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Recensions

Leur domaine, Jo Nesbø (par Jean-Jacques Bretou)

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Mercredi, 15 Novembre 2023. , dans Recensions, Les Livres, Polars, La Une Livres, Folio (Gallimard)

Leur domaine, Jo Nesbø, Folio Policier, janvier 2023, trad. norvégien, Céline Romand-Monnier, 687 pages, 10,20 € Edition: Folio (Gallimard)

À Os, une municipalité du Hordaland en Norvège, lorsque l’on arrive en haut de la ville en voiture, il faut passer une série de virages bien accentués, bordant un précipice. Selon Roy, l’aîné des frères Opgard, dont la modeste ferme est située tout au sommet, les voitures ont un bruit de moteur caractéristique à chaque tournant. Ainsi, il peut reconnaître la marque d’une voiture passant dans le virage du Japon ou bien celui de la Vache. Il est vrai que cet endroit et la station-service, située dans le bourg un peu plus loin, constitue son domaine ! Ce lieu et ses alentours il les partage avec son frère Carl, le cadet. Il arrive que les gens s’arrêtent ici pour admirer le paysage, dont la vue dit-on est imprenable.

Les frères Opgard sont orphelins. À l’âge de dix-sept ans pour Roy et seize ans pour Carl, ils ont perdu leurs parents dans un accident de voiture. Leur véhicule a plongé dans le précipice à hauteur du virage des Chèvres. Roy, l’aîné des deux frères, le plus renfermé, presque bougon, s’est alors engagé pour survivre comme mécanicien dans la station-service du bourg voisin, et Carl plus ouvert, un peu fanfaron, est allé étudier aux USA puis est parti tenter sa chance au Canada.

Le sniper, le président et la triade, Chang Kuo-Li (par Jean-Jacques Bretou)

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Lundi, 06 Novembre 2023. , dans Recensions, Les Livres, Polars, La Une Livres, Folio (Gallimard)

Le sniper, le président et la triade, Chang Kuo-Li, Folio policier, août 2023, trad. chinois, Alexis Brossollet, 446 pages, 9,20 € Edition: Folio (Gallimard)

 

La République de Chine, Taïwan ou Taïpei, est séparée de la République Populaire de Chine par le détroit de Formose d’une largeur de 180 km. La république de Chine est composée de 168 îles dont la plus grande est Taïwan, c’est là que se sont réfugiés Tchang Kaï-Chek et ses troupes du Kuomintang après leur défaite contre Mao. D’abord régime sévère, l’île s’est démocratisée. Si l’état est en partie corrompu, Taïwan reste convoitée par la République Populaire de Chine. C’est sur ces 35.980 km² que ce déroule le roman de Chang. En République de Chine les élections ont lieu tous les quatre ans par suffrage démocratique direct. Le Président et le vice-Président sont élus en même temps. Le Président peut être élu deux fois.

Le livre commence alors que le Président sortant Hsü Huo-sheng mène sa campagne électorale. Il est victime d’un attentat rue Huayin à 9h17. Un tueur non identifié serait à l’origine du drame. Blessé, l’homme politique a été emmené à l’hôpital Xing’an où ses jours sont comptés.

L’oiseau qui buvait du lait, Jaroslav Melnik (par Jean-Jacques Bretou)

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Mercredi, 18 Octobre 2023. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Russie, Roman, Actes Sud

L’oiseau qui buvait du lait, Jaroslav Melnik, Actes Sud, janvier 2023, trad. russe, Michèle Kahn, 492 pages, 24,50 € . Ecrivain(s): Jaroslav Melnik Edition: Actes Sud

 

Audra Rumšaite, photographe, a reçu une commande d’un magazine féminin, elle doit prendre des photos de la ville de Vilnius en Lituanie. Nous sommes au mois d’octobre, elle gravit le mont des Trois-Croix, le jour à peine levé pour avoir une vision panoramique de la ville. Arrivée au sommet alors que le soleil commence à percer, elle aperçoit décrivant des cercles au-dessus de Vilnius un grand aigle planant toutes ailes déployées. Son premier réflexe est de vouloir saisir l’oiseau en plein vol, mais en bonne professionnelle elle plante les pieds de son appareil dans la terre et elle prend des photos du paysage à peine éclairé d’un soleil rougeoyant. Son travail achevé, elle voit dans son objectif l’oiseau continuant à décrire ses courbes dans le ciel. Là, elle le saisit puis se prépare à reprendre sa route lorsqu’elle voit à travers les feuillages une masse gisant sur le sol.

Des deux hémisphères, Françoise Cohen (par Mona)

Ecrit par Mona , le Mercredi, 11 Octobre 2023. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, L'Harmattan

Des deux hémisphères, Françoise Cohen, L’Harmattan, mars 2023, 128 pages, 14,50 € Edition: L'Harmattan

 

Françoise Cohen avait publié un petit recueil de nouvelles d’une écriture fine et sensible, L’Empreinte volée, et déjà les personnages baignaient dans un univers onirique tout empreint d’un sentiment « d’inquiétante étrangeté » où, selon le concept forgé par Freud, le familier surgit comme étranger et nous ôte toute quiétude. L’auteure publie à nouveau dix nouvelles autour de personnages expatriés, souvent d’Amérique latine, qui semblent flotter entre deux continents, entre veille et sommeil, entre une vie ordinaire et un monde extraordinaire, entre contraintes du réel et fantaisies de l’imagination. A l’instar d’un des personnages, Malena, qui préfère retirer ses lunettes de myope pour voir flou, Françoise Cohen dessine un paysage de brume. Les identités se brouillent, la narration oscille entre première, deuxième et troisième personne et une vague perturbation menace le cours des vies : la docteure, Nausicaa, s’apprête à greffer un grand brûlé et voit son père inconnu refaire surface. Un samedi, Francesca croule sous le poids de ses courses et se laisse troubler par une étrange rêverie. Une autre Francesca, en visite chez un cardiologue à Buenos Aires, reçoit un étonnant diagnostic tandis que, dans la même capitale, une famille se fait braquer.

Beauté(s), Camille Saint-Jacques, Éric Suchère (par Charles Duttine)

Ecrit par Charles Duttine , le Lundi, 09 Octobre 2023. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Arts, L'Atelier Contemporain

Beauté(s), Camille Saint-Jacques, Éric Suchère, éditions L’Atelier Contemporain, août 2023, 136 pages, 20 € Edition: L'Atelier Contemporain

 

Les déclinaisons de la beauté

Aborder la question de la beauté, c’est faire naître immanquablement toutes sortes de questions. Peut-on vivre sans elle ? Que nous apporte-t-elle ? De quelle nature est-elle ? Peut-on vraiment cerner l’essence de la beauté, dire ce qu’elle est ? Comment survient-elle ? Quel type de satisfaction nous procure-t-elle ? Quelle est sa place ? Qu’advient-il de la beauté dans un monde où l’art semble avoir été accaparé par l’univers de l’argent ? Ce sont toutes ces questions qui se voient soulevées dans cet ouvrage intitulé Beauté(s), édité par L’Atelier Contemporain. Le livre comporte dix contributions et deux entretiens, l’un avec l’anthropologue Philippe Descola et l’autre avec le philosophe Yves Michaud. Toutes ces interventions sont diverses, toutes intéressantes et enrichissantes. Impossible de rendre compte en détail de toute cette richesse et cette diversité.