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Recensions

Polaroïds, Marie Richeux

Ecrit par Grégoire Meschia , le Samedi, 09 Novembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Poésie, Récits, Sabine Wespieser

Polaroïds, octobre 2013, 158 pages, 17 € . Ecrivain(s): Marie Richeux Edition: Sabine Wespieser

 

Les Polaroïds, ce sont d’abord des chroniques radiophoniques de Marie Richeux. Des morceaux de vie qu’elle raconte de sa douce voix dans Pas la peine de crier, l’émission qu’elle présente et produit sur France Culture dans le creux de l’après-midi. L’exercice est déjà poétique. Il s’agit en fait de raconter une image, de voir ce qu’une photographie peut dire. Comme des ekphraseis, des descriptions qui bougent autour d’un foyer lumineux.

Pourquoi des polaroïds ? En bon préfacier, Georges Didi-Huberman tente une théorisation de la pratique en revenant sur la racine du mot « polaroïd » qu’il rattache au verbe « polariser » :

« Polaroïds, donc : “se polariser” sur la texture des choses. S’approcher, se pencher, donner sa place au minuscule. Mais aussi, “polariser” les rapports que chaque chose entretient avec ses voisines : se déplacer, faire changer l’incidence de la lumière, donner sa place à l’intervalle ».

A chacun sa mort, Ross McDonald

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 18 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Gallmeister

À chacun sa mort (The Way Some People Die, 1951), traduit de l’anglais (USA) par Jacques Mailhos, mai 2013, 301 pages, 10 € . Ecrivain(s): Ross McDonald Edition: Gallmeister

 

Troisième volet des enquêtes du privé Lew Archer, À chacun sa mort fait provisoirement quitter au héros de Ross Macdonald les sphères de la haute société californienne sans pour autant l’extraire des affaires liées à des relations familiales perturbées.

Engagé par une veuve sans le sou dont la fille, Galatea, infirmière de son état et particulièrement séduisante, a disparu depuis plusieurs semaines, Archer se trouve entraîné dans une affaire qui voit s’accumuler meurtres et manipulations des quartiers résidentiels en déshérence, de Santa Monica aux bouges de San Francisco, en passant par les luxueuses villas de Palm Springs.

Séduit par la beauté de la jeune fille à la recherche de laquelle il se lance autant que par la glorieuse incertitude de l’enquête (« J’éprouvais cette espèce d’excitation plus visionnaire que divinatoire qui vous transporte lorsque tout peut arriver, et arrivera sans doute »), Archer se lance donc de nouveau tête baissée dans une affaire dans laquelle il pourrait laisser quelques plumes.

Sens interdits, collectif Ipagination

Ecrit par Patryck Froissart , le Mardi, 17 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Nouvelles, Ipagination

Sens interdits, novembre 2012, 120 pages, édition brochée 12,66 €, édition numérique 7,49 € . Ecrivain(s): Collectif Edition: Ipagination

 

Dix auteurs pour dix nouvelles, et autant de variations sur un même thème : le recueil qu’offre cette jeune et dynamique maison d’édition sous le label Ipagination constitue un éventail remarquable de créativité narrative à partir des multiples éléments que peut contenir le vaste champ sémantique du mot « sens ».

Proposer à des nouvellistes de concourir sur tous les sens du terme relevait, d’entrée de jeu, de la malice littéraire.

Les dix textes de ce recueil, sélectionnés par un comité de lecture au sens critique reconnu, réuni pour la circonstance par Ipagination Editions-Nouvelles, constituent un bouquet littéraire qui part dans tous les sens sans être pour autant un pot-pourri assemblé en dépit du bon sens. Au contraire, le sens de chaque pièce s’ajoutant à celui de toutes les autres, il se dégage de l’ensemble un sens global évident : le mot « sens », comme de multiples lexèmes, contient en son cœur sémantique une infinité de sens possibles.

Ecrivains de Turquie, Sur les rives du soleil

Ecrit par Adrien Battini , le Lundi, 16 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Anthologie, Galaade éditions

Ecrivains de Turquie, Sur les rives du soleil, 22 août 2013, 352 pages, 24 € Edition: Galaade éditions

 


Depuis quelques années les éditions Galaade ont fait le pari de la littérature turque, en faisant notamment parvenir au lectorat francophone les plus intéressantes de ses plumes contemporaines. Pour cette rentrée littéraire, l’éditrice voit les choses en anthologique en publiant Ecrivains de Turquie, Sur les rives du soleil.

Seize écrivains, dix-neuf nouvelles pour un peu moins de 340 pages (en comptant introduction et avant-propos) composent cette anthologie. Sur les auteurs mis en avant, certains grands noms brillent par leur absence. Si l’on peut penser qu’Orhan Pamuk ou encore Elif Şafak n’ont plus besoin d’être présentés, il est dommage que Yaşar Kemal ou Ahmet Hamdi Tanpınar n’aient pu trôner dans le recueil, ne serait-ce que pour leur influence manifeste dans l’histoire littéraire dans leur pays. Rendons tout de même hommage à Galaade qui aura su réunir pas moins de trois générations d’écrivains.

Albert Camus, fils d’Alger, Alain Vircondelet

Ecrit par David Campisi , le Lundi, 16 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, Essais, La Une Livres, Fayard

Albert Camus, fils d’Alger, 2013, 456 pages, 10 € . Ecrivain(s): Alain Vircondelet Edition: Fayard

 

Qui était Albert Camus avant de devenir Albert Camus ? A quoi ressemblait le petit gosse des ruelles algéroises lorsqu’il n’était qu’un enfant ? Où vivait-il ? Quelle était sa vie ?

Tant de questions auxquelles Alain Vircondelet tente d’apporter des réponses par le prisme de la terre, le prisme du sol et du soleil. Lui qui vient d’Alger à l’instar de Camus, c’est par le ciel et la « chaleur énorme » qu’il va nous proposer une lecture de la vie d’Albert Camus, écrivain et philosophe, comédien et journaliste. Lui qui a grandi dans les mêmes rues, fréquenté les mêmes écoles et les mêmes plages, éprouvé le même soleil et caressé les mêmes absinthes, c’est une proposition très « littéraire » de la vie de Camus qui nous est fournie dans cette biographie qui, sans les nier toutefois, met de côté les grandes œuvres littéraires et philosophiques de Camus pour rester focalisé sur les terres où il a grandi.

Alain Vircondelet, usant d’une sémantique très proche des œuvres camusiennes, va peu à peu s’effacer dans le récit pour faire parler Camus, et c’est parfois le grand écrivain que nous lisons entre les mots dans deux styles très proches qui s’enlacent et se confondent. Le récit est presque un hommage au style, une tentative d’imitation réussie et troublante.