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Le Livre de Poche

Le Livre de poche (parfois abrégé LDP) est, à l'origine, le nom d'une collection littéraire apparue le 9 février 1953 sous l'impulsion d'Henri Filipacchiet éditée par la Librairie générale française, filiale d'Hachette depuis 1954.


Knulp, Hermann Hesse

Ecrit par Lionel Bedin , le Lundi, 17 Décembre 2012. , dans Le Livre de Poche, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, Roman

Knulp, Hermann Hesse, traduit de l’allemand par Hervé du Cheyron de Beaumont, Calmann-Lévy, 1972, Le Livre de poche . Ecrivain(s): Hermann Hesse Edition: Le Livre de Poche

 

« La route s’enfonçait, toute droite, dans le bleu tendre du ciel, où le monde semblait prendre fin ». Knulp est un vagabond. Il n’a « aucune disposition pour le travail ». Il mène une existence de chômeur qui le voue à l’illégalité et au mépris. Toléré par les gendarmes qui respectent « sa supériorité intellectuelle, et à l’occasion, le sérieux », Knulp erre de par le monde. « On le laissait aller » ainsi qu’un chat qui partage la maison et la vie de ses maîtres. Chaque soir avant de s’endormir il tire « quelques feuillets de sa bibliothèque de route » qui se compose de « poésies et de maximes qu’il avait recopiées et d’une liasse de coupures de journaux ». Le sud de l’Allemagne est le territoire d’attache de ce nomade (si l’on peut dire…) Il y revient toujours. « Amour de la terre natale » ? ou « inquiétude singulière » de mourir éloigné de cette terre ?

Le roman commence alors que Knulp sort de l’hôpital et revient dans le village de son enfance. Il est malade et fatigué. Comme épuisé par des années d’errance. Mais on se presse pour l’accueillir.

Essai sur l'exotisme, une esthétique du divers, Victor Segalen

Ecrit par Christian Massé , le Lundi, 03 Décembre 2012. , dans Le Livre de Poche, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

Essai sur l’exotisme, une esthétique du divers, Livre de poche/ Essais . Ecrivain(s): Victor Segalen Edition: Le Livre de Poche

 

A vingt-six ans, Victor Segalen rapporte de Tahiti les éléments d’un livre qui retrace le déclin de la race maorie : les Immémoriaux. Ce Breton, médecin de la marine française, s’est libéré d’une emprise familiale et religieuse contraignante : il vient de découvrir l’œuvre de Gauguin ! Naît en lui une sorte de rébellion contre Pierre Loti et son exotisme : Il n’a fait que rendre des impressions de voyage, il en donne, à revendre. Il a dit ce qu’il a vu, ce qu’il a senti en présence des choses et des gens inattendus dont il allait chercher le choc. A-t-il révélé ce que ces choses et ces gens pensaient en eux-mêmes, et d’eux ? Segalen dénonce ses « mains prostitueuses » Segalen est un voyageur-né. D’emblée, il prévient vouloir écarter le cocotier, le chameau, le casque colonial, la peau noire sous le soleil torride. Il rappelle la définition du préfixe ex : tout ce qui est « en dehors » de l’ensemble des faits de conscience actuels, quotidiens, tout ce qui n’est pas notre « Tonalité mentale » coutumière. Comme dit à rebours Montesquieu : – Il faut que j’épuise le sujet ! Précisément : son livre n’est pas une certitude, mais une recherche qui, d’ailleurs, ne sera pas achevée…

Les Belles endormies, Yasunari Kawabata

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mardi, 11 Septembre 2012. , dans Le Livre de Poche, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Japon

Les Belles endormies, Le dit d’Eguchi, 125 pages, 4 € . Ecrivain(s): Yasunari Kawabata Edition: Le Livre de Poche

 

Les belles endormies est un roman magistral de Kawabata. Il s’agit ici de ces jeunes filles qu’on drogue afin qu’elles puissent être plongées dans un profond sommeil. Elles sont ensuite placées, nues, dans un lit qu’elles partageront avec un vieillard dont elles ignorent tout de l’existence. A leur réveil, le vieil homme ne sera plus là pour les effrayer.

