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Buchet-Chastel

Buchet/Chastel est une maison d’édition généraliste qui publie de la littérature française et de la littérature étrangère, des essais, des documents, des biographies, des livres sur la musique et sur l'écologie.

 


Une irrépressible et coupable passion, Ron Hansen

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 19 Février 2012. , dans Buchet-Chastel, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman

Une irrépressible et coupable passion. Janvier 2012. Trad. anglais (USA) Vincent Hugon. 347 p. 21 € . Ecrivain(s): Ron Hansen Edition: Buchet-Chastel

On nous refait le coup du « Facteur » ? Encore ? Après Cain, Billy Wilder, Tay Garnett, Bob Rafelson, récemment Indridason (Betty) et combien de centaines d’autres ? Eh bien oui. Définitivement, Ron Hansen nous le refait !

On peut légitimement penser à quoi bon, que dire de nouveau, peut-on exploiter encore cette histoire usée jusqu’à la corde ? Si on se pose toutes ces questions avant lecture – et on se les pose – après lecture on ne se demande plus qu’une chose : qui et comment osera recommencer un jour ? Parce que ce livre repose sur un regard radicalement nouveau de l’histoire célébrissime du « Facteur sonne toujours deux fois » et, dans ce « radicalement » entendez bien d’une manière définitive.

Ron Hansen a choisi, pour renouveler l’histoire, de revenir simplement à l’affaire originelle ! En 1927, un couple d’amants, Ruth Snyder et Judd Gray, assassine Albert Snyder, l’époux de Ruth, dans son lit. Immédiatement soupçonnés du meurtre, les deux avouent très vite, sont jugés, condamnés à mort et exécutés en 1928.

Et rester vivant, Jean-Philippe Blondel

Ecrit par Sophie Adriansen , le Mercredi, 14 Décembre 2011. , dans Buchet-Chastel, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits

Et rester vivant, Août 2011, 250 p. 14,50 € . Ecrivain(s): Jean-Philippe Blondel Edition: Buchet-Chastel


Les faits racontés ici sont d’une rare violence. A l’âge où l’on passe son baccalauréat en toute insouciance, Jean-Philippe Blondel a perdu son frère et sa mère dans un accident de la route. Le père était au volant.

Quatre ans plus tard, celui-ci se tue à son tour, dans un autre virage.

Reste Jean-Philippe. Plus de famille, plus de comptes à rendre, rien qu’un bel héritage, et deux amis – en réalité une petite amie en passe de devenir une ex, et un meilleur ami en train de le remplacer dans le cœur de celle-ci. Avec eux, il s’envole de l’autre côté de l’Atlantique, poursuivant une chanson devenue obsession.


« Quand on me croise, on compatit. On me touche le coude, on m’effleure le bras, on refoule les larmes, on me dit que c’est bien, que je suis courageux, que ça va aller, hein ? Je ne réponds pas. Je laisse glisser. Je continuer d’enchaîner les longueurs dans ma piscine intérieure et je fais attention à ce que le chlore ne rougisse pas mes yeux » (pages 24-25).

Skoda, Olivier Sillig

Ecrit par Sophie Adriansen , le Samedi, 24 Septembre 2011. , dans Buchet-Chastel, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Skoda, août 2011. 110 p. 11€ . Ecrivain(s): Olivier Sillig Edition: Buchet-Chastel

Le sujet est dur. Les éléments extérieurs ne sont que violence, dureté, aridité. La guerre, les armes, les viols, la mort. Même la terre est desséchée, le paysage dévasté. Parce qu’il trouve le bébé, et pour lui, Stjepan, le jeune héros âgé de tout juste vingt ans, choisit la vie – il ne sait pas encore à quel prix. L’enfant, prénommé Skoda comme la voiture dans laquelle il a été trouvé, devient le centre de gravité de l’existence de Stjepan. « Ce n’est pas le temps qui crée les liens, ce sont les événements » (page 86).

L’écriture d’Olivier Sillig, parfaitement maitrisée, est à la fois froide comme les soldats, incisive comme les kalachnikovs, neutre comme le décor et tendre comme le lien qui se tisse très vite entre le jeune homme et le bébé.

S’il n’est fait aucune mention de lieu ni de date, c’est pour mieux dire que l’horreur de ce qui se passe dans les pages de Skoda pourrait se dérouler partout, et n’importe quand. Et si la mort y est omniprésente, la vie et la chaleur humaine, même éphémères, y tiennent une place telle qu’elles pansent les plaies avec douceur. « Les cigales, on les entend tout le temps mais c’est rare qu’on les croise. On les côtoie sans les connaître, comme beaucoup de gens ou de groupes de gens, même proches » (pages 10-11).

Deux jeunes artistes au chômage, Cyrille Martinez

Ecrit par Sophie Adriansen , le Mercredi, 07 Septembre 2011. , dans Buchet-Chastel, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Deux jeunes artistes au chômage, Buchet-Chastel (Qui Vive), août 2011. 128p. 15€ . Ecrivain(s): Cyrille Martinez Edition: Buchet-Chastel


Des couleurs percutantes, un titre qui interroge, l’objet éveille la curiosité.

Le roman s’ouvre sur la description d’une ville imaginaire, New York New York, ville de création s’il en est, érigeant plus que les autres la littérature en Art, art qui prend New York New York pour objet, pour sujet, pour décor et pour personnage. Bientôt, la ville propose un Quartier des écrivains, où résider en donne le statut, mais dont l’entrée est réservée à ceux qui ont déjà le statut, tandis que s’engage une lutte entre écrivains et non-écrivains et que se pose la question de la place de la poésie dans la littérature.

Entrent alors en scène Andy et John, fils de parents non pas nés mais devenus new yorkais new yorkais.