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Absolution, Yrsa Sigurdardottir (par Jean-Jacques Bretou)

Ecrit par Jean-Jacques Bretou 07.09.20 dans La Une Livres, Critiques, Actes Noirs (Actes Sud), Les Livres, Polars, Pays nordiques, Roman

Absolution, Yrsa Sigurdardottir, juin 2020, trad. Catherine Mercy et Véronique Mercy, 384 pages, 23 €

Edition: Actes Noirs (Actes Sud)

Absolution, Yrsa Sigurdardottir (par Jean-Jacques Bretou)

 

Peu de temps après qu’un crime a été commis, la police islandaise en visionne le film enregistré par les caméras de surveillance. On entre brutalement dans une histoire qui donne froid dans le dos. Stella, une jeune femme, travaille comme ouvreuse dans une salle de cinéma. À la fin de son travail, on la voit devant une grande silhouette en carton en train de manipuler son téléphone portable pour faire des selfies puis, elle disparaît des caméras sans doute pour se diriger vers les toilettes. Sur la vidéo, on peut apercevoir, la suivant discrètement et disparaissant en même temps, une personne déguisée en Dark Vador. L’individu déguisé réapparaît sur un autre plan pris dans le couloir menant à l’issue de secours. Dark Vador traîne Stella gisant sur le sol en la tirant par la cheville, il s’arrête, fixe du regard un extincteur, le décroche et l’abat de toute ses forces sur la tête de la jeune femme. On voit le corps se convulser puis le sang s’échapper du crâne de Stella.

La brigade dont Huldar est l’enquêteur principal est chargée de l’affaire. L’analyse des téléphones portables nous apprend que peu de temps avant son assassinat Stella avait reçu un mystérieux message d’un certain « Bara 13 » : « À tout à l’heure ! », accompagné d’une photo de la jeune femme en train de travailler dans le cinéma. D’autre part, on s’aperçoit très vitre que toutes les jeunes filles fréquentant la même classe que Stella ont reçu, via l’application Snapchat, une horrible vidéo de Stella en train de se faire fracasser la tête sur la porcelaine des toilettes. C’est l’émoi dans toute la communauté scolaire. Tou(te)s les élèves de l’école primaire, c’est-à-dire en Islande les élèves jusqu’à seize ans dont Stella faisait partie, sont sous le choc. D’autant qu’à côté de la dépouille de Stella les enquêteurs ont trouvé écrit sur du papier un grand 2 auquel va suivre avec un autre cadavre un grand 3. Où est le grand 1 ? L’assistante sociale de la protection de l’enfance, Freyja, va s’associer à Huldar pour élucider cette énigme.

Ce roman prend comme thème un sujet de société, ici le harcèlement, qui va être décliné sous sa forme la plus extrême puisqu’il s’agit du harcèlement en milieu scolaire auquel vient s’associer le réseau social Snapchat pour donner une dimension plus aiguë au phénomène. C’est un livre très dur où l’ambiance est particulièrement tendue que ce soit celle existant entre les élèves où celle circulant entre adultes, ceux du commissariat y compris. Si les premiers chapitres plutôt courts se lisent bien malgré leur coloration pourpre la fin est un peu pesante. On a l’impression, alors que tout semble joué d’avance, que l’auteure peine un peu et s’emmêle dans l’énigme qu’elle a créée. Néanmoins, peut-être grâce à sa dimension sociologique ce livre se lit très bien, même s’il est peut être bon de recommander la lecture des autres ouvrages de la même auteure, appartenant à la même série, pour se familiariser avec les personnages.

 

Jean-Jacques Bretou

 

Lauréate de l’Icelandic Crime Fiction Award en 2011 et 2014, Yrsa Sigurdardottir est l’un des auteurs de polars majeurs de la scène littéraire islandaise. Chez Actes Sud ont paru ses romans : Indésirable(2006), ADN (2018), et Succion (2019).

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Jean-Jacques BRETOU est traducteur.