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Recensions

Le cycliste de Tchernobyl, Javier Sebastián

, le Mercredi, 04 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Espagne, Métailié, La rentrée littéraire

Le cycliste de Tchernobyl, traduit de l’espagnol par François Gaudry, 5 septembre 2013, 208 p., 18 € . Ecrivain(s): Javier Sebastián Edition: Métailié

 

Il est des hommes qui ont traversé le siècle précédent à la trajectoire purement romanesque. C’est probablement ce qu’a dû penser Javier Sebastián lorsqu’il s’est penché sur la biographie du physicien Vassili Nesterenko dont il tire la présente fiction. Plus précisément, l’écrivain espagnol a tissé son récit autour de trois périodes correspondant en quelque sorte aux trois états mentaux d’un homme marqué au plus profond de sa psyché par la catastrophe nucléaire de 1986.

En respectant la continuité historique, nous aurions l’expert en physique nucléaire qui doit faire face aux immédiates retombées de l’explosion, puis le cycliste qui sillonne une zone de Tchernobyl toujours irradiée mais repeuplée, et enfin le vieil homme traumatisé et perdu dans un Paris qui lui est irrémédiablement étranger. Du fait de son maillage singulier, Le cycliste de Tchernobyl est composé comme une fugue aux trois voix qui s’alternent, se répondent et reconstruisent progressivement le drame de cet homme jusqu’à la coda, sublime et bouleversante.

Riviera, Mathilde Janin

, le Mercredi, 04 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Actes Sud, La rentrée littéraire

Riviera, 24 août 2013, 217 pages, 19 € . Ecrivain(s): Mathilde Janin Edition: Actes Sud

Il est des livres qui vous marquent, vous accrochent, jusqu’à devenir une partie de vous. Il est des livres que l’on n’oublie jamais, et dont on se rappelle plus tard, tel un vieux souvenir. Des livres qui vous remuent les tripes, et d’autres qui vous donnent la nausée, ou qui du moins, vous ennuient. L’ennui, peut-être le pire des défauts d’un livre, quand c’est plat, quand c’est lisse et enlisé dans l’inaction, le tout brodé dans les grosseurs d’un style flegmatique. Riviera ne donne pas la nausée, mais est terriblement ennuyeux, lisse, et plat. Et flegmatique. Riviera représente parfaitement cette tranche de la littérature dite « contemporaine » qui ingère les codes sans les digérer, et qui laisse penser que la littérature souffre aujourd’hui d’une certaine forme de boulimie.

Pourtant, Riviera en mains, on part avec de bons a priori : un road-book « composé comme un album rock » si l’on en croit la quatrième de couverture. Hélas, premier hic, on ne voit pas très bien où se situe l’esthétique « rock » de ce roman, qui s’apparente davantage à un best-of de Nicole Croisille qu’à un album des Pink Floyd. Parce qu’il ne suffit pas de parler musique, labels et concerts, d’enfiler les titres comme des perles insignifiantes et de bombarder son récit de drogues diverses ou d’anxiolytiques, pour que ce soit qualifiable de « rock » ; ne faut-il pas, avant tout, que ce soit « rock » dans le verbe ? Ou du moins, que ce soit un peu osé dans les choix stylistiques ?

Guerriers amoureux, Jean-Louis Costes

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 03 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman

Guerriers amoureux, Editions Eretic, avril 2013, 286 pages, 17 € . Ecrivain(s): Jean-Louis Costes

 

 

Costes, le phénomène ! ça fait longtemps que j’en entends parler, que j’ai vu quelques vidéos, visité son site, mais ce qui m’a aidée à comprendre (je ne comprenais pas) c’est de l’entendre parler lui et lire des interviews. Aussi, récemment j’ai eu envie de lire un de ses livres, le dernier donc qui est sorti en avril, alors je l’ai contacté et il me l’a gentiment envoyé en SP (service de presse). Pure curiosité et toujours ce besoin de comprendre, la marge m’a toujours attirée, car je sais les trésors de beauté et de tendresse qu’elle peut cacher sous des apparences ultra rebutantes, mais je vous préviens, c’est vraiment pas à mettre entre toutes les mains ! L’expérience en tout cas est des plus intéressantes et heureusement on se marre quand même malgré… TOUT, car il y a des moments on exploserait bien le bouquin contre un mur.

Mes femmes, Abbes Bahous

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Lundi, 02 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Maghreb

Mes femmes, TheBookEdition, Lille, 2012, v. papier, 163 pages, 8,79 € . Ecrivain(s): Abbes Bahous

Mes femmes est un roman qui peint les relations hommes-femmes à travers plusieurs thèmes comme l’amitié, l’amour, le mariage, et la condition féminine. Il montre notamment comment peut-on avoir peur du mariage.

Comprenant trois chapitres – Une femme de caractère, Mes femmes, Le choix de Mourad –, le roman Mes femmes est une version rapportée, fidèle malgré les nuances, de l’histoire de Yasmina et Mourad. Ces derniers se sont connus grâce à internet dans les années 2000. « C’est extraordinaire et horrifiant à la fois. Notre vie, nos rencontres, notre destin… Tout cela ne tient qu’à un fil ! » (p.4). Avec le temps, ils s’habituent l’un à l’autre et se trouvent liés par une forte amitié, transformée ensuite en un amour qui se dit et se ressent.

Depuis une vingtaine d’années, Mourad vit seul dans un appartement à Oran. Yasmina y vient de temps en temps pour le voir, mais surtout pour apaiser son âme endolorie en se confessant : lors de chaque rendez-vous elle extirpe un pan de sa vie. Agée d’une trentaine d’années, c’est une femme franche et audacieuse, « jolie, posée, calme et quasi olympienne » (p.30). Elle a été maltraitée par sa famille puis par son mari avec qui elle fermait les yeux sur beaucoup de choses, avalant même sa fierté jusqu’au jour où le divorce s’est imposé. « J’ai divorcé mentalement depuis longtemps, bien avant la séparation, des années auparavant » (p.57).

Victus, Albert Sanchez Pinol

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 31 Août 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Espagne, Actes Sud

Victus, traduit de l’espagnol par Marianne Million, mars 2013, 612 pages, 28 € . Ecrivain(s): Albert Sanchez Pinol Edition: Actes Sud

 

A la recherche du Mot


Avec Victus, Albert Sanchez Pinol fait ses adieux au réalisme fantastique tel que le lecteur a pu en faire l’expérience lors de ses lectures successives des romans tels que La peau froide ou encore Pandore au Congo. En effet, Victus est un récit fleuve où s’entremêlent le picaresque, le conte philosophique et l’odyssée.

L’intrigue se focalise sur l’histoire de la vie du dernier ingénieur-élève du célèbre Vauban. Les premières pages s’ouvrent sur la scène d’un vieillard dictant ses mémoires à sa gouvernante autrichienne :

« L’idiote qui transcrit mes paroles est une Autrichienne appelée Waltraud Je-ne-sais-quoi ».