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Recensions

Le sang des fleurs, Johanna Sinisalo

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mardi, 25 Juin 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Pays nordiques, Roman, Actes Sud

Le sang des fleurs, traduit du finnois par Anne Colin Du Terrail, mai 2013, 285 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Johanna Sinisalo Edition: Actes Sud

 

 

Jamais avant le coucher du soleil et le magique Oiseau de malheur, qu’on avait adorés, font qu’on sait dans quel rayon on va se trouver, avec Sinisalo – une des plus belles plumes du Nord. On s’y précipite, comme un enfant dans le magasin de jouets : on piaffe un peu ; on veut « le même » en tout neuf, avec quelques fonctions en plus. Du fantastique, du rêve – dangereusement pastel, un réel qui fait peur : l’avenir écologique du monde… Un roman de Sinisalo, c’est toutes ces saveurs, à lire au coin du feu, ou en parcourant de grandes landes désertes. C’est souvent, ne pas lâcher le livre, tant l’émotion est prenante, l’atmosphère unique. Bref, la lire, la grande dame Finlandaise, c’est un sacré menu.

Alors, d’où vient que son Sang des fleurs donne par moments l’impression de marcher à côté ? Peut-être par son sujet trop ciblé, trop connu, trop – hélas – réel : le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles, appelé par les Américains, terriblement touchés depuis quelques décennies, le CCD (colony colapse disorder).

Délivrance, James Dickey

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 25 Juin 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, Gallmeister

Délivrance (Deliverance, 1970), traduit de l’anglais (USA) par Jacques Mailhos, Juin 2013, 336 pages, 23,60 € . Ecrivain(s): James Dickey Edition: Gallmeister

 

 

Pour beaucoup, Délivrance est avant tout un film de John Boorman (1972). Pourtant, avant cela, ce fut un livre que Gallmeister a la bonne idée de rééditer avec une nouvelle traduction de Jacques Mailhos.

Paru en 1970, Délivrance raconte l’expédition dramatique de quatre citadins partis descendre en canoë la rivière traversant une vallée reculée de Géorgie avant qu’un barrage ne vienne l’immerger. Car, en effet, ce retour à la nature sauvage est aussi l’occasion pour eux de se confronter à des hommes tout aussi sauvages.

Dans l’imaginaire collectif, Délivrance c’est avant tout la scène du banjo et celle de « fais le cochon », mais, au-delà de ces scènes marquantes aussi bien dans le livre que dans le film, il s’agit surtout d’une réflexion sur l’insatisfaction, la frustration créée par la société contemporaine, et la dure confrontation à la nature, espace d’aventure fantasmé avec lequel le contact peut s’avérer particulièrement rude.

Infid'elles, Catherine Van Zeeland

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Mardi, 25 Juin 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman

Infid’elles, Editions Avant-propos, mai 2013, 144 pages, 16,95 € . Ecrivain(s): Catherine Van Zeeland

 

COSI FAN TUTTE


Rien de plus banal : marié à Sophie, André est tombé amoureux de Julie. Infid’elles raconte cette histoire universelle, commune et déchirante. L’auteur, Catherine van Zeeland, qui se cache derrière ses trois personnages tenant la plume à tour de rôle, prévient d’ailleurs : « Tout a été dit et écrit mille fois. Mais pas par moi ».

Sophie n’a plus d’illusions « l’amour c’est l’art de s’exposer à la trahison et le mariage l’art de le faire constamment ». D’ailleurs « les histoires d’amour commencent dans le manoir du Grand Meaulnes et se terminent dans l’impossibilité même de choisir à deux une lampe dans un catalogue Ikea ». On pourrait discuter ce dernier point de vue : quand on s’aime est-ce qu’on achète une lampe Ikea avec une ampoule blafarde qui a des relents de poisson fumé ? Mais c’est assez bien vu.

Pommes sauvages & la vie sans principe, Henry David Thoreau

Ecrit par Adrien Battini , le Mardi, 25 Juin 2013. , dans Recensions, Les Livres, Essais, La Une Livres, USA, Le Mot et le Reste

Pommes Sauvages & La Vie Sans Principe, traduction de Nicole Paillet, mai 2013, 88 pages, 10 € . Ecrivain(s): Henry David Thoreau Edition: Le Mot et le Reste

 

Pour les éditions Le Mot et le Reste, 2013 est placée sous le signe de Henry D. Thoreau. Après la réédition de son chef d’œuvre Walden (nouvelle traduction de Brice Mathieussent), la maison marseillaise poursuit son entreprise de publication des conférences et autres essais courts du romancier américain. A l’instar de Marcher ou des Teintes d’Automne, Les Pommes Sauvages & La Vie Sans Principe constitue une parfaite entrée en matière dans l’univers de Thoreau et une plaisante initiation à sa pensée.

Nul doute que le lecteur sera quelque peu surpris par les premières pages des Pommes Sauvages. En guise d’essai littéraire, Thoreau ouvre son propos sur une véritable monographie descriptive sur le sujet des pommes. Tout tient de l’ouvrage encyclopédique : considérations géographiques, étymologiques, taxinomiques et mythologiques (dont on déduira un implicite hommage au paganisme, puisque toute référence biblique est absente du texte). Cette masse d’informations, que d’aucuns jugeraient superflue, sert au contraire les intentions de Thoreau tel un subtil baptême pour le profane qui ignore l’importance des vergers sauvages du Massachussetts.

Contes de la Terre mère, Rolande Causse, Nane et Jean-Luc Vézinet, illustrations Amélie Fontaine

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 25 Juin 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse, Gallimard Jeunesse

Contes de la Terre Mère, avril 2013, 42 pages, 14,50 € . Ecrivain(s): Rolande Causse, Nane et Jean-Luc Vézinet, Amélie Fontaine Edition: Gallimard Jeunesse

 

Neuf contes pour faire le tour de notre Terre Mère, notre belle planète si précieuse que nous devrions aimer et protéger, comme elle aussi prend soin de nous. Neuf contes pleins de sagesse, qui s’achèvent chacun sur un petit poème de trois-quatre lignes qui en concentre l’essentiel. Neuf contes qui ouvrent l’esprit, parlent à notre cœur et chacun d’eux a un secret à nous confier.

Le secret du colibri, qui a insufflé à Pierre Rabhi le nom d’un mouvement écologique et citoyen, résonne encore au plus profond de l’Amazonie. Peu importe que l’on soit grand ou petit, ce qui importe c’est de participer à sa mesure au bien de tous, de faire sa part, ne serait-ce que d’apporter Une goutte d’eau pour éteindre un grand incendie.

Des Indes, le conte Maléfique ou bénéfique nous apprend que l’équilibre est essentiel et que croyant bien faire, on peut commettre parfois de fatales erreurs. Chaque chose a sa raison d’être et même parfois celles que l’on juge mauvaises.