commence.

Marcus Malte nous offre une œuvre ambitieuse, d’une parfaite maîtrise narrative, dans un style éblouissant. C’est un roman initiatique certes, mais comme on en a peu vus. Le jeune héros n’a pas de nom, pas plus que sa mère. A-t-il seulement eu un père ? Il part seul vers le monde, sans désirer l’aborder vraiment. Il n’a jamais vu d’autres humains que sa mère, à peine une silhouette furtive peut-être.

La première étape est le monde qu’il connaît déjà un peu, la nature sauvage. Moments de pure poésie tant les noms des plantes sont beaux, comme dans une page de Thoreau, comme dans Walden, ou comme dans un lieu de Giono.

L’Ombre animale, Makenzy Orcel

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Mercredi, 06 Juillet 2016. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’Ombre animale, janvier 2016, 352 pages, 20 € . Ecrivain(s): Makenzy Orcel Edition: Zulma

 

« Entre Toi et l’enfant mal élevée, l’insoumise, il y avait un monde, que dis-je une éternité, j’appartenais à la musique du vent, elle au songe, à un lieu sans raison d’être ».

 

Ne serait-on pas plus vivant mort que vivant en silence dans le monde des hommes ?

C’est à cette question que Makenzy Orcel souhaite répondre, dans son très beau poème, « vers la lumière » à la fin de son texte :

« … je ne suis pas morte, je vais à ma rencontre, je t’avais prévenu, ça n’a absolument rien à voir avec une histoire, je ne ferai toujours que vomir, crier, pour ne pas m’étouffer, la parole des morts est une parole solitaire, car les vivants sont des vases vides, ils n’ont d’écoute que pour eux-mêmes… »

Un texte qui aborde la narration sans une ponctuation comme pour clamer sans s’arrêter cette histoire violente, noire et qui libère son trop-plein à chaque virgule, à chaque secousse.

Popa Singer, René Depestre

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mardi, 31 Mai 2016. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Popa Singer, février 2016, 155 pages, 16,50€ . Ecrivain(s): René Depestre Edition: Zulma

 

Avec Popa Singer, les éditions Zulma nous font découvrir un texte ancien mais pas encore publié de l’un des doyens de la littérature haïtienne, René Depestre (1926). L’auteur reconnaît par ailleurs qu’il s’agit d’un texte un peu particulier au point qu’un « mode d’emploi » a été ajouté à la fin du récit dans lequel René Depestre explique : « J’avais alors adressé le manuscrit à l’éditeur sans l’accompagner d’un mode d’emploi. (…) Le récit, écrit dans la tradition du réel-merveilleux haïtien, sans clefs de lecture, était impubliable. Il allait rester de nombreuses années dans les ténèbres d’un tiroir ».

Même aujourd’hui, le récit et surtout l’écriture ont encore de quoi surprendre, de quoi dérouter le lecteur, pour son bonheur sans doute, mais de le dérouter. Ecriture foisonnante, regorgeant d’images, de métaphores, de rythmes qui semblent relever autant d’une transe vaudou que d’une exubérance poétique flamboyante, abreuvée du lyrisme des Caraïbes.

L’Odeur du café, Dany Laferrière

Ecrit par Marc Ossorguine , le Lundi, 16 Mai 2016. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

L’Odeur du café, mai 2016, 240 pages, 9,95 € . Ecrivain(s): Dany Laferrière Edition: Zulma

 

 

L’odeur du café de Da ! Ce café qu’elle offre à tout ceux qui passent et parlent un moment avec elle, son petit-fils − l’auteur lui-même alors âgé de 10 ans − est devenu un puissant marqueur du temps qui passe et que les mots rattrapent au vol. Livre de souvenirs pleins d’images et de récits d’enfance, sorte de Petit Nicolas haïtien dont la meilleure « justification » – mais a-t-on besoin de justifier la mémoire et la nostalgie de ce qui fut – est donnée par l’auteur lui-même à la clôture de cet album.

J’ai écrit ce livre pour toutes sortes de raisons.

Pour faire l’éloge de ce café (le café des Palmes) que Da aime tant et pour parler de Da que j’aime tant.

Pour ne jamais oublier cette libellule couverte de fourmis.

L’Ombre animale, Makenzy Orcel

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mercredi, 23 Mars 2016. , dans Zulma, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’Ombre animale, janvier 2016, 352 pages, 20 € . Ecrivain(s): Makenzy Orcel Edition: Zulma

 

Ceci n’est pas « une » histoire

Entrer dans le monde de Makenzy Orcel, cela suppose de renoncer à nos repères habituels : au partage clair et rassurant entre profane et sacré, entre quotidien et rituel, entre culpabilité et innocence, entre amour et haine, entre vie et mort, entre présent et passé… car on ne cesse de franchir les limites de l’un et de l’autre, en permanence en équilibre dans un monde qui nous semble parfois incompréhensible et improbable, à la fois fascinant et chaotique, confus et terriblement cohérent. Bien trop cohérent dans ce qu’il nous renvoie du monde, de celui de « là-bas » comme de celui « d’ici » (où que soit cet « ici »).

C’est qu’il y a à la fois beaucoup de violence et d’innocence, d’arbitraire et de fatalité dans le récit de misère qui se livre page après page, figure après figure, personnage après personnage… Car ce « récit » est d’abord un récit de personnages. Ces personnages pour nous étrangement nommés (Makenzy, Orcel, Toi…) dont les voix se font écho, croisant leurs rythmes, leurs ombres, leurs douleurs et leurs rêves. Il y a d’abord la narratrice, morte et sans nom, qui s’est suicidée et en profite pour libérer la parole que chacun tient recluse ou fait exploser.