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Recensions

Mes femmes, Abbes Bahous

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Lundi, 02 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Maghreb

Mes femmes, TheBookEdition, Lille, 2012, v. papier, 163 pages, 8,79 € . Ecrivain(s): Abbes Bahous

Mes femmes est un roman qui peint les relations hommes-femmes à travers plusieurs thèmes comme l’amitié, l’amour, le mariage, et la condition féminine. Il montre notamment comment peut-on avoir peur du mariage.

Comprenant trois chapitres – Une femme de caractère, Mes femmes, Le choix de Mourad –, le roman Mes femmes est une version rapportée, fidèle malgré les nuances, de l’histoire de Yasmina et Mourad. Ces derniers se sont connus grâce à internet dans les années 2000. « C’est extraordinaire et horrifiant à la fois. Notre vie, nos rencontres, notre destin… Tout cela ne tient qu’à un fil ! » (p.4). Avec le temps, ils s’habituent l’un à l’autre et se trouvent liés par une forte amitié, transformée ensuite en un amour qui se dit et se ressent.

Depuis une vingtaine d’années, Mourad vit seul dans un appartement à Oran. Yasmina y vient de temps en temps pour le voir, mais surtout pour apaiser son âme endolorie en se confessant : lors de chaque rendez-vous elle extirpe un pan de sa vie. Agée d’une trentaine d’années, c’est une femme franche et audacieuse, « jolie, posée, calme et quasi olympienne » (p.30). Elle a été maltraitée par sa famille puis par son mari avec qui elle fermait les yeux sur beaucoup de choses, avalant même sa fierté jusqu’au jour où le divorce s’est imposé. « J’ai divorcé mentalement depuis longtemps, bien avant la séparation, des années auparavant » (p.57).

Victus, Albert Sanchez Pinol

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 31 Août 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Espagne, Actes Sud

Victus, traduit de l’espagnol par Marianne Million, mars 2013, 612 pages, 28 € . Ecrivain(s): Albert Sanchez Pinol Edition: Actes Sud

 

A la recherche du Mot


Avec Victus, Albert Sanchez Pinol fait ses adieux au réalisme fantastique tel que le lecteur a pu en faire l’expérience lors de ses lectures successives des romans tels que La peau froide ou encore Pandore au Congo. En effet, Victus est un récit fleuve où s’entremêlent le picaresque, le conte philosophique et l’odyssée.

L’intrigue se focalise sur l’histoire de la vie du dernier ingénieur-élève du célèbre Vauban. Les premières pages s’ouvrent sur la scène d’un vieillard dictant ses mémoires à sa gouvernante autrichienne :

« L’idiote qui transcrit mes paroles est une Autrichienne appelée Waltraud Je-ne-sais-quoi ».

Le baiser, en voie de disparition ?, Zorica Tomić

Ecrit par Jean-François Vernay , le Samedi, 31 Août 2013. , dans Recensions, Les Livres, Essais, La Une Livres, Pays de l'Est, L'Âge d'Homme

Le baiser. En voie de disparition, traduction de Vladimir André Cejovic, juin 2013, 216 pages, 17 € . Ecrivain(s): Zorica Tomić Edition: L'Âge d'Homme

Comme dit la chanson,

Tout tout tout

Vous saurez tout sur le baiser

Le pressant, le palpitant

Le total, le contournant

Le transféré, le soulevé

celui de la langue pénétré

Le gros horizontal

Le p’tit nominal

Le grand érotique

Le très discret aquatique

Tout tout tout tout

61 heures, Lee Child

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 31 Août 2013. , dans Recensions, Les Livres, Polars, La Une Livres, Iles britanniques, Calmann-Lévy

61 heures (61 hours, 2010), traduit de l’anglais (GB) par William Olivier Desmond, janvier 2013, 457 pages, 21,90 € . Ecrivain(s): Lee Child Edition: Calmann-Lévy

Dernier volume en date traduit en français mettant en scène l’indestructible Jack Reacher, 61 heures voit son héros échouer par hasard en pleine tempête de neige dans une bourgade perdue du Dakota du Sud. Bolton, ville qui s’est considérablement développée grâce à l’installation d’un complexe pénitentiaire, vit des moments difficiles. En effet, alors que la tempête fait rage, les services de police ont bien du mal à assurer la sécurité d’un témoin qui doit prochainement déposer devant un tribunal pour expédier en prison les dirigeants d’une bande de bikers spécialisée dans la fabrication de drogue de synthèse. Or, il semblerait qu’un narcotrafiquant mexicain ayant des intérêts dans l’affaire veuille se débarrasser de ce frein à son expansion.

Il y avait longtemps que le hasard, qui fait bien les choses, n’avait pas comploté pour coller Jack Reacher dans le pétrin. Ou plutôt pour coller ceux que croise Jack Reacher dans le pétrin… parce que bon, rappelons ici à ceux qui ne le connaîtraient pas encore, que Jack Reacher est un peu la version intelligente de Chuck Norris et qu’on ne la lui fait pas. On le verra donc ici porter secours à un groupe de retraités coincés dans un bus, envoyer en quelques secondes deux bikers à l’hôpital, faire baisser les yeux à cinquante autres, retrouver un fugitif par téléphone grâce à ses exceptionnelles capacités de déduction et, à l’occasion, expédier quelques méchant ad patres.

Plaidoyer pour un renouveau de l'émotion en littérature, Jean-François Vernay

Ecrit par Laurence Biava , le Vendredi, 30 Août 2013. , dans Recensions, Les Livres, Essais, La Une Livres

Plaidoyer pour un renouveau de l’émotion en littérature, Editions Complicités, Printemps 2013 . Ecrivain(s): Jean-François Vernay

Le propos de Jean-François Vernay repose sur un constat : le développement des neurosciences qui est conduit depuis une vingtaine d’années valorise l’émotion et apporte de nouveaux éclairages sur l’espace sensible du cognitif. De l’espace émotionnel à l’espace littéraire, des ouvertures se créent. Alors, se profile un vaste chantier pour redonner à la littérature ses lettres de noblesse contemporaines. Pour retrouver le plaisir d’enseigner la littérature, pour retrouver le plaisir d’apprendre la littérature, afin d’instruire des Lettres qui constituent un défi pour les années à venir. Il nous invite à lire son texte singulier, richement référencé via un corpus littéraire, philosophique et psychanalytique appartenant à la « tradition » du XXe siècle.

Il s’interroge d’abord sur les multiples possibilités de lecture, car la littérature offre un espace riche de possibilités en suggérant plutôt qu’en énonçant ou en dénonçant. Pour Jean-François Vernay – c’est écrit noir sur blanc –, il existe un lecteur amateur, et un lecteur professionnel, là où Umberto Eco parle de lecteur critique, c’est-à-dire toute personne soumise à une obligation de lecture quel que soit le contexte, quand le lecteur amateur fait davantage office de lecteur sémantique, assujetti à l’empire du contexte socio-économique, dont le but de lire ne couvre d’autre ambition que « d’avoir voulu se saisir d’un livre pour comprendre ce qui se passe et se divertir ».