C’est un roman écrit en 1961. Il met en exergue la problématique de la décrépitude liée à l’âge. Mais en même temps, Kawabata s’applique à décrire cette déchéance dans des scènes empreintes de perversion et d’érotisme sans tomber pour autant dans la laideur ou dans le voyeurisme. Et si je puis dire, c’est là que réside son absolu talent. Kawabata suggère, Kawabata laisse parler son personnage. Son écriture recueille les réflexions tortueuses et les souvenirs du vieillard. Kawabata s’attarde pour cela sur les détails sans tomber dans le glauque. Chaque détail relevé est retravaillé. Il est orné par des adjectifs et adverbes afin d’exacerber le tragique de l’existence. Le travail du détail, de la description à partir d’un motif, d’un objet ou d’une sensation, rapproche l’écriture de cet illustre auteur japonais à celle d’une poésie ou encore à la technique d’un peintre impressionniste.

Les témoins de la mariée, Didier Van Cauwelaert

Ecrit par Sophie Adriansen , le Mercredi, 27 Juin 2012. , dans Le Livre de Poche, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Les Témoins de la mariée, Didier van Cauwelaert, Le Livre de Poche, avril 2012, 194 p. 6,10 € . Ecrivain(s): Didier Van Cauwelaert Edition: Le Livre de Poche

A quelques jours de Noël, Marc, photographe de renom, coureur de jupons, annonce à ses quatre meilleurs amis qu’il va se marier dans moins d’une semaine. Il a trouvé en la personne de Yun-Xiang, une jeune Chinoise, la femme de sa vie. Celle-ci atterrira à Paris très bientôt. Les quatre amis tirent au sort : deux seront les témoins de Marc, les deux autres ceux de son élue, selon le désir du photographe.

Dans la nuit qui suit, Marc se tue en voiture.

Les quatre amis se retrouvent afin d’aller accueillir Yun-Xiang à l’aéroport et, par fidélité pour leur ami, ils décident de ne pas lui annoncer tout de suite qu’elle est veuve avant même d’être mariée.

Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est qu’ils ne seraient pas les seuls à tirer les ficelles…

« En vingt ans d’amitié, nous avions perdu des êtres chers, bien sûr, mais jamais “ensemble”. Les parents de Jean-Claude, la sœur de Marlène, un flirt de Lucas, mon chien… A chaque fois, par pudeur ou par manque d’occasion, nous avions fait deuil à part. Avec la certitude que, si vraiment ça devenait trop dur, nous pourrions toujours trouver du réconfort. Là, notre émotion commune ne faisait que multiplier la douleur, amplifier le vide » (pages 20-21).

Le Maître ou le tournoi de Go, Yasunari Kawabata

Ecrit par Victoire NGuyen , le Jeudi, 14 Juin 2012. , dans Le Livre de Poche, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Japon

Le Maître ou le tournoi de go, 157 p. 4,6 € . Ecrivain(s): Yasunari Kawabata Edition: Le Livre de Poche

 

Un Monde qui s’effondre.

Ce roman est celui de la stratégie car son intrigue repose sur la transposition d’un événement réel en littérature par Kawabata. Il relate ici à travers le récit d’un journaliste Uragami (qui n’est autre que l’auteur lui-même) qui vient assister au tournoi d’adieu du Maître de Go, Shusai. Le tournoi dont il est question et évoqué ici par Kawabata s’est déroulé en 1938. L’intrigue suit le début de l’ouverture du tournoi et la mort du Maître, un an après. La personnalité du Maître reflète l’autocratisme féodal et son caractère autoritaire et dédaigneux le prouve. On sent au fil des pages que l’auteur est pris de nostalgie lorsqu’il évoque le visage, la personne du Maître, digne, droit, aristocratique pratiquant le sushido jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à la mort dans un monde où ces valeurs suscitent agacement et mépris. Il ne faut pas oublier que nous sommes à un tournant de l’Histoire. Le Japon avant la défaite de 1945 est à son apogée en terme de conquête militaire et en terme d’absolutisme monarchique incarné par Hiro-Hito.