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Recensions

Kiki King et Kiki fait caca, Vincent Malone et Jean-Louis Cornalba

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 07 Mai 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse, Seuil Jeunesse

Kiki King de la banquise et Kiki fait caca, avril 2013, 48 et 32 pages, 8,90 € et 5,90 € . Ecrivain(s): Vincent Malone et Jean-Louis Cornalba Edition: Seuil Jeunesse

 

 

Vous pouvez n’ouvrir que l’un de ces deux albums, c’est vrai, mais ce serait dommage. Vous pourriez même vous arrêter à la couverture intérieure qui est un récit fabuleux en deux pages frisées chronologiquement, mais là encore, vous passeriez à côté de quelque chose de fou, de délirant, capable de vous amener au bord de la crise de rire. Bon, avant tout, il faut savoir que s’il y a deux livres, c’est pour une bonne et simple raison. Deux formats pour une même série : de grands livres pour les grandes aventures, les « épopées » et des « riquiquis pour les sujets du quotidien ». Ce qui permet au lecteur d’envisager Kiki comme le King de la banquise : dans son héroïsme, sa beauté, sa détermination à faire le bien ; mais aussi comme un enfant comme les autres qui a des problèmes d’enfant comme tous les enfants.

Légèrement seul, Daniel de Roulet

Ecrit par Lionel Bedin , le Lundi, 06 Mai 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Récits, Phébus

Légèrement seul, Sur les traces de Gall, avril 2013, 12 € . Ecrivain(s): Daniel de Roulet Edition: Phébus

 

Ce qui fascine Daniel de Roulet c’est l’écoulement du temps. « J’aime me mettre dans la position d’un ancien (…) essayer de retrouver ce qu’il voyait pour le mettre en rapport avec ce que je vois ». Que pouvaient bien voir, dire, penser, des moines partis d’Irlande quatorze siècles plus tôt ? Et qu’est-ce qui a bien pu les décider à traverser l’Europe et fonder des monastères ? Pour le savoir, rendez-vous à Saint-Coulomb, à 9h15… « La plage où Gall et une dizaine de moines sont censés avoir débarqué ».

Daniel de Roulet est un marcheur solitaire, on le savait déjà. « Je marche sur des routes qui relient un point à un autre, c’est obstiné, je sais. Ni promeneur ni randonneur. Ça me vient de la course à pied ». Il le confirme ici, avec de longues journées de marche et de solitude. Et des soirées, aussi. Comme ici dans « le seul restaurant ouvert ce soir : un turc où j’arrose mon kebab de calvados ». Mais ces moments de solitude, en marchant ou à l’étape, sont propices à l’émergence, à l’affleurement de souvenirs et réflexions. Sur le voyage, par exemple. Gall ne voyageait pas avec une carte de crédit, le « nécessaire » du voyageur d’aujourd’hui par rapport au pèlerin de VIe siècle, qui emportait « l’essentiel » – en fait souvent tout ce qu’il possédait – : quelques livres et des vêtements. « Pèlerins du XXIe siècle, nous sommes des imposteurs, ce que nous appelons l’essentiel n’est que le nécessaire ».

Nox, Ailleurs (2), Yves Grevet

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 04 Mai 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse

Nox, Ailleurs (2), Editions Syros, avril 2013, 432 pages, 16,90 € . Ecrivain(s): Yves Grevet

 

 

Ailleurs constitue la suite et le dénouement de la série Nox. Yves Grevet y tient les promesses du premier volet, précédemment chroniqué dans notre revue. Un roman d’aventures trépidant, des personnages riches, face à des choix difficiles, une écriture fluide et efficace.

Le brouillard plonge toujours la ville basse dans une nuit permanente. Les gens de la ville haute profitent toujours sans s’en rendre compte d’une vie privilégiée et préservée. Nos héros adolescents sont à présent de jeunes adultes confrontés à leur survie et à celle de leurs enfants, nouveaux nés ou à naître. Chaque pas, chaque décision peut avoir un impact crucial sur l’avenir. Ce volume est celui de l’accès à la maturité et celui de l’entraide. Celui où l’on choisit réellement qui l’on est et ce que l’on défend.

Aimer et laisser mourir, Jacques Olivier Bosco

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Vendredi, 03 Mai 2013. , dans Recensions, Les Livres, Polars, La Une Livres, Roman, Jigal

Aimer et laisser mourir, septembre 2012, 272 pages, 18,50 € Edition: Jigal

La mondialisation du crime organisé devient une affaire de géopolitique. De Nice à Bogotá, de Paris aux confins de Zagreb, on trafique de la drogue, des armes, de l’humain, on vend du sexe, on aime, on tue et parfois aussi, on laisse mourir.

Amanda et Lucas Beauvaux, surnommé « Le Maudit », les deux principaux héros du roman, vivent à des milliers de kilomètres de distance et rien, a priori, ne devrait les amener à lier leurs destinées… et pourtant…

Amanda est une pute de luxe, véritable bombe sexuelle de vingt-cinq ans, « associée » à Pompom le Corse, propriétaire de restaurants, de bars et de parts dans des casinos, solidement implanté, lui et sa bande, à Paris. En « mission » à Nice, elle se fourvoie dans un règlement de comptes de proxénètes Croates et ne sauve sa peau, in extremis, qu’en tuant l’un des malfrats. Manque de chance, il s’agit du jeune frère de Tchek Mordeck, l’un des principaux pontes du TEH (Trafic d’Etres Humains) dans les Balkans. Le Croate a la vengeance tenace et la vie d’Amanda ne tient plus qu’à un fil. La sienne ou à défaut, puisqu’elle arrive à leur échapper, celle de sa jeune sœur Mira, tombée en représailles entre les mains de ces esclavagistes du sexe. Amanda n’a plus qu’une idée en tête : sauver sa sœur, et ce, par tous les moyens possibles.

Le gardien invisible, Dolores Redondo

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 03 Mai 2013. , dans Recensions, Les Livres, Polars, La Une Livres, Roman, Espagne, Stock

Le gardien invisible, traduit de l’espagnol par Marianne Million, Stock La Cosmopolite Noire, mars 2013, 453 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Dolores Redondo Edition: Stock

 

Voici le premier roman d’une trilogie policière qui se déroule au Pays Basque espagnol. Des adolescentes sont retrouvées dans la vallée de Baztán, étranglées, les vêtements déchirés de part et d’autre de leur corps, maquillage effacé et un txatxingorri déposé sur leur pubis rasé. Les txatxingorris sont des gâteaux typiques de la région. De plus, des poils d’origine animale sont retrouvés sur chacune d’elles. L’enquête est confiée à l’inspectrice Amaia Salazar, originaire d’Elizondo, le chef-lieu de la vallée, qui n’y était jamais revenue depuis qu’elle l’avait quitté. Amaia Salazar est une femme fine et intelligente, dotée d’une ferme volonté, formée au FBI, elle est spécialisée dans la traque de tueurs en série. C’est donc confiante dans ses capacités qu’elle va se lancer, plus ou moins bien secondée de ses co-équipiers, dans une course contre la montre pour identifier et arrêter le tueur, mais ce retour sur les lieux de son enfance, où elle a encore de la famille, est loin d’être anodin. Surtout qu’une de ses deux sœurs, Flora, prend visiblement plaisir à réactiver ce passé.

« Oublier est un acte involontaire. Plus on essaie de laisser quelque chose derrière soi, plus cette chose vous poursuit ».