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Chroniques régulières

La Styx Croisières Cie - 1 - Janvier 2020 - par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Lundi, 24 Février 2020. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

ÈRE VINCENT LAMBERT,  AN  II.

Humain, citoyen le plus vulnérable, la République française, la médecine, la banque et la magistrature réunies, t’ayant baptisé Légume, te tueront.

 

« La plupart des homme qui vivent dans le monde, y vivent si étourdiment, pensent si peu, qu’ils ne connaissent pas ce monde qu’ils ont toujours sous les yeux. "Ils ne le connaissent pas, disait plaisamment M. de B., par la raison qui fait que les hannetons ne savent pas l’histoire naturelle." » Chamfort (1745 – 1793)  -  Produits de la civilisation perfectionnée

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Les moments forts (41) La Belle au bois dormant de Noureev à Bastille (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 11 Février 2020. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Elle n’eust pas plutost pris le fuseau, que, comme elle estoit fort vive, un peu estourdie, & que d’ailleurs l’Arrest des Fées l’ordonnoit ainsi, elle s’en perça la main & tomba évanouie. La bonne vieille, bien embarrassée, crie au secours : on vient de tous costez ; on jette de l’eau au visage de la princesse, on la délasse, on luy frappe dans les mains, on luy frotte les tempes avec de l’eau de la Reine de Hongrie ; mais rien ne la faisoit revenir. Alors le Roy, qui estoit monté au bruit, se souvint de la prédiction des fées, et, jugeant bien qu’il falloit que cela arrivast, puisque les Fées l’avoient dit, fit mettre la Princesse dans le plus bel appartement du Palais, sur un lit en broderie d’or & d’argent. On eût dit d’un Ange, tant elle estoit belle : car son évanouissement n’avoit pas osté les couleurs vives de son teint : ses joues estoient incarnates, & ses levres comme du corail ; elle avoit seulement les yeux fermez, mais on l’entendoit respirer doucement : ce qui faisoit voir qu’elle n’estoit pas morte. Le Roi ordonna qu’on la laissast dormir en repos, jusqu’à ce que son heure de se réveiller fust venue.

Les moments forts (40) « La Flûte enchantée » de Robert Carsen à Bastille (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 03 Février 2020. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Dans l’allegro de l’ouverture de cet opéra de Mozart, l’on assiste, émerveillé, à la fusion formelle d’une fugue et d’une forme-sonate. Quelle maturation du métier compositionnel du musicien, dont l’ensemble de l’opéra témoigne avec force ! Ainsi, « l’intervention dans le cours de l’action de “personnages à plusieurs voix” (les trois dames, les trois garçons, les deux hommes en armes), outre l’apport de couleurs spécifiques, multiplie – constate le musicologue Pierre Saby – les possibilités de combinaisons sonores variées, voire inédites, au fil des divers ensembles (du duo au quintette) qui jalonnent la partition […]. Au plan instrumental, le jeu des coloris n’est pas moins riche et jubilatoire : l’orchestre de La Flûte enchantée, au sein duquel le groupe habituel des vents, clarinettes en tête, occupe une place de premier plan […], s’enrichit, d’une part, d’un trio de trombones – instruments traditionnellement liés à la musique religieuse –, d’autre part, de deux cors de basset, lesquels, apparus à la fin du premier acte, colorent aussi le début du second […]. La flûte solo qui accompagne Tamino dans sa quête (finale du premier acte), le Glockenspiel qui illumine trois des scènes de Papageno, et même la rudimentaire flûte pentaphone qui d’abord annonce l’oiseleur, complètent un kaléidoscope timbral à nul autre pareil ».

La Styx Croisières Cie (XII) – Décembre 2019 (par Michel Host)

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 30 Janvier 2020. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

ÈRE VINCENT LAMBERT,  AN  I.

Humain, citoyen le plus vulnérable, la République française, la médecine, la banque et la magistrature réunies, t’ayant baptisé Légume, te tueront.

« PERE UBU  − « S’il n’y avait pas de Pologne il n’y aurait pas de Polonais ! »

Alfred Jarry – UBU ROI –     Acte V, Sc. II

(Jules de Montalenvers de Phrysac : noté dans le Livre de mes Mémoires.)

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Lµ 1 --  La pièce « Ubu roi » trouve son épilogue dans ces paroles incontestables du Père Ubu au sujet de la Pologne et des Polonais. Lui et sa délicieuse épouse voguent sur les eaux de la Baltique, en direction de leur cher pays : « Mère Ubu : Ah ! quel délice de revoir bientôt la douce France, nos vieux amis et notre château de Mondragon ! » Il est laissé à l’appréciation du spectateur le soin de juger s’il est raisonnable ou pure folie de quitter la France.

Les moments forts (37) - Un opéra dansé de Pina Bausch au Palais Garnier (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 13 Janvier 2020. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Du fait de Stéphane Bullion et Maria Riccarda Wesseling en Orphée, du fait de Marie-Agnès Gillot et Yun Jung Choi en Eurydice, du fait de Muriel Zusperreguy et Chiara Skerath en Amour, « [l]e propre de ce spectacle est de tenir les esprits, les yeux et les oreilles dans un égal enchantement », pour reprendre la formulation de La Bruyère en 1691. Notre émotion devant Orphée et Eurydice, opéra de Christoph Willibald Gluck chorégraphié par Pina Bausch, est celle éprouvée par les sujets des deux tableaux de Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) que sont La Loge (1874) et La première sortie (1876-1877).

Est ontologique le lien entre musique et danse. Justin Peck affirme par exemple dans le documentaire de Jody Lee Lipes Ballet 422 : « Je veux juste dire que tout mon processus de chorégraphie est vraiment, vraiment basé sur la musique, et le but de tout ce que je fais, c’est de révéler les détails, les complexités et les tessitures de l’orchestre ». Révélant, dénudant la musique : la danse. Qui est l’expression – par excellence – des aspirations de l’âme. Car, comme l’écrit Jean-Baptiste Para dans « Vers l’au-delà du son », « [i]l s’attache à la musique une part d’utopie où s’éveillent nos luminosités latentes. Il se pourrait que l’émotion naisse de la consonance des énergies : celles des aspirations de l’âme et celles de l’expression musicale ».