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Critiques

Baïka, Du voyage à chaque page

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 09 Juillet 2018. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Revues, Jeunesse

Baïka, Du voyage à chaque page, Revue Jeunesse trimestrielle, pour les 8-12 ans, éditions Salmantina, mai 2018, 46 pages, 9,60 €

 

Parmi les initiatives récentes de la presse jeunesse, voici un petit bijou de créativité et d’intelligence : la Revue Baïka. La couverture aux illustrations délicates et très colorées, le papier épais, recyclé, le format idéal pour être transporté, constituent autant de détails qui appellent le regard et la main à se tendre pour s’en saisir.

En compagnie de deux petites têtes de bonshommes sympathiques Hurlu et Berlu, les lectrices et lecteurs partent à la découverte d’un ou de plusieurs pays, d’une région ou d’un continent, à travers tous ses aspects : géographiques, historiques, mythologiques ou culturels. Depuis sa création en 2015, 11 numéros ont vu le jour et ont exploré les régions finlandaises, le Brésil, l’Egypte ou le Japon, le Vietnam ou l’Arctique… Gageons que bien des espaces seront au programme les années à venir.

Le périmètre de vie, Alexandre Millon

Ecrit par Patrick Devaux , le Lundi, 09 Juillet 2018. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman

Le périmètre de vie, éd. Murmure des soirs, mai 2018, 132 pages, 15 € . Ecrivain(s): Alexandre Millon

 

« Parler de la vie dans le deuil plutôt que le deuil dans la vie » nous dit Alexandre Millon dans ce « périmètre de vie » qui ressemble à une circonférence puisque les angles de vie de la disparue oscillent dans sa mémoire en continu.

Comment renaître à travers le manque ? Si le sujet est universel, les façons de l’aborder sont multiples et je songe à cette belle phrase d’Yves Montand, questionné après la disparition de Simone Signoret : « On ne refait pas sa vie, on la continue ».

Combien de temps Thomas est-il donc resté ce « veuf sous anesthésie » ? Quitter le lieu du manque sera la première étape pour « faire un deuil » que Thomas, écrivain, pense en mots désincarnés, en mots vrais plutôt qu’en formules utilisées à ne rien dire.

On ne « fait pas son deuil » comme on fait ses courses.

Le Livre contre la mort, Elias Canetti

Ecrit par Gilles Banderier , le Vendredi, 06 Juillet 2018. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Langue allemande, Albin Michel

Le Livre contre la mort, janvier 2018, trad. allemand Bernard Kreiss, postface Peter von Matt, 490 pages, 25 € . Ecrivain(s): Elias Canetti Edition: Albin Michel

 

Le Livre contre la mort est un ouvrage qu’Elias Canetti n’a pas réellement écrit. Que faut-il entendre par là ? Comme la plupart des écrivains, Canetti accumula au long de son existence des notations éparses, dont une partie est passée dans son œuvre « anthume », qui lui valut le Prix Nobel de littérature en 1981. Le processus est banal. L’originalité de Canetti tient à ce que, de bonne heure, l’attention de l’écrivain se trouva concentrée sur un objet, ou plus exactement un sujet bien précis : la mort. Ainsi naquit l’idée d’un traité dirigé contre le plus universel des phénomènes : « Après le décès de ma mère, je me suis juré d’écrire le livre contre la mort » (p.320). Le projet fut formalisé dans une note du 15 février 1942 : « J’ai décidé aujourd’hui de noter mes pensées contre la mort telles que le hasard me les apporte, dans le désordre et sans les soumettre à un plan contraignant. Je ne puis laisser passer cette guerre sans forger en mon cœur l’arme qui vaincra la mort » (p.29).

En son temps, Jean-Louis Rambour

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Vendredi, 06 Juillet 2018. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie, Arts

En son temps, Editions L’Aventure Carto, mai 2018, photographies Yvon Kervinio, 31 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Jean-Louis Rambour

 

L’« Avertissement » nous renseigne sur la démarche : c’est le photographe ici (en l’occurrence Yvon Kervinio) qui a sollicité l’écrivain-poète (en l’occurrence Jean-Louis Rambour) pour écrire sur des paysages et des gens immortalisés à une époque, en un lieu, dans des clichés photographiques. Le résultat est ce superbe livre des éditionsL’aventure carto (éditeur morbihannais de cartes, photopostales et livres) avec, en regard des prises de vue, des textes tenus à hauteur de l’humanité « des gens » qu’il célèbre. Jean-Louis Rambour le poète n’a eu connaissance, avant d’en écrire une histoire, ni du lieu ni de la date ni des circonstances des « imagesen reportage » focalisées par le breton Yvon Kervinio. Son imaginaire demeurait donc intact, libre de prendre le large vers le ciel de son choix.

Nous voyons, par les « yeux » du poète, des vies uniques fixées sur la photographie reprendre une vie singulière. Des gestes de situations communes, de la vie courante surgissent – un homme portant le landau d’un enfant pour descendre quelques marches, des joueurs de boules « mesur(ant) les distances en usant de (leur) ombre », un ancien enfournant le pain, un accordéoniste égayant guinguette une fête locale…

Le Caméléon, David Grann

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 05 Juillet 2018. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Récits, Editions Allia

Le Caméléon (The Chameleon), trad. américain Claire Debru, 87 pages, 3 € . Ecrivain(s): David Grann Edition: Editions Allia

 

Encore un de ces petits livres magiques édités par Allia sous la signature de l’excellent David Grann. Et, bien sûr, Grann reste fidèle à son projet littéraire : écrire des histoires réelles, sans le moindre ajout fictionnel, dans leurs détails les plus exacts, et choisies parmi les affaires contemporaines les plus incroyables.

Il s’agit cette fois de l’affaire Bourdin dit « le caméléon », affaire qui se déroula dans les années 90 et au début des années 2000.

Frédéric Bourdin est né en 1974, d’une liaison entre sa mère Ghislaine Bourdin et Kaci, un ouvrier immigré algérien qui s’avèrera déjà marié et plusieurs fois père. Sa mère va l’élever (mal) seule. A l’âge de 18 ans, Frédéric Bourdin commence à se livrer à des dizaines d’impostures pendant lesquelles, avec une habileté hors du commun, il se fait passer pour divers personnages. Parmi ses métamorphoses les plus mémorables, David Grann en choisit deux, dont on se demande encore comment elles ont pu avoir lieu, tant les situations semblent les rendre impossibles.