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Recensions

Les perroquets de la place d’Arezzo, Eric-Emmanuel Schmitt

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 10 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Albin Michel

Les perroquets de la place d’Arezzo, 21 août 2013, 735 pages, 24,90 € . Ecrivain(s): Eric-Emmanuel Schmitt Edition: Albin Michel

 

Bruxelles, Place d’Arezzo, de nos jours. Un espace de forme circulaire, au sol gazonné tacheté d’excréments aviaires, abritant platanes et rhododendrons avec, pour locataires, une foule de psittacidés aux couleurs vives, ayant élu domicile au faîte des arbres. Leurs couleurs chatoyantes et folles contrastent avec la grisaille des toits d’ardoise des habitations « en pierres et briques de style versaillais » ceinturant le square. Les habitants du quartier, tout dévoués à leurs préoccupations familiales, professionnelles et surtout, sexuelles, mènent, chacune et chacun, dans leur univers, secret ou caché, une existence plus ou moins conventionnelle, selon un ordre de priorités qui leur est propre.

Prior tempore, potior iure : Zachary Bidermann. « À neuf heures six du matin, dans son hôtel particulier place d’Arezzo, il avait déjà fini une demi-journée ; levé à cinq heures, il avait décortiqué plusieurs dossiers, écrit dix pages de synthèse et délimité avec Henry ses actions prioritaires. Doté d’une santé de fer nécessitant peu de sommeil, ce géant répandait une énergie qui provoquait l’émerveillement universel et lui avait permis d’accéder, lui, économiste de formation, aux plus hauts postes du pouvoir européen ». Epoux de Rose, fille unique d’un industriel prospère, il règle son emploi à la minute près, secondé en cela par sa secrétaire, Madame Singer.

Qui chante pour Lu ?, Alan Duff

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 10 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Actes Sud, Océanie

Qui chante pour Lu ?, traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Pierre Furlan Mai 2013, 380 pages, 23 € . Ecrivain(s): Alan Duff Edition: Actes Sud

 

Lu est belle, très belle. Mais elle ne veut pas le croire. Au contraire, elle se trouve laide, repoussante. Et cela parce que son oncle n’a pas cessé de lui répéter qu’elle était moche. Son oncle qui, toute son enfance, a sexuellement abusé d’elle.

« La culpabilité l’accompagnait comme un camarade non désiré et revenait dans ses rêves nocturnes. Chaque nuit. Dans ses rêves, Lu était punie de n’être qu’une fille ordinaire de Wooloo : on l’exhibait devant tout le lycée ou dans sa rue parce que, braillait le cœur nocturne : “TU COUCHES AVEC TON ONCLE !” Le jour, elle se baladait comme anesthésie, avec son unique compagne, la culpabilité ».

Lu travaille comme serveuse dans un kebab. Un jour, elle rencontre Rocky. Une armoire à glace d’une force redoutable. Ils deviennent amis. Lu l’apprécie d’autant plus qu’il « n’essayait jamais de fourrer sa bite, sa langue ou son doigt dans [s]es orifices ». Elle en vient à le considérer comme un grand frère. Mais bientôt, il se retrouve mêlé à une bagarre et va en prison.

Nébuleuses, Andréas Becker

Ecrit par Adrien Battini , le Lundi, 09 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Editions de la Différence

Nébuleuses, 29 août 2013, 176 pages, 15 € . Ecrivain(s): Andreas Becker Edition: Editions de la Différence

 

Si les lecteurs qui franchissent les librairies de France et de Navarre sont régulièrement en quête de romans où le happy ending côtoie le chatoiement sentimental, certains écrivains rappellent que c’est dans la noirceur la plus pure que se forgent les textes les plus marquants. Déjà auteur l’an passé de l’hypnotique et torturé L’Effrayable, Andreas Becker s’invite à nouveau dans la rentrée littéraire pour mieux bousculer les lectures routinières.

Une fois Nébuleuses refermé, impossible de faire l’abstraction de toute comparaison avec L’Effrayable. On retrouvera sensiblement cette même structure construite autour d’un narrateur contraint de se délivrer, de littéralement accoucher du récit personnel afin de libérer le corps et la mémoire d’un passé/passif qui le ronge. Nébuleuses consacre ici le récit à la première personne d’une femme que Becker situe presque hors du temps, et qui dissèque tour à tour son quintet familial oppressant et destructeur : sa mère, son père, son fils, son copain, sOn amOur (en respectant la typographie Beckerienne).

La longue attente de l’ange, Melania G. Mazzucco

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 07 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Flammarion, La rentrée littéraire, Italie

La longue attente de l’ange, traduit de l’Italien par Dominique Vittoz, 4 septembre 2013, 445 pages, 22 € . Ecrivain(s): Melania G. Mazzucco Edition: Flammarion

 

Le roman du Tintoret


Publié en 2008 en Italie sous le titre La Lunga Attesa dell’ Angelo, ce roman est pour la première fois traduit en français par Dominique Vittoz et publié chez Flammarion.

Il s’agit d’un récit de la vie du peintre célèbre Jacopo Robusi, dit Le Tintoret, qui a vécu à Venise de 1518 à 1594. Il est considéré comme l’un des Maîtres de la peinture italienne de la Renaissance. Les critiques et historiens d’art l’associent au courant maniériste de l’école vénitienne.

Le roman commence vers la fin de vie du peintre. Âgé, celui-ci est sur son lit de mort. Il est en proie à la fièvre depuis quinze jours. La structure du roman suit la progression de la maladie menant le Maître inexorablement vers la mort.

Le soleil à mes pieds, Delphine Bertholon

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 06 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Jean-Claude Lattès, La rentrée littéraire

Le soleil à mes pieds, 21 août 2013, 187 pages, 16 € . Ecrivain(s): Delphine Bertholon Edition: Jean-Claude Lattès

 

Deux sœurs, la grande et la petite…

Aujourd’hui, la petite est la plus grande des deux. Grande, très grande. […]. La grande, elle, est minuscule.

Elles ont grandi ensemble, comme des sœurs normales.

Elles ont vécu ensemble, mais cela n’était plus dans la normalité, des jours et des jours durant, près du cadavre de leur mère, cloîtrées dans leur appartement, et puis, une fois découverte l’horreur de cette macabre situation, ont été placées dans le même foyer jusqu’à leur majorité.

La majeure partie du roman, à l’exception de retours ponctuels sur le passé, se déroule alors que la petite vient d’avoir 22 ans.

La grande et la petite sont névrotiques.