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Science-fiction

Super triste histoire d'amour, Gary Shteyngart

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 24 Avril 2012. , dans Science-fiction, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, L'Olivier (Seuil)

Super triste histoire d’amour (Super sad true love story. Trad. de Stéphane Roques) Mars 2012. 408 p. 24 € . Ecrivain(s): Gary Shteyngart Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Il y a maldonne. En septembre dernier on nous annonçait à sons de trompe « le grand livre sur l’Amérique d’aujourd’hui » avec le « Freedom » de Franzen. Livre laborieux, long, finalement assez insignifiant. Eh bien il est là ce livre « de » et « sur » l’Amérique, avec ce tonitruant roman « de SF » de Shteyngart !

De SF  dit-on ? Science-Fiction ? Il fut un temps, naguère, où on disait « anticipation » et dans le cas de ce roman le terme est tellement plus juste ! Anticipation, à peine … Et la puissance tellurique de ce livre c’est ça : l’à-peine décalage dans le temps. Oui, c’est de la fiction, mais une fiction tellement ancrée dans les fondements aveuglants du présent, qu’elle en extrait la quintessence. A la manière d’une fable philosophique, ce roman d’anticipation dresse un tableau saisissant de ce qui nous attend ou, plus exactement, de ce qui nous arrive !

Lenny Abramov, Juif américain presque quadra est tombé amoureux, lors d’une année sabbatique à Rome en l’An … , d’une très jeune coréenne, Eunice Park. Lui qui travaille pour  « les services post-humains » de la Staatling-Wapachung, entreprise US qui a pour objet la production de … l’immortalité, rien moins ! Belle injection de jouvence que cette fille, menue, drôle et prototype tonique de son temps.

Ailleurs et sur la Terre, Jacques Sternberg

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Vendredi, 23 Mars 2012. , dans Science-fiction, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Mijade

Ailleurs et sur la Terre, novembre 2011, 270 pages, 12 € . Ecrivain(s): Jacques Sternberg Edition: Mijade


« Tu es quelqu’un de bien » entend-on souvent ; quelqu’un de bien, vraiment ? A en croire Jacques Sternberg, nous serions plutôt quelqu’un de « pire » au point d’être considérés par l’auteur comme les créatures les plus odieuses et les plus exsangues de sentiments de toutes les galaxies.

Ailleurs et sur la Terre est une anthologie de nouvelles publiées entre 1958 et 1995, par Jacques Sternberg, un des rares auteurs de science-fiction de langue française à la réputation internationale.

Maître de la démonstration par l’absurde, Jacques Sternberg n’a de cesse de prouver à son lecteur que le monde sans l’homme est finalement bien plus policé et fréquentable qu’avec la présence de celui qui a inventé les notions de société, de respect ou de droits de l’homme. Quoique… ces derniers soient bien appliqués puisqu’il ne s’agit en somme que de conquérir des terres peuplées d’êtres non-humains, donc non éligibles à l’application d’un traité quelconque. C’est qu’ainsi, avec une grande ironie – parfois amusée, parfois désabusée voire désespérée – que l’auteur nous renvoie à nos propres errements ou contradictions, comme dans la courte histoire « Les étrangers ». Qui d’ailleurs n’est pas sans nous rappeler une actualité teintée de polémique autour de la notion « d’identité »…

Le ParK, Bruce Bégout

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 12 Novembre 2011. , dans Science-fiction, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Editions Allia

Le ParK, Editions Allia Avril 2010 – 152 pages, 6,10 € . Ecrivain(s): Bruce Bégout Edition: Editions Allia

Sur une île privée au large de Bornéo, un milliardaire a créé le ParK. Comme son nom l’indique, c’est un parc, mais pas comme les autres. Il rassemble en effet tous les types de parcs en un seul, il est le parc de tous les parcs, la synthèse ultime qui rend tous les autres obsolètes.

Avec lui s’ouvre « une nouvelle phase dans l’ère du divertissement de masse », mais qui dépasse les notions mêmes de divertissement et de loisir.

Le ParK est immense. Sa surface est comparable à celle de la ville de Djarkata. Une année ne suffit pas pour en faire le tour et en découvrir toutes ses attractions. Des « attractions » ? Oui, mais ... pas tout à fait. Elles sont si délirantes et violentes qu’elles provoquent l’ahurissement et le malaise. Le qualificatif de « répulsions » leur sied mieux.

Le ParK tient tout autant de Disneyland que de Treblinka.

Il met en scène l’idée de parcage et rassemble en un seul lieu toutes les formes d’enclavement humain pour protéger, isoler, enfermer, domestique, classer, regrouper, exterminer. S’y côtoient une réserve animale, un parc d’attractions, un camp de concentration, une technopole, une foire aux plaisirs, des cantonnements de réfugiés, un cimetière, une kindergarten, des jardins zoologiques, une maison de retraite ou encore une prison.

La Barbarie, Jacques Abeille

Ecrit par Anne Morin , le Jeudi, 10 Novembre 2011. , dans Science-fiction, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Editions Attila

La Barbarie, 2011, 123 pages, 15€ . Ecrivain(s): Jacques Abeille Edition: Editions Attila

 

Dernier volet du triptyque des Contrées, faisant suite aux Jardins statuaires et aux Barbares, la Barbarie, en faisant mine d’apporter un point final et un sens, nous enseigne une autre direction, ainsi que le suggère une phrase prononcée par le narrateur au terme de son procès : « (…) on se trompe sur le sens des événements ; nous ne nous éloignons pas de la barbarie, nous y allons » (p. 109).

Revenu à Terrèbre qu’il habitait au moment de son enlèvement par les Barbares, après plusieurs années de quête en compagnie des Cavaliers, le narrateur ne retrouve ni sa place ni son rôle dans une société rigidifiée. Cléton, un bureaucrate à l’emploi mal défini, spécialiste des abysses de l’administration le reçoit au « conservatoire du livre et de l’imprimé » et lui laisse une impression étrange « (…) il était à tous égards d’une inhumaine beauté et semblait quelque dieu antique… » (p. 35). Après une série de démarches dans un dédale administratif kafkaïen, il se voit confier un poste d’assistant subalterne à l’université où il était professeur avant les « événements ». Les temps ont changé. Le narrateur a la mauvaise idée de publier un article sur le peuple des Cavalières, mi-magiciennes, mi-amazones qu’il a rencontrées dans les steppes.

Voix du Futur

Ecrit par La Rédaction , le Dimanche, 20 Février 2011. , dans Science-fiction, Les Livres, Bonnes feuilles, La Une Livres

"Voix du Futur" (éd. Les Moutons électriques. 2010). Entretiens avec 8 auteurs de SF. 416p. 26 €

Interview d'AYERDHAL par Richard Comballot


Concernant la création du personnage de Ann X, tu as révélé : « J’ai travaillé pour des associations qui s’occupaient d’enfants violés. […] L’idée est venue de la rencontre avec des gens qui avaient subi ce genre de violence et de ce qui leur est arrivé. »


Tous mes bouquins ont été écrits à partir de mes rencontres, de mes lectures, de la vie. Après, il y a un gloubiboulga qui se fait dans mon cerveau, des personnages apparaissent. Lorsque j’en ai plusieurs, je me dis qu’il faudrait que je m’y mette… Si tu réussis tes personnages, tu as gagné.