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Chroniques régulières

Je ne suis pas islamophobe, je suis libre, par Kamel Daoud

Ecrit par Kamel Daoud , le Mercredi, 24 Août 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Trêve. Le sujet est aujourd’hui une explication et un remerciement. D’abord il me faut expliquer pourquoi je choisis de me reposer. Et ma raison première est ma fatigue. Ecrire c’est s’exposer, comme a dit un collègue, mais c’est aussi s’user. Il y a en Algérie une passion qui use, tue parfois, fatigue ou pousse à l’exil immobile (rester chez soi, dans sa peau), ou à l’exil qui rame (partir ailleurs).

Nous sommes passionnés par le vide en nous, mais aussi par notre sort. Cela nous mène à des violences qui ont parfois l’apparence d’une folle affection ou d’une exécution sommaire par un peloton de désœuvrés. Ou à des procès permanents de « traîtrise » du bout des lèvres. Les verdicts des Algériens sur eux-mêmes ont la force des radicalités. Et, durant des années de métier, j’ai subi cette passion. J’ai fini par incarner, sans le vouloir, les contradictions de l’esprit algérien, ses affects, passions et aveuglements. Palestine, religion, femme, sexe, liberté, France, etc.

J’ai parlé, parce que libre, de ces sujets parce qu’ils m’interrogeaient et pesaient sur ma vie. Cela a provoqué des enthousiasmes et des détestations. Je l’ai accepté jusqu’au point de rupture ou l’on vous traite de harki et de vendu ou de sioniste.

Carnets d’un fou, XLII - Juillet 2016, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Mardi, 23 Août 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« Pour comprendre la controverse, il faut comprendre la normalité.

La normalité, c’est répéter à l’envi les mots qu’il faut dire et entendre : tolérance, générosité, vivre-ensemble, liberté, les droits, lutte contre l’injustice, lutte contre les inégalités, etc.

La controverse, c’est interrompre le cours tranquille de ces mots.

Quand on est controversé, on est condamné mais on attend son procès, on est au purgatoire médiatique »

Cincinnatus, Dictionnaire de la Controverse, Ed. de Londres, 2016

 

« Marceline pense à prendre un amant dont le corps serait beau comme l’alcool, une espèce de bête de confiance »

Aragon, Le Libertinage

« Cher corps stupide »

Aragon, La Femme française, in Le Libertinage

Les poèmes sans fin - à propos de Ceux qui s’éloignent, de Serge Meurant

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 22 Août 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Ceux qui s’éloignent, de Serge Meurant, éd. Le Cormier, Bruxelles, 2016

J’ai choisi de titrer ma chronique sur le dernier livre de Serge Meurant, avec cette locution, « poèmes sans fin », car elle figure bien l’ensemble de mon point de vue. Au propre, ces poèmes ne finissent pas et ne sont pas ponctués de point finaux, mais par contre s’ouvrent sur un surcroît où le lecteur reste en suspens dans l’air au milieu de la phrase, juste en équilibre sur le dernier vers, et déjà penché sur le premier vers du poème suivant. D’ailleurs cette impression de quelque chose qui ne finit pas, s’accentue dans le vers du dernier poème du recueil qui laisse le lecteur aux prises avec des gestes nouveau-nés qui closent sans point final, qui ferment l’ouvrage sur un halètement – ou allaitement d’ailleurs.

Et encore, un « sans fin » au figuré. Car si j’ai bien compris le fond du livre, il s’agit pour le poète de dire quelques mots aux absents, à ceux qui se sont éloignés dans la mort, mais qui ne s’oublient pas. Ces disparus laissent une empreinte dans la mémoire du poète, et grâce à lui revivent une seconde vie, renaissent en un sens. Il ne s’agit plus dès lors que de décrire en quoi ce qui reste est susceptible de faire matière à la combustion d’une sorte de Phoenix. Où la mort n’est pas une fin, mais une frontière que le travail d’écrire transgresse et améliore. Poèmes pour autrui, pour un autre post-mortem.

L’écriture comme expérience - à propos de Ecrit parlé de Philippe Jaffeux

Ecrit par Didier Ayres , le Jeudi, 18 Août 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

à propos de Ecrit parlé de Philippe Jaffeux, Passages d’encre, mai 2016, 37 pages, 5 €

 

En détournant légèrement les propos d’Allan Kaprow qui prônait Art as experience (de Dewey), je voudrais dire quelques mots sur le dernier livre de Philippe Jaffeux, Ecrit parlé. Mais comment qualifier l’ensemble de ses remarques sur la question d’écrire – sur sa propre interrogation – en une simple chronique qui ne peut envisager au mieux que de donner des pistes de réflexion ?

Ce que je peux dire cependant, c’est que la question d’écrire est pour lui une affaire réfléchie, et qui surgit au croisement de puissances contraires : vie/mort, oral/écrit, disparition du sujet/empreinte de l’écriture, dépersonnalisation/conscience de soi. Toutes ces ambiguïtés agissent sur les propos de l’auteur en son « continent intérieur inexploré ».

Je poursuis une aventure qui s’appuie sur des risques, des décalages ou des contrepoints afin d’insuffler un mouvement et un rythme à un bricolage plus ou moins créatif.

La Brune au Rouergue : 3 éclats pour l’été

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 17 Août 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

Sous la vague, Anne Percin, août 2016, 200 pages, 18,80 €

Le monde entier, François Bugeon, février 2016, 174 pages, 17,80 €

Dans les prairies étoilées, Marie-Sabine Roger, mars 2016, 302 pages, 20 €

 

Coups de cœur de lectures de l’été, à conseiller, à dévorer, ces trois Brune magnifiques, qui chantent l’originalité des sujets, des déroulés, l’excellence de l’écriture, qui continuent d’être la marque de fabrique de la collection du Rouergue. De très bons étoilés littéraires au bas mot.