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Recensions

Jardin sauvage et autres parcs parisiens (par Olivia Guérin)

Ecrit par Olivia Guérin , le Mercredi, 23 Septembre 2026. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Gallimard, Arts, Cette semaine

Jardin sauvage et autres parcs parisiens Hervé Le Tellier (textes), Alexandre de Broca (peintures), Sylvain Moser (musique) Gallimard, mai 2026, 26 euros Edition: Gallimard

 

Voilà un ouvrage atypique dans le paysage éditorial : Jardin sauvage et autres parcs parisiens constitue une oeuvre à trois voix, celles d'un écrivain, Hervé Le Tellier, d'un peintre, Alexandre de Broca, et d'un musicien, Sylvain Moser. Les trois complices emmènent avec eux le lecteur dans une flânerie à travers quinze parcs parisiens, tentant de rendre compte de manière synesthésique d'impressions ressenties dans ces jardins. Du point de vue de la matérialité de l'ouvrage, les textes d'Hervé Le Tellier sont accompagnés de peintures et de partitions musicales; le lecteur peut même scanner des QR codes pour écouter les compositions musicales. Ici, je ne commenterai que le versant littéraire de l'ouvrage.

Après L'Anomalie (Prix Goncourt 2020) et Nom sur le mur (2024), on n'attendait pas forcément Hervé Le Tellier au coin d'un jardin public. Mais il relève assez bien le défi.

Rock West Coast, Steven Jezo-Vannier (par Guy Donikian)

Ecrit par Guy Donikian , le Mardi, 22 Septembre 2026. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Arts, Le Mot et le Reste, Cette semaine

Rock West Coast, Steven Jezo-Vannier, éditions le Mot et le Reste, 568 pages, parution 21 aout 2026, 32 euros. Edition: Le Mot et le Reste


L’ouvrage a été publié en 2014 et Le Mot et le Reste le réédite en 2026. Son objet, le rock sur la côte ouest des USA.

La Californie est pour l’auteur, Steven Jezo-Vannier le lieu où tant de révolutions, de fusions, d’innovations musicales virent le jour. Il nous rappelle donc en quelques lignes ce qui fit la richesse économiques de la région ; l’or tout d’abord , l’agriculture en raison d’un climat exceptionnel, puis évidemment le pétrole. Sans oublier que ce jeune état, créé en 1850, abolit l’esclavage, ce qui en fait une terre de tolérance. Hollywood va participer à la vision idyllique de la Californie et les musiciens vont trouver dans la région un terrain idéal pour la création musicale. Et ceci explique le succès de « California Dreamin » des Mamas et Papas qui exposent l’idée d’une Californie de rêve, avec surf, belles voitures, jolies filles et rock’n roll.

Il fait chaud à Tanger au printemps, Françoise Cohen (par Mona)

Ecrit par Mona , le Mardi, 15 Septembre 2026. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, L'Harmattan, Cette semaine

Il fait chaud à Tanger au printemps, Françoise Cohen, Editions L’Harmattan, avril 2026, 96 pages, 13 € Edition: L'Harmattan

 

Françoise Cohen écrit des histoires d’ombres et d’âmes tourmentées et son dernier petit recueil de nouvelles possède une veine intimiste à caractère autobiographique. Le titre, Il fait chaud à Tanger au printemps, vient d’une phrase anodine prononcée par sa défunte mère. La narratrice, Francesca, porte le deuil d’une mère « passeuse d’histoires ». Hantée par une mystérieuse photo de sa famille maternelle prise à Tanger dans les années 40, elle décide de se faire conteuse à son tour. La transmission apparaît l’enjeu majeur du récit : s’inscrire dans la filiation « d’une famille de mémorialistes ou chroniqueurs de vie intime » et « offrir sa traversée du temps à ses descendants ».

Le « voile de tristesse » qui recouvre les cinq personnages présents sur le cliché sert d’élément déclencheur au récit. Cette « mélancolie couleur sépia » infuse délicatement tout le recueil rythmé par le leitmotiv de la perte. Le livre s’ouvre sous le signe de l’absence : « elle n’est plus ». Il manque la mère et, sur la photo, il manque aussi sa petite sœur morte en bas âge. L’expérience, à la fois familière et étrange, du deuil maternel renvoie à d’autres deuils jamais accomplis. Une faille mélancolique lézarde le bel édifice familial et la narratrice raconte ses tentatives pour retrouver les pièces manquantes du puzzle familial non sans un léger suspense (« un drame à venir et un drame passé sont ici en jeu. Le drame à venir, il n’est pas encore temps de le révéler »).

Blue moon in Kentucky, Jim Harrison (par Marie-Pierre Fiorentino)

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Jeudi, 03 Septembre 2026. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, USA, Nouvelles, Cette semaine

Blue moon in Kentucky, Jim Harrison, traduit de l’anglais (États-Unis) par Brice Matthieussent, Héros-Limite, août 2025, 90 pages, 18 euros. . Ecrivain(s): Jim Harrison


La couverture blanche de l’ouvrage, nuages et chevaux à l’encre violette dont les yeux, les naseaux, les crins sont nettement tracés, évoque autant le milieu dans lequel se déroule l’intrigue que le caractère de son héros, Owen, insaisissable par tout autre qu’une personne assez proche pour le rassurer, assez humble pour le laisser déployer librement ses passions.

Tel est Wendell. Admirant son cousin, orphelin à cinq ans et élevé avec lui, dresser une pouliche, Wendell avoue un indéfectible sentiment : « J’ai senti une violente bouffée d’affection et je me suis encore demandé pourquoi cet homme courageux, charmant et amoureux de la vie cravachait aussi dur vers le précipice de la folie. »

La plupart des entreprises d’Owen semblent pourtant réussir, à commencer, dès l’adolescence, auprès des femmes. Wendell, sage et renommé juriste, fidèle à l’ennuyeuse Patricia, en est un peu étourdi : « Cette nature sexuelle des femmes est toujours une énigme pour moi, et j’ai découvert en grandissant qu’Owen la comprenait très bien. »

Histoire de Sindbad le Marin, un conte des Mille et Une Nuits (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mercredi, 02 Septembre 2026. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Pays arabes, Zulma, Contes, Cette semaine

Histoire de Sindbad le Marin, un conte des Mille et Une Nuits, trad. J. C. Mardrus, 160 p., en librairie le 2 juillet 2026, éd. Zulma, 9,95€ Edition: Zulma

 

L’Histoire de Sindbad le Marin (racontée par Schahrazade entre la 290ème et la 316ème nuit), l’un des contes parmi les plus connus des Mille et Une Nuits, est un morceau d’anthologie. C’est par le récit d’« un homme appelé Sindbab le Portefaix (…) un homme pauvre de condition et qui avait coutume, pour gagner sa vie, de porter des charges sur sa tête », que Schahrazade débute son nouveau conte. Accablé de chaleur, Sindbab le Portefaix s’arrête devant la porte d’un riche marchand, et fait entendre son malheur sous forme d’un poème en vers improvisé. Le riche marchand, Sindbad le Marin, (sachant que Sindbad est un prénom porté par deux personnages différents), ému de ces doléances, l’invite à se rafraîchir en son opulente demeure.