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Recensions

Mãn, Kim Thúy

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mardi, 09 Juillet 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Asie, Roman, Editions Liana Levi

Mãn, mai 2013, 143 pages, 14,50 € . Ecrivain(s): Kim Thúy Edition: Editions Liana Levi

 

Une saveur aigre-douce

 

Dans son précédent roman Ru, Kim Thuy nous a séduit par la douceur et la mélodie de ses mots. Dans ce présent récit, Mãn, elle confirme indéniablement son talent d’écrivain.

Mais quel est donc le fil conducteur de l’intrigue de Mãn ? Il s’agit d’un récit de vie écrit par un personnage féminin racontant son parcours de femme asiatique en recherche sur deux continents. Mãn est son prénom. Au Viêt Nam, le prénom n’est jamais choisi au hasard car il détermine la destinée de celui ou de celle qui le porte. Des rites de passage permettent à l’individu de se défaire de son surnom souvent disgracieux hérité de l’enfance (« le morveux », « petit chien », « le laideron »…) et qui avait pour fonction d’éloigner les mauvais esprits, jeteurs de sort, pour se vêtir complètement de son prénom. L’auteur l’explique et donne, par la même occasion, la signification de Mãn, son prénom :

Acteur de l'écriture, Dieudonné Niangouna

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 09 Juillet 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Théâtre, Les solitaires intempestifs

Acteur de l’écriture, juin 2013, 60 pages, 10 € . Ecrivain(s): Dieudonné Niangouna Edition: Les solitaires intempestifs

 

Le guerrier de Brazzaville

 

La collection du Désavantage du vent regroupe de nombreuses contributions à la connaissance des écritures théâtrales contemporaines à partir de la figure tutélaire de Jean-Luc Lagarce. Des auteurs comme Dieudonné Niangouna parlent de leur vision personnelle du théâtre, établissant ainsi un aller-et-retour entre leurs œuvres dramatiques et ces textes critiques, un peu à la manière des « examens » du texte classique ou des préfaces, manifestes façon Cromwell.

Le volume de D. Niangouna est un recueil de plusieurs textes écrits à divers moments de son parcours et dont certains ont été l’objet de communications publiques ou de publications partielles. Seul Le devoir de construire est daté (2007) et décrit comme étant une suite de notes pour le festival Mantsina. Ces textes sont au nombre de neuf et c’est l’un d’eux qui donne son titre à l’ensemble : acteur de l’écriture, termes présents dans le texte lui-même. D’ailleurs la photographie de la première de couverture fonctionne en quelque sorte comme un frontispice : Niangouna, en vêtements africains est en train d’écrire.

Indigne, Alexander Maksik

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 08 Juillet 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, Payot Rivages

Indigne (You deserve nothing), traduit de l’anglais par Nathacha Appanah, janvier 2013, 284 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Alexander Maksik Edition: Payot Rivages

 

 

La photo de couverture est, disons, fortement allusive, et la « quat’ de couv’ » explique qu’on va lire l’histoire d’un prof qui « succombe au charme de l’une de ses élèves mineures »…

On se dit, bon, un mixte un peu épicé et rajeuni du Cercle des poètes disparus, et du Noce blanche cher aux admirateurs de Bruno Cremer et de la môme Paradis ?

Faux. C’est autre chose ; c’est un livre qui se mérite, dans lequel on voyage lentement et quelquefois, par vent debout, pas facile malgré ce qu’on croirait un peu vite, nous faisant passer par plein d’impressions de lecteur-passionné, ou agacé, pour – une fois fermée la dernière page – se dire : c’est un bon livre. Comme ces vins, dont on pense, une fois passée la première gorgée, mais seulement là, que derrière, il y a du goût, et qu’il est même intéressant.

Djebel, Gilles Vincent

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 08 Juillet 2013. , dans Recensions, Les Livres, Polars, La Une Livres, Roman, Jigal

Djebel, 256 pages, 8,80 € . Ecrivain(s): Gilles Vincent Edition: Jigal

 

Djebel a pour point de départ la mechta d’Ouadhia en Kabylie. En mars 1960, un détachement de la compagnie du 7e régiment de chasseurs, commandé par le capitaine Murat, campe sous la tente. Le jeune Antoine Berthier, opérateur radio, monte la garde en murmurant des vers de Victor Hugo. Berthier a de la chance. Dans trois jours, c’est la quille, le retour en France, sain et sauf, là où tant d’autres ont laissé leur peau. Quitter l’Algérie dont il ne connaît que « la caillasse et le sang séché » devrait le remplir de joie. Et pourtant, la perspective des retrouvailles l’effraye et le couvre de honte… « Tout le monde s’en est fait un, ici »… tout le monde, sauf lui.

Pas question pour trois gradés de la compagnie de le laisser rentrer « bredouille ». Ce qui se passe ensuite relève de l’impensable, de l’ignoble, de l’inhumain. Trop, beaucoup trop, pour un jeune homme qui choisit sur le bateau qui le ramène vers sa mère et sa sœur jumelle, vers Marseille et ses collines natales de Trets, de se donner la mort plutôt que d’affronter pour le restant de son existence le remords. Pour l’armée, pas question de dire la vérité à la famille. Pendant quarante et une années, Antoine sera mort au combat.

Le faucon errant, Jamil Ahmad

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 08 Juillet 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Asie, Roman, Actes Sud

Le Faucon errant, traduit de l’anglais (Pakistan) par Sophie Bastide-Foltz, mai 2013, 173 pages, 19,80 € . Ecrivain(s): Jamil Ahmad Edition: Actes Sud

 

Un livre âpre et austère, à l’image de la région à laquelle il s’attache, où le seul lien à suivre pour ne pas s’y perdre est un homme, Tor Baz, le Faucon Errant. Il sera notre guide à travers ces pages écrites d’une plume sèche, sans fioriture, qui se tient au plus près des évènements et les décrit sans entrer dans des considérations psychologiques. Tor Baz est né au cœur de ces zones tribales, semi-autonomes à l’époque – nous sommes dans les années 1950 – au carrefour montagneux du Pakistan, de l’Afghanistan et de l’Iran.

À l’âge de 5 ans, Tor Baz qui ne s’appelle pas encore ainsi, se retrouve abandonné en plein désert auprès d’un chameau mort. Ses parents qui s’aimaient d’un amour illégitime, ayant fui leurs tribus respectives avant même qu’il ne soit conçu, sont rattrapés et assassinés selon la dure loi tribale. Tor Baz sera alors recueilli par un vieux chef nomade, puis par un mollah mécréant, vagabond et rusé qui finira dément, et enfin par une famille Bhittani.