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Le Livre de Poche

Le Livre de poche (parfois abrégé LDP) est, à l'origine, le nom d'une collection littéraire apparue le 9 février 1953 sous l'impulsion d'Henri Filipacchiet éditée par la Librairie générale française, filiale d'Hachette depuis 1954.


Chamelle, Marc Durin-Valois

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 06 Février 2015. , dans Le Livre de Poche, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Chamelle, 185 pages, 5,50 € . Ecrivain(s): Marc Durin-Valois Edition: Le Livre de Poche

 

Un village se meurt, quelque part en Afrique sahélienne, accablé par une sécheresse persistante, cerné par l’irrésistible avancée des sables.

Parmi les villageois se distingue un homme, Rahne, qui a fait des études, a vécu plusieurs années en ville, d’où il a dû, déjà, fuir, en y abandonnant aux factions belligérantes maison, femme et enfants dont il n’a jamais su ce qu’ils sont devenus.

Narrateur et personnage principal du roman, Rahne a refait sa vie dans son village natal avec la belle Mouna. Ils mènent là une existence humble, rurale, avec leurs trois fils, leur fille Shasha, leur maigre troupeau de chèvres, parmi lesquelles Imi, que chérit Shasha, et une chamelle, que tous appellent… Chamelle.

Vient le jour fatidique où, aux membres des quelques familles qui n’ont pas déjà pris le chemin de l’exil, s’impose ce terrible dilemme : rester au village avec la certitude d’y mourir bientôt, ou partir vers l’inconnu, au risque, selon la direction prise, de se retrouver capturés, dépouillés, tués par une des bandes innombrables de militaires, rebelles et brigands qui sillonnent les pistes en quête de proies faciles, ou de se perdre à tout jamais dans le désert et y mourir de soif.

Marie-Antoinette, Stefan Zweig

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Mercredi, 28 Mai 2014. , dans Le Livre de Poche, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Biographie

Marie-Antoinette, Traduit de l’allemand par Alzir Hella, 506 pages, 7,60 € . Ecrivain(s): Stefan Zweig Edition: Le Livre de Poche

 

L’inconvénient de n’en faire qu’à sa tête


Les biographies écrites par Stefan Zweig sont un régal. Celle qu’il a consacrée à Marie-Antoinette, reine de France, un pur chef d’œuvre.

Stefan Zweig écrit des livres d’histoire en romancier : sous sa plume légère, profonde et spirituelle tout semble évident et tout paraît clair.

Mariée à 14 ans avec un homme qu’elle n’avait jamais vu et qui était son exact contraire, la princesse autrichienne avait tout pour être heureuse.

Le Juif Süss, Lion Feuchtwanger

, le Lundi, 15 Juillet 2013. , dans Le Livre de Poche, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Roman

Le Juif Süss, Le Livre de Poche, Biblio roman n°32053, 697 pp., 8 €. . Ecrivain(s): Lion Feuchtwanger Edition: Le Livre de Poche

Si on lance une recherche à la mention « Le Juif Süss » sur Google, il faut attendre pas moins de quatre-vingt références avant de tomber sur une maigre notice Wikipédia consacrée au roman que Lion Feuchtwanger publia sous ce titre en 1925. À croire que l’autodafé des nazis à l’encontre de ce chef-d’œuvre se poursuit par malentendu interposé, dans  la mesure où l’unique information qui focalise l’attention à son sujet, c’est le film de propagande, supervisé par Goebbels, qu’en tira le réalisateur Veit Harlan en 1940. Or, voici qu’en décembre dernier reparaissait, dans sa version intégrale, ce texte superbe qu’il n’y a plus désormais aucune excuse à ignorer.

« Version intégrale », la chose mérite d’être soulignée. En effet, les rares à s’être plongés dans la précédente traduction française, due à Maurice Rémon, n’eurent accès qu’au pâle reflet des sept cents pages originales ; à un ersatz, amputé de maints passages et rendu par une langue autrement surveillée. La présente mouture se base sur l’édition Aufbau-Verlag de 1959 et, en la matière, la belle ouvrage de Serge Niémetz est à saluer sans réserve, car il aura su restituer à la prose de Feuchtwanger son ampleur, sa souplesse, sa richesse lexicale et expressive, bref son énergie. Du noir et blanc manichéen du film antisémite qui en fut tiré, la palette se rehausse pour le coup de toutes les nuances du fresquiste hors pair qu’était le romancier.

L'interrogatoire, Jacques Chessex (2ème recension)

Ecrit par Arnaud Genon , le Mercredi, 06 Février 2013. , dans Le Livre de Poche, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie

L’Interrogatoire, 144 pages, 5,60 € février 2013 (Poche) . Ecrivain(s): Jacques Chessex Edition: Le Livre de Poche

Chessex vu par lui-même

 

Jacques Chessex pressentait peut-être la mort à venir en se livrant à cet examen de conscience qu’est L’Interrogatoire, texte posthume publié deux ans après la disparition de l’écrivain suisse, suite à un malaise cardiaque, et que Le Livre de Poche réédite aujourd’hui.

Chessex y entame un dialogue avec lui-même ou plutôt, avec l’Autre qui parle en lui et qui l’amène à se dire, à tout dire dans une sorte de maïeutique autobiographique dénuée de toute complaisance et de tout narcissisme.

L’auteur, à travers la trentaine d’entrées de cet interrogatoire, dresse un autoportrait où le plus intime – la sexualité, tradition toute rousseauiste – côtoie les réflexions sur l’écriture, sur la relation à Dieu, à la religion, à la mort. Ici la parole semble libérée et l’interrogateur « inquisiteur », cette voix intérieure qui le « traque », n’a pas vraiment à lever le ton pour que la plume glisse sur le papier. Les aveux faits ne sont pas arrachés, ils sont donnés, comme offerts au lecteur, avant qu’il ne soit trop tard… D’ailleurs, Chessex le note lui-même : « je me suis mis à aimer cette épreuve sans trêve. Le questionnement qui fouille mon âme, mon esprit, mon corps bientôt réduit en cendres »…

Le Diable en France, Lion Feuchtwanger

Ecrit par Arnaud Genon , le Mercredi, 16 Janvier 2013. , dans Le Livre de Poche, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, Récits

Le Diable en France, Préface Alexandre Adler, Trad. Allemand Jean-Claude Capele. 2012, 360 p. 6,60 € . Ecrivain(s): Lion Feuchtwanger Edition: Le Livre de Poche

 

La France en eaux troubles

 

« L’Histoire consiste à donner un sens à l’absurde » lit-on dans les premières pages du Diable en France, autobiographie rédigée par celui qui fut, de son temps, un des écrivains allemands les plus lus. Ce qui lui arriva à lui et à beaucoup d’autres, reste, il est vrai, incompréhensible même si les historiens nous expliquent l’enchaînement des causes et des effets.

C’est au début des années 40, après avoir échappé à l’incarcération avec d’autres artistes juifs allemands ou autrichiens en exil et être arrivé aux Etats-Unis, qu’il commence cette entreprise testimoniale. Dès ses propos liminaires, il remarque qu’il aurait pu écrire un livre qui aurait expliqué les raisons de ce qu’il nomme les « petites péripéties de [s]a vie personnelle » : « Moi-même, je pourrais écrire un livre sur ce sujet et exposer avec une logique implacable les tenants et les aboutissants de cette situation. Mais au tréfonds de moi-même, je sais que je ne connais pas la moindre cause de cette confusion barbare dans laquelle nous nous débattons tous aujourd’hui ».