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Recensions

Londres, Virginia Woolf (par Stéphane Bret)

Ecrit par Stéphane Bret , le Mardi, 30 Mai 2023. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Récits, Rivages

Londres, Virginia Woolf, Rivages, avril 2023, 204 pages, 9,20 € . Ecrivain(s): Virginia Woolf Edition: Rivages

 

Dans ce recueil des écrits consacrés à la ville de Londres par Virginia Woolf, le lecteur en quête d’informations purement touristiques en sera pour ses frais. En revanche, la description des sensations, des états d’esprit générés par des promenades impromptues dans Londres et ses quartiers les plus pittoresques nous entraîne dans les méandres de la vie intérieure de l’auteure de Mrs Dalloway. Ainsi, l’activité de courir les rues de Londres nous transforme, nous pousse à nous soumettre à des désirs inédits :

« Le soir, lui aussi, nous offre cette irresponsabilité qui vient avec les ténèbres et la lumière électrique. Nous ne sommes plus tout à fait nous-mêmes (…) Nous nous dépouillons du moi que nos amis nous connaissent et intégrons cette vaste armée républicaine des randonneurs anonymes, dont la compagnie est si agréable après la solitude de notre chambre ».

Les Bourgeois de Calais, Michel Bernard (par Stéphane Bret)

Ecrit par Stéphane Bret , le Jeudi, 25 Mai 2023. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, La Table Ronde - La Petite Vermillon

Les Bourgeois de Calais, Michel Bernard, La Table Ronde, Coll. La Petite Vermillon, avril 2023, 240 pages, 8,40 € . Ecrivain(s): Michel Bernard Edition: La Table Ronde - La Petite Vermillon

 

Quand on nomme le nom d’Auguste Rodin, on pense très spontanément à ses œuvres les plus connues, Le Penseur, ou encore L’Âge d’airain. Le roman de Michel Bernard décrit la rencontre et les liens qui se nouent au fil du récit entre Auguste Rodin, sculpteur déjà consacré et reconnu, et Omer Dewavrin, Maire de Calais. Nous sommes en 1884, à l’approche du centenaire de la Révolution. Omer Dewavrin souhaite faire ériger un monument en hommage aux Bourgeois de Calais, ces six hommes qui offrirent les clés de la ville aux Anglais pendant la guerre de Cent ans, en 1347, épargnant ainsi à la ville de Calais une probable dévastation par les troupes ennemies.

Dès la première rencontre, rue de l’Université, siège de l’atelier de Rodin, une nécessité esthétique s’impose à ce dernier : rappeler les couleurs du ciel flamand, les nuages de la mer du Nord : « Il affirma que ces hommes d’autrefois, ces Français du Moyen Âge, les avaient vus, ce ciel, ce soleil, cette mer, comme lui, comme tous les Calaisiens ».

Sur la terre des vivants, Deborah Levy-Bertherat (par Alix Lerman Enriquez)

Ecrit par Alix Lerman Enriquez , le Lundi, 22 Mai 2023. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Rivages

Sur la terre des vivants, Deborah Levy-Bertherat, Rivages, avril 2023, 384 pages, 21 € . Ecrivain(s): Déborah Lévy-Bertherat Edition: Rivages

 

Sur la terre des vivants est une fresque familiale qui retrace, à travers le vingtième siècle, la destinée des arrière-grands-parents paternels de l’auteure, Elkan et Fiete Levy, gérants d’un hospice (Altenhaus) sur les rives de l’Elbe à Hambourg et parents d’une nombreuse fratrie.

Mais ce livre évoque plus particulièrement le destin rocambolesque de leur fille cadette Irma, femme rebelle, indomptée. L’ouvrage commence d’ailleurs par le récit de sa naissance en 1903, et s’achève au soir de sa vie. Petite sœur du grand-père Kurt, Irma Levy, survivante du camp de concentration, est animée d’un caractère bien trempé et tournera toute sa vie le dos aux conventions et aux traditions. Ainsi, elle refusera de se marier comme le veut la tradition juive et gardera toujours son esprit espiègle d’enfant malgré les épreuves terribles qui jalonnent son existence comme sa détention au camp de Theresienstadt, « … la forteresse est un vaste hôpital, un asile de fous et les vingt-neuf camarades du dortoir arrivent parfois à en rire. Entre elles, pour plaisanter, elles appellent Theresienstadt : “chez Marie-Thérèse” ou “chez l’impératrice”. Elles évitent le mot humiliant de ghetto ».

Les femmes d’aujourd’hui au regard des artistes, Barbara Polla (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 19 Mai 2023. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Arts, Slatkine

Les femmes d’aujourd’hui au regard des artistes, Barbara Polla, éditions Slatkine, mars 2023, 224 pages, 28 € Edition: Slatkine

 

L’ouverture aux femmes

En découvrant le livre d’art de Barbara Polla (née en 1950 à Genève, pneumatologue, galeriste et écrivaine), je note que son premier souci est d’indiquer que « la neutralité » est dépassée par la « pluralité » des propositions identitaires et de transidentités. Comme le titre l’indique, Les femmes d’aujourd’hui au regard des artistes, l’on ne peut plus se référer à l’universel, au général, sous l’angle unique du masculin, c’est-à-dire des hommes comme auteurs. En effet, l’étude porte sur un large spectre de la multiformité des corps féminins mis en valeur par les artistes. B. Polla y étudie leur signification au vu des changements de mœurs, sans doute susceptibles de troubler la réception du public.

Le gardien de Téhéran, Stéphanie Perez (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Mardi, 16 Mai 2023. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Plon

Le gardien de Téhéran, Stéphanie Perez, éd. PLON, mars 2023, 235 pages, 20 € Edition: Plon

 

En 1967 les rues de Téhéran sont en liesse. Reza Pahlavi se fait empereur en intronisant par la même occasion l’impératrice Farah. Le peuple, lui, souffre et les opposants du régime sont traqués par la Savak. L’impératrice Farah inaugure, en grandes pompes, le Musée de Téhéran où seront exposées les toiles de plusieurs impressionnistes et des peintres modernes, tel Warhol, Pollock, etc.

Cyrus est engagé comme chauffeur pour véhiculer les œuvres. Cyrus se pose en observateur d’un monde qui change tandis que son amie Azadeh, opposante au régime, est arrêtée : « L’Iranien moyen n’a jamais assisté à un tel show dans le pays, la collision entre les deux mondes est brutale. Les souverains ne sont-ils pas déconnectés de la réalité ? Il se demande si tout ne va pas trop vite, si cet Ouest inaccessible n’est pas une vision caricaturale qu’on leur jette à la figure sans ménagement ».

L’auteure fera d’habiles raccourcis entre l’Art et la révolution qui éclate : « Le chemin tortueux de ses pensées le conduit vers la toile de Pollock et la fureur de ses taches colorées. La puissance de cette colère serait-elle en réalité celle de son peuple qui ne demande qu’à éclater ? Les couleurs en furie sont-elles prêtes à s’échapper de leur cadre étriqué ? ».